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nim. u. 98). Sur un sarcophage du Vatican (Bottari (xxxvii) la scène est complétée par une circonstance intéressante racontée dans PÉvangile de S. Jean (vi. 15) Des Israélites, le saisissant par les bras, semblent vouloir V enlever pour le faire roi. (V. Tart. Eucharistie.)
PAIX (instrument de). — La coutume de se donner le baiser de paix, entre fidèles, avant la communion eucharistique, est de toute antiquité dans TÉglise. (V. Part. Baiser de paix.) Quand on crut devoir supprimer cet usage, on y substitua celui de faire baiser une petite image sculptée sur marbre, et appelée : osculatorium, asser ad pacem, lapis pacis^ tabula pacis (Du Gange, ad voc. Osculum pacis). Du temps de Tertullien, au lieu de cet instrument de paix, on donnait à baiser la patène, avec cette réserve cependant qu'on ne « la présentait ni aux courtisans à cause de leur ambition, ni aux envieux, ni à ceux qui étaient opposés à la paix et à la tranquillité, i (Ap. Macri.)
On conserve dans Péglise de Gividale, en Frioul, une paix évangéliaire qui est probablement le plus ancien objet de ce genre qui soit parvenu jusqu'à nous, il remonte au huitième siècle . C'est une tablette d'ivoire représentant le crucifiement de Notre-Seigneur dans tous ses détails, et entourée d'un cadre d'argent doré, orné de pierreries et d'arabesques d'une grande richesse. Mozzoni (Sec. viii. p. 89) donne le dessin de ce monument.
PALLIUH. — Le pallium est un insigne réservé aux archevêques et à quelques évêques occupant certains sièges privilégiés ou qui l'ont obtenu par un privilège personnel. Les canons, et en particulier le canon sixième du concile de Mâcon, de l'an 581, défendent aux prélats qui y ont droit de célébrer la messe sans le pallium .* Ut archiepiscopus sine pallio missas dicere noH prœsumat (Tom. v. Condl. p. 968). C'est un ornement de forme circulaire qui entoure le cou conune une espèce de collier, et se termine par deux bandelettes tombant, l'une sur la poitrine, l'autre sur le dos (Nie. de Bralion. Pallium arckiep.) Il se compose de laine blanche parsemée de croix noires, qui ont remplacé la figure du Bon-Pasteur dont il était primitivement orné (Baron. Ad an. 216); les agneaux qui fournissent cette laine sont solennellement bénits le jour de la Sainte-Agnès dans la basilique de cette martyre, sur la voie Nomentane.
Le pallium est, pour les prélats qui le portent, le symbole de l'humilité et du zèle : car il rappelle la brebis égarée rapportée sur les épaules du Bon -Pasteur. On l'attache sur la chasuble avec trois épingles d'or, lesquelles indiquent la charité, ou les trois clous de la
croix sur laquelle le Bon-Pasteur fu pour l'amour de ses brebis.
L'origine du pallium comme insigc pal n'est pas sans quelque obscurité mière donnée certaine que nous poss< son existence est une constitution S. Marc, disposant que l'évêque d'Osti en possession de donner au pape la • tion épiscopale quand celui-ci n'est p< avant son exaltation à la chaire ap( portera le pallium dans cette cérémi ron. Annal, an. 336). Or, on sait que siégeait en 336, et son décret suppose ment que le pallium existait déjà au] Mais dans les premiers siècles, il av< blement une forme plus ample.
Le plus ancien exemple de palUu est celui que porte S. Celse, évoque sur un sarcophage de cette ville ( pour être du quatrième siècle : ce pa orné d'une seule croix. (V. Millin. Vo lie, t. I. p. 108.) Une mosaïque du siècle (Ciampini. Vet. monim, t. ii.
fait voir S. Pierre remettant à S. Léo lium à une seule croix, et qui diflèn de celui de nos jours.
PALM£^- 1. — La pahne fut, che peuples, un symbole de victoire :
palmam, dit S. Grégoire le Grand Ezech. hom. xvii), nisi prœmia Victor natur? La primitive Église l'adopta primer le triomphe du chrétien sur la la résurrection : Justus ut palnui flor juste fleurira comme la palme {Ps 13), » sur le monde, le démon, la c le généreux exercice des vertus chn Palma victorix signum est illius belli.
ter se caro et spiritus gerunt (Origen. Joan, — Ambros. In Luc. vu). Sur beaux, la palme est le plus souvent gnée du monogranune du Christ, ce qi que toute victoire du chrétien sur ses est due à ce nom et à ce signe divins NiKA, in hoc vinces. Cette intention pa tout évidente, quand, comme ici (Bosi le chrisme est tout entouré de pahn
être la môme signification doit-elle ôti à la palme jointe au Bon-Pasteur ou qui en est le signe hiéroglyphique, a (Perret, iv. xvi. 3. 10. 49), ou à toi figure symbolique du Sauveur. Si ell vée sur des objets portatifs, sur de
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ir exemple (Perret, ibid. et 13. 25. etc.), la lime nous semble exprimer, non point la vicaire déjà remportée, mais la victoire attendue ; Ue aurait alors servi, selon nous, à encouraer le chrétien luttant encore dans la vie, en ilaçant sous ses yeux le prix réservé au vainpeur.
n. — Mais la palme est par-dessus tout le ymbole du martyre : car, pour les chrétiens, nourir, c'est vaincre : ergo vincimus cum occi- Km«r, dit Tertullien {ApoL l); et, comme î. Grégoire le rappelle avec toute sorte d'à-pro- M)8(Loc.laud.), f c'est au sujet de ceux qui ont ^cu Tantique ennemi dans le combat du oartyre, et qui maintenant jouissent de leur ictoire dans la patrie, qu'il est écrit : Palmœ imanibus eorum, c Des palmes sont dans leurs lâins. » {Apoc, vu. 9 .) Aussi lapo/me du martyre it-elle devenue, dans le langage de l'Église, le expression classique et comme sacramenile. Les diptyques, les actes des martyrs, s martyrologes nous font lire sans cesse : vrtyrii paimam accepit , — martyrii palma ronatus est, — martyrii paimam meruit obtùre, — cursum palmiferum œnsummavit^ dit issiodore (De persecut. VandtU. apud. Ruin. V. p. 73), f II a reçu la palme du martyre , ' il a été couronné de la palmt des marrs, — il a mérité d'obtenir la palme du irtyre, — il a consommé la course au bout ) laquelle est la palme. > Ste Agathe répond i tyran : c Si vous ne faites pas déchirer mon •rps par vos bourreaux, mon âme ne pourra ttrer dans le paradis de Dieu avec la palme du artyre. »
De là est venu l'usage de peindre les mar- TP8 avec une palme à la main ; et ce symbole Il devenu si populaire que personne ne s'y léprend : Fortes athletas populis palma desigat «se victores^ « Aux yeux des peuples, la lime dénote que les vaillants athlètes ont anporté la victoire, dit Cassiodore {Variar, i. 8). Chacun d'eux, dit Bellarmin (T. ii. De W. triumph. 1. ii. c. 10), est représenté avec ûtttruraent' spécial de sa passion ; l'attribut ammun à tous est la palme. Dans la mosaïque e Sainte-Praxède (Giampini. Vet, mm. t. ji. »b. XLV), de chaque côté du grand arc, on t^it, exactement selon le texte de V Apocalypse iï. 9), une multitude de personnages, turbam ^fignam quam dinumerare nemo poterat, por- ^^ à la main des palmes. D'autres mosaïques, îUes de Sainte-Cécile et des Saints-Gosme-et- *nûen, par exemple, offrent deux palmiers ^rant tout le tableau, et chargés de fruits ^ sont l'enïblème des mérites des martyrs. ' symbole avait déjà été employé dans les ^mbes. Ainsi, dans une peinture d'arcoso- ^ (Marchi. tav. xli), sur une pierre sépul- *Ie(Marangoni. Act. S. Vict. p. V2), sur un
certain nombre de sarcophages (Bottari. tav. XXII et alibi). Tous ces monuments représentent Notre-Seigneur entre S. Pierre et S. Paul; le palmier qui est près de celui-ci est ordinairement surmonté d'un phénix ; double symbole de résurrection particulièrement attribué à l'apôtre des gentils, parce qu'il fut le premier et le plus zélé prédicateur de ce dogme consolant. (V. l'art. Phénix.)
III. — Il est indubitable que la palme se rencontre très-souvent sur des tombeaux de fidèles non martyrs, dont plusieurs môme portent des dates postérieures aux persécutions (Aringhi. ii. 639). Elle était devenue ud ornement tellement vulgaire, qu'on eut des moules en terre cuite (V. D'Agincourt. Terres cuites, XXXIV. 5) dont on se servait comme d'an moyen expéditif pour estamper l'empremte dune palme sur la chaux fraîche encore des loculi^ expédient souvent fort utile dans l'extrême hâte qui, en temps de persécution, présidait à ces sépultures clandestines.
Quoi qu'il en soit, il n'est pas moins avéré que fréquemment aussi on employa la palme comme symbole de martyre. Il y avait des palmes sur le tombeau de Caïus, pape et martyr; il y en avait sur celui des martyrs Tiburtius, Valerianus, Maximianus, trouvé dans la confession de sainte Cécile (Aringhi. ii. 642) ; le titiUus de la jeune martyre filvmena fait voir une palme au milieu d'instruments de supplice (Perret, v.xui. 3) ; il s'en trouve plusieurs autres exemples dans Boldetti (P. 233). Il nous semble difficile de ne pas voir un indice de martyre sur une pierre sépulcrale (Perret, v. xxxvii. 120) oh la défunte est représentée debout avec une palme à la main gauche et une couronne à la droite devant un cartouche renfermant l'inscription : (i.'nocentina dvlcis fi(lia). On ne peut guère méconnaître une intention analogue dans ces palmes qui sont tracées sur l'enduit enveloppant des vases de sang (Bottari. tav. cci segg.j, non plus que dans celles qui décorent le disque de quelques lampes ayant brûlé devant des tombeaux de martyrs ^Bartoli Ant. lucem. part. m. tav. xxii).
Mais puisqu'il est établi que la palme est est commune à toutes les sépultures chrétiennes, il s'ensuit qu'elle n'est point un signe assuré de martyre, à moins qu'elle ne soit jointe à d'autres indices reconnus pour certains, tels que des inscriptions exprimant la mort violente, les instruments de martyre, le vase ou des linges teints de sang. Interpellée sur cette grave question, la congrégation des indulgences et des reliques, répondit le 10 avril 1668 : Censuit S. C. re diligentius eaximinata, palmas et vas illorum {Martyr um) sanguine tinctum^ pro signis certissimis habenda esse, Papebroch et Mabillon furent d'avis que ces