‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 236 sur 266 · TABLEAUX D'AUTEL · texte numérisé non relu

TABLEAUX D'AUTEL

tyquts.

■ V. l'art. Dip-

TABUL.C NUPTIALES ou DOTALE».

— Dans la plupart des monuments représentant des scènes de mariage chrétien, notamment dans les verres dorés et les sarcopha^, oit, soit à la main de l'un des époux, soit i terre, soit dans le champ, des vo/tcnu roulis (V. l'art, jyanogecftreden); les antiquaires prasent qu'on a voulu Jigurer ainsi le contrat matrimonial, où la dot était stipulée et promi». Les auteurs profanes en font souvent mention, et nous avons aussi h ce sujet le témoignige de plusieurs écrivains ecclésiastiques, celui de Tertullien (Lih. ii Ad uxor. e. 3), par eitiiipie, et celui de S, Jérflrae {Epîsf, aJFunwi). Il y en a quelquefois deux dans les peintures de verres (Buonarruoti. tav. xxiii. 3), l'un représenterait la promesse de dot par la femme, l'autre la reconnaissance de cette même dot par le mari.

TE DEUH LAUDAHU8. — Une oplDiou vulgaire attribuecette hymne, tantôt à S. Ambroise seul, tantôt k ce Père et à S. Augustin conjointement. Lorsque ce dernier fut baptisé par le saint évêquede Milan, saisis l'un et l'aulre et simultanément d'un divin enthousiasme, ils se seraient mis h. le chanter alternativement, prout Spirilus sanctus dabul eioqui iliii, et au grand étonnement de toute l'assistance. CélW dernière supposition repose en grande parti* sur l'autorité de la Chroniqtie de Doeiui, qui aurait été l'un des successeurs de S. Amhroise; mais ce document est unanimement rejelé par les critiques (Mahillon. Analecl. vtt. t. I. p. ii87. edit. i'aris. 1723). On cherche eooir* *

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Fétayer du témoignage du quatrième concile de Tolède, tenu en 633, qui aurait approuvé Thymne comme étant de cette provenance. Ce concile dit simplement que S. Hilaire et S. Ambroise avaient composé des hymnes pour leurs Églises, mais sans aucune mention spéciale du Tt Deum.

La seule chose certaine, c'est qu'elle date de près d'un siècle après la mort de S. Ambroise, et qu'elle eut pour auteur un écrivain de la Gaule. Pagi {Critic. in Baron. 388. n.xi) assure que Gavant r:4vait trouvée dans un ancien bréviaire manuscrit attribué à Abundius, et que, dans d'autres Kvres liturgiques non moins anciens,-elle porte le titre de hymnus Sisebuti monacfû, A son tour, Usserius {De symb, p. 2) affirme que dans deux très-anciens manuscrits, elle est attribuée à Nicetius. Est-ce S. Nizier, évèque de Lyon, qui siégeait au milieu du sixième siècle, ou S. Nicet, qui occupait le siège de Trêves en 527? Les savants inclinent pour ce dernier, et pensent qu'il est le véritable auteur du Te Deum. Les moines bénédictins, dans leur édition de S. Ambroise, refusent absolument à ce dernier l'honneur de l'avoir composé ; et . Guillaume Cave, qui avait d'abord professé le sentiment contraire {Hist, litt. vol. i. p. 215. — cf. Bingham. Origin. t. vi. p. 51), après avoir examiné plus sérieusement la question (Op. laud. vol. II. p. 75 j, s'est rangé à l'avis des savants éditeurs.

On doit donc, pensons-nous, adopter à cet égard la conclusion d'Edouard Stillingfleet (Orig. Britan, cap. iv. p. 221), à savoir que le Te Deum fut composé par Nicet de Trêves, et que par conséquent il tire son origine de l'Église gallicane. Ce qu'il y a de très-certain, c'est que peu après le temps où siégeait cet évèque, il en est fait mention dans la règle de Saint-Benoit (Cap. xO et dans celle de Saint- Césaire d'Arles, qui l'une et l'autre en prescrivent le chant. Ajoutons que dom Ménard (Not.adsacranient. Greg. p. 585) dontl'autorité en ces matières est si imposante, assure n'avoir trouvé aucune mention de cette hymne dans les écrivains antérieurs à ces deux Saints.

C'est donc à tort que quelques auteurs, entre autres Macri {Hiero-Lexic. ad voc. Te Deum) attribuent à S. Gélase l'introduction du Te Deum dans l'of6ce.

TEMPÉIiA\CE CHRÊTIEXIVE. — V.

l'art. Repas chez les premiers chrétiens. •

TE88ERES. — L - La plupart des images symboliques en usage parmi les premiers chrétiens étaient, de l'avis des savants, de véritables tpssères ou signes de ralliement, auxquels ils se reconnaissaient entrp eux, et qui les déter-

minaient à exercer les uns envers -les autres, sans Crainte et sans déguisement, les devoirs de la charité fraternelle. (V. les art. Symbole et Fraternité.)

On doit reconnaître particulièrement ce caractère à ceux de ces signes qui rappelaient le. nom du Christ, tels que le monogramme, et le poisson (V. cesmots), représentés partout dans les monuments primitifs, et notamment sur des objets portatifs, les anneaux par exemple. (V. l'art. Anneaux.) Tels sont les pierres gravées qu'a publiées Ficoroni (^'emina? nnt, litt, tab. xi). On a trouvé fréquemment dans les catacombes romaines des petits poissons de bronze ou de cristal qui, selon toute probabilité, n'avaient pas d'autre destination. (V. Boldetti. p. 516.) On les distribuait aux nouveaux baptisés comme tessères des droits que le baptême leur conférait, et, comme tels, ils les portaient suspendues à leur cou. (V. Costadoni. Pesce simbolo. tao.) Ces intéressants objets sont percés d'un petit trou pour y passer un cordon : c'est ce que nous avons observé en particulier dans un petit poisson en pierre ou en métal qui se trouve au musée Campana, dans une vitrine destinée aux petits bronzes.

On rencontre encore dans les cimetières des premiers chrétiens beaucoup de tessères proprement dites, en or ou en ivoire, et entre autres plusieurs de celles qu'on appelle tessères d'hospitalité (Boldetti. 506-508). Il s'en est aussi trouvé dans la Gaule, et Millin en donne une fort curieuse provenant de Marseille (Midi de/a France. atlas. 61. pl.xxii. 3). On cite ici, à raison de l'intérêt tout exceptionnel qui s'y attache, un objet que Boldetti avait recueilli luimême dans une sépulture chrétienne et qu'il publie dans son ouvrage (P. 514. tav. vu. 70). C'est un demi-œuf d'ivoire, sur la partie plane duquel sont gravées les têtes opposées de deux personnages que l'on reconnaît pour chrétiens au monogramme du Christ dont ces têtes sont sunnonté«'s.

On ne peut guère douter que ce curieux monument ne soit une tessère d'amitié, quand on lit ces paroles sur le bord de la circonférence extérieure: dignitas amicorvm vivas

CVM TVIS FELICITER. LcS têtCS SOUt SaUS dOUtO

celles de deux amis: l'œuf était, selon toute probabilité, partagé en deux parties égales,

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une pour chacun d'eux, et ornées des mêmes sujets.

Ce qui paraît autoriser cette conjecture, c'est qu'elle se base sur un usage bien connu de l'antiquité, et que nous trouvons expliqué comme il suit par le scoliaste d'Euripide {In Medxam, vers. 613). «Les voyageurs" qui avaient reçu l'hospitalité dans une maison, rompaient, avant de la quitter, une tessère, dont ils emportaient la moitié, laissant l'autre à leurs hôtes; de telle sorte que si, à l'avenir, il leur arrivait de se visiter de nouveau, eux ou quelqu'un de leurs enfants, l'hospitalité pût être renouvelée, en présentant la moitié de la tessère, qui devait s'ajuster à l'autre. » TertuUien, au trentesixième chapitre de ses Prescriptions, fait allusion à cet usage, lorsqu'il parle de la tessère de foi que Rome avait jointe avec les Églises d'Afrique. •

On ne trouvera pas mauvais que nous citions ici, après le grave Justel {Cod. canon. Eccl, univ. p. 93), un curieux passage du Pcenulus de Plante (Act v. se. 2) où cette coutume est mise en action, et où se trouve vérifiée cette particularité que la tessère pouvait servir aux enfants de celui qui l'avait rompue. C'est par ce moyen que le fils adoptif d'Antidamas, Agorastoclès, se fait reconnaître de l'ami de son père, le Carthaginois Hannon.

« Agorastoclès. S'il est vrai que vous cherchiez le fils adoptif d'Antidamns, je suis celui que vous cherchez. — Hannon. Hem ! qu'est-ce que j'entends? — Agor. Que je suis le fils d'Antidamas. — Han. S'il en est ainsi, voulez- vous confronter la tessère d'hospitalité, je Tai apportée. — Agor. Eh-bien ! donc, montrez-la! C'est bien cela. J'ai la pareille à la maison. — Han. 0 mon hôte, je vous salue de tout cœur. Car votre père, puisque Antidamas est votre père, a été mon Kôte; cette tessère d'hospitalité a été partagée entre lui et moi. — Agor. Donc un logement vous sera donné chez moi. Car je ne répudie point les devoirs de l'hospitalité. 1

II. — ^.On voit que ce n'est pas nous éloigner de la vraisemblance, que de supposer que les chrétiens aient pu, et dû peut-être, dans les premiers temps conserver une pratique qui n'avait rien de contraire à leurs principes.

Mais outre ces tessères, dont la valeur reposait tout entière sur une convention réciproque, ils en eurent bientôt d'autres auxquelles l'autorité de l'Église communiquait une bien plus haute importance.

1» La principale, celle qui était d'un usage plus général, fut le symbole des apôtres. (V. Benoit XIV. De sacrif. miss, sect. i. n. 149.) Le symbole écrit fut adopté de préférence, nonseulement afin que le chrétien, en y trouvant

une expression succincte et cependant complète des vérités révélées, ne fût point exposé à faire fausse route dans le domaine invariable de la foi, mais encore afin que les fidèles pussent échanger tout d'abord un mot d'ordre d'orthodoxie qui les fit distinguer des hérétiques et des mauvais chrétiens, dont le nombre n'était déjà alors que trop considérable : /dcirco, dit Ruffin, d'Aquilée {Lib. de exposit, symh. ad Lactantium, $11)^ istud indidum posuerunt^per quod cognoscereiur quiChristum vert s^cundwn apostolicas régulas prxdicareU

Aussi, lorsque, pour une raison quelconque, ils passaient d'une Église à une autre, c'est-àdire d'une communauté de \Tais croyants à une autre assemblée de même nature, on les interrogeait aussitôt sur leur foi, et ils étaient reconnus pour orthodoxes à la récitation du symbole. C'est ainsi que les soldats avaient aussi un mot d'ordre, appelé symbolum, qu'ils devaient répéter exactement (Ruffin. loc. laud.) : Et si forte occurrerit qw's, de quo dubitetur, interrogatus , symbolum proiat ^ tit hostis fiel socius. Nous devons ajouter que la discipline primitive, encore en vigueur du temps de S. Augustin {De symh. i. 1) défendait de livrer le symbole par écrit, de peur qu'il ne vint à tomber entre les mains des infidèles qui, en l'apprenant, eussent pu se faire admettre aux mystères les plus sacrés. Les fidèles l'apprenaient de mémoire : In corde scribite, dit ce Père.

2^ Mais cela ne suffisait pas encore ; et pour prévenir toute méprise, et échapper au danger de recevoir, nous ne dirons pas des imposteurs, et des infidèles, mais des chrétiens errants ou se trouvant sous le coup de quelque juste anathème, on exigeait des étrangers et des inconnus des lettres de communion ; sans cela, on ne les admettait ni à l'eucharistie, ni à la table commune ; car alors ils étaient comme désavoués de l'Église, et déchus de tous les privilèges de la société et de Tunité des fidèles. Les lettres de communion, qui s'appelaient encore lettres formées, lettres pacifiques, etc., sont dans ce Dictionnaire l'objet d'un article à part. (V. les articles Lettres ecclésiastiques , et Hosjntar lité.)

De telles surprises eussent eu des conséquences plus funestes encore pour les confesseurs et les martyrs détenus dans les prisons. L'Église leur envoyait des diacres ou d'autres ministres pour les servir, les consoler et les en- CQprager dans leurs épreuves. (V. au hasard les actes des martyrs et en particulier ceux de Ste Perpétue et de Ste Félicité.) Il fallait nécessairement, pour obtenir la confiance des captifs si souvent trompée, quelque marque distinctive, une tessère enun mot. Voici un sceau de bronze qui, selon toute probabilité, servit à

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