‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 47 sur 266 · CALL · texte numérisé non relu

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éternel, — Le prôtre (évoque) Rémi rend ses vœux au Seigneur. >

Dès Porigine, les calices ont consisté en une coupe plus ou moins haute, plus ou moins évasée, soutenue par une tige munie d'un ou de plusieurs nœuds, et reposant sur un pied plat, hémisphérique, conique ou pyramidal. Ils avaient souvent des anses , comme on peut le conclure du texte d'un ordre romain du sixième siècle, donné par Mabillon (J/us. liai, p. kS), et, comme on le voit par la figure ci-dessus. Mais si Ton doit prendre pour des calices la plupart de ces vases historiés qui se trouvent dans les catacombes (V. Part. Acclamations)^ il est rationnel de supposer avec le P. Secchi (S. Salnniano. p. 42) que chaque fidèle avait le sien dans lequel le diacre lui versait le précieux sang d'un grand calice ministériel et anse.

CALLICULiG. — Ce sont des espèces de disques de métal ou d'étoflfe dont les anciens avaient coutume d'orner leurs vêtements. Le nom de calliculœ leur vient du grec xdfXXoç, beau; et considérées quant à leur forme, elles étaient appelées Tpoxaéiç, t rondes. » Les chrétiens qui , dans le commencement du moins, ne se distinguaient guère par le vêtement des peuples au milieu desquels ils vivaient, avaient adopté ce genre de décoration pour leurs tuniques et leurs habits de toute sorte. Il en est fait très-souvent mention dans les monuments écrits de l'antiquité chrétienne. Ainsi, Ste Perpétue raconte que , dans sa vision , le diacre Pomponius lui apparut avec une robe blanche, ornée d'un grand nombre de ces disques, habens ' multiplices calliculas (Act. S. Perpet. et Felicit, c. x. ap. Ruin.). Un peu plus loin, la Sainte décrit encore la robe d'un lanista , ou président des jeux du cirque, laquelle, en outre de deux bandes de pourpre (V. l'art, clavi), était enrichie de calliculœ de différentes formes, en or et en argent , calliculas multiformes ex aura et argento factas,

' Ces calliculx de métaux précieux étaient trèsusitées parmi les riches. Dans un ancien calendrier publié par Lambèce (V. Buonarruoti. p. 33), les figures des mois de décembre et d'avril en sont ornées.

On en remarque aussi sur le vêtement d'une femme jouant de la flûte , dans une peinture des thermes de Titus gravée par Santé Bartoli (Pitt, ant, délie grotte di Roma, tav. iv) ; et sur la robe de Didon dans le Vtrgilede laVaticane, en tête du deuxième chant de VEnéide.

Mais le plus souvent, les calliculœ étaient faites de pièces d'étoffe couleur de pourpre , cousues sur le vêtement, à la partie inférieure, et quelquefois sur les épaules. Ceci s'observe

fréquemment dans les peintures des catacombes sur la tunique du Bon-Pasteur notamment (Bot tari. tav. lxxvi) , et sur celle de chrétiens ei prière (Id. tav. cxxii). Il en est de même suj les verres dorés (Garnicci. tav. vi. 5. xxv. k.

Ceci est la figure d'ui enfant représenté ave ses parents sur un foDi de coupe d'une exécu tion très-soignée (Car rucci. tav. xxix. k] Deux calliculx se voieD au bas de la tunique, e une sur l'épaule gauche On peut voir à notre ar ticle FLABELLUMundiacn ^^ portant de même des ca/ liculx sur son co/o6ittm Mais si l'on veut se faire une idée plus justi de ce genre d'ornement, il faut consulter Tou vrage de M. Perret {Catacombes de Rome) don les planches sont coloriées , et en particuliei la planche vu du second volume , où se trouva l'image d'un chrétien en prière , et qui a deî calliculœ sur les épaules.

CALOMNIES DIRIGÉES contre les premiers CHRÉTIENS. — Sous ce titre : Nom du premiers chrétiens (N. II), nous avons énuméri quelques-unes des appellations injurieuses ap* pliquées aux premiers chrétiens par les Juifi et par les idolâtres. Nous nous abstiendrons ei conséquence de développer ici celles des calom nies qui se trouveraient déjà ainsi indiquée dans cet article , auquel nous renvoyons V lecteur.

I. — Les premiers calomniateurs des chrè tiens furent les Juifs, qui leur avaient voué un haine implacable. Nous savons par le témoi gnage des apologistes, et notamment de S. Jui tin {Dial. cum Thryph. p. 234 et passim), d'Or gène {In Cels, 1. vi) , de Tertullien {Ad natioi I. 14), qu'ils avaient choisi, par une commui délibération , des personnes dignes d'être l ministres de leurs injustes passions ; et ils l envoyèrent par toute la terre, afin de répand .contre le christianisme et contre son auteur d accusations mensongères destinées à signal la nouvelle religion à la haine et au mépris tous les hommes. Et ils y avaient si bien réu que , au dire d'Origène , les impressions pi duites par les récits de ces émissaires n'êtaic pas encore effacées deux cents ans après. n'y avait pas un seul lieu dans l'empire où nom chrétien ne fût un objet d'horreur d'exécration, principalement à cause de l'î cusation d'athéisme répandue contre eux; nous pourrions ici, si l'espace nous était doni en rapporter la preuve détaillée pour les pr cipales provinces : pour la Syrie (Justin. Di

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1. xvii), pour TAsie Mineure (Epist. Smym, de ^olyoarp. mort, n. ix), pour la Grèce (Athenagor. >^. n. XIII.), pour ritalie (Dio. 1. lxvii), pour i^t/e (Clem. Alexandr. Strom. 1. vu. n. 1), lourlc reste de FAfrique (Arnob. i. 16), etc. Il resterait encore, si nous en croyons Tilemont {Hist, ecd. t. i. p. 155), à Worms sur le Ihin, un monument écrit de cette propagande laineuse des Juifs : c'est une des lettres qui urent envoyées par eux dans tout Tunivers K)ur diffamer Jésus-Christ et ses disciples. Nous groupons ici les moins saillantes et les ilus vagues de ces calomnies, nous réservant Fexposer séparément et avec plus de dévelopements celles qui présentent plus de gravité. On accusait les chrétiens de ruiner la liberté n Êûsant dépendre nos actions de Dieu, comme ^autres les soumettent au destin (Tertull. ApoL m) ; d'être inutiles pour les affaires et improucti&au monde, infructuosi in negotiis; d'être riminels de lèse-majesté (Id. ib, xxxv), ne enduit pas aux princes les honneurs qui leur ;taient dus , parce qu'ils ne leur en rendaient )9i de sacrilèges ; ennemis publics, songeant à établir quelque nouvelle monarchie contre celle les Romains, parce qu'ils attendaient le règne le Dieu, mais au ciel (Jb. xl). Aussi quelque nal qui arrivât dans l'empire , on ne manquait lamais de'le rejeter sur les chrétiens.

Les Juifs les accusaient de mépriser la loi ;Origen. Contr. Cels. vi). On leur attribuait les opinions et les sentiments des hérétiques les plus détestables. On rapportait à la magie les nûracles qui s'opéraient chaque jour parmi eux. On leur reprochait de se séparer du reste du OHmde (Orig. t6. viii) , et on les appelait une troisième espèce d'honunes, qui n'étaient ni M ni Romains. On les méprisait comme des bommes ignorants, dans les lettres comme dans les arts, des gens de basse condition, studiorum ^, Htterarum profcmos ^ expertes artium [Min. Fel. p. 33. édit. Ouzel.) , téméraires qui se prétendaient plus habiles que tous les anciens philosophes.

Selon d'autres (Origen. In Cels. m) ils se s^ent appliqués à rejeter de leur société, à ndare de leur religion toutes les personnes ^esprit et de science , ils auraient cherché à •s'attirer le menu peuple en l'intimidant par ^ terreurs sans preuve et sans fondement. On les traitait d'impudents. On les taxait , tutAt d'avarice, tantôt de prodigalité dans les >Stpes et les festins de charité qu'ils faisaient ensemble (Tertull. Ad nat. i. 5. ApoL xxxix). On leur faisait même quelquefois un crime de lenr courage et de leur fermeté , qu'on attribuait à une obstination punissable (Origen. t6. ^!. D'autrefois, au contraire, on les taxait de ûmidité, d'un attachement excessif à leur corps «ta leur vie ; tandis qu'il était de notoriété pu-

blique qu'ils se faisaient une loi de représenter en eux-mêmes la mort de Jésus-Chnst par la mortification de leur chair, et de s'abandonner avec joie à tous les tourments et à la mort môme, plutôt que de rien faire contre le devoir.

11. — Les autres calomnies que nous avons réservées pour en parler avec plus de détails, parce qu'elles présentent un caractère plus grave, se réduisent à deux chefs principaux, idolâtrie et immoralité.

l» Idolâtrie. — A. — Adoration du soleiL € Quelques-uns pensent, dit Tertullien {ApoL xvi), que le soleil est notre Dieu. » La réponse suit l'accusation : « Nous renverra-t-on par hasard à la religion des Perses? Mais nous n'avons pas besoin d'adorer comme eux le soleil représenté sur un drapeau, puisque nous avons les yeux sur son globe, in sua clypeo. Ce qui a fait soupçonner que nous l'adorons, c'est qu'on a su que nous nous tournons vers l'orient pour prier. Mais la plupart d'entre vous, quand ils affectent d'adorer les divinités du ciel, n'agitent-ils pas leurs lèvres vers le soleil levant ? Nous nous abandonnons, il est vrai, à la joie le jour du soleil ; mais c'est pour un tout autre motif que celui d'honorer cet astre, que nous célébrons notre solennité après le jour de Saturne, que quelques-uns de vous passent dans l'oisiveté et l'intempérance, s'écartant en cela même de la coutume des Juifs qu'ils ne connaissent pas. > Le motif de la joie des chrétiens au jour du soleil, motif que Tertullien ne dit pas, S. Justin l'explique {ApoL i. 68), c'est que ce jour avait été sanctifié par* la résurrection du Sauveur, et était ainsi devenu un jour de fête pour l'Eglise.

B. — Adoration d'un luymme crucifié. Cette accusation venait des Juifs (Justin. Dialog. n. xciii) et aussi des païens, dont Tacite s'est fait l'organe {Annal, xv. 63); et elle était calomnieuse en ce que les uns et les autres supposaient que les honunages des fidèles s'adressaient à un homme condamné au supplice infamant de la croix pour ses crimes (Minuc. Fel. p. 86), kominem summo supplido pro fadnore punitum. Il se trouva môme des proconsuls et des gouverneurs de provinces qui cherchèrent à persuader les chrétiens appelés devant les tribunaux qu'ils ne devaient pas adorer un honune malheureux, qui, n'ayant pas su se sauver lui-même, était incapable d'être utile aux autres {Act, S, Lucian et Marcian. ap. Ruin. p. 153), et qui, ne pouvant les convaincre, les mettaient à mort.

Les chrétiens n'avaient garde de désavouer le culte qu'ils rendaient au Christ ; mais, soit par la voix éloquente de leurs apologistes (Justin. ApoL 11. p. 92), soit directement devant leurs accusateurs et leurs juges, ils proclamaient la divinité du Sauveur et prouvaient,

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par des arguments invincibles, que le Verbe divin, comme les prophètes Pavaient annoncé, avait revêtu la nature humaine et, en devenant homme, n'avait pas cessé d'être Dieu. C'était à ce Dieu homme qu'ils offraient leur adoration et leurs hommages.

G. — Adoration de la croix comme divinité. L'accusation est ainsi formulée par le païen Cécilius dans le dialogue de Minucius Félix (P. 86): « Rapporter qu'ils (Les chrétiens).... adorent le bois funèbre d'une croix, c'est leur attribuer des outils dignes d'eux et leur faire adorer ce qu'ils méritent. • Octavius répond simplement : c Nous n'adorons pas la croix, et nous ne désirons pas d'être crucifiés ; mais vous qui consacrez des dieux de bois, peut-être adorez-vous aussi des croix de bois, conune faisant partie de vos dieux (P. S86). » Les païens se méprenaient sur la nature du culte que les chrétiens rendaient à la croix, culte qui n'avait pour objet que la personne du Sauveur qui avait sanctifié ce bois par l'effusion de son sang. Leur éternel sophisme était d'assimiler toujours le culte chrétien à leur propre culte, qui s'arrêtait à de grossiers symboles ou s'adressait à des idoles ridicules.

Dans tous les cas, cette objection prouve que le culte de la croix, tel qu'il est pratiqué aujourd'hui dans l'Église catholique, était déjà en vigueur parmi les chrétiens du deuxième siècle. Ayant à réfuter la môme calomnie, Tertullien ne lui oppose, lui aussi (Apol, xvi), que l'argument ad hominem, qui était son arme favorite, rétorsion érudite, pleine d'une mordante ironie : « Quant à ceux qui s'imaginent que nous adorons la croix, ne sont-ils pas nos coadorateurs quand ils tâchent de se rendre propice quelque morceau de bois? Qu'importe la figure, puisque la matière est la même ? Qu'importe la forme, puisque le même objet est le corps d'un dieu? Et quelle différence y a-t-il entre l'arbre de la croix et la Pallas athénienne, ou la Gérés de Pharos, qui ne sont autre chose qu'une perche grossière et un bois informe qui s'élève sans effigie? Toute branche qu'on plante verticalement est une portion de la croix. Serionsnous par hasard répréhensibles d'adorer le Dieu tout entier ? N'avons-nous pas dit d'ailleurs que les ouvriers ébauchent vos divinités sur une croix? Vous adorez les victoires, dont les trophées renferment des croix qui en forment l'intérieur. La religion des Romains est toute militaire. Ils adorent leurs enseignes, jurent par leurs enseignes, préfèrent leurs enseignes à tous les dieux. Mais ces drapeaux forment des croix, dont toutes les brillantes sculptures sont les colliers. Les voiles des drapeaux et des étendards en sont les vêtements. Je loue votre zèle ; vous n'avez pas voulu adorer les croix nues et sans ornements. »

D. — Adoration des pontifes. L'origine d cette calomnie, à laquelle on ne connaît guèr d'autre auteur que le sophiste Lucien (DtaJog in mort. Peregrin, p. 994. edit. 1615), était 1 vénération que les fidèles témoignaient en tout rencontre au sacerdoce. Nous ne nous y ané terons pas. Mais l'accusation revêtait quelque fois une formule obscène, supposant que 1 culte des fidèles s'adressait à ce qu'il y a d plus honteux dans l'homme (V. l'art. Exomolo gèse. n. m), antistitis genitalia. Ils exécutaien même des statues spinthriennes qui tradui saient aux yeux cette infamie. On possède ai musée du Vatican, d'après Mamachi (Àntiq Christ. I. 130), un coq qui, à la place du bec,; un phallus^ avec cette sacrilège inscription Su>T^p x($a(xou, salviUor mundi. On pense qui l'usage où étaient les premiers chrétiens de » prosterner devant leurs prêtres pour confessai leurs péchés , presbyteris advolvi (Tertull. Ik pœnit. ix), avait pu donner lieu à une si étrangi accusation.

Nous aimons à citer ici la réponse indignée d'Octavius (Minuc. Fel. p. 279) : • Celui qui, dans ses récits mensongers, nous accuse d'adorer en la personne de nos prêtres une chose dont la pensée seule nous fait rougir, nous impute des infamies qui lui sont propres. Un culte aussi obscène se pratique sans doute parmi ceux qui, prostituant toutes les parties de leur corps, donnent au libertinage le nom de galanterie, et portent envie à la licence des courtisanes, hommes dont la ]angu( n'est pas pure, lors même qu'elle se tait, ei qui éprouvent le dégoût de l'impudicité avani d'en sentir la honte. Les monstres ! 6 combU d'horreur! se rendent coupables d'un crime qu< ne peut souffrir l'enfant de l'âge le plus tendre, et auquel la tyrannie la plus dure ne parviendrait pas à contraindre le dernier des esclaves. Pour nous, il ne nous est pas mèmt permis d'écouter de pareilles turpitudes, et j< croirais violer la pudeur, si j'employais plu: de paroles pour notre défense. Et certes, nou ne pourrions nous imaginer que les abomina tions que vous imputez à des gens aussi chas tes, aussi retenus que nous, fussent possibles si nous n'en trouvions des exemples paru vous. » Cet admirable passage met sous nos yeu un éloquent parallèle des mœurs païennes etde mœurs des premiers chrétiens : c'est un doci; ment historique de la plus haute importance.

Ë. — Adoration d^une tète d^àne. tToul l'occupation des démons (C'est encore à Mini cius Félix que nous empruntons ce texte, q met la réfutation après la calomnie, Octa p. 83) est de répandre de faux bruits.... De vient cette fable que la tête d'un Ane est poi nous une chose sacrée. Qui serait assez insen: pour avoir une pareille divinité, et assez simp

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aginer qu^on pût Padorer, à moins soit vous, qui avez consacré dans les Qts les ânes avec votre déesse Épona. . . . idorez des tètes de bœufs et des tètes ins! » Cette calomnie, si nous en 'ertullien (i Ad nat. xiv), eut pour i Juif, lequel avait fait une ignoble treilles d'âne avec cette inscription :

STiANORVM, c Dieu des chrétiens ! »

3s vu au musée Kircher une carica- 1 près de même sorte et qui certaineit le même sens : c'est un crucifix à tracé au stylet sur une muraille du > Césars au mont Palatin; le savant rrucci a obtenu la permission d'enleceau d'enduit où est dessiné cet objet ^n qu'on ne pût se méprendre sur ation, on a figuré près de la croix un :e qui adore ce Christ à la manière 'est-à-dire en baisant sa main, et au ;1 sont écrits ces mots en caractères

4EIAMEN0X ZKBETE ( Pour lEBETAJ ) OEON.

me adore son Dieu. » Voici cette ca-

difficile d'assigner une cause à une I accusation, à moins qu'on ne suples païens en conçurent l'idée en lirÉvangile le récit de l'entrée de Nomr à Jérusalem, ou en voyant ce fait ï sur (quelque monument chrétien, itrouvons encore ici le nom de Tacite et nous devons donner, exposée par

{Apol. xvi), l'opinion que cet histoit faite à cet égard, d'après les récits tUon de son temps : c Quelques-uns ous, dit l'apologiste, ont rêvé que ons une tête d'âne. Voici ce qui a fait iT cela à Cornélius Tacitus. Dans le 5 livre de son Histoire, racontant la ntre les Juifs, il remonte à la nais-

ce peuple. Après avoir parlé à sa ie son origine, de son nom et de son

culte, il rapporte que les Juifs, sortis, ou, comme il le veut, bannis de l'Egypte, manquant d'eau dans les vastes déserts de l'Arabie, et épuisés de soif, ayant trouvé des sources par le moyen de quelques ânes qu'ils suivirent,... adorèrent, en reconnaissance, l'image d'un animal semblable. C'est de là, je pense, qu'on a présumé que nous, dont la religion est voisine de celle des Juifs, nous adorions un pareil simulacre. »

F. — Honneurs divins rendus à Sérapis, C'est l'empereur Hadrien qui inventa et répandit cette calomnie dans ime lettre écrite d'Ëgjrpte par ce prince voyageur au consul Servianus, lettre qui se trouve dans l'historien Vopiscus (T. II Hist. aug, script, p. 719) : « Ceux qui adorent Sérapis, dit-il, sont des chrétiens, et ceux-là sont voués au culte de Sérapis, qui se disent évêques. » On présume que, arrivé à Alexandrie où le culte de cette divinité était fort répandu, Hadrien vit quelques chrétiens, par crainte des supplices, sacrifier lâchement à Sérapis, et qu'il conclut du particulier au général.

2° CALOMNIES AYANT UN CARACTÈRE d'IMMORA-

LFTÉ. Les calomnies de cette classe, à laquelle nous pouvons rapporter l'accusation d'adorer antistitis seu sacerdotis genitcUia (V. plus haut lo. D.) peuvent être attribuées à une source commune, qui n'est autre que la connaissance répandue parmi les païens des abominations qui se conunettaient dans les assemblées des gnostiques, des carpocratiens et autres hérétiques, qui malheureusement portaient tous le nom de chrétiens. On jugea d'après ces infâmes sectaires la société chrétienne tout entière.

Nous nous bornons à deux de ces atroces calomnies. On accusait les fidèles de renouveler le festin de Thyeste, et l'inceste d'OEdipe. Le premier grief était relatif aux initiations des premiers chrétiens, le second à leurs repas.

A. — Le festin de Thyeste, Voici comment le païen Cecilius expose cette horrible accusation (Min. Fel. p. 9) : c Le récit qu'on fait des initiations des ehrétiens est aussi horrible que véridique. On présente un enfant couvert de pâte à celui qui doit être initié, afin de lui cacher le meurtre* qu'il va commettre, et le novice, trompé par cette imposture, frappe l'enfant de plusieurs coups de couteau : le sang coule, les assistants le sucent avec avidité, et se partagent ensuite les membres palpitants de la victime. C'est ainsi qu'ils cimentent leur alliance; c'est ainsi que, par la complicité du même crime, ils s'engagent mutuellement au silence. Tels sont ces sacrifices plus exécrables que tous les sacrifices? » Les mêmes choses sont rapportées par S. Justin {Dial, cuîn Thryph. n. X. et ÂpoL i et ii passim.), par Athénagore Légat, n. m), Théophile d'Antioche (L. m Ad) Autolic, n. IV; , par Origène (L. vi. n. 27). Il en

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est question aussi dans les actes des martyrs de Lyon (Eusèb. Fis^ ecd. v. 1), etc.... La seule raison qu^on puisse avec quelque fondement assigner à une telle accusation, c'est que ceux qui s*en étaient faits les propagateurs, avaient oui dire que les chrétiens mangeaient la chair et s'abreuvaient du sang du Fils de Marie, mystère trop haut pour des esprits matérialisés par le paganisme, et qui avait scandalisé même les Juifs quand il leur fut annoncé pour la première fois.

La rétorsion d'Octavius est accablante : « Pensez-vous que nous soyons assez cruels pour verser et pour boire le sang d'un être aussi faible et qui ne vient que de naître ? Une telle atrocité ne peut trouver de créance qu'auprès de ceux qui sont capables de la commettre. C'est vous qui exposez vos enfants nouveau-nés aux bâtes féroces et aux oiseaux de proie. C'est vous qui, devenant parricides avant d'être pères, les étouffez dans le sein de leurs mères par des breuvages empoisonnés. Et c'est de vos dieux mêmes que vient cet usage barbare ; car Saturne dévorait ses enfants. Aussi» c'est pour cette raison que, dans quelques parties de l'Afrique, on lui sacrifiait des enfants qu'on empêchait de crier en les couvrant de baisers et de caresses, afin de ne pas offrir à ce dieu une victime lamentable. On immolait dans la Tauride, et même dans le Pont, les étrangers qui venaient y demander l'hospitalité : Busiris avait introduit cette coutume en Egypte, et les Gaulois, non moins cruels, offraient à Mercure des victimes humaines, ou plutôt inhumaines. Les Romains, dans des sacrifices, ont enterré vifs un Grec et une Grecque, un Gaulois et une Gauloise. Aujourd'hui môme encore, c'est par des homicides que vous adorez Jupiter Latiaris, et, ce qui est digne du fils de Saturne, on se repaît du sang des criminels. C'est sans doute ce dieu qui porta Catilina et ses complices à sceller leur ligue par le sang ; c'est sans doute encore à l'exemple de ce dieu que l'on fait des effusions de sang humain en l'honneur de Bellone, et que, dans la médecine, on l'emploie pour guérir de l'épilepsie, remède pire que le mal. Ils ne sont pas moins coupables, ceux qui se nourrissent de bêtes sauvages tuées dans l'arène, encore teintes de sang, et engraissées de chair humaine. Pour nous, il ne nous est pas permis d'être les spectateurs du meurtre des hommes ; le récit même nous en est interdit; nous sonwnes si éloignés de verser le sang humain, que nous nous abstenons même du sang des animaux dont la chair nous sert d'aliment. »

Le genre d'argumentation adopté par les premiers apologistes, et qui consiste à convaincre les païens des mêmes crimes et de plus odieux encore que ceux qu'ils imputaient aux |

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