CALENDRIER ECCLESIASTIQUE
Dès les premiers siècles , PÉglise tint une note exacte de la mort de ses évoques et du natale de ses martyrs. S. Paul recommande lui-même cette pratique, c^est du moins le sens qu'assignent les savants (Florentin. Admonit, ii ad martyrol. occid. — Vales. Not, in Euseb, Hist, 1. rv. c. 15) au verset treizième du douzième chapitre de son Épitre aux Romains. Les PP. Boucher {In Vict. Aquit. can. pasch. Comment, c. 15) et Ruinart {Act. sine, ad calcem op.) donnent nn monument de ce genre remontant au pontificat du pape Libère, c'est-à-dire au milieu du quatrième siècle. Chaque Église consignait dans ces calendriers les noms de ses évoques et de ses martyrs (Cypr. Epist. xxxix).
Il y avait des clercs qui étaient chargés dMnformer chaque jour l'évêque de la mort des martyrs ou de ceux qui, selon l'expression de S. Cyprien (Epist, xii) de la prison passaient à l'immortalité , de carcere ad immortalitatem transibant. On ajouta plus tard, aux calendriers les noms des saints confesseurs. Le calendrier ecclésiastique marquait donc à chaque jour de la semaine les fêtes de Notre-Seigneur et des mystères de la religion, aussi bien que les mémoires des martyrs : c'est ce que Tertullien (De carona mil. c. xiii) appelle les fastes de PÉglise; et lorsque les anniversaires des martyrs se célébraient encore dans les cimetières, le calendrier indiquait avec le nom du Saint l'endroit où les fidèles devaient se rendre, par exemple : m non. mart. Lucii in Callisti, || vi. id. dec.
Euticfuaniin Callisti || viii. id. aug.SistiinCal listi^ sous- entendu cœmeterio.
Dans le calendrier du P. Boucher, qui est 1 plus ancien calendrier connu de l'Église ro maine, on trouve à chaque jour de la semain la mémoire d'un martyr, ou la déposition de pontifes romains : ce qui indique assez que c calendrier était propre à la ville de Rome , < nous savons que primitivement chaque Égli» si petite qu'elle fût, avait son calendrier sp^ cial et ses fêtes propres (Sozom. Hist. eccl. v. 3 Tel est aussi le calendrier de l'Église de Ca thage, publié pour la première fois par Mabi Ion (Veter. analect. t. m), et qui remonte a cinquième siècle. Ceci explique pourquoi c( calendriers mentionnent un si petit nombre ( martyrs : ceux-là seulement y étaient inscri qu'on honorait dans chaque ville. Mais il y ava dans chaque calendrier la fête générale ( tous les martyrs de la ville, comme on le vc dans celui de Carthage cité plus haut.
Chez les Grecs, le calendrier s'appelait m nologe : tel est celui qui se trouve à la fin d'i livre liturgique édité à Venise sous le notn g nérique de livre de prières^ u)poX6yiov. Dans calendrier, chaque jour , les noms des Saii sont suivis de certaines antiennes très-court D'autres ijpoXoyia ont été édités par Antoi Conclus, Génébrard , Possevin , etc. (V. Pe cia. II. p. 18. — V. l'art. Martyrologe.)
CALICE. — Le calice que S. Optât de 1 lève appelle porteur du sang du Christ (h. c. 2) est le premier de tous les vases sacr
CAU — 91 — CALI
le du Sauveur qui consacra son sang Uéglise de Monza possède aujourd'hui encore
allée, les apôtres employèrent aussi un curieux bas-relief du temps de la reine
dans le ministère de Pautel : Calix Théodelinde, c'est-à-dire de la fin du sixième
tt«, eut benedicimus, -nonne communi- siècle , où se trouvent représentés les vases
tititis Christi est (1 Cor, x. 16)? « Le sacrés de cette vénérable basilique. Voici ces
bénédiction que nous bénissons , calices, nous ne saurions rien reproduire de as la communication du sang du Tous les Pères attestent que cette exista toujours dans TÉglise. Le ca- )pelé vas dominicunij « vase du Seipar S. Athanase {Apol. contr, Arian, ulum mysticum^ f coupe mystique, »
ibroise (De offic, 1. ii. c. 28); et vas
« vase mystique, » par Synesius p. 301).
mencement, les calices étaient de
5 le plus souvent de verre, surtout plus ancien en ce genre (V. Frisi. Memorie
pontificat de S. Zéphyrin. Tertullien délia chiesa Monzese^ planche en regard de la
;es calices de verre qui étaient ornés page 78). Quelques-uns de ces calices précieux
res (De pudicit. c. x) , et les anti- avaient un poids considérable, et ne servaient
ntre autre Buonarruoti, en ont publié que pour l'ornement des autels ; ils avaient des
un grand nombre. Cependant, même anses, et on les suspendait dans l'église avec
ies persécutions (Prudent. Perist^h, des chaînes aux jours solennels, ou on les pla-
iurtout au quatrième siècle , on eut çait simplement sur l'autel,
s d'or et d'argent. Il fut trouvé un On distingue différentes espèces de calices
gent dans le cimetière de la voie Sa- dans l'antiquité ecclésiastique. Les liturgistes
etti. p. 190). Ceux de verre furent les divisent en calices ministeriales , offertorii,
longtemps encore par les moines majores^ minores (Visconti. De miss, apparat,
id Rustic, mon,) et par les humbles c. xii). Les premiers, t calices ministériels, »
istam, S, Remig,edit. a Cassandr,); des ne servaient qu'à distribuer le sang du Sau-
en servaient aussi, quand les besoins veur aux fidèles. Ils avaient une capacité con-
auvres les avaient contraints à ven- sidérable. On les multipliait en proportion du
Por et d'argent (S. Hilar, Arelat, vit. nombre des conununiants, et il y en avait jus-
V maii). Il y eut quelquefois des ca- qu'à sept sur l'autel dans les églises les plus
livre et d'étain ; la piété de quelques fréquentées. On les appelait majeurs ou mi-
rsonnages fit au contraire servir à neurs suivant leur capacité. Les calices dits
:tion les matières les plus précieu- offertorii étaient , selon Du Cange, ceux dans
n un calice d^onyx garni d'or très- lesquels les diacres versaient le vin offert par
au sixième siècle, la reine Brune- les fidèles. On peut voir dans Du Saussay
à l'église d'Auxerre (Le Bœuf. Vie {Panopl. sacerdotal, 1. viii. c. 14. art. 2) le dé-
?r. t. I. p. 126). On sait assez les lar- tail de plusieurs autres espèces de calices.
ce genre que Constantin avait faites Beaucoup de calices étaient ornés d'inscrip-
s fondées par lui (Anastas. Biblioth. tions. La suivante se lit sur un calice offert à
l'église de Saint-Zacharie de Ravenne par l'im-
terve dans le trésor de la basilique pératrice Galla Placidia : offero s. ZACHARiiE
Anastasie, à Rome , un calice dont galla placidia avgvsta. « J'offre à S. Zacha-
rt en cui\Te et la coupe en faïence rie, moi, Galla Placidia Auguste. » Le cardinal
lequel passe pour avoir servi à S. Je- Mai à qui nous l'empruntons ( Collect, Vatic.
ilaire de cette église, selon la même v. p. 197) en donne plusieurs autres. Nous
Crescimbeni. Basiîica di Santa Anas- choisissons celle que S. Rémi avait fait graver
6). Ce calice est assurément fort an- lui-même sur un calice d'argent ministériel,
1 il n'est nullement prouvé que S. Je- Ici, ce n'est pas un simple acte d'offrande ,
imais célébré les saints mystères; il mais, en outre, une pieuse épigraphe expri-
toujours par humilité (CoUombet. mant la destination sacrée de ce vase : . Jérôme, i. 292). On gardait , avant
ion, au monastère de Chelles, près hwriat hinc popvlvs vitam de sangvine sacro
un calice d'or émaillé et orné de ^^^=^^^ aeternvs qvem pvdit vvlnere christvs,
, . 11 A A* n REMIGIVS REDDIT DOMINO SVA VOTA SACEHDOS.
îcieuses, que Ion croit être louvrage
i, qui , comme on sait , fut orfèvre « Qu'ici le peuple puise la vie dans le sang sa-
•e évéque (Revue archéol, vu. p. 21). cré — Que de son flanc ouvert répandit le Christ