VOIL
cités avec éloge par S. Sidoine Apollinaire {Carrn. xvii), Cassiodore (L. xii. epist. 12), etc.
Pour assurer au saint sacrifice un vin convenable, on ne se contentait pas d'en donner pendant sa vie ; on laissait par testament ou par donation aux églises des vignes placées dans les meilleurs conditions.
Les anciens moines manifestaient surtout leur piété par le soin tout particulier dont ils entouraient les éléments de Teucharistie. (V. Tart. Pain eucharistiqtie,) Dans le vin destiné au saint sacrifice, ils considéraient la couleur et le goût, ils voulaient qu'il fût d'une pureté irréprochable et point aigre. Pour ce qui est de l'eau, ils veillaient à ce qu'elle fût nette et récemment puisée : In vino qtiotuor sunt consideranda^ coloret sapor^ ut purum sit et noti acidum, Aqua mundasitetrecens (Martène. Deantiq. monach. ritib, ii. 8).
VIllGINIUS, VUGIIVIA. — Nous devons un mot d'explication sur cette formule qui se rencontre quelquefois dans les inscriptions chrétiennes depuis la fin du troisième siècle, et qui peut embarrasser les commençants : car il s'est trouvé des antiquaires qui ont voulu y voir des noms propres. Le premier exemple de date certaine que nous ayons de cette expression est fourni par une épitaphe de Rome de l'an 291 que Boldetti a publiée le premier (P. 87) et que M. De'Rossi reproduit avec plus d'exactitude (T. i. n. 17) : un époux donne à son épouse cervonia silvana cet éloge : ex
VIRGIN 10 TVO BENE || MECO (MECVM) VIXSISTI LIB. ENIC II ONIVGA INNOCENTISSI || MA ; Ce qui VCUt
dire : Bene vixisti tnecum libenter^ qui fui virginius tuus^ c'est-à-dire conjuxea? virginitate; • Tu as vécu sagement avec moi, qui ai été ton virginius, c'est-à-dire avec moi qui n'ai pas eu d'autre épouse avant toi, ô mon épouse trèsinnocente Cervonia Silvana. »
Les premiers chrétiens donnaient donc ce nom à ceux qui étaient engagés dans un premier mariage : l'époux appelait sa vif (/ima lafemme qu'il avait épousée vierge, et quidem virginem duxit, dit Reinesius (Glass. xiv. n. 3), et lafemme son virginius l'époux qui n'avait pas connu d'autres liens. Et on aimait à marquer sur les tombeaux la durée de ces unions fortunées, aimées de l'Église, qui, dans la pureté de sa morale primitive ne donna jamais qu'une simple tolérance aux secondes noces, evdoxiae
CARISSIMAE FEMINAE.... FECIT CVM VIRGI.NIO SVO
ANNOS.... (De'Rossi. i. n. 346).— sabinianvs.... CVM VIRGINIA SVA.... (Id. u. 363). Nous lisons aussi sur un beau marbre de Saint- Ambroise de Milan (Ferrari. Monum. de S. Ambrogio. p. 55) de NONNiTA, femme de l'exorciste sa-
TVRVS : QVI (Sic) VIX. CVM. VIRGmiVM SWM. AN. XVUI. ET. MEN. III. DIES. X.
Cette formule parait être plus rare dans notre Gaule ; nous avons cependant dans le recueil de M. Le Blant (i. p. 400) une épitaphe de Trêves qui en offre un intéressant exemple : € Ici repose en paix valentina, fidèle (C'est-à-dire baptisée), qui a vécu vingt-huit ans et cinq mois ; germanio son virginivs et ses enfants lui ont consacré ce titre, titvlvm, en témoignage de leur affection, v
Par le peu que nous avons dit, on voit que c'est à tort que Spon {Mélanges d^antiq. p. 243) voit dans la formule qui nous occupe un témoignage de fidélité conjugale : qui fidem ma' ritalem nuhquam violarunt, Guasco {Mus. Capitol, n. 390), n'est pas plus dans le vrai quand il affirme qu'elle doit s'entendre de ceux qui, volontairement ou forcément, gardèrent la virginité dans le mariage, qui aut spunte aut invite virginitatem etiam in œnjugio servarunt. Cette opinion est démentie par l'épitaphe de valentina que nous venons de citer: cette femme avait des enfants, puisqu'ils s'associèrent à leur père dans le soin de sa sépulture. Elle n'est pas moins eu contradiction avec les données que nous fournit le marbre de .\onnita femme de l'exorciste satvrvs, marbre qui porte aussi le litulus de leur fille mavra, mariée elle-même dans les mômes conditions que sa mère : vixit.