‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 87 sur 266 · DIAC · texte numérisé non relu

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pleura Moïse quarante jours; enfin, le jour anoiversaire, pour leur mémoire. » Nous sa- Tons par S. Jean de Damas (De his qui in fide mriuntur) que cette discipline fut depuis retenue par les Grecs. Il n'existe pas de preuve qu'il en fût de même chez les Latins. Mais l'usage s'établit bientôt partout, de célébrer (es mémoires des morts pendant sept jours , et en certains lieux, d'y revenir le trentième : c'est ce qu'on appelait l'office septimum et tricenarium.

Pendant les sept jours de deuil, les gens de la maison ne paraissaient point au dehors. Cet usage parait venir des Juifs : car si nous eocroyonsBuxtorf(L6Xic. Chaldaic, Talmud.,, idv. Luct.)^ les Juifs, pendant sept jours, restent enfermés à la maison, nu-pieds, ils pleurent, ne mangent point leur propre nourriture, mais celle que leur envoient leurs parents et amis, principalement des œufs, qui leur sont un symbole de la mort, laquelle, imitant la volubilité de l'œuf, qui est rond, frappe ses coups tantôt d'un côté, tantôt de l'autre.

Le même principe chrétien qui réprouvait les manifestations immodérées de douleur, soit par des pleurs, soit par la tristesse du vidage, ne les proscrivait pas moins dans les vêtements, f Comme la mort de l'homme chrétien, dit S. Cyprien (De mortalit,), n'est autre chose que sa translation dans le ciel , il rje convient pas de prendre des habjts noirs, alors que lui-môme a revêtu des vêtements blancs.» 11 faut dire cependant que d'autres Pères ne poussaient pas si loin la sévérité : les uns, regardant la chose comme indifférente, laissaient à chacun pleine liberté à cet égard; d'autres, sans blâmer précisément le port des vêtements lugubres, pensaient qu'il était plus digne de la force et de la philosophie chrétienne, de les quitter après un laps de temps plus ou moins court. S. Jérôme (Epist. xxxiv. Ad Ju- Han.) loue Julien de ce que, après avoir supporté d'un visage serein la mort de sa femme et celle de ses deux filles, il avait changé ses habits de deuil le quarantième jour de leur nwrt, dormitionis earum.

Les Pères eurent encore à s'élever contre plusieurs pratiques superstitieuses qui s'étaient glissées parmi les chrétiens, à la faveur de i'ignorance. Telle était l'onction du corps par an prôtre, avant qu'il fût confié à la terre. Ceci parait avoir été surtout introduit par certains hérétiques dits archontici. Telle était encore la coutume de saluer le mort, ou de lui ^re ses adieux, probablement par le baiser ^ paix, abus que condamna un concile ^^Auxerre du sixième siècle, ainsi que celle hien plus blâmable encore de donner aux ^^ la sainte eucharistie. Cette dernière profanatiQii avait lieu en Afrique du temps de

S. Augustin, et elle fut condamnée au troisième concile de Garthage (Gan. vi), auquel ce Père prit part.

DIACOIVE88E8. — L'institution des diaconesses remonte au temps des apôtres (Zeigler. De diaconis et diaconissis vet. Eccl. xix), comme on le voit dans l'Épltre de S. Paul aux Romains (xvi. 1). Elles sont appelées 7cpeo€u- TtSeç, seniores^ par le concile de Laodicée (Cau. xi) et par S. Épiphane {Uœres. lxxix. n. 4), parce qu'on ne choisissait pour cet office que de vieilles veuves. On exigeait qu'elles fussent veuves ^ mères y âgées de quarante ans au moins y qu^elles n eussent été mariées qu'une fois (Tertull. De virgin. et lib. i Ad uxor, c. 7).

Leurs principales fonctions étaient : 1* de présider les vierges et les autres veuves de l'Église {Const. apost. m. 7); 2^ de garder la porte par laquelle les femmes entraient à l'église, ou au nuUroncum (Id. xv. 19); 3® d'instruire les catéchumènes de leur sexe ; 4® d'assister l'évêque pour le baptême des femmes et de faire à sa place les onctions sur les parties du corps autres que le front (Id. m. 15. — Concil. Carth. iv. Il); 5° de prendre soin des femmes pauvres et malades (Epiph. loc. laud. — Hieron. ep. n Ad Nfpotian,)] 6° enfin d'être présentes aux conversations secrètes de l'évêque, des prêtres, et des diacres avec les fenunes (Épiph. Uacres. Lxxixj. Dans les temps de persécution, les évêques leur confiaient des missions secrètes, et les envoyaient servir les martyrs dans les prisons , toutes les fois qu'ils ne pouvaient pas prudemment y envoyer les diacres (Corw(. apost, III. 19).

Au deuxième siècle , quelques diaconesses, non contentes de ces attributions, émirent la singulière prétention de remplir dans le culte chrétien l'office qu'exerçaient les vestales dans celui des idoles, c'est-à-dire d'encenser autour de l'autel et de toucher les vases sacrés, comme les vestales brCdaient de l'encens et tenaient le simpulum dans les sacrifices. 11 fallut toute la sévérité des premiers pasteurs pour réprimer un tel abus, et le pape Sotère, qui siégeait en 173, rendit à ce sujet un décret qui est resté dans le droit (Gan. Sacratas^ xxiii dist.) : « Sotère pape a tous les évêques d'Italie {Epist, xii). 11 a été rapporté au siège apostolique que des femmes consacrées à Dieu, soit des religieuses, se permettaient, chez nous, de toucher les vases sacrés et les saintes pâlies : qu'une telle pratique soit pleine d'abus et digne de répression, c'est ce qui n'est douteux pour aucun homme sage. En conséquence, nous voulons, en vertu de l'autorité de ce saint siège, que toutes ces choses soient radicalement supprimées, et cela le plus tôt possible ; et de peur que cette peste ne se répande davan-

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