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iTc (V. les art. Acrostiche et Poisson,) Et on jeut regarder comme certain que si les preniers chrétiens ne puisèrent pas le symbole du poisson dans les oracles sibyllins, ils empruntèrent du moins le fréquant usage du mot ix- 6TC aux cinq premiers vers applicables au Sauveur, lesqqels, par leurs initiales, formaient l'acrostiche de ce mot. La seule inscription chrétienne antique qui reproduise avec une fidélité complète cet acrostiche a été trouvée à Âutun (V. l'art. Acrostiche) et il est probable, pour ne pas dire certain, qu'elle fait allusion à celle des vers sibyllins. Pour en revenir à S. Augustin, il témoigne encore la plus grande vénération pour les sibylles dans son livre Contra quinque hareies (iv).
9« On pourrait citer encore S. Prosper {De mmiss: 1. m) et S. Isidore de Séville (L. viii. :. 8) et quelques autres ; mais ils n'ont rien ivancé d*eux-mômes, ils ont parlé favorablenent des sibylles d'après l'autorité de Lacance ou de S. Augustin. Nous nous en tenons
cet exposé purement historique , car il ne onvient pas à la nature de ce recueil que nous ntrions dans les controverses que cette intéîssante question a soulevées dans tous les imps.
80LEA. — C'était, dans les basiliques priitives , un espace qui précédait immédiateent le sanctuaire, et qui était élevé de quelles degrés au-dessus du sol des ambons (V. ce ot), ou chœur des clercs mineurs. C'est là le venaient recevoir Teucharistie ceux à qui jntrée du sanctuaire était interdite , c'estdire tous les fidèles qui ne faisaient pas partie i clergé, ou bien encore les clercs même in cris qui, à cause de quelque grande faute, aient été réduits à la communion laïque. A raison de l'élévation de ce lieu, l'évéque li s'y tenait pour distribuer la sainte comunion aux fidèles était vu de tout le monde, mme S. Jérôme le fait observer dans son litre Contre les luciféiiens : Episcopum corpus ymini adtrectantem , et de sublimi loco eucha- Hiam populo ministrantem ^ « L'évéque te- .nt en ses mains le corps du Seigneur, et an lieu élevé administrant l'eucharistie au iuple. » C'est à cause de cette sainte destina- )n, que la solea était pavée d'une marquete- 5 de marbres précieux ; Cedrenus rapporte le le pavé de la solea de la grande église de jnstantinople était tout composé d'onyx (Ap. enard. p. 319).
Cest là que siégeaient les sous-diacres et les îteurs, au dire de Siméon de Thessalonique f. Samelli. Basilicogr, p. 85). Là se tenaient ssi les diacres qui devaient être ordonnés êtres : deux diacres, sortant du sanctuaire, naient recevoir l'ordinand en ce lien, pour
le conduire jusqu'aux portes saintes, où il était reçu par deux prêtres, qui, l'ayant introduit dans le sanctuaire, entouraient avec lui la table sainte (Samelli. ibid,).
SOLEIL (le) et la LUNE. — Aux angles de certains sarcophages antiques, on remarque deux masques de proportions colossales. Quelquefois coiffés du pileus phrygien, que les antiquaires regardent comme les figures du soleil et de la lune (V. Bottari xxxif. lxxvi) et dont l'antiquité païenne avait fait l'image allégorique de la vie humaine. Employés comme décoration de nos monuments funéraires, ce^ figures prennent un autre sens que celui que leur donnaient les païens, et deviennent le symbole de l'espérance chrétienne. Les tombeaux ne st)nt pas la seule classe de monuments où figurent ces masques ; on les voit sur des monuments d'un ordre plus élevé, par exemple sur l'autel de la basilique de Saint -Laurent hors des murs de Rome, dont la composition révèle dans tous ses détails l'imitation d'un sarcophage antique (Ciampini. Vet, mon. 1. i. tab. XLV. fig. k).
Le soleil est représenté par une demi-figure humaine, coiffée d'une couronne radiée, et au milieu d'un nimbe, sur une urne sépulcrale où se trouve retracée l'histoire de Jonas (Id. tav. XLii). Quand ils accompagnent le Bon-Pasteur, comme dans une belle lampe du recueil de Santé Bartoli [Luceme antiche. part. m. n. 29), le soleil et la lune pourraient avoir un sens différent, et exprimer l'éternité, comme on interprète ce même sujet pour les médailles (Eckel. VI. ^23), et rappeler que le Christ est le Pasteur étemel. Cette explication est de l'abbé Cavedoni {Raguaglio délie art. Christ, p. 32).
Le soleil et la lune, sous forme humaine, sont figurés sur les plus anciens crucifix, pour exprimer le fait miraculeux de l'obscurité simultanée dont ces deux astres furent atteints au moment de la mort du Rédempteur, ou mieux peut-être pour exprimer les deux natures de Jésus-Christ, comme nous l'avons expliqué à l'article Crucifix (N. V. 1®); c'est ce qu'on voit dans la fresque du cimetière du pape S. Jules (Bottari. t. lxxxii) où est peint un Christ vêtu d'une tunique sans manche, et qui est probablement l'une des plus anciennes images qui existent de Jésus-Christ en croix. Les mêmes attributs se font remarquer sur le crucifix du diptyque de Rambona (Buonarruoti. Vetri.p. 141), où, comme pour épargner aux fidèles toute hésitation, l'artiste a, ainsi que le montre aussi l'exemple précédent, écrit les noms du soleil et de la lune au-dessus de leurs têtes : sol — LVNA. Le soleil et la lune sont également figurés; et de la môme manière, sur le fameux crucifix de Velletri (Borgia'. Decruce Velit.) et
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Borgia les signale encore sur un christ peint dans un évangéliaire syriaque du sixième siècle. Mais ce qu'il y a de particulièrement remarquable dans le diptyque de Rambona, c'est que les deux demi-figures humaines qui symbolisent le soleil et la lune portent un flambeau d'une main, tandis qu'elles tiennent l'autre appuyée à leur joue en signe de douleur. (V. pour plus de détails l'art. Crucifix,) Il parait que, d'assez bonne heure, les fidèles tinrent à substituer à ces emblèmes qui, extérieurement du moins, pouvaient passer pour une imitation servile du paganisme, d'autres sujets ne prêtant point à équivoque.
Ainsi, parmi les découvertes nouvelles faites par M. De' Rossi au cimetière de Galliste, nous avons vu un fragment de sarcophage aux angles supérieurs duquel figurent, au lieu du soleil et de la lune, les têtes de S. Pierre et de S. Paul. C'est d'après le même principe, c'està-dire le zèle des premiers chrétiens pour le cule des martyrs, et le désir de placer leur sépulture sous leur protection, que la tête de S. Genès d'Arles a été sculptée aux angles de quelques sarcophages de cette ville, et en particulier de ceux qui , au musée , portent les n«» 15, 98, 126. On voit aussi la tête de ce martyr sur un fragment du musée lapidaire de Lyon, n» 618. Ce sujet fut longtemps pour nous une énigme, dont le mot nous a été enfin révélé par la sagacité et la bienveillance toujours désintéressée de M. De' Rossi. Des masques de môme nature décorent aussi des sarcophages de Milan (V. Allegranza. Sacrimonum, di Milano, — Ferrari. Monum, dé* S. Ambrogio); en jugeant par analogie, on peut supposer que ce sont les têtes de S. Gervais et de S. Protais.
SOUS-DIACRES. — Les sous-diacres ou hypodiacres sont les clercs qui servent immédiatement les diacres dans la liturgie. Les uns soutiennent que le sous-diaconat fut institué par Jésus-Christ, d'autres l'attribuent aux apôtres, d'autres enfin en placent l'origine vers la fin du premier siècle. C'est au milieu du troisième siècle que les écrivains ecclésiastiques en font mention pour la première fois. S. Cyprien en parle au moins dix fois dans ses épltres, et S. Corneille (Epist. ad Fab, ap. Euseb. vi. 43) énumère sept sous-diacres dans le catalogue qu'il donne des clercs de l'Église romaine.
Le sous- diaconat fut longtemps mis au nombre des ordres mineurs dans l'Église latine, comme il l'est aujourd'hui encore chez les Grecs. Gruter (mxlix. 8. MLix. 1), donne des inscriptions mentionnant des sous diacres ; Reinesius (Claissis XX. 57) rapporte l'épitaphe de Pierre sousdiacre de la quatrième région de l'Église romaine; M. De' Rossi (i. 500) celle de Marcellus sous-diacre de la sixième ; Zaccharia (Ap. Ca-
logera. t. xxxv. p. 145), celle du sous-diacre SANCTVLvs, trouvée à Saint-Laurent hors des murs de Rome ; et M. De' Rossi, entre beaucoup d'autres, celle d'xppiANVs qui est du milieu du cinquième siècle (i. 324. n. 743), enfin M. Le Blant (i. 396) celle d'un sous-diacre de Trêves : vrsiniano svbdiacono. Nous trouvons dans Martorelli {De reg. Thec. calam, p. 529) le titulus d'une Paula fille du sous-diacre Paul EN©A. KiTH. nArAA.nArAor.rnoA=errATHP... Celleci est transcrite dans l'ouvrage du P. Marchi
(P. 239) : AGATIO s VBD II PECCATOm 11 MISERERE
Ds, nous la citons à cause de sa touchante formule.
8PORTULE. — V. l'art. Clergé, n. I. !•.
STATIONS AUX TOMBEAUX DES BIARTYRS ET DES CONFESSEURS, ET AUTRES. — L — L'Église,
dès son origine, eut un soin extrême détenir note exacte du jour, ainsi que des circonstances de la passion de ses martyrs : ce jour s'appelait natale (V. les art. natale. Calendrim. NOTARii. etc.), et le catalogue où il était fixé servait de guide pour en célébrer l'anniversaire, stato die^ comme, dans sa lettre à Trajan, Pline le constate, bien instruit, au moins en cela, des habitudes des fidèles ; et c'est du retour périodique de ces assemblées que leur est venu le nom de stations.
D'autres pensent (V. Ugonio. Brève discono intorno le stazioni) que le mot de station passa de la milice romaine à la milice chrétienne ; et en effet, nous avons dans Tertullien(Deoral.- De coron, milit. — De jejun.) : Si statiodemlilari exemplo nomen accepit^ nam etmilitùi Dei sumus. D'où le docte Gabriel de L'Aubépine conclut (De jejun, et station, observ. iv. n. 10) que, comme dans les stations mlhtaires, les •sentinelles montaient la garde tout le jour, de même les fidèles a n'abandonnaient pas la station et l'église avant l'heure de none, » et pendant tout ce temps on observait un jeûne rigoureux-
On se réunissait autour des tombeaux des martyrs et des confesseurs, et sur le sarcophage même renfermant leur dépouille mortelle, on offrait d*abord à Dieu le sacrifice eucharistique (V. les art. Autel. Confession, argosolium) ; et ensuite, tous, sans distinction de rang ni de fortune, prenaient part à ces repas de charité, qu'on nommait agapes. (V. ce mot.)
Que ces stations fussent sanctifiées par l'oblation de la victime divine, c'est ce qu'attestent mille témoignages irrécusables. S. Cyprien, notamment, en fait foi dans sa trenteseptième lettre à son clergé de Carthage: Celebrantur hic a nobis oblationes et sacrificia o6 commemorationes eorum (Martyrum). Tertullien est plus clair encore (De coron, ii) : Obla-
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ffies pro natalitiis annua die facimus. La cébre lettre de PÉglise de Smyrne à celle du 3nt (Easeb. Hist. eccL iv. 25) atteste aussi le les fidèles recueillirent précieusement les «tes de S. Polycarpe, pour les placer en lieu ir, de façon à pouvoir s'y réunir pour célébrer laque année son glorieux trépas : Convenienbus concédât Deus natalem illius inartyris diem lAm hilaritate et gaudio celebrare,
À Rome, on ne saurait douter que les fidèles élébraient ces anniversaires dans les cimelères mômes où reposaient les corps des maryrs. LTiistoire de ces temps héroïques nous en Durnit d'innombrables exemples. Ainsi, nous isons dans le calendrier du P. Boucher (De loctrin. teinp, p. 268) que le sixième jour avant es ides de juillet, on fêtait Tanniversaire des >S. Félix et Philippe au cimetière de Priscille, «lui des SS. Martial, Vital et Alexandre, au imetière dit des /ordani; celui de S. Sylvain, lont le corps avait été arraché à sa sépulture >ar les novatiens, au cimetière de Saintlaxime, et enfin au cimetière de Prétextât, la aémoire de S. Januarius. Le cardinal Tomasi vait puisé des notions analogues dans les plus nciens livres liturgiques de l'Église romaine ;
y avait même lu avec plus de précision en- 5re que, la veille des ides de juillet, jour na- ^ke des sept frères martyrs, il y avait station î quatre lieux différents : sur la voie Appia au naetière de Prétextât, en l'honneur de S. Jalarius; et que, ensuite, il y avait unepremière esse sur la voie Salaria dans la partie septenionale du. cimetière de Priscille, une seconde ssse au lieu dit Saint-Alexandre, in cœmeterio rdcmorum, et enfin une troisième au lieu de inte-Félicité(Tomasi.Opp.edit. Rom.ii.dQî).
Qui n'a pas entendu parler de la mort violente e trouvèrent, sous le règne de' Numérien, grand nombre de chrétiens de Rome dans latacombe de la voie Salaria où ils s'étaient mis pour célébrer la fête des SS. Chrysante Daria, des SS. Diodore prêtre et Marianus, cre, les païens ayant muré l'entrée du sourain pendant qu'on offrait le saint sacrifice ron. Ad an, 284) ? Mais on ne saurait rien irer de plus clair ni de plus circonstancié î ces vers de Prudence {Peristeph, xi. vers. • seqq.) au sujet de l'immense concours de îles qui affluaient au tombeau de S. Hippo- 3 le jour anniversaire de son martyre.
im cum se rénovât decursis mensibus annus Natalemque diem passio festa refert ;
uanto putas studiis certantibus agmina cogi, Quaeve celebrando vota coire Deo !
iprès les persécutions, alors que de splen-
es basiliques s'élevèrent sur les tombeaux
martyrs, on donna à ces fêtes commémo-
ves plus de solennité et de magnificence ;
l'espace immense de ces églises admettait un concours plus nombreux, et le plus souvent les papes présidaient eux-mêmes les stations qui s'y faisaient. S. Grégoire le Grand se signala en ceci par un zèle ardent, il aimait surtout, à l'exemple de S. Léon , à prononcer dans ces assemblées des homélies ayant pour objet la gloire des martyrs dont ces basiliques recouvraient les sépulcres. Nous trouvons dans le recueil de ses Œuvres celles qui furent données dans les basiliques de Sainte-Agnès, des Saints-Marcellin-et-Pierre, -de Saint-Pancrace, de Saint-Félix, des Saints-Processus-et-Martinien, de Saint-Laurent, des Saints-Nérée-et- Achillée, etc., ainsi que l'attestent leurs titres: Hoinilia habita in basilica SS, N. N. m die. natali ^us ou eorum. Et les titres de ces homélies rapprochés des rubriques du missel romain actuel prouvent que les stations se font encore aujourd'hui à Rome exactement selon les règles fixées au sixième siècle par S. Grégoire. Nous savons par Jean Diacre {Jn Vit, Greg. 1. ii. c. 2) que ce pape, si zélé pour les cérémonies de l'Église, se rendait aux stations en grande pompe, avec le primicier, les chantres , les acolytes régionnaires à la suite de la croix stationnale. (V. les art. Croix, n. III.
DRACONARIDS. STAUROPHORl.)
II. — Outre les anniversaires des martyrs, il y eut de bonne heure d'autres jours de stations , et nous croyons, bien qu'une certaine confusion règne dans cette matière, que ce nom fut appliqué en général à toutes les assemblées du peuple pour les synaxes.
l^Les récits des Actes (n. 46 et alibi) ne permettent pas de douter que dans le principe, les apôtres rassemblaient les fidèles de Jérusalem tous les jours, quotidie. Mais il n'est pas moins vrai que le jour de leur assemblée solennelle était le dimanche (Act, xx. 6. 7, — 1 Cor, xii. 2) ; et quand vinrent les persécutions , il ne parait pas qu'il y eut d'autre jour ordinaire de station que celui-là. S. Justin, dans sa deuxième apologie, semble le supposer : « C'est le jour du soleil que communément nous nous assemblons. 9 Le mot communément^ en étabhssant la règb, laisse place aux stations exceptionnelles, comme celles des martyrs, quand elles tombaient dans la semaine.
2® Peu après ce S. Martyr, on ajouta au dimanche, du moins dans certaines Églises, d'autres jours d'assemblée.
Ainsi Tertullien (De oral, xiv) parle des jeûnes et stations de la quatrième et de la sixième férié, c'est-à-dire du mercredi et du vendredi, qui furent pour ce motif appelés dies stationarii. Et si le dimanche fut choisi en mémoire de la création, et de la résurrection de Jésus-Christ (Justin. i6irf.), le motif de la préférence donnée au fériés quatrième et sixième
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vint de ce que l'une était le jour où les Juifs avaient tenu conseil pour mettre Notre-Seigneur à mort, et l'autre celui de la passion de ce môme Sauveur (Augustih. ep. lxxxvi. Ad Casulan.). Quoi qu'il en soit, nous savons par Tertullien (ibid.) et S. Basile {Epist. cclxxxix) qu'en ces jours on célébrait l'eucharistie; et nous sommes en droit de conclure de ces témoignages que le saint sacrifice était précédé et suivi des mômes offices que le dimanche, psalmodie, lecture des Écritures, prières pour les catéchumènes et les pénitents, etc.
3® Les auteurs anciens font aussi souvent mention du samedi, comme jour stationnaire. Mais nous manquons de documents pour assigner soit l'origine , soit les raisons de cette coutume. S. Atlianase est le premier qui en ait parlé (Homil, de sementt)^ encore ne donne-t-il à cette station d'autre but que d'adorer Jésus- Christ, le maître du sabbat, tout en excluant néanmoins toute intention d'imitation du judaïsme : Non qtiod judaismi morbo hboremus^ sed Dominum sabbati Jesum adoraturi. Et nous devons en ceci distinguer entre les Églises latines et les Églises grecques : les premières, si nous en exceptons celle de Milan, traitaient le samedi comme un jour de jeûne, et les Églises orientales comme un jour de fôte. La différence qu'il y avait entre la station du samedi et celle du dimanche, c'est que celle-ci excluait le travail et l'autre l'admettait.
Mais le samedi et le" dimanche étant plus saints que les autres jours de la semaine, étaient précédés de vigiles^ lesquelles retenaient les fidèles à l'église pendant la plus grande partie de la nuit, ce qui leur fit donner le nom de pernoctationes ^ et de pervigilix, S. Chrysostome (Homil. iv Deverb. Esais') dit l'équivalent de pernoctationes, et perpétua stationes.
Les stations de cette espèce avaient lieu dans d'autres circonstances encore : dans les supplications motivées par de graves nécessités de l'Église ; on en peut voir des exemples dans S. Chrysostome, S. Augustin, Ruffin, Socrate, Sozomène, Théodoret (Cf. Bingham. v. 288) ; à certaines fôtes solennelles de l'année, l'Epiphanie, Pâques, l'Ascension, la Pentecôte, au témoignage de Tertullien, de Lactance, dtj Socrate (Cf. ibid,)] aux anniversaires des martyrs, etc.
Pour ce qui concerne l'Église latine, il est souvent fait mention des vigiles ou pemoctationes dans le concile d'Helvire (Can. xxxv), dans les OEuvres de S. Jérôme (Ep. vu. Ad Lwtam. — Comment, in Daniel, iv), de S. Ambroise (Serm. xix Inps. cxviii), de S. Augustin et de S. Hilaire , etc. Il est vrai de dire néanmoins que ces autorités ne prouvent à la rigueur que pour les vigiles privées ou pour les
vigiles communes de l'office de matines qui Qe commençait qu'après minuit. S. Sidoine nous fournit seul un témoignago direct (L. v. epist. 17) au sujet de la vigile de la fôte de S. Just évoque de Lyon.
^o Pendant le carême, il y avait des assemblées quotidiennes, tant pour la prière que pour l'audition de la parole de Dieu. Mais oo ne consacrait l'eucharistie que le samedi et le dimanche, comme il parait par un canon du concile de Laodicée (Cad. x'lix.). AnciennemeDt il n'y avait aux jours du jeûne quadragésimal d'autre messe que celle des présanctifiés (Y. l'art. Messe, n. VI), excepté les samedis, les dimanches, et le joui: de l'Annonciation. Aussi ne doit-on entendre par stations proprement dites que les jours où l'on > consacrait l'eucharistie, et où l'on rompait le jeûne après la réception de la communion qui s'appelait communion stitionnale, ce qui a fait donner encore \ ces jours le nom de t demi-jeûnes, > semijejunia (Tertull. Dejejun. xiii) ; TertuUien, dans un autre endroit (/ôîd.xiv), distingue nettement les stations du mercredi et du samedi, en lesdésignant absolument par le nom de stations, de celle du vendredi saint qu'il appelle jeûnes.
5» Enfin, les cinquante jours entre Pâques et la Pentecôte étaient tous observés comme jours de joie, et ne faisaient pour ainsi dire qu'une fôte continuelle, et cela de toute antiquité : car Tertullien le constate déjà dans son livre Sur l'idolâtrie (xiv) ; et dans un autre endroit ^De coron, milii, m) il affirme que tous ces jours étaient assimilés au dimanche, quant aux offices religieux.
III. — On donnait aussi le nom de siatihi» aux églises, oratoires ou autres lieux, où \^ processions s'arrêtaient, pour y faire certaine> prières, y chanter des antiennes, et y célébrer la liturgie (V. les art. Processions, Litanies. Messe, n. IV. etc.). Mais une église était spécialement désignée comme point de départ de la procession ; et la réunion du clergé et du peuple à ce rendez-vous conunun s'appelait collecte. Ainsi, par exemple, lorsque la station, ou but de la procession, était fixée dans la basilique de Saint-Paul , la collecte se faisait à Sainte-Sabine sur le mont Âventin.
STAUROPHOM. — Compc«é de deux mots grecs dont l'association signifie portecroix, ce nom était donné anciennement aux clers qui portaient les croix dans les processions.
Cet usage était déjà en vigueur vers la fin quatrième siècle ; témoin la Vie de S. Porphyrius^ éyôque de Gaza, dont la traduction latine par Hervet est insérée, au vingt-six février, dans la collection bollandienne. Nous , avons un illustre exemple de cette pratique
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Lans S. Ghrysostome dont, comme on sait, 'élection au siège de Gônstantinople est de 'an 398. Comme les ariens, privés d'églises »ar Théodose, se rassemblaient dans les lieux oublies et parcouraient la ville en bravant les atholiques par des chants impies et injurieux >our la foi de Nicée, le saint évoque voulant oustraire ses ouailles aux dangers qu'elles eus- €nt pu trouver dans les paroles insidieuses les hérétiques, crut devoir répondre à la tunultueuse démonstration de ceux-ci par une ainte et pacifique procession en tôte de lapelle marchaient des stauropfori portant des :roix avec des flambeaux allumés. C'est l'his- Drien Sozomène (Hist, eccL c. viii) qui nous a conservé ces précieux détails. Bientôt les pè- •cs du cinquième concile, dans leurs décrets et icclamations contre les acéphales et les sévériens, et en outre ceux du deuxième concile lie Nicée, érigèrent en loi la discipline , libre jusque-là, de faire porter, dans les processions Bn avant du peuple chrétien, la croix, comme l'étendard de la réparation du monde.
Les croix ainsi portées dans les processions n'étaient point, comme l'usage s'en est établi plus tard, fixées à de longues hampes, elles n'avaient aucun support. C'est ce qu'on peut voir dans le ménologe de Basile, au 28 octobre et au 26 janvier, où sont représentées des processions qui avaient eu lieu en mémoire de deux tremblements de terre arrivés, l'un sous le règne de Théodose le jeune, l'autre sous celui de Justinien.
Souvent les flambeaux dont nous avons parlé étaient fixés aux bras de la croix, et nous apprenons de Socrate {Hist. eccl. vi. 8) qu'il en était ainsi dans la procession organisée par les soins de S. Ghrysostome contre les ariens. € Les croix d'argent, dit l'historien, imaginées par Jean, a Joanne excogitatœ^ devant être portées dans des supplications nocturnes, étaient munies de cierges allumés, fournis par l'impératrice Eudoxie. » On peut se faire une idée de ces croix avec flambeaux par une belle croix g^emmée et fleurie qui est peinte à fresque dans une crypte du cimetière de Pontien (V. Bottari. tav. xliv), et dont la traverse supporte deux cierges allumés. (V. la figure à l'art. Croia?[N. m].)
Nous n'avons parlé que de l'Église orientale ; mais il est à présumer que le rit dont il est ici question était observé à Rome à peu près -à la môme époque. M. De' Rossi (Inscr. Christ, Rom, i. p. 232. n. bkk) nous fait connaître un fragment d'inscription du commencement du cinquième siècle, qui semble en établir la preuve. C'est l'épitaphe d'un staurophore nommé Jean , selon une restitution probable ; Locvs lOANNis STAVROFORis.... Il paraît cependant qu'à Rome le nom de draconarius
(V. ce mot) était plus communément donné au porte -croix.
Ces croix processionnelles sont plus communément appelées staiiotmal^s, Cliarlemagne , après son couronnement, avait fait don à la basilique du Sauveur (Saint-Jean de Latran) d'une croix de ce genre, toute enrichie de pierreries, et qu'il destina expressément à être portée dans les litanies publiques. Nous devons citer les paroles du Bibliothécaire {In Léon, i II. n. xxiv. xxv; : Item in basilica Salvatori* D. N. /., quam Constàntinianam vocant, obtulit crucem cum gemmis hyacinthinis, quam almifieus pontifex in litania praccdereconstituit secundum petitionem ipsius piissimi imperatoris. Le titre de stationnale est aflecté d'une manière positive à la croix de Saint-Pierre qui était portée par le sous-diacre régionnaire en tôte de la procession qui se dirigeait vers les htatiuns. (V. ce mot.) Elle est désignée par ces mots : crux stationalis Sancii Petri^ dans l'ordre romain de Benoit chanoine de la basilique Vaticane (Ap. Mabill. Mus. Ital, n. 124). Ciampini donne plusieurs croix stationnales dans le second volume de son ouvrage Vetera monimenta.,.. Mais aucun monument de ce genre n'égale en intérêt celle du Vatican et celle de Velletri qu'a illustrées dans deux ouvrages spéciaux le cardinal Etienne Borgia. (V. les art. Processions. Litanies, draconarius.)
STAUROPHYLAX (gardien de la croix).
— C'était, à Jérusalem, le titre d'un dignitaire ecclésiastique, qui était chargé de garder le bois sacré de la vraie croix dans l'église de la Résurrection, Anastasis^ comme, dans les autres églises, la garde des reliques des martyrs était confiée à des fonctionnaires appelés custodes martyrum, ou martyrarii. (V. ce mot.) Le titre suivant se lit en tôte d'un sermon manuscrit de la bibliothèque Barberini (V. Macri ad V. Staurophylax): Chrysippi presbyteri Hierosolymorum^ et staurophylacis Sanctœ Resurrectionis. Du Cange (Ad h. v.) cite un staurophulax qui fut ordonné évoque après l'exil d'Élie évoque de Jérusalem : Elias episcopus Hierosolymitanus.... exilio tradituTy et pro eo Joannes chucis custos episcopus ordinatur. Le môme savant dit que, sous les rois Francs de Jérusalem, un chanoine de Sainte-Anastasie conservait le titre et exerçait les fonctions de gardien de la croix. Le patriarche de Jérusalem portait aussi ce titre.
STICHAniUlU (SToix^piov). — C'était une tunique blanche dont les évoques et les diacres se servaient dans les cérémonies sacrées (V. Zeigler. De diaconis etdiacunissisvet. Eccl, XII. 27), avec cette différence cependant que celle des évoques était ample, et ondulée, celle
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des diacres étroite et unie. Ce \"êteinent était surtout en usage pour les prêtres et les diacres dans rÉglise grecque, oîi il y avait des sticharia de pourpre pour le carême, excepté la fête de l'Annonciation, le dimanche des Palmes et le samedi saint (Godin. Curopalat. cap. ix. n. 7), parce que chez les Orientaux la pourpre était une couleur de deuil. Durant ( De rit. EccL 1. II. c. 9. n. 8) pense que le sticharium n'était autre chose que Vaube des Latins, mais cette assertion n'est pas suffisamment motivée.
STUIGILES. — On appelle strigiles ces sortes de cannelures sinuées qui servent d'ornement à un certain nombre de sarcophages antiques (Bottari. tav. xvii. xix. xxxvii. etc.). On leur donne ce nom à cause de leur ressemblance avec cet instrument de fer, d'argent, de cuivre ou d'ivoire, etc., en forme de S dont les anciens se servaient pour racler la peau de ceux qui se baignaient ou celle des athlètes dans les gymnases (Apulée. Florid. ii). On sait que les chrétiens en avaient adopté l'usage dans leurs bains, et Pignorio, cité par Bottari (i. 102) dit en avoir vu un dont le manche portait cette inscription, crescc^entu, et qui présente, comme on voit, un caractère certain de christianisme.
Il n'est donc pas étonnant que nos pères dans la foi aient aussi employé dans la décoration de leurs tombeaux le motif d'ornementation que l'antiquité avait emprunté à cet objet usuel. Quand le sarcophage avait une élévation un peu considérable , l'artiste , pour éviter l'effet disgracieux de strigiles d'une trop grande dimension, divisait la façade du tombeau en quatre parallélogrammes (Bott. xxvi), séparés quelquefois par une frise élégante (Id. cxxxvii). On peut, jusqu'à un certain point, se rendre compte des procédés et des outils que les artistes mettaient en œuvre pour exécuter ce genre d'ornement, en jetant un coup d'œil sur la pierre sépulcrale du sculpteur Eutrope (Fabretti. p. 587) : il y est représenté, avec ' deux aides, sculptant un sarcophage strigilé, et tous les instruments de son art sont épars autour de lui.
8TYLITES (rrrAiTAi). — 1. — C'étaient des solitaires qui vivaient au sommet d'une colonne, oTuXo;, d'où leur est venu le nom de stylites. Siméon est le premier qui ait embrassé cette manière de vivre : Hicprimus^ dit Théodore t (Hist, eccl. 1. i. cap. 13), stationem in columna institua. Ce Saint qui ilorissait dans la première moitié du cinquième siècle (Il était né vers l'an 388, dans un village situé sur les . confins de l'Euphratésienne et de la Cilicie [Tille mont. Mém. t. v. p. 350]), ce Saint s'était acquis par ses vertus et ses miracles une cé-
lébrité tellement éclatante, que, pour ne pas douter de la véracité des récits qui en sont arrivés jusqu'à nous, il ne faut rien de moins que l'autorité de Théodoret qui avait vu de ses yeux ces prodiges de sainteté; et le témoignage d'un grand nombre d'historiens , tels qu'Antoine disciple de Siméon , Théodore le Lecteur, Évagre, etc. t On accourait de tous côtés pour voir cette merveille (Théodoret. lôid.), et ceux qui en avaient été témoins se iiâtaient de l'apprendre aux autres. Siméon se trouva ainsi connu, non-seulement de tout ce qu'il y avait d'hommes dans l'étendue de l'empire romain, mais encore des Perses et des Mèdes , des Sarrasins , des Éthiopiens et des Homérites, des Ibériens et des Scythes sauvages, qui n'ont point de villes ni de demeures fixes. Il était si connu dans Rome, avant même qu'il demeurât sur une colonne, que tous les artisans de la ville avaient de petites statues de lui , eix6va{, qu'ils regardaient comme une protection pour leurs demeures. Il était révéré jusque dans les cours des plus grands princes. Les empereurs romains lui écrivaient avec respect sur les affaires les plus importantes, et on va jusqu'à dire qu'ils se déguisaient pour venir le visiter. Les rois et les reines de Perse s'informaient avec soin de ses actions et de ses miracles, et se tenaient honorés d'avoir quelque part à sa bénédiction. »
Initié de bonne heure à la vie monastique, il habita successivement différents monastères, puis se retira dans une maison solitaire an pied de la montagne de Télanisse, et enfin au sommet de cette montagne dans un- petit enclos de pierres sèches qu'il s'y fit bâtir. Là, il pratiqua des austérités vraiment incroyables, et c'est depuis cette époque surtout que sa renommée se répandit au loin, et attira auprès de lui des multitudes telles c qu'il semble, dit Théodoret, que ce soit une mer qui reçoit par tant de chemins divers , comme par autant de fleuves, ce nombre infini de peuples qui y vient de tous côtés. » Chacun voulait s'approcher de lui, et s'efforçait de le toucher; on lui rendait des honneurs qui pouvaient presque passer pour extravagants.
C'est pour se soutraire à des importunités qui risquaient de devenir un écueil pour son humilité, qu'il conçut l'idée de se fixer au sommet d'une colonne. Il en eut d'abord une de six coudées de haut, ensuite une de douze, puii' une de vingt-deux ; et celle sur laquelle H demeurait en kkQ (Il avait commencé ce genre de vie probablement vers l'an 423) était de trentesix coudées. Le désir qu'il avait de s'envoler au ciel, dit Théodoret, faisait qu'il s'éloignait toujours de plus en plus de la terre. Plus tard, les peuples lui en élevèrent une de quarante coudées ; et c'est sur celle-ci qu'il acheva sa
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i^ourse , ayant vécu en stylite trente-sept ans. Un autel avait été dressé au pied de la colonne.
Sa colonne, selon le récit d'Évagre, aurait eu à peine deux coudées , soit trois pieds de circonférence ; Tiliemont (/^/d. p. 361) pense qu'il y a une erreur dans le texte de cet historien, et qu'il a voulu en marquer le diamètre. On suppose que le sommet était entouré d'une balustrade sur laquelle le Saint s'appuyait pour prendre son repos, car il ne pouvait se coucher faute d'espace. 11 n'avait du reste rien qui le garantit des rigueurs de l'hiver, ni de la chaleur de l'été, ni de la violence des pluies et des vents, ni de toutes les injures de l'air.
On peut voir dans un tableau antique représentant les funérailles de S. Éphrem, tableau que Bottari reproduit par la gravure en tête de son troisième volume , un stylite sur sa colonne, recevant d'un solitaire qui est à terre sa nourriture au bout d'une corde. On pense que le stylite n'est autre que S. Siméon et celui qui l'assiste le jeune Antoine qui écrivit sa Vie, C'est ce que donne à entendre Rosweide (Not. m Ad Vit.Sim. Styl.) : Quidam autemjuvenis astitilei Antoniusnomine, quividit^et scripsit,
II. — Ce genre de vie avait peu d'attraits, et n'eut jamais qu'un nombre fort restreint d'imitateurs. Et encore ne fut-ce pas immédiatement : Théodore le Lecteur (Lib. ii) assure môme qu'au commencement, les moines d'Egypte en prirent scandale, et lancèrent contre le stylite un libelle d'excommunication -, mais ils ne tardèrent pas à rentrer en comnmnion avec lui , ayant apprécié plus équitablement ses intentions et ses mérites.
La liste des solitaires qui suivirent les traces de Siméon est donc fort courte dans l'histoire. On cite un certain Daniel, qui aurait été son disciple (Theod. Lect. 1. i), et qui devint luimôme fort célèbre. Les Grecs l'honorent le 1 1 décembre ; et le ménologe de Basile a en ce jour deux peintures où ce solitaire est représenté sur une colonne. La seconde offre cette particularité intéressante qu'un pont de bois est appuyé sur la colonne et conduit à l'église voisine. Évagre (L. vi. 23) nomme un autre Siméon, Siméon stylite junior, pour le distinguer de l'ancien, qui vivait du temps de Maurice, c'est-à-dire vers la fin du sixième siècle : il demeura, dit-on, soixante-huit ans sur une colonne. Jean Moschus {Prat. spirit, c. xxxvi) nomme deux ou trois autres stylites vers le môme temps. Surius raconte (Cf. Bingham. t. III. p. 18) qu'un évoque d'Hadrianopolis, nonmié Alipius, renonça à son siège, afin de pouvoir vivre sur une colonne, où il aurait passé soixante ans. Il s'était adjoint un chœur de moines et deux de vierges, avec lesquels il chantait alternativement , nuit et jour , des hymnes et des psaumes.
La vie de stylite était peu pratiquable en Occident , à raison de la rigueur des hivers. Aussi n'en connalt-on qu'un seul exemple, celui d'un diacre, nommé Vulfilaïc, Lombard d'origine, qui vécut quelque temps sur une colonne à une lieue de Carignan, dans le territoire de Trêves, et la quitta par obéissance à son évoque (Greg. Turon. H ist. Franc. Lnii, § 15). Il raconta lui-môme à S. Grégoire de Tours que « le temps de l'hiver étant venu, il souffrit horriblement de l'intensité du froid, qui plusieurs fois fit tomber les ongles de ses pieds; .et l'eau en se gelant sur sa barbe, y formait des glaçons qui pendaient comme des chandelles, » in barbis meis aqua gelu conneoca candelarum more dependeret.
III. — Ces saints solitaires n'étaient point, comme on pourrait le penser, exclusivement adonnés aux exercices de la vie contemplative. Si nous en jugeons par S. Siméon et par Vulfilaïc, ils exerçaient un véritable apostolat, et leur parole avait d'autant plus d'ascendant, qu'elle était appuyée par l'exemple de vertus héroïques et d'austérités jusque-là sans exemple. « Après l'heure de none et à un autre moment de la journée (C'est toujours le récit de Théodoret), Siméon faisait à ceux qui se trouvaient au pied de sa colonne des exhortations toutes divipes , écoutait leurs demandes, guérissait les malades , accordait les différends ; car il faisait quelquefois la fonction de juge, et rendait des jugements très-équitables.
« Lorsque le soleil se couchait, il disait adieu aux hommes, pour ne plus parler qu'à Dieu seul. En congédiant le peuple, il lui donnait sa bénédiction, que l'on recevait avec un trèsgrand respect. On lui apportait pour cela l'encensoir. »
Plus d'une fois aussi, son influence s'étendit sur les affaires générales de l'Église ; elle combattit l'impiété des idolâtres, celle des Juifs et des hérétiques. Il écrivait à l'empereur sur ces sortes de sujets ; l'empereur Léon lui avait demandé son sentiment sur le concile de Chalcédoine, et sur Timothée Élure usurpateur du siège d'Alexandrie; il flétrit l'usurpation et protesta de son respect pour le concile ; il réveillait le zèle des magistrats en ce qui regardait le service de Dieu ; quelquefois môme il exhortait les prélats à veiller avec plus de sollicitude sur les âmes qui leur étaient confiées.
Le stylite de Trêves, en embrassant cette vie austère, avait eu en vue, lui aussi, nonseulement sa propre sanctification, mais encore le bien spirituel des peuples. Il avait construit sa colonne au sommet d'une montagne consacrée à Diane qui y avait une statue colossale. Il ne cessa d'exhorter les peuples qui accouraient en foule au pied de sa colonne, que