VOIL
VOLU
voile ou rideau, simple ou double (Du Gange. Gloss, Grxc, ad v. beia. nAPAOETAiMATA. etc.)^ qui se relevait par un nœud au milieu de la porte quand il était simple, et de chaque côté quand il était double ; quelquefois ces deux rideaux étaient fixés par des patères (Hieron. Epist, odHeliod.).
Ils étaient suspendus par des anneaux de fer ou de bronze, dont on retrouve encore des vestiges dans les antiques basiliques de Rome, tels que Saint-Clément, Sainte-Marie in Cosmedin, Saint^Laurent, Saint-Georges in Velabro^ etc. S. Jérôme (Epitaph, Nepot. epist. ad Heliod.) loue le prêtre Népotien du soin qu'il avait d'entretenir toujours des voiles aux portes de son église : Erat sollicitus.,.. si vêla semperin ostiis.
La chronique pascale (P. 294), énumère, parmi les dons de Constantin à Téglise de Constantinople des voiles brodés d'or pour les portes. A l'exemple de ce prince, plusieurs papes donnèrent à diverses églises de Rome des voiles ayant la même destination, et qu'Anastase le Bibliothécaire appelle tetravela (In Greg. IIL 196. S. Léon, III. 383. S. Léon. IV. 498. Greg. IV, 462), soit à cause de leur forme carrée, soit parce qu'ils étaient divisés en quatre parties, comme ceux du ciburium {Gloss. Latin, v. Tetravelum. — Gra?c. beaon), soit enfin parce qu'ils avaient quatre doubles (Anast. In Léon. III. 411).
Nous trouvons des traces plus claires encore de cet usage dans S. Épiphane, et dans S. Paulin (foem. XVIII. vers. 30) :
Cedo alii pretiosa ferant donaria, meque Officii sumtu superent, qui pulcra tegendis VELA ferant foribus, seu puro splendida lino, Sive coloratis textum fucata figuris,
« Que d'autres apportent de précieux dons ; que ceux-là me surpasse .t en magnificence, qui ofi'rent de riches voiles pour couvrir les portes, soit resplandissant du seul éclat d'un lin pur, soit ornés de figures coloriées dans le tissu. »
Et plus clairement encore à propos de son église de Saint-Félix de Nola (^Potm. xiv.98) :
Aurea nunc niveis ornantur limina velis,
* « Les seuils d'or sont ornés de voiles blancs comme la neige. >
Pour avoir une idée de ces portières, on peut jeter un coup, d'œil sur la planche xxxrv de Bottari représentant, se Ion toute apparence, des basiliques chrétiennes, sur la figure gravée à notre article Baptistères^ sur quelquesunes de celles de Ciampini (Vet. mon. ii. tab. xxvii) et du ménologe de Basile {xusept. — viii oct. — IV nov.).
L'office de les soulever devant les prêtres et les personnages vénérables était dévolu aux clercs inférieurs Conoil. Narbon. can. xiii. an.
589) : Tarn subdiaconut quam o$tiariu$....sem(h ribus VBLA ad ostia subleveni^ « Le sous-diacre ou le portier.... soulèvent devant les vieillards les voiles des portes. »
Ces voiles servaient aussi à envelopper Tautel et étaient fixés au ciborium (V. à ce sujet de curieux détails à l'article ciborium', et aussi les baptistères, comme nous le voyons dans une très-vieille mosaïque de Ravenne (Ciamp. Vet. mon. ii. xxiii). Aussi sont-ils comptés parmi les ustensiles sacrés (S. Athanas. Epist. ad solit. — Euseb. Vit. Const, m. 43.— Chrysost. hom. Lxxxiv In McUth.), Ils sont encore mentionnés comme tels parmi les dons que Chosroès fit à Sergius d'Antioche (Evagr. ffwl. eccl. VI. 21) et dans plusieurs documents du cinquième siècle.
Il ne parait pas douteux que dès Tère des premières grandes basiliques, sous Constantin, le chœur ne fût quelquefois séparé de la nef par des voiles ou tapisseries. Tbéodoret (Hist, ace/, xvii) rapporte que S. Basile fit entrer l'empereur Valens dans l'enceinte des sacrées tapisseries où il était assis lui-même, intrasacrattu- Ixa ubi ipse sedebat, c'est-à-dire dans le chœur de son église qui était fermé par ces voiles.
Ils étaient quelquefois ornés d'images de Samts, ou parsemés de croix, de roses ou d'autres fleurs, et de divers ornements de pourpre.
L'action de soulever les portières des églises avait une signification symbolique ; elle rappelait que Notre-Seigneur, en descendant à nous, a renversé le mur de séparation dont parle S. Paul (Ephes. ii. 14) : t C'est lui qui de deux peuples n'en a fait qu'un, en détruisant dans sa propre chair le mur de séparation, c'est-à-dire leurs inimitiés, > Médium forietemmacerix solvens^ inimicitias in carne stàa.
Les portières étaient aussi en usage dans les habitations des riches de l'antiquité tant profane que chrétienne ; et les serviteurs chargés de les tenir soulevés s'appelaient velarii.