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a aussi deux volumes à la main, n^est m de ces scribes dont Toffîce était de iterpréter la loi. Ces volumes et ces ient l'attribut de leur dignité, comme omains ils étaient l'insigne des homlés à la culture des lettres, lit encore de petits coffrets carrés, ivoire, pour renfermer les volumes On en observe de curieux exemples ins fonds de coupe (Boldetti. p. 198.8. ;i. Vetri, xxxiii. 1).
5 Grecs, ces scrinia s'appelaient /^apet prenaient selon leurs destinations quelques-uns des noms cités plus détails et beaucoup d'autres se troules commentaires du code théodosien froy (Gothofrid. Cod. Theod. t. ii.
:IN8.— V. l'art. Catéchuménat.
TEURS CHRÉTIENS. — V. l'art.
es. n. IV.
\TJE^ (S.) — Le culte de S. Sébasme est très-ancien, sa fête est déjà dans un calendrier romain édité par cher, et que l'on croit dater du mijuatrième siècle. Une église a été
sous son vocable au-dessus du ciui porte son nom. Ce lieu où, selon nne tradition, les corps de S. Pierre 'aul furent déposés momentanément,
proprement les catacombes^ et ce )ar extension que ce nom a été donné l'ensemble des cimetières romains, relief en terre cuite, représentant le le S. Sébastien, avait été trouvé au de Sainte-Priscille, avant les explo- Bosio, qui en donne le dessin (P. 571. ari. tav. clxxxix) d'après celui qui se au Vatican, car déjà alors le monut disparu pour passer dans un musée ntiquité que Bottari semble attribuer •elief nous semble exagérée : car il après une inscription accompagnant du Vatican, qu'il servait comme de
un autel joint à la paroi du cimea représentation d'une scène de marm fait qui s'éloigne totalement de
des habitudes des premiers âges de is, bien qu'il ne nous paraisse guère le la faire remonter audelà du sixième us devons noter quelques détails arues intéressants à étudier, it est représenté dans un âge mûr, et de même dans une ancienne mosaïe conserve à Saint-Pierre in vincoli . Vet* mon. ii. tab. ixxiii). Dans la e, il a les cheveux longs et flottants
et pas de barbe, tandis que la mosaïque lui donne la barbe et les cheveux courts. Bottari (m. 168) explique cette anomalie, en disant que l'artiste du bas-relief aura voulu se conformer pour la chevelure à l'usage que les invasions des Barbares avaient déjà introduit en Italie, tandis que, pour la barbe, il se reporta au temps de Dioclétien, où on ne la portait pas, ainsi qu'il est prouvé par les médailles. Le martyr est attaché à un poteau que les Latins appelaient stipitem^ et où l'on enchaînait les malfaiteurs. Ceci est conforme au récit de Lampride (/n Alexandr.), qui parle aussi du titulus qui était fixé au-dessus de sa tête, et qui ne parait pas ici, sans doute faute d'espace. Eusèbe (Hist, eccl, v. 1) mentionne l'écriteau où était énoncé le crime d'Attale, l'un des martyrs de Lyon : A t talus ChristianuSf le Dominiquin s'est inspiré de ce récit dans son tableau du martyre de S. Sébastien : il a écrit au-dessus de sa tête : Sebastianus Christianus,
On doit observer encore une espèce de tablette ou de suppedaneum sur lequel reposent les pieds du martyr, absolument comme celui qui est communément donné à Notre- Seigneur en croix. Trois soldats à moitié nus tirent leurs flèches contre le Saint, un troisième bande son arc avec effort, un quatrième assis à terre avec son arc brisé à la main contemple la victime, enfin en avant de ces satellites est un chef à cheval, se retournant vers eux et semblant leur intimer ses ordres.
SECRET (discipline du). — Les monuments écrits et figurés des premiers siècles chrétiens sont enveloppés de mystère ; l'allégorie et le symbolisme y régnent partout ; le langage des Pères et des docteurs est plein de réticences ; les produits de l'art ne sont à proprement parler qu'un ensemble d'hiérogl3rphes et d'énigmes dont les initiés seuls ont le mot.
Ce fait n'est point le résultat du hasard ou du caprice, mais bien d'une discipline systématique, imposée à la primitive- Église par les dangers et les innombrables pièges qu'elle trouvait dans sa position au sein du monde païen. La plupart des Pères voient l'origine de cette discipline dans ces paroles de Jésus- Christ (Matth. VII. 6) : t Ne livrez point le saint (Les choses saintes) aux chiens, ni ne jetez vos perles devant les pourceaux, » Nolite dare sanctum cambus, neque mittatis margaritas vestras ante porcos. Ce qui est du moins incontestable, c'est qu'on retrouve des traces de cette pratique dans les premiers documents écrits de la tradition chrétienne.
Il n'est pas probable néanmoins qu'elle ait existé, comme loi positive, tout à fait dès le
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premier âge et que les apôtres, non plus que leurs successeurs immédiats aient songé à environner de tant de mystère leur doctrine ni leurs rites ; bien que leur enseignement fût sagement gradué, comme le passage suivant de S. Paul nous le révèle évidemment (1 Cor. m. 1) : t Et moi, mes frères, je n'ai pu vous parler comme à des hommes spirituels, mais comme k des personnes encore charnelles, et comme à des enfants en Jésus-Christ. » Nous voyons en plusieurs lieux des Actes des apôtres que sa prédication fut constamment basée sur ces principes.
Une seconde observation générale que nous devons faire, avant d'aller plus loin, c'est que nous n'entendons point que la discipline de l'arcane n'ait jamais admisw d'exception : elle fléchissait toutes les fois que le bien de la religion l'exigeait. Alors les mystères de la foi étaient publiés, non-seulement en présence des catéchumènes, mais en présence des ennemis. Nous en avons de fréquents exemples dans les apologistes qui souvent n'eurent pas de moyens plus efficaces qu'une entière franchise pour repousser les calomnies dirigées contre les fidèles, celles surtout qui n'étaient basées que sur l'altération ou le travestissement de la doctrine. La discipline du secret dut naître de l'expérience que l'Église ne tarda pas à acquérir à ses dépens, des périls d'une trop confiante publicité. C'est ce que prouverait un parallèle bien étudié entre les apologistes du troisième siècle, ({ui ne répondant souvent que par récrimination, gardent sur bien des points une extrême réserve, et S. Justin, antérieur d'un demisiècle, qui est bien plus explicite, notamment sur la Trinité et l'eucharistie.
Quoi qu'il en soit, elle avait pour but de cacher aux idolâtres, et môme en partie aux catéchumènes, les choses que les uns eussent pu tourner en dérision, faute de les comprendre , et dans lesquelles les autres eussent pu trouver une trop rude épreuve pour leur foi novice encore.
I. — Tertullien (Apologet, vu) en affirme l'existence d'une manière générale, et il s'en fait même un argument contre des accusations sans fondement, puisqu'elles portaient sur des choses qu'aucun chrétien ne révélait. « Si nous sommes toujours cachés, dit-il, quand a-t-on vu ce que nous commettons? Qui a pu le. dévoiler? Ce ne sont pas assurément nos complices, puisque par leur essence môme, tous les mystères obligent fidèlement au secret. > Ailleurs (De prxscript. adv, hxret. xli), il signale comme un des caractères des hérésies de son temps l'abus qui s'y était introduit de ne tenir aucun compte de cette discipline salutaire : a Je n'omettrai point la description de la vie hérétique, combien elle est futile, combien
terrestre, combien humaine ; sans gravité, sans autorité, sans discipline.... Et d'abord, qui est catéchumène, qui est fidèle parmi eux? (V.les art. Catédmmènat et Fidè/e.)Cela demeure incertain : car tous entrent indistinctement (Dans le lieu saint), tous écoutent^ tous prient également ; si même il survient des gentils, on jettera le saint aux chiens, et aux pourceaux les perles, bien que non véritables. »
Nous pouvons citer un autre fait qui le prouve avec la dernière évidence : c'est la division des catéchèses de S. Cyrille de Jérusalem. Lespremières, qui furent prononcées devant les catéchumènes, ne renferment pas un mot relatif aux mystères et surtout au sacrement de Teucharistie; celles de la seconde classe, au contraire, que ce grand évoque consacra à l'instruction des seuls fidèles ou baptisés, s'expriment au sujet de ces mômes mystères d'une manière tellement claire , qu'on ne peut rien désirer de plus. Aussi recommande-t-il expressément de ne jamais communi(}uer ces dernières instructions aux catéchumènes, ni aux non initiés (Prœf. catech.]. « Lorsque la catéchèse est récitée , si quelque catéchumène vient te demander: Que disaient les docteurs? Ne dis rien à cet homme du dehors, s
1° La discipline du secret avait principalement pour objet, les mystères les plus profonds et les plus ardus de la religion nouvelle, et notamment la Trinité. S. Ambroise (Epist. XXXIII. Ad MurceUin.)dii que «après les leçons et le traité { L'instruction ) , les catéchumènes étant renvoyés, il livrait le symbole seulement aux compétents, dans les baptistères. » Ces compétents, comme on sait, étaient ceux qui, arrivés au dernier degré du catéchuménat, devaient recevoir communication du symbole, afin d'être instruits surtout du mystère de la Ste Trinité au nom de laquelle ils allaient être baptisés. La même réserve était observée en Orient. Nous le voyons dans Sozomène qui, au chapitre dix-neuvième du premier Uvre de son Histoire ecclésiastique^ a soin d'expliquer que s'il omet le symbole de Nicée, c'est parce qu'il était vraisemblable que son livre tomberait au mains de quelques-uns de ceux qui ne sont pas initiés aux mystères.
On peut conclure la môme chose du livre d'Origène contre Celse (Lib. i), oti énumérant ceux des mystères du symbole qui ne sont cachés à personne, il ne désigne que la nativité du Sauveur, son crucifiement, sa résurrection, le jugement dernier, et notre résurrection future, et ne fait aucune mention du mystère de la Trinité. Or est-il admissible qu'il Teûtoublié, s'il eût été au nombre de ceux qui pouvaient être révélés à tous?
11 suffit d'ajouter ici le témoignage de S. Cyrille de Jérusalem (Catech, \i) doat la clarté ne
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isse rien à désirer : c Jamais il ne fut parlé un gentil quelconque du mystère arcane du ère, du Fils et du Saint-Esprit ; nous n^en par- )ns pas môme ouvertement devant les catébumènes; mais nous parlons souvent d'une lanière occulte, de telle sorte que les fidèles, eui qui savent la chose, comprennent, et que eux qui Tignorent, ne soient point scandalisés l'une révélation prématurée, i
Les compétents seuls recevaient aussi com- Qunication de Foraison dominicale. Nous renoyoDS pour ce point à notre article spécial sur ^Oraison dominicale.
2» Les sacrements , non -seulement un ou [eux, mais tous sans exception, non-seulement [uant à leurs rites, mais encore quant à leur issence, tombaient sous la loi du secret. S. Baile a dit d'une manière générale de tous les acrements, et nommément du baptême, de eucharistie et de la confirmation, ces paroles ni peuvent servir conmie de préface à tout ce ue nous avons à dire à cet égard ( De Spirit. '. ad Amphiloc. xxvii) : c Ce que les non-iniés n'ont pas la permission de voir, il ne conenait pas d'en faire circuler publiquement la octrine dans un écrit. > Nous le savons pour le baptême par Théodo- Jt {Epitom, Décret c. xviii) qui entreprenant î parler de ce sacrement , dit auparavant : C'est ici que nous avons surtout besoin d'un ngage mystique. » S. Cyrille d'Alexandrie u I Contr. Julian,) déclare à son tour qu'il isse sous silence ce qui est d'une plus difficile telligence au sujet du baptême : c De peur le portant aux oreilles cies profanes les choses canes, je n'offense le Christ qui a dit : c Ne ^z point les choses saintes aux chiens, etc. » îst aussi du baptême que parle S. Jean Chry- »tome dans sa quarantième homélie sur la îmière Épitre aux Corinthiens, en ces ters : I Je veux parler, mais je n'ose à cause de
* qui ne sont pas initiés. » On trouve des ïoignages tout semblables dans S. Grégoire Nazianze (Orat. xl. De bapt,)ei dans beau- P d'autres Pères que nous nous abstenons iter faute d'espace.
*^ant à l'augqste sacrement de l'eucharis- 9Qi ne sait les mille précautions avec lestes les Pères en parlaient ? Ils ne le dési- ^Ut presque jamais par son nom, mais Strient par des expressions symboliques, xb ^'^ , LE BIEN par excellence, corporis Agni f<^ritum ingens, « La subhnie perle du corps '^çneau, » comme l'appelle Fortunat d'ales hturgies orientales {Carm. xxv. 1. 3). ^ vu à l'article Eucharistie le développet de toutes les figures et allégories em- ^es pour la désigner tant dans le langage ^ que dans le langage figuré. Palladius,
* sa Vie de S. Chrysostome^ voulant parler
de la profanation du sang de Jésus-Christ qui eut lieu dans l'église de Constantinople à l'occasion d'un tumulte populaire, dit simplement : symbola effusa^ « les symboles furent répandus. »
Ici les témoignages se pressent et sont d'une telle évidence, que les dissidents eux-mêmes, qui se sont déclarés contre la tradition catholique au sujet de la loi du secret en général, ne peuvent s'empêcher de convenir qu'elle fut toujours observée pour l'eucharistie. (V. Bingham. iv. p. 128.) De leur aveu, il suffit, pour s'en convaincre, d'avoir une connaissance même superficielle des écrits des Pères. Tout le monde connaît cet axiome de S. Augustin (Tract, xcvi In Joan,) : a Les sacrements des fidèles ne sont point livrés aux catéchumènes, « et cet autre : c Les catéchumènes ne savent ce que reçoivent les chrétiens. » La même chose dans S. Chrysostome (Homil. lxxii In Matth.) : a Le mystère de l'eucharistie.... les initiés seuls le connaissent. >
Mais S.Cyrille de Jérusalem est plus frappant encore (Catech. i Ad haptizand.): s'adressant à ceux qui doivent bientôt être baptisés, il les console des restrictions présentes par l'espoir des révélations futures : c Les initiés savent la nature de cette coupe^ vous la saurez vous aussi sous peu. * Les discours et homéUes prononcés en présence des catéchumènes sont sans cesse entrecoupés par ces réserves : a Les fidèles savent, les initiés savent ce que nous disons, je parle aux fidèles, etc. (V. Bona.Dcrcô. liturg. 1. 1. c. 16). » — o Si l'on demande à un catéchumène, dit encore l'évoque d'Hippone (Tract. 11 In Joan,), s'il croit en Jésus-Christ, il répond tout aussitôt : Oui ; mais si on lui demande : Mangez - vous la chair du Fils de l'homme? Il ne sait ce que nous disons. » — t Qu'est-ce, dit-il encore ailleurs (Inpsalm, cm), qui est caché et non public dans l'Eglise ? Le sacrement du baptême, le sacrement d'eucharistie ; nos bonnes œuvres sont vues des païens, mais nos sacrements leUr sont cachés.» Nous n'avons pas à répéter ici ce que nous avons dit en plusieurs endroits de ce Dictionnaire au sujet de l'exclusion des catéchumènes de la célébration des saints mystères. (V. les art. Catéchuménat. Messe, etc.) « Nous célébrons les saints mystères, portes closes, dit S. Chrysostome ; et ceux qui ne sont pas encore initiés, nous les empêchons d'y assister. (Homil. xxiii In Matth,). » Entre autres choses qui sont prescrites aux diacres dans les Constitutions apostoliques (u. 57), il leur est expressément recommandé, non-seulement de renvoyer les non-initiés, mais encore de garderies portes de l'église, de peur qu'ils n'y entrent furtivement pendant la célébration de l'eucharistie. Aussi voyons-nous avec quelle sévérité S. Épi-
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phane et S. Jérôme reprennent les marcionites de ce quUls admettent indistinctement à leurs mystères les catéchumènes avec les fidèles, méconnaissaat ainsi une des plus essentielles règles de l'Église.
L'administration de l'huile sainte, soit du sacrement de confirmation, était aussi voilée aux profanes. S. Basile {De Spirit. S. c. xxviii) nous donne une idée de la discrétion qui était observée au sujet de ce sacrement, lorsqu'il dit qu'il n'était pas même permis aux non-initiés de fixer les yeux sur l'huile qui se conservait pour cela : o Quant à l'onction elle-même de l'huile sainte, qui osa jamais en parler ouvertement? » Le pape Innocent I*"*, répondant à Decentius évêque d'Eugubium qui l'avait interrogé sur la forme du sacrement de confirmation, dit {Epist. I. c. 3) : « Je ne puis dire les paroles (Sacramentelles), de peur que je ne paraisse trahir, plutôt que répondre à une consultation. >
Il en était de même des saints ordres, il n'était pas permis de les conférer en présence des catéchumènes. Nous trouvons un canon sur ce sujet dans les actes du concile de Laodicée (Gan. v) : c Qu'il soit interdit de célébrer les ordinations sous les yeux des écoutants. » Lorsque S. Jean Chrysostome veut parler en public de cet office ainsi que des prières solennelles qui sont usitées dans la consécration des ordinands, il s'exprime obscurément à cause des catéchumènes (Homil. xvii In 2 ad Cor.) : « Celui qui est appelé à initier quelqu'un aux saints ordres, réclame les prières des fidèles au moment de la cérémonie : et ceux-ci approuvent par leur assentiment ce qui se fait, et acclament les choses qui sont connues des initiés, Car il n'est pas permis de tout découvrir devant ceux qui ne sont pas initiés. »
Ce qui est dit ici de l'ordination doit aussi s'entendre dé l'onction des infirmes. On le peut conclure de ces paroles de S. Basile, lesquelles viennent immédiatement après ce qu'il dit du saint chrême, et doivent par conséquent en être distinguées : o Quel discours parla jamais ouvertement de l'onction de l'huile? » Nous ne voyons pas en effet qu'aucun Père se soit jamais exprimé clairement au sujet de ce sacrement devant les catéchumènes ou tes infidèles, ni que les paroles de sa forme aient été écrites nulle part. S. Augustin ( Enarrat, in psalm. cxLi) dit bien que nous recevons les divers sacrements de différentes manières : « Les uns, coaime vous savez, sont reçus par nous dans la bouche, les autres par tout le corps. » Il est évident qu'il désigne , bien qu'à mots couverts, l'eucharistie qui se reçoit dans la bouche, et ensuite l'extrême-onction qui est reçue sur toutes les parties du corps. S. Jérôme ne s'exprime pas d'une manière plus
claire sur ce dernier sacrement : ce qu'il en dit à propos du mot olivier dans son commentaire sur le quatorzième chapitre d'Osée, c'est que le fruit de l'olivier c est celui avec lequel on oint ceux qui combattent dans le cirque, m agone cer tantes. » Les autres Pères grecs et latins observent au sujet de l'extrôme-ODction la même réserve.
En outre des raisons générales que nous avons assignées à la discipline du secret, il en est encore d'autres que nous énumérons en deux mots. On craignait que la simphcité de^ rites chrétiens ne causât quelque étoonement, et peut-être même du scandale chez ceux qui n'en pénétraient pas encore le sens : car les dehors d'un culte en esprit et en vérité offraient un frappant contraste avec les splendides cérémonies, et surtout avec les sacrifices dont les catéchumènes avaient été jusque-là témoins dans le judaïsme et le paganisme d'où ils étaient issus. C'est ce qu'a si bien exprimé S. Jean Chrysostome dans sa vingt-troisième homéUe sur S. Matthieu : « Nous célébrons les mystères portes closes ; non point que nous supposions quelque côté faible dans nos mystères . mais parce que ceux que nous en éloignoos sont encore trop faibles pour y participer. »
Une seconde raison, c'était de conciliera nos mystères de la part des non-initiés le respect qui leur est dû : « La vénération des mystères est conservée par le silence, dit S. Basile {Uf Spirit, S. xxvii). » S. Augustin exprime la même pensée en d'autres termes (Serm, i mter 40 a Sirmond. edit. t. 10) : « Vous ne de?eï pas vous étonner, très-chers frères, si dans la célébration des mystères même, nousnefous avons rien dit de ces mystères, et si nous ne vous avons pas donné tout aussitôt l'interprétation de ce que nous faisons. C^est que nous avons dû entourer des choses si saintes et si divines des honneurs du silence, i
Enfin, on peut dire encore, et le témoignage des Pères nous y autorise , qu'on voilait aui catéchumènes la doctrine des sacrements et en particuher celle du baptême et de l'eucharistie, afin d'exciter davantage leur curiosité et d'âiflammer leur zèle, de telle sorte qu'ils se missent le plus tôt possible dans le cas d'y participer et de les connaître par leur propre usage et par leur expérience ; c Si les sacrements des fidèles, dit-il (Homil. xcvi In Joan.)^ ne sont pas découverts aux catéchumènes, ce n'est pas qu'ils ne pussent en supporter la connaissance, mais c'est afin qu'ils les désirent avec une ardeur proportionnée au soin qu'on met à les leur cacher. » Et ailleurs {Homil. cix) : « Les Juifs ne connaissent pas le sacerdoce selon l'ordre de Melchisédec. Je parle aux fidèles : s'il est quelque chose que les catéchumènes n'entendent pas, qu'ils secouent leur paresse,
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et se hâtent vers rintelligence de ces choses, i Et ailleurs encore {De verb, Domini, homil. XL?i) : « Ceux qui ne mangent pas encore, qu'ils se hâtent vers le festin auquel ils sont invités. Voici venir la pâque, donne ton nom pour le baptême. Si la fête ne suffît pas à l'exciter, laisse-toi gagner par la curiosité, afin que tu saches ce que nous disions par ces paroles : Celui qui mange ma chair et boit mon sanÇf demeure en moi et moi en lui. >
11. — Nous avons dit que le môme besoin de mystère se fait remarquer dans les monuments figurés. Il en est ainsi notamment' dans les peintures, les sculptures, les inscriptions des catacombes de Rome : rien n'y était admis qui pût trahir aux yeux des profanes qui se seraient furtivement introduits dans ces cryptes sacrées le secret des choses saintes. On n'y Toyait ni crucifix, ni croix (Dans la période primitive du moins), ni représentation de martyre. (V. les art. Croix. Crucifix. Martyre.) On observera même que, dans les sculptures des sarcophages, le symbolisme est beaucoup plus compliqué et enveloppé que dans les peintures et les simples pierres sépulcrales des cimetières souterrains. La raison en est que devant être exécutées en plein air, et en général figurer dans les cimetières supérieurs, ou mèmQ dans l'intérieur des basiliques, ces sculptures levaient aussi se conformer plus strictement à 4 loi du secret.
Toute la religion, ses dogmes, ses enseirnements moraux, ses espérances, ses professes, sont figurés dans un langage hiéroglyhique, dans un vaste système de symbolisme avamment organisé, et dont on trouvera les léments épars dans ce Dictionnaire. (V. en articulier l'article Symbole,) Ce sont des faits e l'ancien et du nouveau testament, des figuîs empruntées à la mythologie, des scènes de ; vie pastorale, des animaux, des plantes, des )jets maritimes, mais par-dessus tout le pois- >n, mystérieux symbole du Christ et du chréon. (V. Part. Poisson.) La foi à la résurrection îs corps, qui devait consoler et fortifier les ièles au milieu des persécutions et des mitres communes de la vie, est surtout reprolite sous une foule d'emblèmes ; et on verra le la majeure partie des objets sculptés ou îints sur les tombeaux et sur les parois des ■yptes, et auxquels nous consacrons un grand )mhre d'articles, se rapportent à cette vérité )nsolante.
8ECRETA11IA. — C'étaient deux espèces 3 tabernacles, ou mieux peut-être de sacrises pratiquées dans Tabside, des deux côtés 3 l'autel des basiliques anciennes : dans Tun 3 ces secrétariat on conservait la sainte eularistie, et dans l'autre les livres saints, et
quand il avait des proportions plus vastes, des bibliothèques. (Y. l'art. Bibliothèques chrétiennes.) S. Paulin en fait mention dans sa description de la basilique de Saint- Félix. Le Saint dit que les vers suivants indiquaient la destination de chacun d'eux :
A la droite de l'abside :
Hic locus est, veneranda penus qua conditur, etqua Promitur aima sacri pompa ministerii.
À la gauche :
Si quam sancta tenet meditandi in lege voluntas, Hic poterit residens sacris intendere libris.
(V. Tart. Bibliothèques chrétiennes.)
Bottari (T. I. p. 68) croit voir une allusion à cet usage dans le bas-relief d'un sarcophage antique (Tav. xix). Au centre du tombeau est une orante^ aux pieds de laquelle est déposé, d'un côté, un vase surmonté d'une colombe (V. ce vase à Tart. Colombe eucharistique) et qiii est regardé comme un vase eucharistique, et de l'autre côté un faisceau de volumes liés ensemble. On peut reconnaître une vraie sacristie dans le plan d'une petite église souterraine du cimetière dit délia salita del cocomero (Marchi. tav. xxxviii. n).
SELIQUASTRUH. - C'était un siège d'une forme élégante et majestueuse, d'un caractère archaïque, dont se servaient les femmes dans l'antiquité. Le grammairien Hygin (De sign, cœlest. cap. ix. — cf. Bottari. t. m. p. 23) attribue à Cassiopée, reine d'Ethiopie et mère d'Andromède, un siège de cette espèce : Sedens in seliquastro collocata est. Arnobe (Lib. II. p. 76. edit. Hanov.) distingue le seliquas- ^rum d'un autre siège, également à l'usage des femmes dans leurs maisons, et se terminant en arc, arquât a sellula.
Les monuments chrétiens produisent fréquemment des personnages assis sur des siégcsauxquels peuvent s'appliquer également ces deux définitions. Tel est la chaire où est assise la Ste Vierge dans plusieurs fresques et sculptures des catacombes ; il faut voir surtout, pour cet objet, un beau sarcophage du cimetière de Sain te- Agnès (Bottari. tav. cxxxiii) ; le siège qu'occupe la Mère de Dieu tenant son divin enfant sur ses genoux, dans le sujet de l'adoration des Mages, a le dossier arqué et les côtés évasés avec une grâce toute spéciale.
SEHAIXE (jours de la). — L — La division du temps en semaines remonte à la plus haute antiquité ; elle fut imaginée par les peuples de l'Orient. Est-ce aux Égyptiens ou aux Assyriens qu'on doit faire honneur de l'invention? La question est controversée. Les Grecs
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divisaient le mois en trois décades; les Romains avaient adopté une division inégale, par calendes^ nones et ides. Ils nommèrent calendes le premier jour du mois, du grec xaXéo), voco^ « j'appelle ; » parce que c'était le jour où le pontife appelait le peuple, afin de lui notifier celui où l'ordre des fêtes devait lui être annoncé. Cet autre jour était désigné sous le nom de nones^ parce qu'il précédait les ides de neuf jours. Enfin les tdes, d'un ancien vocable iduo qui veut dire divido^ t je divise, » étaient le jour qui partageait le mois à peu près par le milieu. (V. Pelliccia. Polit, eccl. t. ii. p. 7.)
Les Orientaux sont les premiers qui aient désigné les jours de la semaine par les noms des planètes. Il est probable que ce système dérive des observations astronomiques et des anciennes opinions sur l'harmonie des sphères, et sur les heures planétaires ; c'est le sentiment de S. Clément d'Alexandrie (Strom. edit. Potter. p. 712) : Illo dierum septenario singulos septem planetarum motus.,., intelligo^ c Je comprends que ce septénaire de jours est basé sur les mouvements des sept planètes. »
Mais il n'est pas exact de dire que les Chaldéens assignèrent à chaque jour le nom de la planète qui présidait à ce jour. S'il en était ainsi, Tordre des noms des jours serait différent. En effet, les tables astronomiques des Chaldéens étaient conçues de telle sorte, que Saturne occupait la première place, parce qu'il était la plus haute des planètes alors connues, et le plus ancien des sept grands dieux. Jupiter venait ensuite, puis Mars, le Soleil, Vénus, Mercure, et enfin la Lune. On voit donc que si les noms des jours eussent été réglés d'après la présidence des planètes, le premier jour de la semaine dériverait de Saturne, le second de Jupiter, le troisième de Mars, le quatrième du Soleil, le cinquième de Vénus, le sixième de Mercure , le septième de la Lune.
Or il en est tout autrement, et la raison c'est que les Orientaux donnèrent à chaque jour non pas le nom de la planète qui présidait à ce jour, mais celui de la planète qui présidait à sa première heure. Ainsi, comme, selon leurs tables astronomiques, c'était le soleil qui présidait à la première heure du premier jour de la semaine, et la lune à la première heure du second jour, etc., il s'ensuivit que le premier jour fut consacré au soleil et en prit le nom, que le second reçut le nom de la lune, et ainsi des autres.
II. — Ce système étant une fois adopté et généralement mis en usage par les peuples de l'antiquité, passa naturellement aux chrétiens par la force de l'habitude et par la nécessité de se conformer au langage commun.
Aussi trouvons-nous les jours de la semaine
désignés par leurs noms païens dans les écrits des plus anciens Pères, aussi bien que dans les monuments épigraphiques. Deos naticnun nominari lex prohibet, dit Tertullien (De idokktr. c. xx) : Non utique ne nomina eorum pronuntiemus^qux nobis ut dicamiLS œnversatio extorquet^ c De nommer les dieux des nations, la loi le défend; mais elle ne nous empêche pas d'articuler des noms que le besoin de la conversation nous arrache forcément. Ainsi, nous sommes bien forcés de dire : le temple d^Esaiiapi^ le vicus d7sts, le prêtre de Jupiter, et d'autres choses semblables.... Ce n'est pas que j'honore Saturne, si je prononce son nom.... Ce que la loi veut, c'est que je ne les nomme pas comme dieux. >
Dans un rescrit de Constantin, donné le v des nones de juillet, sous le consulat de Crispus et de Constantin II, c'est-à-dire en 321, on lit cette phrase : diem solis veneratiom suœ celebrem ; la même expression se troure dans un autre rescrit du môme prince, sous la date des nones de mars : Artium officia c«wrabili die solis quiescant : c'est une interdi^ tion du travail du dimanche, appelé ici encore le jour du so/et7. Baronius (^4^ ann. ChristiZîl] pense que l'empereur chrétien s'était servi de ce langage, parce que la loi en question s'adressait aux idolâtres comme aux fidèles. Mais les documents ne manquent pas, pour prouver que la coutume de désigner les jours parleurs noms païens demeura vulgaire, même dans les actes publics, pendant les quatrième, cinquième et sixième siècles. Eusèbe (Hist. eccl. 1. iv. cap. 18) désigne ainsi le dimanche : Hune salutarem diem, quem lucis, tel solis DOEMappellamuSj c Ce jour salutaire que nous appelons jour de la lumière ou du soleil. » Pour le cinquième siècle, Sozomène atteste le même fait au moins chez les Grecs (Hist. ecd. cap. viii) : Tum die dominico, quem Hebr^ appellad primum diem hebdomadje^ vel sabbati, Grtti autem solis nomine nuncuparunt, c Le jourda Seigneur, que les Juifs appellent le premier jour de la semaine, ou aprës le sabbat, les Grecs le nomment le jour du soleil. » Le dimanche est aussi appelé de son nom paleo dans un grand nombre de lois du code tbéodosien, et notamment dans un rescrit des empereurs Valentinien, Théodose et Arcadius, daté du VII des ides d'août sous le consulat de Timasius et de Promotus, c'est-à-dire en 389.
Mais les inscriptions en fournissent des exemples presque innombrables. Le P. Lupi en a recueilli quelques-unes pour chaque siècle, depuis le troisième auquel appartient la fameuse épitaphe de seyera qu'il a illustrée (die beneres), jusqu'au sixième. Au quatrième siècle, il cite celles de simpugivs, de paschasivs et d'HELiA, lesquelles, bien que écrites sous
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des empereurs chrétiens et déposées dans des cimetières chrétiens, portent néanmoins des dates énoncées par die satvrnis, die iobis, die BEMERis(Set;. epitaph. pp. 18 et 19). À la même époque se rattache un fragment qui se trouvait employé dans le pavé de la hasilique de Saint- Clément, et qui fait lire die veneris au lieu de feria sexta, qui était le vendredi (Id. p. 100). Gori (Inscr. Etrusc. t. ii. p. 168) en donne une de l'an 468 qui appelle aussi le dimanche DiEM soLis. Une épitaphe grecque k peu près de la même époque engagée dans le pavé de la basilique de Saint-Clément hors des murs de Rome, porte hmepa aioc, dies solis, pour le dimanche. Nous avons die lvnae dans un Htulus de la collection de Muratori (P. 383. iy), die martis dans le Journal des savants de Pise {Tom. vi), die satvrni dans Boldetti (P. 9k) et dans Bianchini (Proleg. ad Anast. t. II. p. 68). L'épitaphe de martia à Saint-Ambroise de Milan est datée du jour de Jupiter, OIE lovis (Ferrari. Monum, di S. Ambrogio p. 49).
m. — Cependant, dès le temps des apôtres, les jours de la semaine eurent, dans TÉglise de Dieu, des noms exclusivement chrétiens. S. Jean dans son Apocalypse (i. 10) appelle déjà le premier jour, le jour du Seigneur, (V. Tart. Dimanche,] Et il est aisé de voir dans les œuvres des plus anciens Pères, que quand ils se servent des dénominations païennes, ce n'est que pour obéir à la loi du secret, ou bien pour se faire comprendre de tous. Ainsi quand S. Justin, dans sa Première apologie (Lib. i. c. 67), veut parler du jour où a lieu rassemblée de tous les fidèles qui habitent les villes et les villages environnants, c'est-à-dire du dimanche, il dit « le jour du soleil, comme on l'appelle vulgairement, > so/is, ut dicitur^ die, 11 est évident que c'est avec répugnance qu'il se* sert de cette expression, et uniquement parce qu'il s'adresse à des païens. S. Clément d'Alexandrie {Slrôm, 1. vu. edit. Pott. p. 877) met ouvertement en parallèle les noms chrétiens avec leurs correspondants profanes. « Il sait (Le vrai gnostique) les insignes (Les désignations énigmatiques) du jeûne de ces jours, c'estrà-dire du quatrième et du sixième (Du mercredi et du vendredi). Le premier est appelé (Par les païens) le jour de Mercure, celuici le jour de Vénus, » Novit ipsejqunii quoque enigmata horum dierum^ quarli, inqunm^ et sexti. Dicitur autem ille quidem Mercurii, hic vero Veneris.
La première méthode de supputation fut simplement empruntée aux Juifs ; elle consistait à compter les jours à partir du sabbat, le premier, le second, le troisième jour après le sabbat. C'est ainsi que le dimanche est appelé dans les Évangiles prima sabbati{Ua.iih, xxvm.
1. — Marc. xvi. 9), ou una sabbati (Lnc, xxiv. 1. — Joan XX. 1), et de même dans les Actes des apôtres (xx. 7).
On désigne encore les jours de la semaine sous le nom de férié ^ première, seconde, troisième férié, etc., à partir du dimanche, et c'est le nom qui est resté dans la langue liturgique, Nostro more dies ferix sunt nomen habentes (Beda. In hymn.).
Ce mot est dérivé du verbe ferire «i frapper, ï parce que, chez les Romains, il désignait les jours où l'on immolait des victimes, les jours de sacrifices, où les affaires étaient suspendues. Les chrétiens, qui croyaient que tous les jours sans distinction devaient être consacrés au culte de Dieu, et surtout être marqués ou fériés par la cessation du péché, Nos autem ferias dicimus^ quod omni die feriare^ id est cessare a peccatodebemus {Concil, in Trull, can. Lxvi), appelèrent fériés tous les jours de la semaine. Le mot est employé dans ce sens par tous les Pères, par Tertullien, S. Basile, S. Chrysostome, S. Augustin. Ce dernier reprend avec sévérité quelques chrétiens qui aiment mieux dire le jour de Mars ou de la lune que la seconde, la troisième férié, etc. (S. Augustin. In psalm, xciii). « Le premier jour après le sabbat, est le jour du Seigneur; le second après le sabbat est la seconde férié, que les séculiers appellent le jour de la lune ; le troisième après le sabbat, est la troisième férié, qui est appelé par les païens le jour de Mars; le quatrième du sabbat est la quatrième férié, qui est dit le jour de Mercure par les païens, et môme par plusieurs chrétiens. Mais nous ne voulons pas qu'ils le disent ; et plût à Dieu qu'ils se défissent d'une telle habitude ! Car ils ont leur langue à part dont ils doivent se servir. Il est mieux que d'une bouche chrétienne ne sorte qu'un langage ecclésiastique ! >
SÉPULTURES. — I. — Les premiers chrétiens avaient adopté l'usage reçu chez les Romains, et consacré par la loi des douze tables, d'inhumer leurs morts hors de l'enceinte des villes. Mais ils évitèrent toujours avec un grand soin de confondre les restes de leurs frères avec ceux des païens, et dès le principe ils eurent des sépultures à eux.
Nous pouvons citer un curieux exemple de cette répugnance des fidèles. C'est une inscription donnée par Muratori (mdclxviii. 6), où il est dit qu'un nommé ivcvndvs, en se faisant chrétien, avait vendu un droit de sépulture qu'il possédait sur un tombeau païen, ivs ol- LARVM. Et il est intéressant de noter que ce droit fut acheté par un esclave d'Antonia femme de Drusus, ce qui place le contrat vers le règne de Claude, peut-être même à une époque un peu plus reculée. Muratori dit que ce marbre
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existait à Florence : nous en transcrivons les deux dernières lignes ; c'est probablement la plus ancienne mention du nom de chrétien qui se soit rencontrée sur les monuments funéraires :
PAVSTVS. ANTONUE. DRVSI. IVS EMIT. IVCVNDI. CHRESTIANI. OLL
Un autre fait à constater ici, c'est le soin que les premiers chrétiens et les Saints eux-mêmes eurent toujours de procurer à leurs corps, toutes les fois que la possibilité leur en était laissée, une sépulture honorable.
Ainsi on raconte de S. Torpès, martyr (Bosio. p. 8), qu'au moment où il était conduit au lieu de son supplice, il obtint de passer devant la maison d'un de ses amis nommé Andronicus, pour lui recommander de lui donner un tombeau, après sa mort, lui assurant pour cette œuvre de piété la récompense céleste : damans eum ad 5e, ploraus et osculans eum dixit : Amice, sequereme^ et sepeli corpus meum. Credo m Domino, quia mercedem consequeris» S. Victor, martyr avec Ste Corona (Ap. Sur. tom. m. XIV mait), pria les questeurs de laisser transporter ses restes dans le monument que, selon une ancienne coutume, il s'était préparé de son vivant : Habeo eîiim loculos jampriJem mihi paratos. Dans son testament , le martyr S. Eustratius ordonna , lui aussi , que sa dépouille mortelle fût envoyée dans sa patrie, et il chargea spécialement l'évoque de Tébaste de l'accompagner lui-même : Adjuravit ewn ut per seipsum iret , et portaret reliquias suas (Sur. t. VI. III dec). L'Égyptien S. Mennas, fit une recommandation analogue, et ses vœux ne furent point déçus : car de pieux chrétiens arrachèrent ses restes aux flanmies dans lesquelles ils avaient été jetés et les rendirent à la patrie du martyr, après les avoir enveloppés dans de riches étoffes et embaumés avec des aromates (Id. XI nov.), Ste Fortunée, devant avoir la tête tranchée avec ses frères, donna vingt pièces d'or au bourreau pour que son corps ne fût pas brûlé, mais enseveli dans la terre {Cod, S. CxciL ap. Bosio. ibid.), S. Sabinus martyr d'Hermopolis en Egypte , se voyant conduit vers le lleuve où il avait été condamné à être précipité avec une pierre aux pieds, pria les assistants d'aller au bout de trois jours recueillir son corps sur le rivage et de l'inhumer, et la pierre avec lui (Id. tom. ii. xiii mart,\
Ce respect que les premiers chrétiens professaient pour des corps sanctifiés donna lieu à mille précautions de cette nature, lesquelles se traduisirent en ces formules de prières ou. d'anathèmes que font lire si fréquemment les épitaphes des premiers siècles. ^V. l'art. Anathètne, n. II.)