LXXXVI
Le mot de paradis désignant le bonheur des Saints ne parait pas dans les inscriptions chrétiennes, k notre connaissance du moins, avant les dernières années du quatrième siècle. Le premier monument de ce genre oit nous l'ajona rencontré est de 382 : c'est l'épitaphe de Theodora dont nous avons cité plus haut un fragment : tempohe contikvo....
En parcourant les recueils d'inscriptions chrétiennes, on retrouvera partout des expressions de joie et d'allégresse émanant de c sentiment filial de la confiance en Dieu qi montrait aux premiers chrétiens leurs frères défunts assis dans la gloire.
PARALYTIQUE. — L'image du paralytique guéri par Notre -Seigneur et emportant son grabat sur son dos se rencontre très-fréquemment dans les peintures des cimetières, sur les sarcophages antiques, sur les verres i fond d'or (Buonarruoti. Vetri.'ix. 1 et 2), sur les diptyques (Bugati. Uemor. di S. Ceiso. p. 283), etc. Elle était regardée par les premiers chrétiens comme un des nombreux symboles de la résurrection et encore comme l'image de la guérisonde l'âme dans le sacrement de pénitence. HëguliËrement, le paralytique est vêtu d'une tunique ceinte et d'un caleçon, vêtement qui, au dire de Casaubon {In Trebell. in Sat\ifnin. — cf. Bwmarc. p. 59^, était propre aux soldats, aux voyageurs exposés pli que tous autres aux rigueurs des saisons, et qui, pour le même motif, put être aussi cel des malades. 11 est toujours représenté pli petit que Notre- Seigneur pour marquer son i fériorilé, et il en est de même toutes les fa que le Sauveur exerce sa puissance $ur les hommes, notamment par des guérîsons miraculeuses. Notre-Seigneur est debout, vêtu d'après le type ordinaire, et il étend sur le paralytique sa main disposée comme pour bénir, geste qui peut avoir ici un sens impératif. Nous avons un fragment de sarcophage ' Bottari, tav. xxxi), où le Rédempteur est accompagné d'un personnage chauve, à figure austère, tenant d'une main des volumes et élevant l'index de l'autre en signe d'allocution et avec un certain air d'autorité. C'est probablement un de ces scribes qui, par une pharisalque interprétation de la loi, trouvaient mauvais que le paralytique emportât son lit le jour du sab-
bat ;joan. V. 10^ : Sabbatum tH, non (icrf tatlere grtMiatum tuum.
Sur un sareopliage romain (Boltari.
le lit que porte le paralytique se tenni têtière en fonne de poisson; es^ ion au divin ixbic, qui exerce ses foi de Sauveur en guérissant les maux phj des hommes avant de racheter lenrs an 'ffusion de son sang? CV. pour compié article le mot Pitdnt probatiqwt.)
PARAMONAUn. — Il est question fonctiounaires ecclésiastiques dansledei canon du concile de Chalcédoine, Il par dans l'Église romaine les paramonarii n' autres que des mansionarii ou portiei dans sa traduction du canon de Cbalu Denis le Petit rend le mot iwpafiovépioç pa sionarius. De plus S. Grégoire le Cran, lant d'un certain Abundius mansionain pelle gardien de l'Église ; et il dit aillei les fonctions du mansionaire sont d'aihii lampes et les chandelles de l'église Magn. Dialog. 1. ni. 35}. Cependant pense que puramonartus équivaut àtnl désigne le régisseur des propriétés eccl ques; Beveridge rend ce mot par ado»
des choses ecdèsiasliques (Justel. f canon. 1. 1. p. 91. — Bever. NoI. i Chalced. can. ii. p. 109;. Bingham ifirig adopte cette opinion qui s'appuie sur l'a de plusieurs autros savants. (V. l'art, i
NABII.)
PAROISSE (Tiipoixf»), — I. — P les trois premiers siècles, ce mot H communément, non point ce que nous a] aujourd'hui une église paroissiale, mais cle de la juridiction d'un évêque, c'esl une ville autour de laquelle se groupi nombre plus ou moins considérable de et de villages. (V. l'art. Diocèse.) Le ( modelé sur la circonscription civile de t était le siège d'un exarque ou d'un pili et embrassait plusieurs provinces :.c' plus vaste juridiction ecclésiastique,^ pontife.
PARO
PARO
Au quatrième et au cinquième siècle, nous oyons les deux dénominations indifféremment .ppliquées aux paroisses rurales et aux parois- «s épiscopales ou urbaines. Pour ce qui est du Lomde paroisse d'abord, il est donné à ces peites divisions diocésaines, par le concile de Ihalcédoine (Can. xvii), lequel décrète que les t paroisses rurales, » dypoixixat 7:apoix(ai, reseront invariablement sous la juridiction de Téréque qui les possède de toute ancienneté. Le voDcile de Vaison, célébré en 442, dispose (Can. i] que le pouvoir de prêcher sera donné aux )rétres, c non- seulement dans les villes, mais iussi dans toutes les paroisses. » Enfin ce mot M trouve employé dans le même sens, et fréquemment, par S. Jérôme {Contr. Vigilant, c. ti;, par Sulpice-Sévère (Dmi/. i. c.4), parTheodoret (Epist. cxiii), par Innocent i ( Epist. ad IkoerU. c. v), et par d'autres écrivains de ce temps; bien qu'il continue à désigner également la PAROISSE épiscopale. L'historien Socrate (L. i. c. 27) attribue sans doute aussi au mot paroisse la même signification, lorsque, en parlant des localités situées sur le lac Mareotis, lesquelles étaient sous lajundiction de l'évèque d'Alexandrie, il dit que c'étaient autant de paroisses dépendantes de sa ville.
De même, on trouve quelquefois le nom de DIOCÈSE appliqué à de simples églises paroissiales, comprises dans le territoire du diocèse épiscopal. Ainsi, quand S. Sidoine Apollinaire ctit (L. IX. epist. 6) qu'il a parcouru ses diocèses, après quoi il est rentré chez lui, peragratis forte DiŒCESinus, quum damwn veni, il ne peut entendre que les églises paroissiales placées sous sa houlette. Ainsi encore, dans la conférence de Carthage {Die i. c. 176), nous lisons : > L'union parfaite d'une Église ne se borne pas ^ la ville seule, elle admet aussi tous les diocèses. I S. Grégoire de Tours s'exprime de Qéme {Hist. 1. nr. c. 13) : Cautinus episœpus 1 Brivatensem diœcesim psallendo adiré dispoueraL La raison de ceci, c'est que ces églises esservies par des prêtres, étaient comme de peits diocèses, ainsi que s'exprime le livre ponifical au sujet des vingt-cinq titres établis dans a ville de Rome par le pape Marcellus : Viginti uinque titulos,... constitua^ quasi diœceses. .es canons des conciles les appellent, tantôt glises diocésaines, ecclesias diœcesanas {Cou- Û, Tarracon. c. viii), tantôt églises rurales, x^estos rwrales. De là vient que le concile de iéocésarée (C. xiii) donne aux prêtres qui les ccupent le nom de prêtres ruraux, lKi)^tiipioi pcoékspoi, par opposition aux prêtres établis ans l'église de la ville, ou cathédrale.
Les églises paroissiales reçurent encore la énomination spéciale de titres (V. ce mot), our les distinguer de l'église de l'évêque; aroe qu'elles avaient des prêtres et des diacres
qui leur étaient particulièrement assignés et qui, pour cette raison, étaient dits posséder un titre (V. les art. Cardinaux et Curés).
II. — L'établissement des églises paroissiales fut l'effet naturel de la diffusion du christianisme. A mesure que s'augmentait la multitude des croyants, les églises épiscopales ou cathédrales devenaient insuffisantes aux besoins du peuple. De là la nécessité de diviser le troupeau fidèle, et d'ériger de nouvelles églises, afin que chacun pût assister aux cérémonies religieuses, et profiter des différents offices du divin ministère ; de telle sorte que tous eussent la possibilité de c persévérer dans la doctrine des apôtres, dans la communion de la fraction du pain, et dans la prière (Act. ii. k2). » Le livre pontifical {In Vit. Marcell.) nous apprend que plusieurs des titres ou églises de Rome furent établis seulement afin de pourvoir au baptême du' grand nombre de païens qui se convertissaient à la foi, et aussi à la sépulture des martyrs. C'était là un ministère restreint, et en effet, on verra à l'article Curés quelle était la nature et quels furent les développements successifs des attributions des prêtres titulaires de ces églbes subordonnées.
Or, comme les villes et les diocèses dont elles étaient le siège différaient beaucoup entre elles par l'étendue de leur territoire et le chiffre de leur population, il est certain que la nécessité de créer des églises paroissiales ne se fit pas sentir partout en même temps, ni au même degré. Ainsi, pour ce qui concerne certaines villes, telles que Jérusalem et Rome, il est permis de conjecturer de certains passages des Actes et des Épitres de S. Paul, qu'elles possédèrent plusieurs églises dès le temps des apôtres. Quoi qu'il en soit de cette conjecture, nous savons du moins par le témoignage de S. Optât (V. l'art. Basiliques)^ que, avant la fin du troisième siècle, c'est-àdire vers le commencement de la persécution de Dioclétien, il en existait déjà quarante dans la ville de Rome.
Quant aux villes de moindre importance, appelées par Eusèbe Tzokl-j^yai^ oppidula^ il n'est pas étonnant qu'elles n'aient eu qu'une église pendant ces temps de trouble. Telle était cette ville chrétienne de Phrygie, dont, au rapport deLactance(/n5(ir 1. v.c. ll)etd'Eusèbe(i/i«f. l. VIII. c. Il), toute la population, y compris la magistrature, hommes, femmes et enfants, fut, par les ordres d'un préfet sanguinaire, brûlée avec son église, en invoquant le Christ, Dieu de tous, Christum omnium Deum invocantibus. Ce sont ces villes, exiguës par leur territoire et leur population, qui donnent raison à l'opinion de ceux qui affirment qu'il exista dans le premiers siècles des églises épiscopales aux-
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