‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 44 sur 266 · BIRR · texte numérisé non relu

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que nous ne possédons plus. Ammonius, un des maîtres d'Origène, avait, lui aussi , réuni eYi une seule narration les récits des quatre évangêlistes. S. Jérôme (Epist, ad Âlgas.) attribue à S. Théophile d'Antioche un livre à'^Harmonies évangéliques. De tout cela il ne reste rien; mais ces notions peuvent nous donner une idée des richesses que, sous ce rapport, possédaient déjà les bibliothèques de ces temps primitifs. Ensuite venaient les œuvres des Pères, principalement celles des apologistes, les discours et homélies des plus célèbres orateurs chrétiens, les décrets des conciles, les œuvres de controverse contre les hérétiques, les actes des martyrs, les ouvrages déjà existants sur l'histoire de rÉglise, et en particulier sur Phagiologie; en un mot, tous les écrits se rapportant à la foi, à la morale, à la conduite chrétienne, à la discipline.

Quoi qu'il en soit, ce serait se faire une bien fausse idée de Tesprit qui animait les chrétiens primitifs, que de leur supposer un zèle étroit et mal entendu qui eût exclu de leurs bibliothèques les auteurs profanes de la Grèce et de Rome. Ces écrivains, philosophes, orateurs, poètes, historiens, n'y étaient guère moins recherchés que les auteurs ecclésiastiques. Origène possédait des copies exécutées avec un grand luxe calligraphique des principaux chefs-d'œuvre de l'antiquité païenne (Euseb. vi. 3), et il ne fallut rien moins que la dure nécessité de se créer des moyens d'existence, pour le déterminer à se défaire de ces beaux livres, dont la valeur devait être assez considérable, puisque, en compensation, l'acheteur s'engagea à lui payer une rente viagère de quatre oboles par jour. Nous voyons par les lettres de S. Sidoine Apollinaire (Epist. II. 9) que , dans les bibliothèques du cinquième siècle, Horace et Prudence reposaient côte à côte, et faisaient tour à tour, bien qu'à des degrés différents, les délices des chrétiens studieux : Hinc Horatius , hinc Prudentius lectitabantur.

C'est en effet dans ces arsenaux que s'étaient armés de toutes pièces les Pères de l'Église, dont l'immense érudition nous étonne aujourd'hui, les Clément d'Alexandrie, les Lactance, les Augustin, les Cassiodore, les Isidore de Séville. Ces grands hommes avaient puisé dans l'étude des lettres humaines cette prodigieuse connaissance de l'antiquité, de sa mythologie, de ses erreurs , de ses vices, qui les a mis en possession de ces arguments invincibles par lesquels ils confondent le mensonge et anéantissent la calomnie, armes puissantes dont les apologistes des siècles suivants eussent été privés, si les docteurs de la primitive Église eussent partagé les préjugés ridicules mis plus tard en honneur par l'ignorance et la paresse.

Tous les Pères, môme ceux qui se sont moi très le plus sévères pour la lecture habituel des auteurs profanes, les ont admis cornu base essentielle de l'éducation littéraire. Ce est si vrai que, pendant que l'Église vécut soi le coup des prohibitions de Julien, de savan chrétiens s'efforcèrent d'en atténuer, autai que possible, les déplorables effets, en comp( sant sur des sujets pieux, pour l'usage de 1 jeunesse, des livres imités de ceux des païen Et une fois l'apostat disparu, on reprit l'étud des classiques, et S. Grégoire de Nazian» bien loin de la condamner, ne craint pas d dire qu'il y aurait foUe à le faire, et que^cem là ne voient les choses qu^à demt, qui rCenm pas une parfaite connaissance. Cette étude dit le docte Mabillon (Traité des études m nast, p. 363), polit l'esprit, fortifie et perfec tionne la raison, forme le bon goût et le juge ment. Elle est en quelque sorte nécessaire pou entendre les Pères et fournit la manière d soutenir les vérités de la religion contre se adversaires, ce que ne fait pas l'Écritur sainte, qui n'en fournit que la matière.

Il parait que chaque église avait sa biblio thèque : elle était placée dans celui des secre taria qui s'ouvrait à la gauche de l'abside S. Paulin avait écrit sur la porte de la àem ces deux vers, qui prouvent qu'elle était ou verte à tous les fidèles désireux de lire et d méditer les saintes Lettres {Epist. xxxii. 16)

SI QUBH SANCTA TENET MEDITANDI IN LEGS YOLDHTAS HIC POTERIT RESIDBNS SACRIS INTENDBRE LIBRIS.

« Si quelqu'un est pris du saint désir de médite la loi, — Il pourra en ce lieu se pénétrer des Uvrt sacrés. »

Il y avait aussi des bibliothèques dans le baptistères, témoin celle que le pape S. Hilair avait établie dans le baptistère de Latra (Anastas. In Hilar,).

Les lecteurs ecclésiastiques avaient la gard de la bibliothèque, et ils avaient le droit d'en porter les livres chez eux , afin de s'eiera à les lire correctement en public. Tous a détails et beaucoup d'autres non moins inti ressauts sont consignés dans les actes pn consulaires de Cirtha déjà cités (V. LamL 1 erudit. apost, p. 507). (Pour les bibliothèqui monastiques, V. l'art. Moines, n. VI.)

BIBRUS. — C'était une espèce de mantft ou de capote qui se portait sur la tuniqu* quelquefois môme sur la toge. Tantôt il étî boutonné sur la poitrine, à peu près comme vêtement qui couvre les épaules de SS. Abd« et Sennen (V. la figure de l'art. Abdon H ^ nen)] tantôt libre et flottant comme dans figure qu'on peut voir à l'article S. Loiirw et qui représente ce diacre au cimetière •

BOEU

BREB

;. Jules (Bosio. 581) ; tantôt relevé sur Péaole (Id. 565). Le birrui fit d^abord partie du Qstume militaire , et alors il était court et troit; mais dès qu^il fut adopté dans la vie vile, ses formes se développèrent de façon couvrir toute la personne, et on s^en servit 9ur se préserver du vent et de la pluie. Pour se prêter à cet usage, le birrus était ssu de laine brute et gnrossière , de couleur aturelle en premier lieu, puis blanche sous uguste et ses successeurs. Dans la suite, il evint un objet de luxe, par la variété de ses Mileurs et des ornements dont il était enrihi : Birrorum pretia simul ambitionemqiie tdinant, dit Cassien (De cœnob. instit, lib. i. . 7). t Les moines d'Egypte évitaient les manîauz précieux, ainsi que tout ce qui sentait ambition. » Les chrétiens pieux se contenùent d'y attacher des croix d'étoffe d'une uance différente et tranchant sur le fond. \\ Du Gange, ad voc. Birrus.)

En adoptant ce vêtement, les clercs lui conerrèrent sa primitive simplicité ; ils le porlient Doir ou brun ; mais la coxileur rouge dut tre la plus commune, si nous tenons compte e la signification de l'expression usuelle, latna birrus. Ici, en effet, le mot Utcema est ubstantif , çt désigne le vêtement lui-même ; «rm est qualificatif, et tire son origine du ^»i^f6ç, couleur de feu; tandis que le birrus )ris comme substantif, dérivé de ^r^pàç signifie e manteau dont nous parlons.

Au birrus était adapté un grand capuchon «nniné en pointe, lequel préservait la tête et es épaules des intempéries, et se détachait à roloDté.-

On pense que le birrus est l'origine de la QMsette actuelle, munie, elle aussi, d'un capuchon, et qui, par l'exiguïté de ses proportions, K npproche beaucoup de la forme primitive iu tara*. C'est peut-être ce qui a fait croire ^ Baronius (^n. 261) que c'était un vêtement propre aux anciens évêques. Il parait plus certùi(y. Du Gange, loc. laud.) qu'il était com- Bnm à tous les clercs et même aux laïques. Ceitce que supposent évidemment les textes 'ïttplus anciens auteurs qui mentionnent le ^•fnwdes évêques, entre autres S. Augustin, Wladius, S. Grégoire de Tours, S. Gésaire ^AriesCa. DuCange,f6.).

USOlniS. ~y. l'art. Sarcophage, n. I.

WEUF (Le) ET L'ANE de la nativité. - U question de savoir s'il y avait près de la ^^« de Notre-Seigneur un bœuf et un âne, a *** tort controversée. Baronius cite (Ann. i. 5. J^ plusieurs Pères en faveur de l'affirmative ; «lemoot (Mém. i. kkl) pense que leurs té- "^P^ages doivent être pris dans un sens allé-

gorique. Toujours est-il que ce fait, réel ou supposé , s'est conservé dans les traditions de Tart, traditions dont le point de départ est sans doute la prophétie d'Isale (i. 3) : Cognovit bos possessorem suum et asinus prassepe Domini sui. t Le bœuf a connu son maître, et l'âne l'étable de son Seigneur, i

Le bœuf et l'âne se voient surtout dans les nativités sculptées en bas-relief sur les sarcophages antiques (V. Bottari. tav. xxii. lxxxv. lxxxvi. xciii). Un fragment de sarcophage de Saint-Ambroise de Milan en offre un autre exemple (Allegranza. Atonum. di Mil. tav. v) que nous reproduisons ici. On en trouvera un autre.

pris d'une sculpture du Latran, à notre article Bergers (Adoratic^ des). Nous retrouvons le même sujet sur un sarcophage d'Arles (Millin. Midi de la Fr. pi. Lxvi. 4), sur plusieurs pierres gravées (V. Vettori. Num. œr. explic. p. 37. — Venuti. Academ. di Cortona. t. vu. p. 45. — Allegr. op. laud. p. 64), sur d'anciens diptyques (V. Bugati. Mem. di S. Celso. in fin.). M. De 'Rossi donne un fragment de sculpture de l'an 343 où cet accessoire de la Nativité est représenté : la tradition qui y est relative était donc en vigueur vers le milieu du quatrième siècle (Rossi. Irtscr. Christ. Rom. t. i. p. 51).

BREBIS.— Quand Notre-Seigneur conféra à S. Pierre ses pouvoirs souverains sur son Église, il établit une distinction entre les agneaux et les brebis (Joan. xxi. 16-17), et la tradition catholique a constamment entendu que le Sauveur désignait les fidèles par les agneaux , et les apôtres par les brebis. Or la même distinction existe dans les monuments figurés (V. l'art. Agneau) \ et, principalement dans les sarcophages et dans les vieilles mosaïques de Rome et de Ravenne, nous voyons les apôtres figurés par des brebis au nombre de douze. Notre- Seigneur y parait en personne, dans son costume traditionnel, ou dans celui de pasteur, au milieu des apôtres, chacun desquels a une brebis à ses pieds (Bottari. tav. xxviii). Dans quelques monuments de la Gaule (Millin. Midi de la Fr. pi. Lix. 2), les douze brebis sont placées, non pas aux pieds des personnages dont ils sont l'emblème, mais dans la frise supérieure. Il faut observer que des agneaux , même au nombre de douze , qui se rencontrent assez fréquemment sur les marbres , représentent , non pas les apôtres, mais les fidèles, lorsqu'ils sortent des deux cités typiques, lesquelles dénotent une différence d'origine, origine judaïque, ec- CLEsiA EX ciRCVMCisiONB, Origine païenne, ec-

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