DIVI
par les fables, de la théologie païenne ; c'est C8 qu'attestent les hommes qui, par le privilège de leur position, ont été à môme de voir et d'étudier une infinité de monuments primitifs. (V. De' Rossi. ixerc p. 14. not. 3.)
Ces objets peuvent se diviser en deux classes : d'abord les Génies et les Victoires, et en second lieu les Centaures, les Cariatides, les Hippocampes, les Télamons, auxquels on peut ajouter les divinités des fleuves et les allégories des saisons.
1° Les Génies sur les monuments chrétiens sont le plus souvent nus (Bottari. tav. cxxxi), selon le type antique, et quelquefois vêtus de tuniques, comme dans l'épitaphe de Metilinia Rufina (Lupi. Epitaph. Sev. p. 50) ou de chlamydes, comme dans le tombeau dit de S. Maximin {Monum. de Ste Madel. col. 795). Ils sont ordinairement placés au centre des sarcophages où ils soutiennent la tablette destinée à recevoir l'épitaphe : Deux Génies ailés soutiennent ainsi un cartel au centre duquel est sculptée une croix, sur un beau sarcophage de Vérone (Maffei. Verona illustrât a. parte m. p. 5(i). On en voit quelquefois sur les colonnes de ces urnes sépulcrales cueillant des raisins (Bottari. tav. xxxv); il en est, principalement sur les verres orbiculaires (Boldetti. p. 216), qui portent une palme à la main. Les premiers chrétiens voyaient des anges dans les Génies, et vers le quatrième siècle les artistes euxmêmes eurent l'intention de représenter ces intelligences célestes. On rencontre aussi de temps en temps des Victoires sur nos monuments primitifs, notamment sur des tombeaux de soldats chrétiens (Bottari. tav. clx), où elles portent une palme d'une main, une couronne de l'autre. Aringhi (i. tab. lxix) donne le dessin d'une Victoire dont la tête est couronnée. Bien que l'origine païenne de ces figures soit évidente, nos ancêtres leur donnèrent de bonne heure une signification chrétienne, en les employant pour célébrer les victoires des chrétiens et surtout celles des martyrs.
2° Quant aux Centaures, aux Cariatides, Télamons et autres figures païennes, leur usage purement décoratif s'est prolongé bien avant dans le moyen âge, comme on peut le voir par le tombeau d'Eugène IV dans la basilique Vaticane. Les divinités des fleuves, tenant leur urne à la main se trouvent constamment dans le sujet biblique de l'enlèvement d'Élie. (V. ce mot.) Le tombeau d' Aurélia Agapetilla (Boldetti. p. 466) présente en outre des Nymphes et des Naïades se jouant dans les eaux. Ces figures profanes peuvent facilement induire en erreur sur l'attribution des monuments , et Passeri (De (/emm.ostn/. t. ii) trace les règles les plus sages pour diriger l'amateur en cette matière. (Pour les allégories des saisons. V. l'art.
Saisons,) Constantin conserva ou toléra sur se: médailles et sur celles de ses fils les image des fausses divinités, tant que vécurent se adversaires et ses compétiteurs à l'empire Mais dès qu'il fut devenu maître absolu d monde romain par la mort de Licinius, en 32î il commença par les en exclure; après qu' eut fondé Constantinople, il fit plus encore, mit sur ses monnaies et sur celles des Césai ses fils le monogramme du Christ et succe: sivement d'autres signes de christianisme, ù données historiques peuvent servir beaucou pour la classification des nombreuses moi naies de ce prince. (V. Gavedoni. Medagliei Constantino M et de' suoi ftijliuoli imigniie c tipi e simboli Cri^tiani. p. 5. — V. aussi noti art. Numismatique)
D. M. (Diis Manihus). — D. M. S. {DiisMt
nibus Sacrum). — Un certain nombre de monu ments funéraires incontestablement chrétiei portent ces sigles qui, comme on sait, soi le caractère le plus commun des marbn païens (V. Lupi. Epitaph. Sev. M. p. 57. —Fj bretti. vin. 39. seqq. — Boldetti. 1. ii. c. !) — Le Blant. Inscript, chrét. de la Gaule, t. p. 488. etc.). M. De' Rossi (Fnsc. Rom. [.n.ll9: donne une inscription inédite revêtue du D. M laquelle porte la formule si exclusivemei chrétienne : deoreddidit spiritvm sanctvii,< de plus, la belle expression : elatvs est, doi nous ne connaissons pas d'autre exemple. Noi avons môme une inscription en tête de laquel la formule est inscrite in extenso : dis. manib' (Lupi. p. 105), et une autre où se trouvent 1 sigles grecques correspondantes 0. K., Oso xaTox^Oov/oiç (Ibid.). M. Perret (v. vu. lljada son recueil l'épitaphe d'une femme chrétien nommée vitalis en tête de laquelle le moc gramme du Christ se trouve enti emôlé à c sigles, comme il suit : d. m. ^ s.
Ce fait, qui est à l'abri de toute espèce doute, constitue un problème archéologiq dont la solution a longtemps divisé les savao La mauvaise foi des écrivains protestants i s'en emparèrent pour étayer leur système i posé au caractère chrétien des sépultures < catacombes, jeta quelques antiquaires ult montains, entre autres Boldetti (fiimit. pp.lî U5) et Fabretti. (Syntagm. p. 56^) dans parti tout opposé, et, selon nous, presque au insoutenable. Au lieu de dis. manibvs, cem prétendirent que les sigles en question devai' être complétées par Dto.Magno. et beo,Mag Sacrum. Le seul monument portant cette d nière formule dont on put citer l'exemple p( rendre plausible cette interprétation, esti inscription donnée avec confiance comme ch tienne par Mafl*ei (A/us. Veron. p. 178), k rejetée avec toute espèce de raison par Mu
DOLI
tori The$aur. cv. 6), Marini (.4rva/. 633. b.} et d'autres critiques non moins sûrs. Nous lisons donc avec MaLillon, le premier qui ait signalé oftte confusion dans les inscriptions t'hréti«*nue^ ^Letired^Euseb. p. ^S,su\\'. : dis.manibvs. sacrvm; et quant à l'explication, nous nous rangerions soit à celle de Srttele, de Morcelli Oj)p. epig. II. 72; et de Raoul-Rorhette (Mém. $urle$ catac. p. 179 du t. xiii des Mém. de iAcid.de$ imcr.)^ qui ne voient dans l'adoption d'uue telle formule que h? résultat de la confusion produite par la présence simultanée des deux cultes; ou à celle de MafTei (Mus. Ymn. p. 179) qui Tattribue à Thabitude où étaient les quadratarii de tracer sur les marbres qu'ils préparaient d'avance cette invocation aux dieux Mânes. On peut penser encore que ces sigles avaient fini par n'être plus regardées que comme une simple fonnule funéraire, devenue indifférente, et au sens primitif de laquelle personne ne s'avisait de remonter. Une telle habitude persévéra par Teffet de la routine, comme l'usage des noms païens des jours de la semaine, et les premiers chrétiens n'attachaient pas plus d'importance aux unes qu'aux autres. Le sévère Tertullien luimême n'a que de l'indulgence pour cette pratique [De idol. xx) : Deos nationum nominari IfX pnhibet ; non utique tus nomina eorum profmtiemus^ qux niMs ut dicamus cofwtrsatio atorquet. t La loi défend de nommer les dieux des nations ; mais nous ne sommes point coupables quand ils nous sont comme arrachés par la force de l'habitude. •
La présence du D. M. sur les pierres chrétiennes les place , selon M. De' llossi (ixhvc. p. 7' à une époque certainement antérieure au quatriènïe siècle. Cette formule figure sur presque tous les marbres chrétiens du cimetière de Sainte-Calherine de Chiusi dont les hommes les plus compétents font remonter l'origine jusqu'au temps des Aijtonins (Cavedoni. Cifwi^ Chius. p. 93). On peut citer cepen- <lant, par exception, deux marbres d'Elcano to le royaume de Naples (Mommsen. 1. c. 1291-1309) et un d'Augst (Le Blant. If.scr. ^ét. de ia Gaule, i. 488 1 qui en offrent des exemples pour le 'cinquième siècle ; mais ce sont les derniers. Le iitulus de martia marcel- ^k constituerait à Rome une autre exception pour le milieu du cinquième siècle kk\]\ niais il est d'un christianisme douteux. (V. De' J^ossi. Inscr. i. p. 307.) Dans quelques probes, et notamment dans la Fouille et les Palabres, on substitua peu à peu aux sigles \U. celles-ci : B. M., Bonœ Mémorise; et cette filiation est d^autant plus évidente , qu'une inscription d'Klcano ajoute le S aux deux au- ^B.M.S. ,De' Rossi. BuUettino archeol. .Va- M'.settembre 1857. n. 126.^
BOLIUM tonneau). — On remarque assez fréquemment de petits tonneaux sculptés ou peints sur les sépultures chrétiennes des premiers siècles. (V. Boldetti.pp. 368-164. — Perret, m. pi. m. etc.) Considéré comme symbole, cet objet a reçu des interprétations fort diverses. Le tonneau vide serait, au jugement du P. Lupi {Dissertaz. ii.t. 1. p. 205), l'image du corps séparé de son âme. D'autres y voient un mémorial du miracle de Gana, et, comme ce miracle lui-même si souvent représenté sur les sarcophages, il serait un symbole de la résurrection. (V. Tart. Cana.^ Cette explication repose sur lanalogie qui existe entre le vin, qui est esprit et activité, et l'âme, qui est le principe de toutes nos opérations; et de plus, entre le tonneau, qui tire tout son prix du vin qu'il renferme, et le corps humain, qui, séparé de son âme, n'est plus qu'une masse inerte.
Quehjues savants (V. Hugo S. Vict. serm. XLV Instit. monast.) se reportant à un passage du Cantique (ks Cantiques (ii. k) où il est parlé de la cella vinaria du Père céleste, pensent que ce cellier représente l'Église , et les tonneaux les fidèles. Le douvm sur les tombeaux serait donc, selon cette opinion, l'image du corps qui y est enseveli , et doit un jour en être retiré pour se voir introduit par le Roi des cieux dans son cellier, in cellam vinariam (Cant. loc. laud.)
Une fr(^sque du cimetière de Sainte-Agn^s (^Bottari.tav.LXXxiv) présente huit hommes portant un tormeau vers deux autres tonneaux déposés h terre. On s'est efforcé de trouver dans cette peinture une allusion au verset du Cantique (Id. p. 157. t. m). On a voulu voir encore dans l'étroite liaison qui uirit, au moyen des cercles, les différentes pièces de bois dont le tonneau se compose, un symbole do la charité qui lie les membres de la société chrétienne (V. Mamachi. Oriy. m. p. 102), union rendue chaque jour plus intime par le sang des martyrs que S. Cyprien compare à un vin généreux (jui s'échappe d*un fût : Vini vice sanquinem funditis (Epist. xvi. Ad confess. /?om.) Est-ce avec intention qu'on a donné la forme de petits toimeaux à quelquc>s-uns de ces vases de verre où du sang de martyrs est recueilli et conservé dans les sépultures des catacombes (Boldetti. p. 163-7)?
Peut-être le parti le plus sûr serait-il d'adopter l'opinion de ceux qui interprètent simplement ce signe comme un témoignage de douleur. A leur avis, on aurait voulu jouer sur le mot DOLivM et ses rapports de consonnance avec le verbe dolere : de tels jeux ne sont pas rares dans l'antiquité. Nous avons un certain nombre d'épitaphes qui font lire les formules:
PATEK DOLENS BoIdetti. p. 385), PARENTES DO-
DO»n
DOXO
LENTES (Id. p. 373\ FILIV3 DOLENS (Labus. Monum. di S. Ambrogio) ; mais celle-ci qu'accompagnent deux tonneaux : ivlio filio pater DOLiENS, pour DOLENS, Semble ne laisser aucun
L!0 FâUOPAT'Ç^Ï^O^'^'^^
doute sur Tintention susénoncée. iT. Mamachi. t. III. p. 91.) Le mot dolens se lit aussi sur un marbre orné d'un vase à deux anses, qui tient peut-être la place du dolivm et a la môme signification. (V. Fabretti. p. 572. lv.) Dans une autre inscription [Act. S. V. p. 115), des parents désolés de la mort de leur enfant sont
dits DOLIENTES.
BOBII1VICAX.R. — C'était un linge blanc dans lequel les femmes recevaient la sainte eucharistie, à l'époque où on la recevait dans la main, usage qui s'est prolongé jusqu'au septième siècle. Cette marque de respect de la part des femmes était si sévèrement exigée, que celles, qui n'avaient pas de dominicaU^ devaient, d'après les prescriptions d'un concile tenu à Auxerre en 578, s'abstenir de la communion jusqu'au dimanche siMvant. « Qu'il ne soit pas permis à une femme de recevoir l'eucharistie sur la main nue (Can. xxxvi). Que chaque femme, quand elle communie, ait son dominicale ; que si elle n'en a pas, qu'elle ne communie pas. » Cette pratique était déjà en vigueur du temps de S. Augustin, car on lit dans un sermon qui lui est attribué (Serm. ccxxix. in Append. t. v) et qui paraît être plus sûrement de S. Césaire d'Arles : « Tous les hommes, quand ils doivent approcher de l'autel, lavent leurs mains (Parce qu'ils recevaient la sainte eucharistie dans la main môme), et toutes les femmes présentent des linges blancs, où elles reçoivent le corps du Christ. »
Si l'Église prescrivait une telle précaution, ce n'est pas, dit Thiers, d'après Théophile Raynaud (£cDpostt. du S. Sacram. 1. 1. p. 65), qu'elle demandât alors une plus grande pureté des femmes que des hommes, ni qu'elle crût que celles-là fussent plus souillées que ceux-ci ; mais elle l'avait ainsi ordonné, de crainte que les évoques, les prôtres ou les diacres, qui distribuaient l'eucharistie aux fidèles, ne fussent exposés à manquer à la modestie que demandait un si grand mystère en touchant la main
des femmes. Tant l'Église eut toujours à cœur l'honneur et l'intégrité de ses ministres!
DORS ALI A. — Durand définit cet objet {Ration, div. off. 1. i. cap. 3. n. 23): Dorwiw sunt panni in choro pendentes a dùr$o dencorum. C'étaient des draperies destinées à préserver de l'air les clercs qui priaient et chantaient au chœur. D'autres disent do$salia, f\ dans les bas temps on adopta, pour désigner le môme objet, le mot postergale. On peut se fairt une idée tout à fait exacte de ces draperies et de la manière dont elles étaient suspendues, par une oranle qui occupe le centre d'oin beau sarcophage antique du cimetière du Vaticau (Bottari. tav. xxxvi. V. aussi tav. xli). Plus lard, et pour conserver le souvenir des rforsa- /î'a, alors môme qu'ils eurent cessé d'être en usage , on les figurait en sculpture dans les boiseries du chœur des églises. C'est ce qu'on voyait en particulier au Mont-Cassin (Léo Ostiens. Chron. Camn. m. 20).
DOXOLOGIE. — 11 y en a deux, la majeure et la mineure.
I. — Doxologie majeure. C'est l'hymne (f/oria in excelsis Deo^ qu'on appelle aussi hymne angélique, et qui se chante surtout dans la célébration de l'eucharistie. Elle était aussi en usage aux prières matinales, ce qui fait que les Constituiions apostoliques lui donnent aussi le x\ov[ià% precatiomatutina, S. Chrysostomeditdes ascètes (Homil. lxviii) que dans leurs réunions quotidiennes ils avaient coutume de louer Dieu par des hymnes matinales, et que, entre autres, ils chantaient celle-ci avec les anges. Cependant cette coutume ne fut pas générale; et le Gloria in excelsis ne fut pas en usage pour toutes les messes, mais seulement le dimanche, le jour de Pâques, et aux autresfôtes solennelles de l'année, et en particulier à celle de la Nativité du Sauveur. Et encore faut-il distinguer entre les deux Églises : chez les Occidentaux, si nous en croyons Valfrid Strabon (Cap. xxii), les évoques seuls le chantent aux fôtes solennelles; et le cardinal Bona(L.n' c. 4. S 5) ajoute, d'après un très-ancien ordre romain, que les prôtres ne le disaient point, si ce n'est le jour de Pâques. C'est ce qu'on voil encore dans le sacramentaire de S Grégoir* édité par Muratori {Liturg. Rom. vet. ii. p. D En Orient, il en était tout autrement, il étai récité tous les jours, soit par l'évoque, soit p* les prôtres, et môme parle peuple (Const.ap(fi^ viii. 13. — Chrysost. hom.ix InEp. ad Coioss]
On ne sait pas de qui émane la partie du GU ria in excelsis qui a été ajoutée aux parol< des anges ; les pères du quatrième concile c Tolède (Cap. xxii) se contentent de dire d'ui manière générale qu'elle a été composée p
DOXO