Il y eut chez les premiers chrétiens
deux espèces de sépultures, celles qui étaient creusées dans les entrailles de la terre, et que nous appelons catacombes, et celles qui étaient pratiquées, conmie celles des païens, àfleor du sol.
. 1® On a vu à l'article Catacombes à peu près tout ce qu'il est nécessaire de savoir sur les premières ; ces sépultures souterraines furent creusées par les chrétiens et non point empruntées aux latomies ou arénaires des idolâtres, comme on Ta cru longtemps. Les tombeaux sont des espèces de niches ou gaines horizontalement ouvertes dans les flancs des corridors ou des cryptes, et on les appelait Locvs ou LocuLus. (V. l'art, loculus.) Après y avoir déposé le cadavre, on fermait le tombeau avec une tablette de marbre ou avec des briques, sur lesquelles on traçait ordinairement le nom du défunt, son âge, le jour de sa déposition, et en outre quelques emblèmes religieux- Prudence avait souvent contemplé ces sépultures, et il les décrit dans un poème adressé à Valerianus, évêque de Saragosse (PerisUpk. hymn. xi) : « D'innombrables cendres de Saints, dans la ville de Romulus, ont été vues parnous, ô Valerianus prêtre du Christ. Les tituli sont gravés sur les tombeaux ; mais me demandes-tu les noms de chacun ? 11 me serait difficile de te satisfaire.... Beaucoup de sépultures parient par les lettres qui y sont inscrites, et disent, ou le nom d'un martyr, ou une épitaphe quelconque, i>
Innumeros cineres Sanctorum Romuleainurbc Vidimus, o Christi Valériane sacer,
Incisos tumulis titulos, et sing^^la quxras Nomina^ difficile est ut repUcare queam.
Plurima iitterulis signala sepulchra loquentor, Martyris aut nomen, aul epigramma aliquod.
Les ouvrages traitant des antiquités chrétiennes de tous les pays et surtout de celles de la Rome souterraine, sont pleins de ces inscriptions dont l'étude est si importante pour l'histoire de nos origines. (V. Part. Inscriptions.) Le tombeau y est quelquefois appelé domvs, « maison- (V. l'art. Maisons), » par exemple domvs AMOKATi; d'autres fois memûria (Id. p. â4l), QViNTiLiANi MEMORiA. (V. Part. Confcssion.)
Outre les simples /ocu/t, il y avait aussi des sarcophages de marbre , ornés de figures en bas-relief, de symboles sacrés, de faits de Tancien et du nouveau testament : c'étaient les sépultures des riches. (V. les art. Sarcophages et ARcobOLiA.) On comprend que, eu égard aui difficultés d'exécution que présentaient ces tombeaux distingués, la plupart d'entre eui sont postérieurs à l'époque des persécutions.
Quelques tombeaux , locuH ou sarcophages, servaient d'asile à deux, trois, et jusqu'à quatre
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:orps, et alors ils prenaient un nom moitié ^ec, moitié latin qui exprimait leur destination, hisomum, trisomurriy « pour deux » ou c trois corps (Reines. Jnscr, class. xx. n. 289. - Bosio. p. 216), » ou quadrisomum^ « tombeau à quatre corps. » (Perreti t. v. pi. xxxiii. 90). Ainsi, une épitaphe publiée par Boldetti (P. 342) mentionne les deux personnes qui occupent un bisomum : bisomv victoris || et
nCTORIES QVAE || RECESSIT IN PAGE.
La sépulture dans les cimetières souterrains fut en usage, parmi les chrétiens, non-seulement pendant les trois premiers siècles, mais encore assez longtemps après. Depuis la liberté de l'Église, on les rechercha encore par motif de dévotion; nous avons un grand nombre de textes anciens (S. Augustin. De cura pro mort, gerend. c. vu), et d'inscriptions funéraires, soit en Italie (Marchi. pi. 150), soit dans les Gaules (Le Blant. t. i. p. 83) , qui attestent que les chrétiens aimaient à placer leur tombe dans le voisinage et sous la protection des martyrs et des confesseurs : positvs ad sanctos, ad marnRES. On lit ce touchant passage dans l'épi- ^amme de S. Grégoire de JNazianze sur la Daort de sa mère Nonna (Ap. Muratori. Auecdot, ft^«c. t. ï. epigr. 92) : a L'esprit dé Nonna dégagé de ses liens terrestres est monté au ciel ; Dais nous plaçons son corps près des martyrs, ^nc recevez, ô martyrs, la grande victime, 'tce corps fatigué qui est associé à votre ang. »
On vit quelquefois des chrétiens refuser cet onneur par esprit d'humilité. Ainsi, on a 'ouvé naguère dans la basilique primitive de iint-Laurent in campo Verano^ hors des murs 3 Home, l'épitaphe d'un sabinvs, archidiacre 3 FÊglise romaine, au cinquième siècle pro- Lblement, où il déclare que, bien que, en sa lalité de premier ministre de Tautel, il ait instamment approché de la table sacrée pen- Lnt sa vie, il a voulu néanmoins être inhumé es de la porte de l'église, blâmant Tindiscrel apressement des fidèles à vouloir se faire des mbeaux en contact matériel avec les corps ts martyrs. C'est, dit-il, par l'imitation de urs vertus qu'on doit se rapprocher d'eux, en plutôt que par la position de son seller e.
Le scrupule de cet archidiacre rappelle cei du pape Damase, qui dit de lui-môme dans n épitaphe (Ap. Gallant. t. vi. p. 361) :
[IC FATEOR DAMASVS VOL VI MEA CONDERE MEMBRA ED CINERES TlMVl SANCTOS VEXARE PIORYM.
« J'ai été tenté, moi, Damas, je l'avoue, d'enselir mes membres en ce lieu ; — Mais j'ai craint I troubler les cendres des Saints. »
Il y eut des sépultures souterraines, non- ;ulement à Rome, mais en Orient, à Antio-
ANTIQ. CHRÊT.
che, à Alexandrie, à Chypre. Il y en avait en Afrique. On connaît les fameuses catacombes de Naples, celles de plusieurs villes de la Sicile , Messine , Syracuse , celles de Malte , celles de la Toscane et de Chiusi en particulier, illustrées naguère par l'abbé Cavedoni (Modena. 1853). 11 en existait en Espagne , à Ëlvire, à Saragosse, à Sévi lie ; dans les Gaules, à Agaune, à Cologne, à Trêves, etc. (V. Boldetti. 1. II.)
2o Mais l'intérêt immense qui s'attache à ces nécropoles souterraines, ne doit point faire oubUer les sépultures ordinaires, pratiquées en plein air. 11 en exista, chez les chrétiens, dans tous les temps, pendant les persécutions comme depuis la pacification de l'Église. Ceci n'a pas besoin de preuve pour les époques postérieures à Constantin. Ces tombeaux ou mémoires étaient construits autour des grandes basiliques, et on a découvert de nos jours et reconnu pour chrétien un hémicycle de ce genre contigu à une basilique de Palestrine, et qui jusqu'à présent avait passé pour païen. (V. ûe'Rossi. BuUett. april. 1864.)
Leur existence n'est pas moins constatée pour les trois premiers siècles, il est beaucoup de localités où la nature du sol ne permettait pas l'excavation de galeries souterraines, et où l'absence de ces catacombes est parfaitement constatée, de même que le souvenir de cimetières chrétiens primitifs s'est conservé dans les traditions locales. H en existait à Garthage au conmiencement du troisième siècle, puisque en 203, au témoignage de Tertulhen i^Ad Scapulam. c: m), la populace ameutée en réclama la destruction : Arew eorum non sint. S. Cyprien, évoque de cette ville, martyrisé en 2ô8, lut inhumé %n area Macrobii Gandidi procuraioris, et l'année suivante d'autres martyrs reçurent la sépulture dans une area dont le nom n'est pas consigné dans leurs actes (Ruinart. p. 20»). M. De' Rossi à qui nous empruntons ces détails en cite plusieurs autres exemples. La découverte récente du tombeau de S. Gervais et de S. Protais à Milan, tombeau qui était déjà proclamé très-ancien en 386 par S. Ambroise {Epist, xxii. — cf. Rossi. i6id.;, vient s'ajouter à tous les autres.
Un fait qui n'est pas moins avéré, c'est que les sépultures chrétiennes furent plus d'une fois confisquées en vertu d'édits impériaux. Valérien interdit aux fidèles les réunions qu'ils tenaient dans leurs cimetières, et peu après Gailien les leur permit de nouveau. Dioclétien et Maximien les confisquèrent une seconde fois, et Maxence les leur restitua. Or, de ce qu'il fallut des édits spéciaux pour enlever aux cnrôtiens la liberté de se réunir dans les cimetières , on doit conclure que la législation, ordinaire leur en reconnaissait la légitime pos-
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session. Et il faut reconnaître que les sépultures souterraines elles-mêmes ne furent réellement protégées que par le droit de propriété reconnu et plus respecté qu'on ne le suppose vulgairement par les maîtres du monde : car il est impossible de soutenir que leur existence ait toujours échappé à la connaissance des magistrats. (V. encore le Bulletin de M. De' Rossi d'août 186(i.)
Du reste la forme et toutes les conditions de ces sépultures chrétiennes suh dio, appelées cellx ou cubicula memoriae^ durent être les mêmes que celles des tombeaux construits depuis l'ère de la paix, avec leurs, hémicycles ou exedrxj leur area, ou hortus ou pomarium^ et conformes aussi à ce que l'on sait des sépultures païennes de la même époque. Plusieurs monuments épigraphiques aussi bien que des témoignages de l'histoire pourraient être cités, qui changeraient la conjecture en certitude. Le savant archéologue romain se borne à rapporter une inscription de Cherchell, où il est constaté qu'un chrétien des premiers siècles avait laissé par testament à l'église à laquelle il appartenait ecclesiae sanctae... RELiQViT MEMORiAM, c'est-à-dire un lieu de sépulture réunissant toutes ces dispositions,
ARËAM AD SEPVLCRA, et CELLAM....
m. — Dans les premiers siècles, l'Église était chargée de subvenir aux frais de la sépulture de ses enfants, et ce devoir était par elle tellement pris au sérieux, que, encore au temps de S. Ambroise (De offic. 1. ii. c. 28), il était permis, dans le cas de nécessité extrême, de vendre pour cet objet les vases sacrés du ministère des autels, décision qui passa même plus tard dans la législation de l'Eglise {Decr, p. II. 12. q. 11. cap. Aurum, § Nemopot.) Les monuments primitifs nous autorisent cependant à penser que, même à cet âge d'or du christianisme, ceux des fidèles auxquels leurs facultés le permettaient, ne voulant pas être à charge à l'Église, achetaient à leurs frais, et de leur vivant le lieu de leur sépulture et de celle de leurs parents et amis. (V. l'art, fosso-
RES.) EMERVM {Sîc) SE VIVAS (Sic) LOGV BISONI
(Z^isomum) (Bosio. 1. m. c. 41). Des' parents aimaient quelquefois à constater dans l'épitaphe d'un fils chéri qu'il s'était préparé lui-même son tombeau du fruit de son travail : filivs
DVLCISSIMVS DE SVO LABORE SIBI FECIT (Boldetti.
52). On recevait quelquefois d'un ami le don d'un tombeau : hvnc. locvm. donabit m. or- Bivs. HELivs. ' cvs. KARissiMvs (Lupi. Disseft. e leU, I. p. \b\t). Le plus souvent on l'achetait des Fossores : émit. a. geler ino. pos {Ibid.), Mais c'est surtout après la paix rendue à l'Église que cette pratique devint tout à fait fréquente (V. Marchi. p. 85); alors, les pauvres seuls étaient inhumés aux frais de la commu-
nauté. On trouve même assez souvent sur le^ épitaphes de cette époque l'énoncé du prix payé aux fossores^ soit pour un tombeau particulier, soit pour une sépulture de famille. Le P. Marchi s'est livré, sur ce sujet, à des calculs qui nous paraissent plus ingénieux que concluants. (Y. Cavedoni. Ragguaglio crit. pp. 10 et 11.)
Vers le temps des premiers empereurs chrétiens (V. Lupi. op. et loc. laud.), il se trouw des fidèles qui, par motif de pauvreté, ouvraient les tombeaux à'autnii pour y introduire leurs morts ; il y en eut d'autres que la cupidité porta à y rechercher l'or, l'argent, et d'autres objets précieux qu'on avait alors coutume d'ensevehr avec les défunts, et jusqu'aui marbres dont ils pouvaient tirer quelque gaio (V. Cancellieri. De secret, basilic, VaUc. t t. p. 1878). Ces profanations qui devinrent peu à peu assez communes, expliquent Les imprécations et les anathèmes que les épitaphes de cette époque et celles des temps postérieurs contiennent contre les violateurs des tombeaux. (V. à l'art. Anathètnes de curieux détails sur ce sujet.)
IV. — L'usage d'ensevelir les morts hors de l'enceinte des villes et en particulier dans les catacombes, persévéra à peu près sans exception jusquà Constantin; du moins, on secoDtenta dès lors d'une tombe creusée sous le sol des galeries, car les pierres tumulaires qu'on trouve dans cette position' portent des dates consulaires du quatrième siècle. Ce prince fut le premier qui, dérogeant à la loi commune, choisit, avec l'assentiment de l'Église, sa sépulture dans le vestibule de la basilique des SS. apôtres à Constantinople (Euseb. Jn vit, Constwtin, 1. IV. 60). Le clergé et le peuple restèrent soumis à l'ancienne discipline, et rinhumation dans les catacombes nq cessa tout à fait qu'au cinquième siècle. Les empereurs Théodose et Honorius suivirent l'exemple de Constantin (Ex Chrysost, homil, xxvi M Epist. 2 ad Cor.), et peu à peu d'autres personnages considérables désirèrent aussi procurer cet honneur à leur dépouille mortelle ; si bien que Gratien et Valentinien se virent obligés de réprimer cet abus par une loi. L'Église, de son côté, résista avec énergie à ce sentiment de dévotion indiscrète, ou mieux peut-être de vanité, qui portait beaucoup de gens à demander un tombeau dans l'intérieur même des temples : c'est ce que prouvent les statuts du pape Pelage H sur cette matière, ainsi que les prescriptions d'un grand pombre de conciles de l'Espagne, de l'Allemagne et de la Gaule (V. Pelliccia. ïk eccl, polit. II. 315) ; et mieux encore lesactesdes nombreuses translations de corps de martyrs qui eurent lieu dès les temps primitifs. Ce n'est qu'au septième siècle que l'indulgence de Yt*
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e commença à permettre ou tout au moins à rer partout les inhumations, non pas dans ;érieur, mais dans le pourtour des temples, a^e qui, comme on le peut conclure du dé- ; de Pelage cité plus baut, s^était déjà inluit en ItaUe un siècle plus tAt
•ERPEIVT'. — Considéré symboliquement!
erpent a été pris chez les premiers chréis dans trois significations différentes. « Comme signe de la victoire de Jésus- •istsur le démon. Ainsi on figurait un serit enroulé au pied du monogramme ou de roix, afin de montrer t que celui qui avait Qcu par le bois était à son tour vaincu par même bois , » ut qui in ligno vincebat , in fio quoque vinceretur (Préface de la Passion), parle de quelques gemmes antiques retrait cet intéressant sujet. Nous n'en connaisis pas d'exemple , mais si elles existent, i sortes de représentations ne doivent pas « antérieures à l'époque de Constantin.
!2et empereur, si nous en croyons son panériste Eusèbe {In Vit, Constantin, lib. m. ). 3), s'était fait peindre lui-môme dans le stibulede son palais, avec le signe victorieux la croix sur la tête, et perçant avec la pointe la hampe de son labarum le dragon terrassé us ses pieds. Ce type fut aussi reproduit au vers d'une des médailles de ce prince et d'une èce de son fils Constance. (V. les art, Numisatique et draconarius.) En voici un spécien reproduit par Aringhi (T. ii. p. 705), d'a- "ès Baronius.
-'iconographie ancienne représente souvent m les Saints terrassant le serpent, pour exmer leur courage à combattre les tentations i vaincre l'esprit de ténèbres.
2n mémoire- de la destruction de l'idolâtrie, . était le règne du démon, on avait anciennent coutume de porter dans les processions litanies majeures (V. ces mots), un serpent, ijointement avec la croix et la bannière aud. episC; Ândegav. Deprocessionibus^ cap.
m). Allegraiiza affirme {Monum. sacr, ant, di Milano. pag. 96) que l'usage s'est conservé à Vicence de faire précéder ainsi dans les processions la croix du clergé par un serpent.
2* Les premiers chrétiens employèrent encore la figure du serpent pour personnifier cette vertu qui , selon S. Bernard {In Cantic.)^ est la régulatrice de toutes les autres, et sans laquelle toute vertu djeviendrait vice , c'està-dire la prudence, si instamment recommandée par Jésus-Christ à ses disciples : « Soyez prudents comme des serpents, » Estote prufientes sicut serpente^. Et comme c'est surtout dans les évoques que cette vertu doit briller d'un vif éclat, selon le précepte de S. Paul à son disciple Timothée (1 Tim, ni. 2) : Oportet episcopum ...,esse pradentem^ on a observé que souvent les images des anciens évoques sont entourées et comme encadrées d'un serpent. C'est pour le môme motif que, chez les Latins, du moins dans les temps anciens, le bâton pastoral se termine presque toujours aussi à sa partie supérieure par. une tôte de serpent, tandis que celui des évoques grecs porte à son sommet un globe de cristal qui signifie la divinité de Jésus-Christ , roi des cieux (S. Isid. Hispal. De divin, ofpc. — cf. Macri. Hierolexic, ad voc. BacuL pastoral,)
Dans un bas- relief de marbre, servant de décoration à la porte méridionale de la basilique de Saint-Ambroise de Milan, on voit ce grand évoque tenant de la main gauche une crosse ainsi serpentée, et de la droite une espèce de thyrse avec trois bandelettes flottantes sous le cône supérieur, façonné à peu près comme une pomme de pin. Et ce qui est plus remarquable encore, c'est que les bras et les jambes du siège ou de la chaire sur laquelle S. Ambroise est assis, ont aussi la forme de serpents. Ce curieux monument se trouve reproduit dans la lettre initiale de la sixième dissertation du P. AUegranza sur les monuments chrétiens de Milan (Page 93).
3® Nous voyons enfin le serpent pris comme figure de la croix et de Jésus-Christ lui-ûième. Gretzer et Jacques Bosio ont longuement développé ces allégories dans leurs ouvrages spéciaux sur la matière {De cruce, — De cruce triumphanie).
L'esprit d'hérésie gâta, il est vrai, cette doctrine et corrompit ce culte , qui dérivaient en droite ligne de l'enseignement de Jésus-Christ: Sicut Moyses exaltavit serpentem in descrtOy ita exaltari oportet Filium Hominis (Joan. m. 14), f Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l'Homme soit élevé. » Les ophites , suivant en cela les nicolaltes et les premiers gnostiques , rendirent au serpent lui-môme un culte direct d'adoration , et les manichéens le mirent aussi, à
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laplacedc Jésus-CbrisliS. Augustin. Deiixres. cap. XVII et xLvi). Et nous devons regarder comme eïtrÈmement probable que les lalismans et amulettes avec la ûgnre du serpent qui sont arrivés jusqu'à nous, proviennent des hérétiques de la race de Basilide, et non pas dea païens, cpmme on le suppose communément.
Mais cela n'empêche pas que les fidèles, alors que tnute sorte d'obstacles s'opposaient îi l'eihibition extérieure de la croix (V. l'art. Croir), n'aient adopté, pour la remplacer, l'emblème du serpent, comme ils employèrent ceui de l'agneau, du Bon- Pasteur [V. ces mots), comme ils se servirent du monogramme et d'une foule d'autres signes arcanes (V. Gori. De mitrato capiu Jesu Cbriili cruci/îxi. cap. vj ; ils purent garder sur eui de ces sortes d'amulettes, mais en reportant leurs hommages et leur confiance sur celui dont le serpent n'était à leurs yeux que la figure, et qui seul fut immolé pour le salut des hommes. C'est ce que S. Ambroise enseigne formellement en plusieurs endroits {De Spirît. sancio lib, m. cap. 9) : Imago enim orucis, weus serpensesf.... çui'propriuï (fleSaiomon. cap. xii. et serm. lv De cruce Cbristi) erat typ\i$ corporis Chrïsti , ut quicumque in eum aspiceret, non perirei, • Car l'image de la croix, c'est le serpent d'airain.... qui était le propre type du corps du Christ, de telle sorte que quiconque le regarderait , ne périrait pas. >
Mais nous avons mieux encore que ces serpents isolés employés comme amulettes et signes arcanes de Jésus crucifié : le fait lui-même tel qu'il est raconté au livre des Nombres [Cap. xxt. 9), se trouve représenté dans un verre doré, précieux sous plusieurs rapports. On y voit Moïse, une verge à la main, et montrant avec l'index de la gauche un énorme serpent dressé devant lui; un second personnage représentant le peuple juif est de l'autre côlé du serpent.
On|peut lire dans le commentaire au psaume trente- septième , l'application parénétique que S. Ainbroise fait du type du serpent à chacun de nous, et qui commence par ces mots ; Imilare lerpenlem, » Imitez le serpent, i II le repré-