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VIN

sépulcrales offrant des scènes de vendanges où l'imitation de l'antique est évidente, bien que le sens chrétien soit déterminé par des sujets bibliques (V. Bottari. i. p. 1); et M. De' Rossi {Inscr. Christ. Bom. t. i. p. 201) nous fait connaître un marbre de la fin du quatrième siècle qui est orné, au bas de l'inscription, d'un cep à haute tige, chargé de raisins. — Quelques Pères (Hieron. In Amos ix) ont regardé la vigne comme le symbole du martyre, se fondant sur des passages des livres saints appelant le vin le sang de la vigne (Deuteron.- xxii. 14), et S. Clément d'Alexandrie a dit {Pxdag. 1. I. c. 5) : « La vigne produit le vin, comme le Verbe a répandu son sang. » On lit des choses analogues dans S. Augustin (/n psalm. viii). C'est peut-être pour cela que des sarcophages représentant les apôtres, qui furent aussi martyrs, offrent d'élégantes décorations de pampres (BottarL tav. xxviii).

L'idée d'employer la vigne comme symbole eucharistique, bien qu'elle fût sans doute dans l'esprit de la primitive Église, parait ne s'être produite qu'à une époque déjà un peu basse. Le premier témoignage écrit à ce sujet, est, croyons-nous, celui de Paschase qui vivait au neuvième siècle (De corp. et sang. Christi. c. x. t. IX. Bihlioih, PP. edit. Colon.). Et les monuments figurés où se dessine un peu nettement la môme intention ne nous semblent pas plus anciens. Tel est un sarcophage d'Arles (Millin. Midi de la Fr. pi. lviii. n. 5) qui fait voir de petits Génies ailés occupés, les uns aux opérations de la vendange, les autres à celles de la moisson. Telle est encore une améthyste de la bibliothèque royale de Turin (Perret, vol. iv. pi. XVI. n. 52), orné'e d'une tige de vigne chargée de raisins, entre deux épis. Ces deux monuments, de genres si différents, offrent, comme on voit, les deux éléments de l'eucharistie.

Une église du cinquième ou du sixième siècle, découverte à Rimini en mars 1863, a un autel orné d'un bas-relief de bon style où il est difficile de ne pas reconnaître un symbole eucharistique. C'est un vase anse surmonté d'une croix et d'où sortent deux ceps de vigne chargés de raisins que becquettent six oiseaux symétriquement disposés. (V. De' Rossi. Bullett, 1864. p. 15.)

VIN EUCHARISTIQUE.— Le second élément de l'eucharistie, c'est du vin mêlé d'eau. Dans le récit qu'ils nous donnent de l'institution de cet auguste sacrifice, les saints Évangiles ne parlent que du vin, sans faire mention de l'eau qui doit y être mêlée. Mais nous apprenons clairement par la voie de la tradition ce que l'Écriture passe soussilence. S. Justin, qui vivait à une époque si rapprochée de celle des apôtres, affirme en plus d'un en-

droit (il Apolog,) que le vin qu'on offrait dans le calice était mêlé d'eau. • Celui qui préside parmi les frères, dit-il, ayant reçu le paiu et le calice où est le vin mêlé d'eau, offre à notre Père commun au nom du Fils.... »

Il se trouva au deuxième siècle des hérétiques (Epiphan. Herxs. lxiv) qu'on nomnia aquarii.^ parce que, par horreur du vin, qu'ils croyaient venir d'un mauvais principe, ils ne mettaient que de l'eau dans le calice qu'ils offraient. Nous voyons que S. Cyprieu {Efiti. LXiii) eut à réprimer le même abus en Afrique où il s'était glissé par l'ignorance et la timidité de quelques prêtres, plutôt que par le principe erroné des aquarii. Ce Père appelle cette pratique une institution humaine et nouvelle, également contraire à l'Évangile et à la tradition du Seigneur. Il ajoute formellement qu'on doit mettre du vin mêlé d'eau dans le calice ; que le vin signifie le sang du Seigneur, et que l'eau représente le peuple, et que quand on ne met que de l'eau, le peuple se trouve seul ; que si on ne met que le vin, c'est Jésus-Christ qui est seul; mais que le mélange de l'un et de l'autre représente la vraie signification de ce sacrement, c'est-à-dire l'union de Jésus-Christ avec son peuple. D'autres Pères ont développé, comme S. Cyprien, le sens mystique attribué au mélange du vin et de l'eau.

La tradition dont il est ici question fut toujours commune aux Églises grecques et aux Latines, avec cette différence cependant que les Latins mettent dans le calice de l'eau froide, tandis que les Grecs y en mettent de la chaude. Mais il y a ceci de commun entre eux, que l'eau entre dans le calice en quantité beaucoup moindre que le vin.

L'usage du vin blanc dans les saints mystères a été quelquefois interdit à raison des accidents et des erreurs qui en peuvent résulter. Avant comme après cette défense, la préférence a toujours été accordée au vin rouge, soit pour éviter des accidents, soit parce que ce vin représente plus sensiblement le mystère.

Lorsque les fidèles offraient du pain et du vin pour le sacrifice, c'était toujours du meilleur qu'ils pussent trouver. S'il n'y en avait pas de bon sur les lieux, on en faisait venir des pays lointains. Dans les Gaules même, on ne se contentait pas toujours du vin du pays, bien que le sol de cette contrée en fournisse de fort bon ; on vit souvent de pieux fidèles, par respect pour les saints mystères, offrir à Tautel du vin étranger, témoin cette femme dont parle S. Grégoire de Tours (De glor. confess. Lxv) qui offrit un setier de vin de Gaza destiné aux messes qu'elle faisait célébrer pour le repos de Tâme de son mari. On sait que, dans l'antiquité, ces vins de Gaza, en Palestine, étaient en grande réputation ; ils sont

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