‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 48 sur 266 · CANA · texte numérisé non relu

CANA

fidèles, bien que peu concluant en lui-même, ce côté important qu'il nous fait connaître ui foule de particularités des mœurs antiques qu nous aurions peut-être toujours ignorées sai cela. Nous ne craignons donc pas que nos le< teurs nous sachent mauvais gré d'avoir mi sous leurs yeux ces curieux fragments d'apo logétique chrétienne.

B. — Vinceste (TŒdipe. Nous reproduison encore ici le texte de Minucius Félix {Ihid.) c Ne savons-nous pas encore, dit l'interloa teur païen, ce qui se passe à leurs festin (Aux festins des chrétiens) ? Tous nos auteui en font mention, et la harangue de l'orateur d Cirta l'atteste également (Il désigne ici M. Coi nelias Fronto, orateur latin, né à Cirta e Numidie, qui, d'après ce passage, parait avoi prononcé un discours contre les chrétiens) dans un jour solennel, tous se rendent au ban queV avec leurs enfants, leurs fenunes et leur bœurs ; là, après un long repas, lorsque les vio dont ils se sont enivrés conunencent à excite en eux les feux de la débauche, ils attacheo un chien au candélabre et le provoquent i courir sur un morceau de viande qu'on lu jette à une certaine distance : les flambeau renversés s'éteignent; alors, débarrassés d'unt lumière importune, ils s'unissent au hasard, ai milieu des ténèbres, par d'horribles embras' sements et deviennent tous incestueux, an moins de volonté, s'ils ne le sont d'effet, puisque tout ce qui peut arriver dans l'action de chaôin entre dans les désirs de tous. »

On se demande ce qui, dans la vie si pure et si sainte de nos pères, put donner lieu à d'aussi abominables allégations, qui, au témoignage d'Origène (Contr, Cels. 1. vi. n. 27), vinrent d'abord des Juifs. Ce qui leur donnait quelque apparence de vérité, c'était l'usage où étaient les premiers chrétiens d'échanger le baiser de paix dans leurs synaxes (Y. l'art. Bai$er à paix), de s'appeler mutuellement frères et sœurs et de prendre ensemble ces repas de charité qu'on appelait agapes. (V. Tart. Àgof^] . Le lecteur qui désirerait de plus amples détails sur cette triste matière, pourrait oonsoltei le savant ouvrage de Korthold, intitulé : Fi^ nus obtrectatoTy sive de coZumntfts gêiUitiuim tu veteres Christianos. Lubecm, 1703.

CANA (miracle de). — Un certain nombn de sarcophages antiques reproduisent ce nu racle dans leurs bas-reliefs. Théophile d'An tioche, qui vivait au deuxième siècle (Commad in Evang. 1. iv), regarde l'eau qui fut miracu leusement changée en vin comme une figui de la grâce du baptême. D'autres y voient ui image de la transsubstantiation. (V. Part. Euch ristie,) C'est pour cela que. le miracle de Gai se trouve quelquefois représenté sur des vaS'

Page 1