‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 85 sur 266 · DEUIL CHEZ LES PREMIERS CHRÉTIENS · texte numérisé non relu

DEUIL CHEZ LES PREMIERS CHRÉTIENS

L'esprit du christianisme , quant à la question présente , est tout entier dans ce texte de S. Paul (1 Thess. iv. 12) : c Nous ne voulons pas que vous ignoriez, mes frères, au sujet de ceux qui dorment, que vous ne devez pas vous abandonner à la tristesse, comme les autres qui n'ont pas d'espérance. » Sans proscrire absolument une douleur qui est dans la nature, l'Apôtre veut que cette douleur soit dominée par la foi et adoucie par l'espérance , c'est-àdire modérée dans le cœur et décente dans ses démonstrations. Ce qu'il réprouve, ce sont les excès de tristesse auxquels se livraient les autres, ce qui veut dire les païens, aux yeux de qui la mort était la fin de tout et le tombeau une maison éternelle, domvs aeternalis, comme portent leurs épitaphes désespérées.

Il nous plaît de citer ici un beau passage de S. Chrysostome (Homil. xxii In Matth,) qui est le meilleur commentaire de la parole inspirée de S. Paul : « Que personne ne pleure sur les morts , que personne ne verse des pleurs : ce serait calomnier la mort du Christ, par laquelle la mort a été vaincue. Pourquoi ces vaines larmes, si tu crois que la mort est un sommeil? Pourquoi te frappes-tu en signe de deuil? Si les gentils le font, ils doivent être pris en pitié : si un fidèle pèche en ceci comme un infidèle , que répondra-t-il pour se justifier ? Conmient osera-t-il demander pardon pour avoir nourri de tels sentiments, alors que depuis si longtemps il n'est plus un chrétien qui doute de la résurrection? Et toi, tu semblés prendre à tâche de rendre ce péché plus grand en convoquant des femmes incitatrices des pleurs , dont les chants lamentables vien-

nent encore exciter et enflammer ta douleui Tu n'entends donc pas Paul qui te crie : Qu a-t-il de commun entre le . Christ et Bélial Quelle part entre le fidèle et l'infidèle? S. Chrysostome condamne dans ces demièn paroles la coutume païenne, qui s'était cont nuée parmi les chrétiens, d'avoir de ces plei reuses gagées , dont la première s'appela chez les Romains prxfica, parce qu'elle éta préposée aux autres pour leur donner le s gnal et le ton de leurs lamentations mero naires.

Un autre usage païen, c'était de réitérer ( deuil le troisième, le septième et le neuvièn jour, appelé novemdiale. Quelques-uns ajoutaient encore le vingtième, le trentièn et le quarantième jour , à chacun desquels j rattachaient des idées superstitieuses. 11 e intéressant de voir comment S. Augustin r« prend les fidèles de son temps de ces restes c superstitions auxquels ils s'étaient h vrés (Quaes CLXxii In Gènes,) : « Je ne sais si quelqu*!] des Saints a jamais vu dans les Écritures di traces de la célébration du deuil de neuf jour que les Latins appellent novemdiale. C'est une pratique propre aux gentils, et dont je i saurais trop détourner les chrétiens. • Il avait cependant une coutume chrétienne qi consistait à continuer et à répéter les offiw funèbres pour obtenir le repos aux âmes d( défunts, et celle-ci, loin d'être blâmée, éta encouragée par les Pères ; car elle émanait d l'initiative de l'Église elle-même. Ainsi, dai une lettre qui se trouve parmi celles de S. Ai gustin {Epist. cclviii), Evodius, après avo décrit les honorables funérailles qui avaiei été faites à un pieux jeune homme, ajoute « Pendant tiois jours, nous avons loué le Se gneur par des hymnes sur son tombeau, • le troisième jour nous avons offert les si

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