CASTI. IIIIX. KAL. MAIA. VIXIT. ANNOS XXXXII. DIES. XXIII. IN PAGE
paon est pris quelquefois, dans les reprétions des saisons qu'offrent quelques monts chrétiens, comme le symbole du prin- . On en voit un exemple dans Tun des côtés du sarcophage de Junius Bassus ri. t. I. p. 1). Dans les peintures d'un anaJendrier, édité par Lambèce, le paon iployé pour figurer le mois de mai. Le figure au nombre des animaux réunis r d'Orphée, dans les peintures chrétiennes lentant ce sujet. (V. Bottari. pi. lxiîi. et ffe de Part. Orphée. — V. Part. Saisons.)
PE. — I. —L'évoque de l'Église romaine successeur de S. Pierre qui a a occupé cinq ans le siège de Rome (Euseb. Chroi. XLFv), et l'occupe encore, toujours vilans ses successeurs (Petr. Raven. Epist. tych.), lesquels sont en tout les héritiers hninistration de Pierre. » (Siric. Ep. ad . episc, Tarracon.). Ainsi, de même que t € à qui les clefs du royaume céleste é Confiées (Matth. xvi. 19), paissant, par d de Dieu, l'Église mère de toutes les «.... obtint le principat universel (Ep. Main syn. cscum. viii. art. 2) ; » de môme tife romain, en sa qualité de successeur irre, a exerce un apostolat auquel nul ne t, sans crime, contester la primauté sur 3S autres épiscopats (Augustin. De bap- 1. 1). • C'est pourquoi, dès les premiers I, c toutes les questions qui pouvaient adî quelque doute, lui furent constamment, r une coutume invariable, rapportées, B au chef suprême de tous les évêques de iTS (Damas. Ep. ad omn. episc. Orient.
leodoret. Hist.eccl. v. 10); car, dit S. Iréisciple de S. Polycarpe, disciple de S. le disciple bien-aimé du Sauveur, c'est 'Église romaine, à cause de son autorité sa suprématie, propter potiorem principale que doivent converger toutes les autres )8, c'est-à-dire les fidèles dispersés dans
tout l'univers (^Adv. hœres. m. 3). » Aussi c tous les Pères les plus anciens de la république chrétienne ont- ils enseigné que le pontife romain, établi conmie au point culminant de la citadelle, in summitatis arce^ a le soin de toutes les Églises (Athanas. Apolog. ii), et tous l'ont regardé comme étant seul dans l'Église véritablement prêtre et juge, suivant les besoins et les circonstances (Gyprian. l. i. epist. 3. Ad Comel.). »
De tout ce qui précède, nous sommes en droit de conclure que le pontife romain, avec la primatie de toutes les Églises (Jul. 1. Epist. i) a reçu le pouvoir d'instituer les évêques des autres ÉgUses (V. Concil. Chaiced. act. i. et vu. — Gyprian. 1. m. ep. 13. Ad Steph. — Theodoret. Hist. eccl. v. 23. etc. etc.), de porter des lois et d'en dispenser (Gelas. Epist. i. — S. Greg. I. 1. xii. ep. 31) ; que de tout temps on dut appeler à son tribunal, tout jugement étant suspendu jusqu'à ce que « la cause eût été jugée en dernier ressort par l'évêque de Rome. » (Concil. Sardic. c. IV.) Gette juridiction souveraine dès le premier siècle se prouve par les faits les plus incontestables. Ainsi, on sait que, du vivant même de S. Jean, l'Église de Gorinthe vit sa paix troublée par des divisions intestines. Or à qui s'adressa-t-elle pour les apaiser? 11 semblerait naturel que ce fût à cet apôtre ; mais non, on en appela à S. Glément, évêque de Rome, et qui n'était que le troisième successeur de Pierre. Lorsque M^rcion, fauteur des désordres qui désolaient la chrétienté d'Asie, est frappé d'anathème, ce n'est pas à sa métropole de Gésarée qu'il en appelle, ni à l'Église d'Éphèse, que gouvernait alors un disciple de S. Paul, ni à la chaire d'Antioche, le premier et le plus vénérable siège d'Asie. G'est à Rome qull va plaider sa cause et demander des lettres de paix. A la même époque, S. Polycarpe, disciple de S. Jean, vient consulter le pape Anicet au sujet du jour qu'il fallait adopter pour la célébration de la pâque (V. Gruice. Hist, de VÉgL de HomedeVan 192 à 224). De nombreux exemples fournis par l'histoire ecclésiastique de ces temps primitifs établissent que l'évêque de Rome, bien longtemps avant le concile de Nicée, exerçait sa suprématie même sur les grandes métropoles d'Alexandrie et d'Antioche, aussi bien que sur toutes 1 es éghses del'Afrique, de l'Espagne et de la Gaule.
II. — Voici les principaux noms qui ont été donnés au souverain pontife dans l'antiquité chrétienne : ils expriment tous, d'une manière plus ou moins directe, la primauté qui lui a été de tout temps reconnue sur l'Église catholique tout entière : souverain pontife, et évêque des évêques (TertuU. De pudicit. i. — Act. S. Sébastian. — Concil. Carthag. ap. S. Gy-
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prian.) père des pères, élevé au faite de l'édiûce apostolique (Steph. Cartbag. Epist. ad Damas, papam.)., pontife des chrétiens (Euseb. CkTonic. an. xliv;, pasteur et gardiendes troupeaui du Christ (Ambres, epist. lxxxi. Ad Si' rie), pierre ou fondement de TÉglise (Hieron, Epist. ad Damas.}, léte ou clief de l'Église (Concit. Chalcfd. ep. ad S. Léon.), chef de toute foi (Philipp. légat. Cœlestin. PP.), préfet de tout l'univers, chef de la famille du Christ (Chrysost. t. vl. edit. Paris, p. 282), grand prêtre et pape universel (vm Synod. ad Hadrian.), brillant de la dignité du principal pastoral (Theodor. Studit. 1. i. epist. 33. AdLeon.PP.). le premier de tous les prêtres {Hilar. In synod. Bon».), l'appui et le soutien de l'Église (S. Isidor. De yit.), président de l'Église (Augustin. 1. i Conir. Julian. c. 6), établi pour toutes les nations l'interprète de la voix du bienheureux Pierre (Concii. Chalced. loc. laud.), maître de tout l'univers (Chrysost. homii. ultim. Âd Jonn.), souverain pËre (Episc. German. Ad Joan. VIII), père très-saint (Alcuin. Epist. ad Hadrian.), pierre et ornant le siège de Pierre (Theodor. Studit. Epist. ad Paschal PP.), premier prédicateur de l'Église (S. Greg. M^rai. xiii. 8), vicaire des apdtres sur le siège du bienheureux Pierre (Luitprand. Vit. Othan, /), gardien de la foi (Petr, Chrysolog. Serm.cvn), pierre fondamentale de l'Église catholique (Concii. Chalced. acl. i). Au concile de Florence, les Grecs exprimèrent comme il suit leur sentiment sur la primauté du pontife romain : < Nous confessons que le pape est souverain pontife, vicaire du Christ, pasteur et maître de tous les chrétiens, revêtu du droit d'administrer l'Église de Dieu. > D'innombrables témoignages des Pères et des conciles, aussi hier que les plus éclatants monuments de l'histoire ecclésiastique concourent à établir cette vérité fondamentale de laprimauté du siégode Pierre. Mais le développement de ces preuves est du domaine des théologiens et des canonistes. (V, l'art. Patriarches.)
III. — Du nom de pape. Selon l'opinion la plus commune, ce nom vient de l'abréviation PA. PA,, pater patrum. • pÈre des pères. » Quelques auteurs n'y voient que la transformation latine du grec Jtiraiou i:i;;;:oî qui veut dire père, et exprime la paternité spirituelle qu'exerce à l'égard des fidèles le sacerdoce chrétien. L'antiquité l'attribua indifféremment à tous les évêques, et même aux prêtres et aux clercs de l'ordre inférieur, surtout dans l'Église grecque. Dans son épltre à Pammacbiiis, S. Jérâme appelle du nom de papes Jean évêque de Jérusalem et Épiphane évéque de Chypre; elles écrivains ecclésiastiques des premiers siècles offrent une foule d'exemples analogues. Prudence (Peristeph. \i. vers. 127) donne la mGme
qualilîi:ation i l'évêque Valère, dans sonhjnue le martyre de S. Hippolyte, qui lui oi adressé :
Rorantes saiorum apices vidi , oplinie pipi.
Il en était ainsi surtout dans les Gaules, Ains Fortunat (0pp. pars i. pag. 3) ouvre parcrtte iuscriplion une lettre à Euphronius év&jne it Tours ; Domiio sonc/o , et merilii opivloîia
10, et dvptici patri Ettphronio papt F«riiinalui, t Au maître saint, seigneur aposloliqge par les mérites, et double père EupbroniDs,
, Fortunat. » Le même poêle {Ibid. fif.
19) donne la qualification de pape à l'évJqiK
Leontius dans une pièce qu'il lui adresse pow
le féliciter de son zèle à restaurer labisiliq»
Saint-Eutrope à Saintes :
Ouantus a
>r DomiDi maneat tibi, papa Leonli, ir du Seigneur demeure en loi, Ôpqc
(V. eliam. Greg. Turon. Hist. I. il. 27. x. 1. - Anaslas. Cotiat. S.Jfoxim. if. p. 116. etc.) Oa nomma aussi papes les simples prêtres qui sml, aussi, les pères des peuples. Le prtt" Fronto est ainsi appelé dans les actes dt S. Théodore d'Ancyre (Ruinart. p. 30i, edil ■Veron.). Les actes de S. Juhen et de SteBuilisse, qui souffrirent le martyre dans le qutrième siècle donnent aussi le nom de riroj k un prêtre nommé Antoine (Id. AU. lAO. p. 361.). Mabillon (Analccl. iv) avait déjirtmarqué que ce nom est attribué aux pritres dans les actes de S. Mamare et autres nurtp d'Afrique. Chez les Grecs, le même nomsffl aussi à désigner les évêques et les prÊirt^ mais avec une prononciation et une infleùM différentes : Ttinai pour les premiers, «•*( pour les seconds. Peuà peu, dans l'Égliseoii»taie, cette dénomination fut étendue aux clero inférieurs : un lecteur est appelé pape du» une novelle d'Alexis Comnène.
Mais enfin, à une époque qu'il n'est pis lis* de déterminer, le nom de pap* fut réservé « pontife romain, à l'exclusion de tous les ** ques, principalement dans l'Égiise Latine. U premier exemple que nous ayons du titre de pape attribué par antonomase au souve™" pontife est tiré du concile de Tolède, tenu« ii05. Et depuis nous le voyons ainsi quiii^' dans les auteurs du sixième siècle [V. Beiwll xiv. De ij/nod. ditrces. 1. i. c. 3. n. *), «■" autres Ennodius, S. Avît, Cassiodore, tib^ rat, etc. Auparavant, le nom de pape n'ÉUit pour le souverain pontife, comme pour les*"; très, qu'une marque d'affection filiale qaeim donnaient les fidèles. Ainsi , dans une inscrip; tion fiméraire, le diacre Severus appelle uw Marcellin qui siégeait sous DiocUtien , et ('i'
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►rès la permission duquel il avait ouvert une louble chambre avec arcosolia et luminaire, jour sa propre sépulture et celle des siens : [VSSVPAPAK sviMARCELLiNi. (V. De' Rossi. InscT. 1. 1. Prolegom. p. cxv.) Plus tard, nous voyons lin Philocalus se dire Tarai et le familier de son fM|)e Damase, damasi svi cvltor atqve amator ;id. ibid, p. Lvi). (Pour plus amples notions à De sujet, V. Onuphr. Panvin. In voc. ecclesiast. mterpret. — Baron. In not. ad martyrol. pas- Én. — Abrahkm Echellens. Comment, de orù fine nominis papœ. — Ang. Rocca. De roman. WRtificis nomenclatura,)
PAQUES. — Sous le nom de Pâques, l'Éflise primitive comprenait et la passion, et la ésurrection du Sauveur , qui est le véritable igneau pascal immolé pour notre salut. Aussi [Qand les anciens parlent de lapâque, nous leyoDS entendre une solennité embrassant un îspace de quinze jours, la semaine consacrée à a douloureuse mémoire de la passion, et celle pii est vouée à la commémoration du glorieux nystère de la résurrection. C'est ce qui ressort également des témoignages des Pères , et en MTticulier d'un sermon de S. Augustin, proloncé le dimanche in albis depositis (Sermon ra, parmi ceux qu'a publiés le P. Sirmond) ; stdela législation impériale : on lit en effet, laos le code théodosien (L. ii. tit. 8 De feriis. I) : Sanctos quoque Pasctue dies^ qui septeno vel vnecedunt numéro^ vel sequuntur^ in eadem obwrvalione numeramus^ c Les saints jours de la p&que, qui sont au nombre de sept avant , et de sept après (La fête de la résurrection), sont également observés par nous. • Le texte de l'évêque d'Hippone n'est pas moins formel : « Noos vous engageons, dit-il à ses fidèles, à virre comme des hommes qui savent qu'ils aunmt à rendre compte à Dieu de leur vie tout entière, et non pas seulement de ces quinze fours. I
Cependant, les anciens avaient deux noms différents pour distinguer la pâque douloureuse de la pâque glorieuse ; ils appelaient celle-ci « pâque de la résurrection , » pascha resur- Wrtioms , KirjKji àva^naaipiov , et celle-là t pâ- <iue du crucifiement, » Pascha crucifixionis .,
I. — Personne n'ignore que la question de 1* célébration de la pâque fut, dans les premiers-siècles , l'objet de longues et ardentes controverses. Nous ne saurions nous dispenser Redonner ici quelques détails sur l'origine et la nature de ces débats.
Les chrétiens d'Orient, et en particulier ceux de l'Asie Mineure, par respect pour l'autorité H l'exemple de S. Polycarpe , évoque de Snjyme, et disciple des apôtres, célébraient la >^iie de résurrection le quatorze de la lune
qui suit l'équinoxe du printemps, quel que fût le jour de la semaine où il tombait : c'est de là que leur vint le nom de quartodédmcms , ou de chrétiens judaizants. Les autres fidèles au contraire , et à leur tête l'Église romaine, avaient, dès le commencement et par suite d'une tradition apostolique, adopté l'usage de ne célébrer la résurrection du Sauveur qu'un dimanche, jour oii ce grand événement avait été accompli, et spécialement le dimanche qui suit immédiatement le quatorzième jour de la lune de mars.
La question s'engagea entre le pape S. Anicet et S. Polycarpe qui, vers l'an 152 ou 160, s'était rendu à Rome pour en conférer avec lui. Et comme l'un et l'autre se faisait fort de l'exemple de ses ancêtres dans la foi, il n'est pas étonnant que chacun ait soutenu sa coutume avec zèle et amour.
Mais il est essentiel d'observer que jusque-là la question était purement disciplinaire, et n'intéressait nullement le dogme : il s'agissait simplement de célébrer la Pâque un jour de préférence à un autre. Aussi, le pape Anicet, se contentant de confirmer par un décret synodal, et en présence même de S. Polycarpe, l'usage de l'Eglise romaine, usage qui déjà avait été adopté par la plupart des autres Églises d'Occident, ne voulut point s'opposer d'autorité à ce que le saint évéque de Smyrne continuât à observer la coutume de son Église. Bien plus, il voulut donner en cette circonstance un bel exemple de modération chrétienne, et montrer que cette divergence d'opinions n'avait nullement rompu le lien de concorde et de charité qui unit les membres avec le chef : et bien que, en sa qualité de suecesseur du prince des apôtres, il fût revêtu d'une dignité supérieure à celle de Polycarpe, simple évêque d'une Église particulière, il tint à lui céder l'honneur de célébrer à sa place les saints mystères; et ils se séparèrent dans la paix. Ge trait si important de l'histoire ecclésiastique nous a été transmis par S. Irénée disciple de S. Polycarpe (Epist. ad Victor, t. i. 0pp. p. 341), et que nous verrons bientôt jouer lui-môme un rôle actif dans la question de la pâque.
Assoupie pendant une quarantaine d'années, la contestation se réveilla vers la fin du siècle, par le fait de Polycrate, évêque d'Éphèse, qui fit savoir au pape Victor, alors régnant, qu'il avait décidé de nouveau avec son Église de célébrer la pâque le quatorzième jour de la lune de mars. Il est évident que l'affaire entrait dans une phase nouvelle, et revêtait un caractère de gravité qu'elle n'avait point alors qu'elle se débattait entre Anicet et Polycarpe. Tout le monde put comprendre, par les circonstances qui l'accompagnaient, que de pure-
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ment disciplinaire la question devenait dogmatique.
Il s'agissait en effet de sauver Tunité de la discipline gravement compromise par de telles divergences, et par un refus obstiné d'obéissance à l'autorité de l'Église.
Il s'agissait, bien plus encore, de résister à la tendance de quelques chrétiens qui prenaient prétexte d'une pratique spéciale pour maintenir ou introduire de nouveau l'esprit et les usages du judaïsme dans l'Église chrétienne. Ce projet était môme ouvertement avoué par quelques-uns, et entre autres par le prêtre Blastus qui, vers l'an 182, agita l'Église romaine par le plus impudent prosélytisme en ce sens : c'est ce qu'on peut lire dans un catalogue d'hérésies attribué à Tertullien qui vivait alors, catalogue qui est annexé au livre des Prescriptions (Cap. lui) : t A tous ces hérétiques, vient s'ajouter Blastus qui veut secrètement introduire le judaïsme : car il dit que la pâque ne doit pas être observée autrement que selon la loi de Moïse, le quatorzième du mois. Or^ gui ne sait que la gr✠évangéligue est annulée, si Von réduit le Christ à la loi? » Les paroles que nous soulignons peuvent faire comprendre l'importance dogmatique de la question.
La conduite du pape Victor dans ces difficiles conjonctures offre un mélange de fermeté et de circonspection qui n'a pas toujours été suffisamment apprécié.
A l'exemple des apôtres S. Pierre et S. Paul, et se basant sur les règles de discipline émanées de ses prédécesseurs. Sixte, Télesphore, Hygin, Pie et Anicet , il invita les principaux évoques de la chrétienté à se réunir pour délibérer sur la question en litige ; et en conséquence, des conciles eurent lieu dans les Gaules, dans le Pont, dans l'Osdroëne, dansl'Achaïe, et dans d'autres contrées encore , pendant qu'une assemblée du même genre se tenait à Rome sous la présidence du pape. Or, tous ces conciles furent unanimes à reconnaître comme seule légitime la coutume de l'Église romaine , et fixèrent irrévocablement la fête de Pâques au dimanche qui suit immédiatement le quatorzième jour de la lune de mars. C'était la chrétienté presque entière qui se déclarait ainsi : car les décisions prises à cet égard obtinrent l'adhésion de tous les évoques qui n'avaient pu participer aux délibérations des conciles de leurs provinces respectives.
Le seul Polycrate, qui cependant avait reconnu la juridiction de l'évêque de Home, en convoquant, d'après ses ordres, un grand nombre de ses frères dans l'épiscopat; Polycrate, par une contradiction vraiment inexplicable, opposa une résistance obstinée au sen-
timent de l'Église qui venait de se manifester avec tant d'éclat et d'unanimité.
S. Victor, voyant l'unité ainsi mise en jeu et compromise par une imperceptible minorité, frappa d'excommunication Polycrate, les Églises d'Asie et leurs adhérents. Et il est important d'observer que personne n'eut l'idée de contester le droit du pape; seulement, ceui qu'atteignait la sentence d'excommunicatioD cherchèrent, comme tous les hérétiques, à en atténuer la portée par de vains* subterfuges; ils s'efforcèrent d'en arrêter l'exécution, et il ne parait pas douteux que, grâce à l'intervention non moins chaleureuse que charitable de S. Irénée et de quelques évêques fidèles, les effets en restèrent suspendus.
Mais enfin, malgré l'indulgence accordée aux personnes par le souverain pontife, il est certain que la doctrine resta sous l'anathème; et, un siècle plus tard, c'est-à-dire en 325, U juste sévérité de Victor recevait une éclatante sanction dans les décisions du concile de Nicée qui mit les quartodécimans au nombre des hérétiques.
L'unité de pratique se trouvait ainsi rétablie, et il ne pouvait guère exister désonnais de différences que celles qu'aurait amenées de faux calculs des phases de la lune ou l'usage d'un cycle fautif. Le concile de Nicée, comme nous l'apprenons du pape S. Léon (Epist uiv Ad Marcian, imp.) prit soin lui-môme d'obvier à ces variations, en décidant que le patriarche d'Alexandrie, qui possédait dans sa viUe épi* scopale une célèbre école d'astronomie, serait chargé de notifier d'avance aux autres églises le jour où la fête de Pâques devait être célébrée; et le pape qui avait reçu cette notification par des lettres spéciales , la transmettait à toutes les Églises d'Occident.
II. — La fête de Pâques fut toujours dans l'Église l'objet d'une grande vénération et d'une sainte allégresse. — Ce jour fiit appelé le « roi des jours, » dierum rex; la t fôtcdes fêtes , > festivitatum et celebritatum cMriias; un jour c aussi élevé au-dessus de tous les antres, même de ceux qui appartiennent à Jésus- Christ, que le soleil est au-dessus des étoiles,' Cœteris omnibus , iis etiam gui ipsius Chrii^^ sunt, tanto superior, guanto sol steUas antwdH^ (Greg. Nazianz. Oraf, xix). Il était quelquefob aussi nommé le « dimanche de la joie, » Owwnica gaudii (Pagi. In Baron, an. 370. n. iv).
Au point du jour, matutina luce rwnpenU, les fidèles accouraient à l'église, et ils s'embrassaient fraternellement, en disant : t Le Seigneur est sorti du tombeau, • SurrexU dominus de sepulcro (V. les ordres antiques dans Martène), pratique que les Grecs ont conservée, ainsi qu'on le peut voir dans le traité d'Allatius (De consens, utriusg, Eccl, m. 18).
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Alors l'évêque commençait la messe dans le rit solennel, et tous les assistants, à Tappel du diacre : Venite populi^ venaient recevoir la communion. Dès les premiers siècles, les évoques avaient coutume de s'envoyer mutuellement la sainte eucharistie en guise d'eulogie (V.Valois dans ses notes à Eusèbe. Hist, EccL 1. 2) ; et ils s'écrivaient à cette occasion une lettre dont Marculfe nous a conservé la formule (L. II). Mais cette pratique avait déjà été interdite par le concile de Laodicée (Can. iv), tenu un peu après le milieu du quatrième siècle.
Les empereurs, à l'occasion de la solennité de Pâques, ouvraient les prisons, et rendaient la liberté aux condamnés, sauf à quelques-uns qui étaient coupables de crimes plus graves. Ceci nous est révélé, non-seulement par les lois impériales, mais aussi par les textes des pères, de S. Ambroise par exemple (Epist, miii), de S. Grégoire de Nysse (Homil. m Deresurr. Christ.), de S. Ghrysostome (Homil. XIX In gènes,). Les crimes exceptés de cette indulgence étaient le parricide, l'inceste, le feux monay âge, l'homicide, la rapine, etc.
Les particuliers imitaient la libéralité des souverains en rendant la liberté à leurs esclaves; et bien que la juridiction des tribunaux fût suspendue pendant les solennités pascales, elle avait néanmoins son cours pour tout ce qui concernait la manumission des esclaves {Cod. Justin. 1. m. tit. 12. De feriis, 1. 8). Les pauvres recevaient en ce jour des secours plus abondants; et Eusèbe nous apprend que Constantin (Vit. ejus, lY. 22), « lorsque brillait la p^ue du Seigneur, faisait distribuer dans toutes les provinces soumises à l'empire romain les dons les plus opulents. »
PARABOLANI. — C'étaient des ministres inférieurs de l'Église qui , d'après les données que l'antiquité nous a transmises à leur sujet, punissent avoir rempli à l'égard des pauvres l'office d'infirmiers, ut debilium œrpora cura- •■eni. Théodose le jeune, dans une loi qui les concerne (Cod. Theodos. 1. xvi. tit. 2. leg. k2), Jeur donne le titre de clercs et les soumet à U juridiction de l'évéque. Cet ordre de fonctionnaires ecclésiastiques, selon toute probabilité, fut institué par Constantin, qui érigea, k>mine on sait, en institutions régulières, plulieurs offices charitables qui jusque-là avaient ïté exercés spontanément par les fidèles.
L'étymologie de leur nom n'est pas ceraine. Parmi toutes celles qui ont été proposes, Bingham (Origin. t. ii. p. 49) donne la >r6férence à l'opinion qui suppose que le mot Hirabolanus vient de deux mots grecs signiiant qu'ils exerçaient un ministère dangereux, Mtpi6oXov fpYov, étant voués au service des ma-
lades, et spécialement de ceux qui étaient atteints de la peste ou de toute autre maladie contagieuse. Ce qui rend cette interprétation plausible, c'est que ceux qui étaient appelés à Rome bestiariiy parce que leur triste condition était de combattre les hôtes féroces dans l'amphithéâtre, étaient nommés, chez les Grecs, paraboli ou paraholarii, d'un verbe qui signifie exposer la vie de l'homme au péril (Socrat. VII. 22). On sait que les premiers chrétiens, à raison de leur courage à braver la fureur des bêtes féroces, avaient été, eux aussi, surnommés parabolarii. (V. l'art. Noms des premiers chrétiens. I. II. n. 8.) C'est donc probablement parce qu'ils exposaient leur vie au service du prochain, que ces clercs furent appelés « hommes aux fonctions dangereuses, » parabolani,
PARADIS. — Dans les monuments chrétiens, ridée du paradis est exprimée, tantôt par des symboles, tantôt par des formules.
I. — D'origine hébraïque, le mot paradis équivaut à jardin réservé, hortus condusus (Forcellini. ad h. v.). Les Pères l'appellent tour à tour verger éternel, lieu de délices où les fleurs s'épanouissent sans cesse; ils en célèbrent sur. tous les tons les parfums eocquis, Dracontius (De Deo. l. m. vers. 679), résumant leur doctrine, nous représente les élus
Inter (xloratos flores et amœna vireta,
•« Au milieu des fleurs odorantes et de riants vergers. »
C'est avec des couleurs analogues que, dans les actes de Ste Perpétue, Saturus dépeint le paradis (Act. c. xi) : Spatium grande,,., quasi viridariuniy arbores habens rosx et omne genus flores; toujours des gazons, des roses, des fleurs de toute espèce. Au chapitre troisième des mômes actes, on voit les martyrs réunis dans ce verger céleste, sous un rosier.... se nourrissant à satiété de parfums inénarrables. In viridario, sub arbore rosx.,.. odore inenarrabili alebamur, qui nos satiabat. Mille images du môme genre, dont il serait aisé d'emprunter les citations aux écrivains de notre antiquité, assimilent le séjour des bienheureux à tout ce qu'il y a de plus riche, de plus gracieux dans la nature. L'esprit humain, bientôt à bout de ressources, éprouvant le besoin de se créer un type tel quel de la félicité réservée à l'homme dans l'autre vie, en demande les éléments à ce qui fait ses délices dans celle-ci. Les liturgies orientales, dans les prières qu'elles adressent à Dieu pour les âmes des fidèles qui ne sont plus, représentent le paradis désiré sous les couleurs les plus poétiques. Citons par exemple celle d'Alexandrie, portant le nom de S. Basile (Ap. Renaudot. Uturg. orient, t. i. p. 73) : « Introduisez-les,
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Seigneur, et rasseniblez-les dans le lieu de la verdure, in locum herbidum^ dç t67:ov /^X^t);, sur les eaux de repos, dans le paradis de volupté, d^où sont bannis la douleur, la tristesse, les gémissements, dans la splendeur de vos Saints. »
Au reste, les textes anciens fissent-ils défaut, les monuments figurés suffiraient à eux seuls pour nous révéler les idées des premiers chrétiens à cet égard. Et ces monuments sont de deux espèces : ceux qui sont consacrés à la mémoire des morts, et ceux qui ont pour objet la gloire de Jésus-Christ, de la Ste Vierge et des Saints.
1° Les tombeaux de nos pères dans la foi, d'où toujours Tespérance chrétienne bannit toute idée de tristesse et de deuil, présentent partout rimage allégorique du paradis, des arbres, des fleurs, des couronnes et des guirlandes, un printemps étemel,
TEMPORE CONTINVO VERNANT VBI GRABCNA RIVIS.
lisons-nous dans une belle inscription métrique de Rome remontant au quatrième siècle (De' Rossi. t. i. p. 141. n. 317). L'âme du défunt y est figurée par une femme debout entre deux arbres, dans une attitude contemplative, ou de bonheur extatique , et cela sur les plus simples pierres sépulcrales (Perret, v. pi. v. h-l), comme sur les plus riches sarcophages de marbre (Bottari. xxxviii. — Monum, de Ste Mad. i. 104). Un arœsoUum récemment découvert au cimetière de Cyriaque , près Saint-Laurent in agro Verano^ présente cette intéressante circonstance que Vorante est placée, sur le devant du sarcophage, entre deux personnages (S. Pierre et S. Paul probablement) qui ouvrent devant elle deux rideaux élégants : c'est l'introduction de l'âme dans le séjour de la béatitude céleste (De' Rossi. Bullet, 1863. p. 76). Il est de ces urnes funéraires où le type du paradis est marqué par des arbres (Bottari. xix. — Millin. âfidi de la Fr. Lxv. Lxviii), ou par des ceps de vigne (Bott. xxviii) formant colonnes entre les différents groupes de personnages. Ailleurs (Millin. ibid. Lix. 3. — Garrucci. Vetri. ii. 9), il est figuré par un souvenir parlant de la terre promise : ce sont deux Israélites qui emportent sur leurs épaules une énorme grappe de raisin (Num. XIII. 24). Les cubicula des catacombes, qui ne sont autre chose que des sépultures de famille (V. l'art, cubicula), offrent des ornements analogues (Bottari. lxxviii. cxxiii), mais distribués avec plus de richesse et de magnificence, à raison de l'étendue de Tespace; ce sont quelquefois de véritables bosquets, au sein desquels est assis le divin Pasteur qui semble prodiguer à ses élus ses doux entretiens (Bottari. Lxxx). D'autres fois l'âme est
figurée par une colombe, posée sur l'arbre emblème du paradis (Lupi. Sev, epitopA. tav xvii. p. 137), ou au milieu des fleurs dont l pierre sépulcrale est décorée dans la même in tention. Ceci se remarque sur le maibre de Sa binianus que nous donnons ici, et qui proviei de la crypte de S. Alexandre, sur la voie Ne mentane. L'acclamation spiritvs tvts ts boni
c Ton âme repose dans le bien par excellence qui est inscrite au centre , a, comme on voi une signification analogue à celle des rosie qui donnent à cette simple pierre l'aspect c jardin céleste, arbores habens rosm.
Mais nous ne devons pas oublier que i n'est qu'à titre de souhait, ou comme témc gnage d'une pieuse confiance dans la miséi corde divine, que ces touchantes allégori paraissent sur les tombeaux des simples fid les. Elles se montrent, â plus juste titre, aussi avec plus de magnificence, dans les m numents érigés à la gloire du Sauveur, à cel de Marie et des autres Saints. Telles sont, pi exemple, les mosaïques qui décorent les abs des des principales basiÛques de Rome et ( Ravenne. Celle des Saints-C6me-et-Daffli( (Ciampini. ii. tab. xvi et xvii), celle de Saint Cécile {Ibid, lii), celle de Sainte- Marie in l^ minica {Ibid, xliii), à Rome, et celle de Saint* Agathe Majeure, à Ravenne (Id. i. tab. xlti représentent Notre-Seigneur debout ou ass sur un trône couvert de pierreries, enviroM d'anges et de Saints, au milieu d'un splendid viridarium émaillé de mille fleurs. La SI Vierge (Ciamp. ii. xliv), S. Sébastien à Sain Pierre es liens c^e Rome (Ibid. xxxiii), S. Apo linaire, dans la basilique de son nom, à R^ venue (Ibid, xxiv), sont aussi placés au sei d'un paradis figuré de la même manière. ] nous retrouvons ce type sur des monumen d'une antiquité bien plus reculée , c'est-à-dii sur ces fonds de coupe dorés qui servirent tf agapes pendant les persécutions. Là ans (V. Buonamioti. xviii. xxi. — Garrucci. dl 8 les Saints déjà établis dans la gloire foulai un sol couvert de fleurs, ou prient entre det arbres, image abrégée du paradis. Etcesdi férentes classes de monuments, auxquels faut joindre encore les fresques des catt
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îombes, nou§ montrent ces bienheureux perjonnages, môme ceux dont l'existence ici-bas fut le plus modeste, vêtus avec toute sorte de magnificence, comme étant admis aux noces de l'Agneau. Les vierges surtout et les veuves, Ste Agnès, par exemple (Boldetti. 19^. fig. 3), Ste Priscille (Perret, m. pi. m et iv), Ste Cécile (id. ibid. pi. xxxix), y apparaissent toutes couvertes de précieuses étoffes, parées de bracelets, de colliers, d'anneaux, etc., en un mot comme une épouse pour son époux ( Apoc. m. 2).
2° Les monuments nous offrent une seconde classe de représentations allégoriques du paradis: ce sont ces festins, si souvent reproduits, soit en peinture sur les parois des cryptes et chambres sépulcrales des catacombes romaines (Aringhi. pp. 77. 83 passim), soit en sculpture sur les sarcophages recueillis dans les cimetières de la ville étemelle (Id. ii. p. 267) : le musée du Latran possède plusieurs âmes inédites où se remarque cet intéressant sujet. Ces allégories découlent directement de l'esprit des Écritures, car souvent, dans l'Évangile (Luc. XII. 37. XXII. 29. etc.), le bonheur est figuré sous l'emblème d'un festin. Jusqu'à nos jours, on avait pris ces représentations pour des agapes ; mais l'archéologie moderne, d'après l'initiative de l'abbé Polidori, leur a rendu leur véritable sens. (V. l'art. Befirésentaiions de repas.) On doit regarder comme des signes hiéroglyphiques du paradis les vases tout seuls ou les pains isolés qui se rencontrent assez fréquemment sur les marbres funéraires des premiers chrétiens. (V. les art. Pains et Vases,) Tous les emblèmes de gloire , d'immortalité , de résurrection dont nous avons traité à part dans ce Dictionnaire, tels que la palme, le paon, le phénix, etc., se rattachent au sujet que nous développons ici. (V. ces divers. art.)
n.— .Le« formules. Il existe un nombre infini d'épitaphes des premiers siècles oh le bonheur du ciel est exprimé, soit sous forme de souhait, d'espérance (V. l'art. Purgatoire)^ soit sous forme d'acclamation, dans les trois principaux éléments que lui assignent les textes sacrés et liturgiques, rafraîchissement , lumière ftpaix. (V. les art. reprigerium,lux et in page.) Au premier rang des autres formules affirmant 00 acclamant la' félicité éternelle, nous devons placer celles qui renferment une prière adress^p aux âmes saintes supposées déjà dans le sein de Dieu, et pour celles-ci nous renvoyons «l'article Invocation des Saints. Nous en citons l'ielques autres comme au hasard : accepit rep^wiN DKO, « Il a acquis le repos en Dieu. »
\4ct. S. K. p. 97.) — REQVIEM ADCEPIT {Sic) IN j^^ PATRE NOSTRO ET CHRISTO EIVS, o II a reçU
Ifi repos en Dieu notre père , et dans son
Christ. » (Gruter. 1052. n. 12.) En voici une à peu près semblable, mais qui offre un haut intérêt, en ce qu'elle renferme une profession de foi à la divinité de Jésus-Christ ; hic. iacet.
PERPETYVS. IN. CHRISTO || DEO. SVO, « Ici TCpOSO
Perpetuus dans le Christ son Dieu. » (Muratori.
MCDXXIII. 5.) — VIVIS IN GLORIA DEI, f Tu vis
dans la gloire de Dieu. » {Ihid. p. 69.) — bea-
TIOR IN DEO CONDEDIT (Stc) MENTEM, f PluS hcU-
reux, il a remis son âme en Dieu. » (De Boissieu. Inscr. Lyon. 550.) — scimvs te in ^ (Christel), « Nous savons que tu es en Jésus- Christ. (Marini. Arval. 362), » et ailleurs (Id. 266) : scio namqve beatam, « Car nous te savons heureuse. >• — accepta apvddevm (Bosio. Rom. sott. 105), MiPiNA akehta in xpto, « Reçue en Dieu, en Jésus-Christ, » môme formule en lettres grecques (Fabretti. p. 391. n. 25^), — IN DOMO ETERNA DEI, « dans la maisou éternelle de Dieu (Bottari. tav. vu. n. 8) ; » — receptvs AD devm (De' Rossi. i. n. 5). La formule elatvs EST (Ad î)euw), « Il a été élevé vers Dieu (Id. 1192), » nous parait unique dans son genre. — Nous avons, dans une épitaphe de Chartres (Le Blant. i. 304) cette autre expression assez insolite : vitam transport avit in caelis, « Il a transporté sa vie dans les cieux. » Celle d'AVRELivs FELIX, daus Maraogoni (Act. S. Vict. p. 127), porte raptvs eterne (Sic) do- Mvs, ce qui rappelle ce mot de l'Ecclésiaste (c. xii) : Ibit homo in Domum xternitatis suœ, « L'homme ira dans la maison de son éternité. » Celle d'Eugenia exprime qu'elle a été rendue (A sa véritable patrie) : evgeniae redditae pridi. non. sept.... (Boldetti. p. 407) ; et ce qui est bien plus significatif encore, c'est que la formule in page qui surmonte le titulus est enfermée dans une couronne : double image de la récompense céleste. — Nous citons en latin d'après Lupi (Sev. epitaph. 166) celleci qui est écrite en grec barbare : Deus qui sedet ad dexteram Patris, in loco Sanctorum tuam nectaream animulam descripsit, t Le Dieu qui est assis à la droite du Père, a inscrit dans le lieu des Saints ta petite âme nectarée. i C'est Tépitaphe d'un enfant, ainsi que l'indiquent assez ces expressions caressantes : délicieuse petite âme, formule qui n'est pas sans analogue dans les inscriptions funéraires chrétiennes (V. Lupi. loc. laud.); mais en tant qu'elle énonce l'admission de l'âme dans le séjour des Saints (Dieu... a inscrit ton âme dans le lieu des Saints), elle appartient à une classe spéciale et assez nombreuse. — frvctvosvs anima TVA cvM ivsTis, « Fructuosus, ton âme est avec les justes (Mai. Collect. Vatip. v. 381),» a parmi les âmes innocentes, » inter innocen- Tis (Sic) (Perret, v. pi. xvii. 20), — inter SANTos (Ste) (Oderico. .341), a terra ad martyres « de cette terre au séjour des martyrs
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(De Baissieii. p. bkl); ■ — t daos le sein des
patriarches, > qviescenti in sinv abrahag isac ET lACOD (Murat. Thés. 1825. 7), — in ork- M10 ABRAHAM (Marini. Papiri. ikk). La formule ACCEBCiTVS AB ANGEL1S, désignant l'àme d'un enfant que tes anges ont appelé et placé près d'eux, nous parait unique dans son genre ; elle est du cimetière de Calliste (V. FaLretti. 581.