PAON - I
deux signes devaient se prendre cumulalivement , de telle sorte que la fxUme seuls, sans le vase de sang, n'était pas une preuve suffisante du martyre. Boldetti soutint qu'on devait les prendre séparément comme ayant la m ' valeur. Nonobstant ce décret, Fabretti exclut la palme, et affirme que, dans la reconnaissance des corps saints, il ne s'était jamai: fondé que sur le vase de sang. Après lui, Muratori {Anliq. med. «u. dissert, lth) démontra que la palme seule ne suffisait pas poi prouver le martyre. Enfin, Benoit XIV (De btaiif. et can. 1. iv. pars ii. p. 28), bien qu'il cite le décret en question, déclare néanmoins que I dans la pratique de ceux qui président aux fouilles des cimetières, la seule base sur laquelle ou se fonde, c'est, non pas la palrai mais le vase teint de sang. >
PAOJV. — Symbole de la résurrection. Ou
sait que cet oiseau perd ses plumes chaque année à l'approcbe de l'iiiver, amwis vicibut, comme s'exprime Pline (Hist. nat. 1. x. $ 22. p. 2kl. t. IV. edit. Taur.) pour s'en revêtir de nouveau au printemps, alors que la nature semble sortir du tombeau. C'est pour cela que les interprètes de l'antiquité chrétienne (Bosio, Sott. p. 641.— cf. Aringhi. Rom. subterr. II. l. VI. c. 36. p. 612) le regardent comme un symbole non équivoque de la résurrection ; et Mamachi ÎAntiq. chràt, t. m. p. 92) fait observer que. bien que cette opinion ne s'appuie pas sur l'autorité des Pères, il n'y a néanmoins ' aucune raison plausible de la rejeter. S. Antoine de Padoue (Serm. fer. 5 post Trinit.) avait déjà représenté, sous l'emblème du paon, notre corps ressuscitant au dernier jour : In generali resuTTeclione qua omnes arbores, îd est omnes Sancti, incipiunl vîrescere, pava itie {Corpus nosfrum) qui tnartalitatis pennas abjecil, l'nt' mortalitatis recipiel, ■ A la résurrection gêné' raie, où tous les arbres, c'est-à-dire tous les Saints commencent à reverdir, ce paon (Qui n'est autre que notre corps), qui a rejeté les plumes de la mortalité, recevra celles de l'immortalité. >
S. Augustin signale (De civit. Dei. 1. xxi. c. 4) une autre qualité du paon qui autorise à le regarder comme symbole de l'ûnniortalîté, c'est l'incorruptibilité que l'opinion de de son temps attribuait à la chair de cet oiseau. Ce qui donne un grand poids à cette opinion, c'est que nous trouvons dans les cimetières romains le paon uni à d'autres figures qui renferment,de l'avis de tout le monde, une allusion au dogme de la résurrection et de l'immortalité, par exemple le Boo-Pasteur, l'arche de Pioé, l'histoire de Jonas, la résurrection de Lazare, figures dont l'ensemble formule admirable uicnt une pensée unique.