‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 178 sur 266 · NATIVITÉ DE NOTRE-SEIGNEUR · texte numérisé non relu

NATIVITÉ DE NOTRE-SEIGNEUR

Nous ne connaissons pas de peinture antique représentant ce sujet, nous ne le trouvons que que sur des sarcophages, sur des pierres gravées ou des pâtes de verre.

Plusieurs Pères de l'Église ont écrit que Notre-Seigneur était né dans une grotte naturelle. On a montré de tout temps et on montre aujourd'hui encore ce lieu vénéré , sur lequel, au témoignage d'Ëusèbe (De Vit, Constant A m. cap. 43), Ste Hélène éleva une église. Mais les artistes de l'antiquité se sont constammeot écartés de cette tradition, et ont basé leurs compositions sur le sentiment qui suppose qu'une pauvre chaumière, faite de main d'homme, a été le théâtre de cet auguste mystère. En effet, les bas-reUefs de plusieurs sarcophages font voir l'enfant-Dieu , emmaillotté dans un berceau composé d'un treillis en forme de corbeille, en avant d'un tugurium. (V. Bottari. i. tav. XXII. II. tav. Lxxxvi.) Ici, il est vrai, le mystère de l'adoration des mages est réuni à celui de la naissance du Rédempteur; et si Tod adoptait l'opinion selon laquelle la visite de ces personnages n'aurait eu lieu que quelques jours après la nativité , on pourrait supposer que le Sauveur ne se trouvait plus alors au lieu qui Pavait vu naître ; mais la présence du bœuf et de l'âne sur les deux urnes sépulcrales citées plus haut, repousse cette supposition.

On remarquera sur le premier des deux basreliefs une double circonstance pleine de charme : près de la tête du Sauveur, S. Joseph se tient debout , portant de la main gauche quelque chose qui semble rappeler la tige de lis que l'iconographie lui a donnée plus tard, et étendant la droite vers le divin enfant; et en arrière de Joseph, parait la Ste Vierge a^ sise sur un rocher entre deux palmiers dont les branches se réunissent en berceau sur sa tète.

Deux autres sarcophages (Bottari. ii. tiT. Lxxxv. et m. xciii) représentent l'enfant Jésus couché sur une estrade ornée de voiles qui pendent sur le devant, sans ses parents, sans le tugurium^ mais entouré seulement des bergers et des deux animaux traditionnels. [\> l'art. Adoration des bergers.) Dans le sarcophage de Saint-Ambroise à Milan (V. la figure de l'art. Bœuf [Le"] et ràne) Notre-Seigneur est seul, sur une espèce de lit à têtière , entre le bœuf et l'âne et au-dessus de sa tête l'étoile miraca* leuse (Allegranza. Sacr. mon, di MU, tav. v> Ceux de Rome le représentent la tète hors du berceau, sans appui, et on a voulu voir danscette circonstance une allusion un peu forcée, selon nous, à ce texte de S. Luc (ix. 58) : PiU\a^ minis non habet ubi caput reclinet^ c Le Fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête. » Tanti* la tête du Rédempteur est nue, tantôt enveloppée conformément au récit évangéliqu* (Luc. II. 7. 12). Le diptyque de la cathédrale de Milan (Bugati. Mem, di S. Celso. in fin.) retrace cette intéressante scène avec un charme tout spécial. (V. les art. Joseph [S.] et M [Le] et Vàne.)

Page 1