‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 61 sur 266 · VII · texte numérisé non relu

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Mais on leur cachait le symbole, du moins dans ses termes et dans son ensemble, -parce qu'il était la marque d'une communion pa^ faite. Et cette abstension était si rigooreuse, que Sozomène fut dissuadé par des personnes éclairées (L. i. c. 20) d'insérer le symbole de Nicée dans son histoire, parce qu'elle pouvait tomber entre les mains de ceux qui n'étaient pas initiés. On leur cachait également l'oraison dominicale, parce que, selon S. Ghrysostome (Hom. XIX In Malth.), les baptisés ont seuls le droit d'appeler Dieu leur père.

2<> Quand la conduite de Yécout4int et sxs progrès dans l'instruction propre à ce grade» offraient des garanties suffisantes, on le faisait passer à celui des prosternés. Ceux-ci assise talent aux prières et recevaient la bénédiction de l'évêque (Ckmcil. Neocœs. can. v. — iVîc.xi7)i et pour cela , ils sont encore appelés oranks et genuflectentes, pour les distinguer des simples auditeurs des instructions. Ceci est encore clairement établi par l'ordre de la liturgie rapporté dans le huitième livre des Constitvtic»^ apostoliques. Car, avant d'annoncer les prières, le diacre prononçait d'un lieu élevé ces paroles: « Plus d'écoutant, plus d'infidèle, i Nefiii autHentiunif ne quis infidelium. Et, après leur sortie, il ordonnait aux catéchumènes des deux autres classes, ainsi qu'aux fidèles de prier pour eux : Orate , catechumeni, et omnes fideUs pfV illis cum attentione orent (ib, vi) ; après quoi il faisait sortir les catéchumènes : Exite^ catt' chumeni. Et c'était là que se terminait la messe dite dos catéchumènes : c'est le nom que Im donnent les évêques d'Afrique aux conciles de Carthage (ConciL Carthag, c. lxxxiy), et de Lérida (Concil, Ilerd. c. iv), et Cassien l'avait aussi désignée par le môme terme. Nous voyons que cette messe durait en Afrique jusqu'à ce que l'évêque eût prêché , c'est-à-dire jusque l'oblation. Les pénitents sortaient encore açr^s les catéchumènes, afin de cacher à ceux-ci l'administration de la pénitence, et les cérémoDies de la réconciliation.

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Nous devons faire observer cependant que la coutume d'admettre les catéchumènes aux prédications de Tévèque ne parait pas avoir été universelle. Car ce n'est qu'au cinquëme siècle, ;'est-à-dire au concile d'Orange de kkl que Qous voyons la pratique contraire abolie pour la Gaule, disposition qui ne fut même suivie («ries évoques d'Espagne qu'au sixième siècle, lans un concile de Valence tenu en 524. Ce jpi avait maintenu cette grande réserve , c'éait sans doute la gêne et la contrainte que les ^Yéques étaient obligés de s'imposer en parant devant les non-initiés. On voit par ce qui )récède d'où vient le mot de messe des catéchumènes : Fit missa catechumenis, dit S. Au- ^stin, manebunt fidèles, c On donne congé aux atéchumènes, les fidèles resteront. » Les évô- ]ues d'Espagne parlent à peu près de même : ànie munerum iUationem^ vel missam catechumnorum. Tout ceci confirme pleinement l'opioioD de ceux qui pensent que missa est la même chose que dimissio catechumenorum. Nous ne royoQS pas que les prosternés fussent admis à un iegré d'instruction plus avancé q ue les écoutants .

3* II n'en était pas de même des compétents. On leur confiait le mystère de la Ste Trinité, la doctrine relative à l'Église et à la rémission ies péchés; et telle était la matière spéciale de Pezamen qu'ils subissaient avant d'être admis w baptême. « C'est un usage solennel, dit 5. Jérôme [Adv.Lucif.)^ au baptême, après la nofession faite de la Ste Trinité, d'adresser ies questions au catéchumènes : Crois-tu la ^te Église? crois- tu la rémission des. pelles? • Le symbole et l'oraison dominicale ne ear étaient livrés que peu de jours avant le Aptéme. Aussi, dans la psalmodie publique, à iquelle assistaient les catéchumènes, les fidèet récitaient-ils à voix basse cette profession le foi et cette prière ; ce qui a lieu aujourd'hui Dcore, en mémoire de cette vieille discipline, lia récitation publique des heures canoniales.

Enfin, quoi qu'il en soit, vers le temps de Pâ- [oes, ceux qvâ désiraient recevoir le baptême illaient se faire inscrire au nombre de ceux [ui devaient être initiés : « Voici Pâques, dit >• Augustin (^Serm. cxxxii. 1), donne ton nom iour le baptême. » Ecce pascha es/, da noinen ^haptismum. Dans son discours contre ceux joi diffèrent leur baptême, S. Grégoire de !^, prononce ces remarquables paroles :

i ûoonez-moi vos noms , afin que je les im- ^nine dans les livres sensibles.... Dieu les ^radans les tables sur lesquelles la destruction n'a pas de prise. » Cette inscription constituait un engagement solennel, etconune une Piomesse publique de fidélité et de docilité. Le luatrième concile de Carthage en fit une loi '<^el]e : Bapiizandi nomen suum dent (Can. %t). a Rome , la coutume était de recevoir

les noms quarante jours avant le baptême (Siric. Epist. I. c. 2. n. 3). 11 parait que désormais ils s'appelaient c élus, » électif parce qu'en effet ils étaient élus ou admis : c'est le nom que leur donne S. Léon(£pts/. xvi ad episc, Siri/.), aussi bien que S. Sirice (Loc. cit.). Alors commençait pour eux une vie de pénitence : on les obligeait à se couvrir d'un cilice {Constit, apost. VIII. 5), à observer des jeûnes rigoureux, à s'abstenir de vin, à garder une continence dont la sainteté du mariage ne pouvait les dispenser (S. Aug. Defide et oper. v. 8). TertuUien rend témoignage (De baptism, xx) de l'antiquité de cette discipline. Le martyr S. Justin {ApoL n) dit à son tour que ceux qui veulent être chrétiens, le deviennent par la pénitence et par le baptême. Et il parait bien, soit par le témoignage de ce Saint, soit par celui de S. Cyrille de Jérusalem {Catech, i. 5) et de S. Jérôme {Epist, ad Pammach,)y que cette pénitence commençait avec celle des fidèles, c'est-à-dire avec le carême.

C'était le quatrième dimanche de carême, chez les Latins (August. Serm. ccxiii} , le second dimanche, dans l'Église grecque (Cyrill. Hier. Catich, m), que les noms des compétents étaient inscrits sur le registre matricule de l'église, et ils prenaient alors le nom d'un apôtre, d'un martyr ou d'un confesseur (Socrat.i^û^ccc/. VII. 21) : ce changement de nom, dont l'usage du reste n'est pas établi pour les temps tout à fait primitifs, ne se faisait pas comme aujourd'hui le jour du baptême, mais quelques jours auparavant (Ménard. Not, ad sacram, Greg. p. 99).

Alors les catéchumènes, au témoignage de tous les plus anciens Pères, faisaient à l'évoque la confession de leurs péchés (TertuU. DepaUio, — Greg. Naz .Serm. m sacr, lavacr.) Eusèbe nous l'apprend en particulier de Constantin (/n ejtis Vit, IV. 61. iv) : « Fléchissant le genou, et se prosternant à terre, il demanda humblement à Dieu son pardon, confessant ses péchés dans la basilique même, in ipso martyrio; dans lequel lieu il eut le bonheur de recevoir Timposition des mains avec une prière solennelle.» Ceci se passa à Helenopolis. L'empereur se fit ensuite transporter à Nicomédie, où il reçut le baptême avec toutes les marques d'une sincère piété, et toutes les circonstances que rapporte son historien {Ibid, lxii).

Enfin, les compétents qui devaient être baptisés à la pàque suivante, passaient au scrutin h sept jours différents du carême {Ord. Roman, antiq, ap. Martène. Deant. Eccl. lit. 1. 1. art. 3). On appelait scrutin la cérémonie où les catéchumènes étaient exorcisés et recevaient le symbole (V. l'art. EcOorcistes) ; ces scrutins ont été en usage dans l'Église depuis son origine jusqu'au treizième siècle. Aux jcTurs fixés pour

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cela, les catéchumènes étant rendus à leur place ordinaire dans Téglise , la tête découverte, les pieds nus sur un cilice, les yeux élevés, de peur que leur esprit ne fût distrait (Cyrill. Hier. Catech. i. 9); les clercs exorcistes s^approchaient d'eux, et leur soufflaient trois fois à la face, tandis que le prêtre touchait avec de la salive leurs oreilles et leurs narines en récitant les exorcismes. (V. Fart. Baptême. n. III.) Au sixième siècle, les Latins ajoutèrent à ces rites celui qui consistait à mettre du sel dans la bouche du catéchumène (Isid. Hispal. De div, offic. ii. 20).

La pratique des exorcismes était regardée comme étant d'institution apostolique. S. Augustin (L.ii Denupt.et concup, xxix. 50) et Fauteur des chapitres qui se trouvent à la fin de l'épître de S. Célestin aux évoques -des Gaules, en parlent dans ce sens, et il est remarquable que ce dernier en attribue Fusage à toutes les Eglises du monde. (V. Fart. Exorcistes,)

IL — Nous avons vu que l'instruction donnée par Févéque, à la messe des catéchumènes, était toujours un peu vague, couverte de réticences et de précautions qui ne la rendaient intelligible qu'aux seuls initiés. L'enseignement des catéchumènes avait lieu à part : Févêque le confiait à un diacre, et quelquefois à un clerc d'un ordre inférieur , à un lecteur, par exemple, qu'on appelait doc^or audierUium (Cypr. Epist, xxiv). Il y eut à Alexandrie une célèbre école de catéchumènes, où brillèrent Pantenus, Clément, Origène, Héraclas, Denys et d'autres encore (Euseb. Hist. eccl, VI. 5. X. 23). Origène avait reçu cet office à dix-huit ans et encore laïque, ce qui se faisait rarement. L'instruction, même spéciale, distribuée aux catéchumènes, était sagement graduée, et toujours plus ou moins voilée, de peur que, s'ils venaient à retourner au paganisme, ils ne révélassent aux profanes la doctrine intime du christianisme (Chrysost. hom. xxvii. In Matth. et alibi). (V. l'art. Secret [Discipline du] .)

On trouve, dans les catacombes, des cryptes sans arcosolia^ ou dont les arcosolia étaient trop élevés pour se prêter à la célébration des saints mystères. Ces cryptes étaient destinées à l'instruction des catéchumènes; elles se composaient ordinairement de deux salles, de façon que la séparation des deux sexes pût y être observée ; elles avaient des chaires pour les catéchistes, et des bancs taillés dans le tuf pour les auditeurs.

On peut voir le plan d'une de ces cryptes dans la dix -septième planche de l'ouvrage du P. Marchi. (V. aussi la figure de Fart. Crypte.) L'état du catéchuraénat se trouve quelquefois mentionné dans les inscriptions funéraires des premiers chrétiens. Marangoni ( Act.

S. Vict. p. Ik) donne celle d'une catéchumè morte à quatre ans, nommée Onésime : aj>

lUTCATO ONHCIMH EATH || XOTMENH EIPHNH... Qvi(^

Onesime catechumena in pace.

m. ~ La durée ordinaire du catéchuméi était de deux ans, selon le quarante-deuxièi canon du concile d'Elvire. Le concile y oc cependant une condition : Si bonx fueritU co versationis^ « si le sQjet est d'une bonne vie Et, en effet, la durée du catéchuménat et prolongée pour ceux qui avaient exercé c professions les attachant spécialement aux rit du paganisme et pour les personnes coupab de quelques grands crimes. Ainsi, il était trois ans pour les flamines {[M. can. iv), et( core pourvu qu'ils s'abstinssent de leurs sac fices pendant cet espace de temps. Dans le ( zième canon du même concile, le baptême différé de cinq ans à une femme qui, étante téchumène, aurait épousé un homme sépa sans raison, de sa femme légitime. Enfin, soixante-huitième canon le difi^re jusqu'à mort à une femme qui, pendant le cours son catéchuménat, se serait rendue coupai d'idolâtrie ou d'avortement.

CEIVTOIV (xlvrpwv). — Au propre (V. F cellini. Lextc. ad h. v.), on appelle ainsi vêtement vil et grossier, composé de morceî de vieilles étoffes, de différentes quahtés et différentes couleurs, dont les pauvres gens les paysans couvraient leurs lits et même le personnes. La profession de fabricant de c tons était fort répandue dans l'antiquité ; pe être même n'y était-elle pas sans bonne car M. de Boissieu [Inscript, lyonnaises, p.l donne un beau marbre de Lyon où elle mentionnée : c'est l'épi taphe d'un centonai nommé caivs rvsonivs secvndvs.

Au figuré, on a appliqué le nom de cenU, une espèce de poème composé de vers ou d mistiches pris çà et là dans différents aute et qu'on s'efforce de plier à une significa qui n'était nullement dans les vues de écrivains. Il parait que , par un coupable a de la parole de Dieu , les hérétiques des ] miers siècles coupaient ainsi les textes saintes Écritures pour les plier dans le i de leurs erreurs. TertuUien nous parle de falsifications {Prxscript. xxxviii). « Valent imaginé d'accommoder non point les Écrit à son système, mais son système aux Éci res, et cependant, il a plus ôté, plus ajo enlevant jusqu'aux propriétés des mots ajoutant des dispositions de choses qui ne raissent point. »

Ce genre de poésie, si on peut appeler î les centons, semblerait digne seulement siècles de décadence. Cependant il en est q tion à l'époque des premiers Césars, alors

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Rome produisait encore des poètes distingués ^. Fabric. Biblioth. Latin,), et cette donnée pourrait peut-être autoriser à lui attribuer une origine plus ancienne. Nous savons par le même TertuUien {Ibid. xxxix) qu^un poète nommé « Ho* sidius Geta (D'autres ont lu Nasidius et même Oridius) avait emprunté à Virgile la tragédie de Midêe, » — « Un de mes proches, ajoute Tertuliien, entre autres fantaisies de son style, a expliqué par le même poète, le Pinax de Cébès. i

Ku quatrième siècle de notre ère, Ausone a?ait mis à la mode ces sortes de mosaïques poétiques, qui supposent plus de mémoire et de patience que d'imagination et de goût. Il composa un centon nuptial pour répondre à un défi que lui avait adressé l'empereur Valentioien, qui, ayant lui-même commis une de ces débauches d'esprit, avait trouvé piquant d'entrer ainsi en lutte avec un poète de profession. Tous les vers, ou portions de vers composant cette pièce sont empruntés à Virgile, qui a partagé avec Homère le triste honneur de se voir dépecé et travesti par les faiseurs de centons : Quasi non legerimus, dit S. Jérôme (V. infra), homerocentonas et virgiliocentonas. < On a coutume, ajoute encore TertuUien (Loc. laud.;, d'appeler homérocentonistes ceux qui, âTec des vers d'Homère, en prenant çà et là beaucoup de choses pour les disposer comme des pièces rapportées, cousent en un seul corps des œuvres à eux. » Voulant joindre le précepte à l'exemple, Ausone avait mis, en tête de 90Q œuvre, une épltre où il trace les règles pour composer les centons.

Sur la fin du même siècle, vivait une femme qui s'est rendue célèbre par des compositions de ce genre. C'est Proba Faltonia , princesse qui eût pu se passer d'une telle illustration, car elle eut trois fils consuls, elle fut l'épouse fAdelphius, proconsul romain, mère de Juliana Btaleale de Démétrius, tous loués par S. Jé- Ptoe. D'autres, et en particulier Baronius {Ad «1. 395), Aide Manuce le jeune et Cave {Script, wrf. an. 371), pensent qu'il s'agit ici de Proba, femme de Probus , préfet du prétoire , couple dont nous avons le tombeau dans la Rome soutotoMif (Bosio. Rom. sotter, p. 49. — Cf. Aringbi. 1. 1. p. 281). On lui attribue un centon virgilien sur divers endroits de l'Ancien et du Nouveau Testament {De rébus divinis}. Ce poème, dont il nous reste ({uelques centaines devers dans les Pœt^f ecclesiastici {Camera,v\. t. m. p. 465), et dans la bibliothèque des Pires ;T. V. edit. Lugd. 1677. p. 1218;, mérite de fixer ici notre attention, ainsi que quelques «rtres qui parurent vers la même époque, pwce qu'ils avaient pour but de tirer des an- ^rs païens, dont on pressurait ainsi le texte, des prophéties relatives aux mystères et à la '%ion du Christ, absolument comme on le

faisait pour les vers d'Orphée et ceux des sibylles. S. Jérôme qui atteste avoir pris connaissance de ces diverses compilations, les traite d'enfantillages et de boulfonneries : Puerilia hœc, et circulatorum ludo similia (Epist. LUI. Ad Paulin, 0pp. 1. 1. p. 275). Quanta celui de Faltonia en particulier, il a été déclaré apocryphe par un décret du pape Gélase I (Dist. xv. c. S. Romana Ecclesia),

Il circulait aussi en ce temps-là un centon homérique^ auquel on donnait une signification analogue. Zonaras veut que , commencé et laissé imparfait par un certain Patricius , ce centon ait été ensuite achevé et mis en ordre par l'impératrice Eudoxie, épouse de Théodose II. Mais le P. Rader (Act. sanct, c. xxi. p. 227) fait observer que cette œuvre ne peut être de cette princesse, attendu que S. Jérôme l'avait lue avant qu'Eudoxie fût chrétienne et impératrice ; et Photius, qui a mis au jour les divers écrits et notamment les poèmes de cette femme illustre, ne fait nulle mention de celui-ci (V. Photii. Bihliothec. CLXxxrv. edit. Latin. 1606. p. 162).

On sait que Constantin, dans son discours Ad cœtum sanctorum (C. xx), cite, lui aussi, plusieurs vers de Virgile qui semblent se rapporter à notre Sauveur, et suppose que le poète ne pouvant, en sa qualité do païen, parler ouvertement du Christ, le désignait k demimot. Les vers auxquels l'empereur fait aUusion avaient été tirés, au moins quant au sens, par le grand poète, des oracles sibyllins. Mais comme il était né dans la cent soixantedix-scplième olympiade, c'est-à-dire soixantedix ans avant Jésus-Christ, et qu'il mourut à cinquante-quatre ans, il est clair qu'il ne peut parler du Christ comme historien ; on est réduit à lui attribuer le titre de prophète, si l'on tient absolument k entendre du Christ ces vers si souvent cités {Eglog, iv) :

Jam redit et Virgo, redeunt Satumia régna, Jam nova progenies cœlo dimittitur alto !

La manie du centon s'est prolongée bien avant dans nos siècles modernes. En 1661, Alexandre Ross, d'Abcrdeen, publia, sous le titre de Virgilius evangelizans, un poème dont Jésus-Christ est le héros. Etienne Pleurre, chanoine régulier de Saint- Victor de Paris, a renouvelé l'épreuve; et ce qu'il y a de plus singulier, c'est que son ouvrage porte l'approbation de deux docteurs de la faculté de théologie, lesquels disent que cet auteur a fait des couronnes à Jésus-Christ et aux saints martyrs, avec l'or de l'idole de Moloch.

Lelio Cc^piluppi a fait aussi plusieurs poèmes latins en centons. Les Politiques de Juste- Lipse ne sont autre chose que des centons^ il n'a eu à suppléer que les conjonctions et les particules.

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