‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 105 sur 281 · IVLIO FILIO PATER COL I EN · texte numérisé non relu

IVLIO FILIO PATER COL I EN

Le mol MLEm se lit aussi sur un marbre orné d'un vase 1 deui uses, qui tient peut-être la place du MLirN et a la même signification (V. Fabretli. p. h'i'l. lt). Dans une autre inscription (Àcl. S- ¥. p.U5),desparen(s désolés de la mort de leur enfant SODl dits DOUEICTES.

DOMINICALE. — C'était un linge blanc dans lequd les Temmes recevaient la sainte eucharistie ) l'époque où on la recevait dans la main, usage qui s'est prolongé jusqu'au septième siècle. Cette maque de respect de la part des femmes était si scrérement exigée, que celles qui n'avaient pas de doiinieale devaient, d'après les prescriptions d'un concile tenu à Auierre en 578, s'abstenir de la wniDunitHi jusqu'au dimanche suivant, t Qu'il ne soit pas pomis i une femme de recevoir l'euchan^ie sur la main nue (can. iiivi). Que chaque kame, quand elle communie, ait son dominicale; 'pe. si elle n'en a pas. elle ne communie pas.» (^te pratique était déjA en vigueur du temps de ï. li^stin, car on lit dans un sermon qui lui est Xlribué {Sem. cc»a. In Âppend. l. v) et qui panji être plus sûrement de S. Césaira d'Arles : • tous les hommes, quand ils doivent approcher de l'aulel, lavent leurs mains (parce qu'ils rece- 'aii^nt la sainte eucharistie dans la main même), et toutes les femmes présentent des linges blancs, wj elles reçoivent le corps du Christ. •

Si l'%lise prescrivait une telle précaution, ce Ji'til pas, dit Thiers, d'après Théophile Raynaud [EipoMH. du S. Sacrant, t. i. p. 65), qu'elle deniandM alors une plus grande pureté des femmes que des hommes, ni qu'elle crût que celles-lii fusant plus souillées que ceui-ci; mais elle l'avait ainsi ordonné, de crainte que les évèques, les prêtres ou les diacres, qui distribuaient l'eucharistie *uï fidèles, ne fussent exposés à manquer k la •nodestie que demandait un si grand mystère en toucbant la main des femmes. Tant l'ËgUse eut

D0R8ALTA. — Durand dénnil cet objet (Ration, div. off. 1. T. cap. 3. n. Q3) : Dortalia tunl panni in ehoTo pendenlet a dorto clericorurn. C'étaient des draperies destinées à préserver de l'air les clercs qui priaient et chantaient au chœur. D'auti'es disent douatia, et dans les bas temps on adopta, pour désigner )e même objet, le mot^ioiiergate. On peut se laire une idée lout i fait exacte de ces draperies et de la manière dont elles étaient suspendues, par une oranle qui occupe le centre d'un beau sarcophage antique du cimetière du Vatican (Butlari. tav. iixvc. Y. aussi lav. ili). Plus lard, et pour conserver le souvenir des dortalia.

alors même qu'ils eurent cessé d'être en usage, od les figurait en sculpture dans les boiseries du chœur des églises. C'est ce qu'on voyait en particulier au mont Cassin [Léo Ostiens. Chron. Catiin. m. 30).

DOXOLOGIE. — ioio.ion*, de M«, gloire,

et Xiia, je dis, ou je chante. Dans son acception la plus large, ce mot désigne une célébration quelconque de la gloire de Dieu. Chez les écrivains ecclésiastiques, il dés^ne un chant en l'honneur de Dieu etde son Chri3t[Euseb.Jf»f. I v. 2S). S. Clément d' Alexandrie a composé une hymne doxologique, qui se trouve à la (in de son Pédagogue. Hais, dans son sens le plus strict, doxologie veut dire une formule fixe et déterminée dans l'Ëglisc, pour chanter la Trinité. Il y en a deux, la majeure et la mineure.

\.—Doxologie majeure. C'est l'hymne Gloria m exceltit Deo, qu'on appelle aussi hymne angélique,. et qui se chante surtout dans la célébration de l'eucharistie. Elle était aussi en usage aui prières matinales, ce qui fait que les Contlitutiont aptiitoliquei lui donnent encore le nom de precatio matu-

DOXO

DRÂC

tina. S. Chrysostome dit des ascètes {Homil. liyhi) que dans leui-s réunions quotidiennes ils avaient coutume de louer Dieu par des hymnes malinalcs, et que, entre autres, ils chantaient celle-ci avec les anges. Cependant cette coutume ne fut pas générale; et le Gloria in excehis ne fut pas en usage pour toutes les messes, mais seulement le dimanche, le jour de Pâques, et aux fêles solennelles de Tannée, en particulier à cel!e de la Nativité du Sauveur. £t encore faut-il distinguer entre les deux Églises: chez les Occidentaux, si nous en croyons Valfrid Strabon (cap. xxn), les évêques seuls le chantaient aux fêtes solennelles; et le cardinal Bona (1. II. c. "i. § 5) ajoute, d*aprés un très-ancien ordre romain, que les prêtres ne le disaient point, si ce n'est le jour de Pâques. C*esl ce qu'on voit encore dans le Sacramenlaire de S. Grégoire édité par JIuratori (LHurg. Rom. vet, ii. p. 1). En Orient, il en était tout autrement : il était récité tous les jours, soit par Tévrque, soit par les prêtres, et même par le peuple (Const. Aposi. viii. 13. — Clirysost. Hom, IX In Ep. ad Coîofs.).

On ne sait pas de qui émane la partie du Gloria in ejcehis qui a été ajoutée aux paroles des anges; les Pères du quatrième concile de Tolède (cap. xxii) se contentent de dire d'une manière générale qu'elle a été composée par les docteurs ecclésiastiques. Plusieurs auteurs latins Tont attribuée à S. Ililaire, mais sans fondement. Quelques-uns pensent que celte hymne existait déjà intégralement au deuxième siècle, et ils se fondent sur ce que dit Lucien d'une hymne 7ccXu<tf'tfû{jLc; usitée chez les chrétiens; ce témoignage nous parait bien insuflisant, et celui de Pline dans sa lettre ùTrajan, que le P. Le Brun cite avec confiance, est encore plus vague: Carmen Christo quasi Deo... D'autres soutiennent qu'il s'agit ici du Gloria Patn : c'est une question difûcile à résoudre. Mais ce qui reste certain, c'est que cette doxologie majeure est de toute antiquité, bien que S. Athanase soit le premier auteur qui en parle clairement, disant que de on temps les femmes de l'Orient la savaient communément par cœur.

IL — Doxologie mineure. Sa formule la plus antique se borne à ces mots : Gloria Patri, et Filio, et Spiritui sancto in secula seculorum. Amen. C'est ce qu'attestent pour les Églises orientales S. Athanase, ou l'auteur quelconque du livre De virginiiaie, et Valfrid Strabon (De ritib. eccL ixv), spécialement pour les Grecs, lesquels omettaient sicut eral in principio, etc., paroles adoptées surtout par les Latins. Il faut en excepter les Espagnols, qui, vers le milieu du septième siècle, omettant ces mêmes paroles, ne faisaient qu'ajouter le mot honor au mot gloria. Nous le voyons par deux canons du concile de Tolède {Concil. Tolet» IV. 12-1^). A quelle époque remonte cette addition, sicul erat in principio, c'est ce qu'il serait difficile de dire. Les uns pensent que c'est le concile de Nicée qui la fit intercaler contre les ariens; mais cette opinion nous paraît être en contradiction avec rautorité de S. Athanase et

avec l'usage des Églises dEspagne. H est plus vraisemblable que ces mots furent .njoulés du consentement commun des fidèles pour protester contre l'erreur des ariens,«qui enseignaient que le Fils nëtait pas au commencement, et qu'il fut un temps où il n'existait pas.

il faut observer qu'autrefois les catholiques disaient indifféremment : Cloiia Patri et Filio cl Spiritui $ancto, ou Gloria Patri et Filio cum Spititu êancto^ ou per Filium in Spiritu «ncio, ou enfin in Filio et Spiritu sancto. Cfs différences élant peu considérables, on pensait qu'aucun sens hérétique ne pouvait se cacher sous ces diverses manières de parler. Mais dés qu'on vit les ariens adopter comme caractéristique de leur hérésie la formule Gloria Patri w Filio et Spiritu tancio, voulant faire entendre par là que le Fils et le Saint-Esprit étaient inférieurs nu Père, celle locution devint suspecte, et l'usage prévalut de chanter invariablement Gloria Patri et Filio ei Spiritui êanclOj formule que Philostorge affirme à tort (m. 3) avoir été introduite pour la première fois par Flavien d'Anlioche, car elle est presque contemporaine des apôtres, comme le démoulre S. Basile (De Spint, sanct. x\i\); d il est indubitable qu'elle fut employée par S. Clément, pape, par S. Irënée, S. Denys, pape, S. Denys d'Alexandrie, S. Grégoire Thaumaturge, Firmilien, etc.

Pour ce qui est de l'usage de la doxologie, les Églises occidentales la récitaient à la fin (le chaque psaume, et les Églises d'Orient à la fm du dernier seulement. Plusieurs autres prières se terminaient par la même formule, eL particulièreitienl la solennelle action de grâces qui avait lieu au miaistère de l'autel : c'est à quoi font allusion Terlullien (De tpectac. xxv) et S. Irénée (1. i. n- •')• quand ils rappellent la clause finissant par ces mots : in secula seculorum,

DRACONARIL'S. — Dans son sens propre, ce mot désigne celui qui portait l'enseigne militaire où un dragon était représenté, vexilii((r, qui fert vexillum ubi est draco depiclus (Du Gange ad h. ».). Cette espèce d'enseigne avait passé d^s Syriens aux Grecs, et de ceux-ci aux Romains. qui, eux aussi, eurent un labarum de cette forme: Modestus (ap. Du Gange) constate cet usage en ces termes : Dracones per singulas cohortes a diaconariis feruntur adprœlium. Lorsque Constantin, devenu chrétien, eut mis le signe du Christ ^u^ les enseignes militaires à la place du dragon, !e nom survécut à la chose, et le porle-enseignc continua à s'appeler draconarius. Quelquefois même l'ancien emblème resta uni au nouveau, mais dans des conditions bien didérentes. U labarum se termine alors par une travete sur laquelle est placé le ^ ; et la hasle de l'enseigne est plantée sur le ventre du serpent (Baron. Àd an. 325. — Gretzer. De cruce, t. m. 1. 1. c. 5. — Y. aussi la première figure de notre art. Serpent], ce qui indique évidemment la victoire du (Christ

DROl

sur l'ancien dragon. Ceci se voit sur des médailles de Constantin II : c est le monument que citent ces auteurs (Garrucci. YetrL p. 96); on en connaît quatre exemplaires. Colien en donne un de Constantin ]" (Detcript, hist, des monnoies imp. t. ir. p. 161. n. 483). La légende spes pvblica entoure le sujet décrit.

On comprend dés lors que ce nom ait passé ualurellement au derc qui portait la croix dans les stations ou processions (Y. la gravure de Fart. Stawrophori), Ceci serait encore plus rationnel si, comme le conjecture Pelliccia (t. ii. p. 113), conjectm^ qui ne parait pas sans fondement, le clerc

en question était chargé de porter un étendard spécial, qui n*était pas la croix stationnale ordi* naire, mais le labarum orné de la croix ou plutôt du signe de Constantin.

Uauteur cité dit que de son temps on portait encore dans les supplication» un objet ressemblant presque exactement h Tancien labarum, tel qu*il seyoit sur les médailles, et que les Italiens appellent confalon (Y. les art. Staurophori, Stations, Litanies, Processions, Croix, lil).

DROITE ET GAUCflE (leur dignité respective).— V. Fart. Pierre et Paul (SS^), lY, 5*.

EAU BAPTISMALE. — I. — Dès la plus haute antiquité, il a été d'usage dans TËglise latine comme dans TÉglise grecque de bénir solen- Deliement J'eau qui doit servir à Tadininislration du baptéroe; et cela, si nous eu croyons S. Basile [De Spirit.sancl. c.xxvn. edil. Mourinorum, Paris, 1750 1, « d*après une tradition tacite et secrète venant des apôtres. • On en cite en effet un exemple qui se rapprocherait beaucoup du berceau même du christianisme : c'est celui de S. Caius, troisième évèque de Nilau et disciple de Tapôtre S. Barnabe, et qui passe pour avoir baptisé les martyrs S. Gervais et S. Protais (Galvan. Hist. S. CaiiyC. 231. Cf. Yicecom. De antiq, Bapt. rit, p. 64). (je saint évèque, dit Fauteur de sa vie, « s'approcha, à la fête de Pâques, des fonts sacrés qui sont près de Téglise des Trois-Rois, et ayant tîêclii les genoux, il bénit la fontaine en cliantant des bymnes et des cantiques, et, ayant invoqué la ^ce de TEspht-Saint, il consacra le baptistère, et durant tout le temps pascal il baptisa les sênaleurs et les consuls de la ville. »

L autorité de S. Denys TÀréopagite (De Eccl. hierarch, cap. De Bapt,) et celle de TcrtuUien (De Bapt. IV) sont des premières qui établissent le fait. • Les eaux, dit ce dernier, servent au sacrement de la sanctiûcation ; quand on a invoqué le nom de Dieu sur elles, aussitôt le Saint-Esprit descend du ciel, et se trouve présent à ces eaux pour les sanctifier, et pour leur communiquer la vertu et sanctifier ceux qui y sont lavés. » Mais la plus cbire de toutes est celle de S. Cyprien (Epist. lxx. ad Januar.) : t II faut d*abord que Teau soit purifiée et sanctifiée par l'évèque (sacerdoté), afin qu'elle puisse par son baptême laver les péchés de celui qui est baptisé, » ut possit baptismo suo peccata hominis qui baptizaiur abluere. Ailleurs, partant des SS. Innocents qui répandirent leur sang pour Jésus-Christ avant de le connaître, le même Père dit que, baptisés dans leur sang, ils révélèrent ainsi à la postérité une forme de baptême

fl d'après laquelle le sang répandu n*est pas moins efticace pour laver l'âme que les eaux sanctifiées par les paroles sacrées, > non miniu ad lavacrum animœ sanguinem efficaceyi, quam saniificatas ver^ bis solemnibus aquas.

Les Constitutions apostoliques, qui, bien qu'elles se placent à une date un peu vague, sont néanmoins, de l'avis de tous, l'organe des traditions primitives, contiennent déjà (I. vu. c. 43) une formule pour bénir les fonts; c'est une prière adressée au Saint-Esprit : « Descends du ciel, et sanctifie cette eau, grâce et vertu de Dieu, afin que celui qui est baptisé selon le commandement de ton Christ, soit cruciûé avec lui, et avec lui meure, soit enseveli et ressuscite. »

Dans son soixante-huitième canon, le premier concile de Nicée mentionne aussi cet usage, et on pourrait encore apporter à l'appui des textes innombrables des Pères du quatrième siècle et des suivants. Ainsi S. Chrysoslome, y faisant allusion, expUque « que la vertu ainsi communiquée à l'eau ne vient pas du prêtre qui la consacre, mais de Dieu qui lui a confié ce ministère. » S. Optât de Milève (Lib. conlr. Parmenian.) appelle • sainte » Teau baptismale, non -seulement parce qu'elle fl sanctifie v Thomme en effaçant ses péchés, mais surtout parce qu'elle a été elle-même « sanctifiée » par les bénédictions de l'Église : cette interprétation ressort évidemment du contexte (Y. aussi S. Basile [In psalm. 2»], S. Grégoire de Nysse [De Bapt], Théophile d'Alexandrie \Epist, ad, episc. Egypt.]). Nous devons transcrire textuellement le témoignage de S. Augustin (1. lII. De unie. Bapt.) : a Elle n'est pas profane, elle n'est pas corrompue, l'eau sur laquelle le nom de Dieu est invoqué, alors même qu'il serait invoqué par des profanes et adultères, » non ut aqua profana, neque adultéra, super quam Dei nomen invocatw, etsi a profanis et adulteris invocetur.

11. — Les rites qui s'observaient pour la bénédiction des fonts sont encorjî, à peu de chose près.

lea mêmes aujourd'hui. Voici les principaux : 1' Les exorcisme*, pour les purifier de l'in- Huence de l'esprit des ténèbres. ■ ^^^ie nul, dit Tertullien {De Bapt. c. v), ne se refuse à croire que le saint ange de Dieu descend sur les eaui pour leur communiquer une vertu salutaire à l'homme, lorsque l'ange mauvais hante cet élément par un commerce profane pour la perle de l'homme, • ne quùdtiriiu credat angetum Dti tanclum aguit in talulera hominit temperaTidi$ adeitt, cum angelu» inalu* prafanum commeTciam ejiudem eiementi in perniciem hominit fréquentai.

i' L'évèque ou le prêtre décrivait une croix sur les fonts, successivement avec son souCHe et avec sa main : intuflat in îpiam aquam in timitiludinem ciiini (Berold. De labb. tancl. Cf. Vicecom. p. 75), — hic cun irianu tua aquam tn modum ciucii, porte le Sacramentaire de S. Grégoire {De Sabbat. PoMch.). En ceci, les rites anciens des Grecs ne diffèrent point de ceux de l'Église latine. Les Grecs, les Syriens et les Coptes, au lieu de décrire la figure de la croix sur les Tonts, y plongent trois fois une croix de bois en invoquant Jésus- Christ, puis S. Jean-Bapliste et tous les saints, atin qu'une vertu descende du ciel, pour mettre eo fuite les démons, pour conjurer les maladies, les enchantements , les inltuences funestes de l'esprit malin [V. Paciaudi. Anliq. Chriit. Diuert. a. c, 6), et plus tard les Grecs se sont imaginé de substituer encore à la croix une statue de l'enfant Jésus (V. Pagi. Critic. hitt. ad an. xiii, § 7)- Padaudi (Joe. laud.) donne le dessin d'une de

ces croix : elle est de buis, et au centre est sculpté le haptéme de NotnvSeigneur par S. Jean-Baptiste.

Au sommet de cette croix est tracée l'inscnpiîoD suivante en grec :

Accemt ipte (Jeiut) ad Joanntm. C'est im It^c hiératique, et le droit de confectionner ces trcn appartient ani moines du monl Alhos, ijui m retirent les ressources nécessaires pourievr nourriture et leurs vêlements (Johan. Comncn. Dmcript. mont. AA. ap. Sontfaucon, Pa/iniiirapï.l in^

3* On plongeait (rois fois un cierge (le w%'. pascal] dans les fonts, en disant : Dttnitdal ii kanc plrnitadinem fonlit vitiu» Spirilu tanctiSià rappelle ta nuée ou colonne alternativemenl liunineuse et obscure qui précédait les Hébreui dmle désert {Exod. nu. 21). {V, notre disseM?liM sur les AgnuâDei. ui.)

4° Enlin on répandait dans l'eau baptismale, i trots reprises difTérentes, du chrême solennellement consacré : trina unguenti perfutiom mdi tpecie potuit [tacerdoE,] (Dionys. Areop. De Ere/. hierarch. c. De bapt.). S. Euclier constate le même fait, ainsi que ilincmar de Beims (Cf. Vicecom. p. 77).

III. — La bénédiction des fonU avail lien, comme aujourd'hui encore, le samedi de Pique el celui de la PenlecÙte, Dans l'Église grefTW, elle se faisait d'abord la veille de l'Apiplianie i minuit (Chrfsosl. Homil. de bapt. Cliriili).,rieiTe Poulon, archevêque d'Avitioche, décréta que li cérémonie serait avancée jusqu'à l'heuredest^ de la vigile (Theodor, Seel . exempt, hitt. ecct. I. n), et enfin l'usage prévalu! de bénir l'eau le jour même de l'Epiphanie, après la liturgie (Thnn. Smith. De $laUi hodierno £ccleù<B Grœcte). On p^l conclure d'une anecdocle racontée par Vidot d'Utique (De peruevi. Vandalic. I, i[) qu'il en fui de même dans l'Église de Carthage dés les lenif» anciens

Visconti affirme (cap. svi), tout en aiouan! que la chose lui paraît fort extraordinaire, que lepivlil ou le prêtre qui bénissait les fonts se tenait diiis I eau même. Mais c'est, pensons-nous, par ua« fausse mierprélation du texte de S, Ambroi^ qui. de I aviu de ce lilurgiste, est le seul qu'il pn^^f alle^-ucr à l'appui de son a^^sertion, du moins pour LÉ^Iise latine {Sacram. t. i. c. i) : M primin detcendit tacerdot, exorcitmum faeit. Ces parole: donenl s'expliquer parles données que nous fournissent l'ordre romain .linsi que S. Isidore <J^ Séville (De rffoi'n. offic. i. 24), et par lesquelles noi:' apprenons qu'il y avait trois degrés pourdescenJrc dms h vasque, et trois autres pour en sortir. S Isidore ajoute même qu'il y en avait un sopliéme où se tenait le ministre du baptême- Les mots deieendil laeei'dta trouvent donc ici leur iiilerprélation naturelle : le prélat descendait d.ins lintérieur de la cuve el, r«mme pour l'adminislralio" du baptême, se tenait sur un des degrés qui f étaient disposés, et au niveau de l'eau, de b^'o à pouvoir aisément pratiquer les cérémonies du rituel. Le texte que Visconti apporte pour élaUif

que les Éthiopiens obserraienl aussi le ril qu'il sigmle, ne proure pas plus que celui de S. Ambroise : il suppose seulement que le ministre de^ (tndait à l'intérieur des fQnls:(J«»:endi'i in fonlem.

Comme les baptistères étnienl fort spacieux {T. l'art. Baplittère, IV), ils pouvaient aisément adroeltre la niultitude des fidèles que la piété mirait toujours à la bénédiction des fonts ; et, la cérémonie accomplie, le minislro aspergeait le peuple aTec l'eau consacrée : ipargii cum manu ma ... nptr omium poputum circumttantem [Oïdù Rm. De tabh. tanet.). Il en était de même diei les Grecs : pott MancUfiealionem atpergil toîuin ptpatunt {Eucolog.).

Eatin les fidèles emportaient cliez eux Je celle nu consacrée, afin d'en asperger leurs cliamps et leurs Tignes (Y. Ord. Rom. loc. laud. — Rupert. Dt dimn. uffie. I. vii. c. 30, etc.). S. Grégoire de Tours l'atteste avec délai) pour l'Espagne {De gloi: KM. c. iiiv): omnit popului pro devolione hauril, tt vai plénum donU pro vtlvatione reportai, agrot vùiMuqNC aiperêiotu taluberrimo luiaturu*.

Cel asage, qui s'est maintenu jusqu'à nos jouis dans toute l'Kglise catholique, existait aussi chez les Orienlaui. Les Arméniens ont même une formule de bénédiction de l'eau baptismale où toutes les deitinalions accessoires se (rourent exprimées {kiaa. Coccius. ap. Vicecom. p, HO) : hanc aquam, frgpanbm multiplici uiiu, benedic per in(u*io~ Mtn graliit bue, ad effugandoi dcemonet, adpellendoi morboi, et ad omnia quœ raperterit, in domina et loeii chriâlianorum mundanda.

EAC BENITE. — I. — Quelques antiquaires (lensent que les chrétiens ont empnmté aux Juifs l'uMge de l'eau bénite ou Imtrale, dont il est parié au lirre dos iVomJrM (m}. Ce qu'il y a de certain, c'est que, dès les premiers siècles, les filles ss sont servi» de l'eau bénile, t pour mcltre m faite les démons, chasser les maladies, conjurer les embdches, > ad fugandos diemona, morboi exftllrndot, intidioM profliganda* [Conitit. apott. nn. S9), et les anciens hisloriens, aussi bien que les Pères, rapportent une fouie de miracles opérés par le moyen de l'eau bénite (Theodoret. Hitt. tccl. 1. 21. — Epiphan. h htere». Ebionit. I. i. — Hierwi. Jn B((, Hilarion. etc.). Il y avait de l'eau bénile dans les églises, et les Hdéles en coiiservaieuldans leurs maisons. Pour ce qui est des égli' ses, on a quelquefois avancé qu'il n'y avait pas d'auire eau que celle de l'atrium dans laquelle on se lavait les mains ; mais relte supposition est ma) fondée; nous avons une preuve du contraire, en- Ire beaucoup d'autres, dans Synesius, écrivant une lettre {Epîil. cxii) à un certain Anaslase qu'il appelle ■J-^uâa-rt.y, nom qui désignait un prèlre ou un ■Qtre clerc dans les ordres majeurs, qui aspergeait d'ean bénile ceux qui entraient â l'église et ceux qni en sorlaienl (V. aussi S. Paulin. Nol. Epiit. ix. Ot S. Felict). Cependant il est certain que le mal- Imkm fut l'origine de l'eau bénile.

Que les chrétiens eussent de l'eau bénite dans

i — EAU

leurs maisons, on le sait par le témoignage de Tliéodoret {Uitt. rel. \m), de Bédé (HUt. ecd. ï. 4) et d'autres encore. Ils en mettaient aussi dans les tombeaux; plusieurs des vases de verre ou d'argile qu'on y trouve étaient destinés à cet usage (tupi. Diisert. e lelt. i. 76). Dès les premiers siècles, la bénédiction de l'eau était faite par t'évèque assislé d'un prêtre et d'un diacre (Conilit. apott. vni, 29). Quant au sel qui est jeté dans l'eau à bénir, on a dit qu'il en était question pour la première fois dans les écrivains du huitième siècle (Durant. De ril. ecd. i. 21). Hais c'est une erreur : ce mélange fui ordonné au commencement du deuxième siéde par le pape S. Alexandre : Hic con$liluit, dit le livre pontifical, aqtMm aiperiioni* cum tate bénédictin habitacalithoininum{kna%la%. in. û). Los CoTUtitutioniapotloliqueê (m. 19) contiennent celle formule de bénédiction qui exprime les trois principaux elTcls allribués is cette eau bénite : Ipf [Detu) nuiic per CbrisUim tandifica kane aquam .. da vim... dtemoniim fugalricem, morboram expultricem el omnium ïntidiamm profligatiiccm. l*s formules rn usage aujourd'hui djns l'Église, et qui sont beaucoup plus longues, datent du huiiième siècle, ainsi que nous le voyons dans les sacramenlaires de cette époque recueillis par Martène, Habillon, elc.

H. — Boldetti [p. 1 0) atteste avoir vu dans les catacombes certains vases, des coquilles spliériqucs en marbre ou en terre cuite, et même en verre, comme celle qui fut trouvée au cimilière de Prétextât en 1718, assujettis sur une colonne à la portée de la main. Une colonne de ce genre, que l'on suppose avoir servi de support à un bénitier, ciisie dans un cimetière des premiers siècles, à Cliiusi, en Toscane (Cavedoni. Cimil. Chita. p. 30), à l'entrée d'une chapelle souterraine. On a trouvé récemment à Au tun une inscription ayant appartenu, selon toute apparence, â un antique bénitier ou à un de ces vases à ablution qui figurent à l'entrée des premières basiliques :

elle peut se traduire ; lava iniquilales, n faciem. , lave tes iniquités, et non pas ___

seulement la face, » ^;,-~ ^~'

et elle offre celle sîngularilè, qu'elle est la même si on la lit en sens rétrograde.

C'était sans doute une formule consacrée dans l'Éylise grecque , car elle s'était déjà trouvée sur un vase découvert à GonslaolincK ple au siècle dernier

(Ï.Rosweid.flot. ad =- "

S.'Paulin. edit. Mi-

gne. p. 850), dans les propjlées de /ééglise de

KCOL - a

Sainl-Diomède. Huis ici l'inscription' est plus correcte : les mots ni4«n el otin soiil inscrits avec leur véritable orthographe : niion, oiin. Voici la reproduclion d'une belle urne en marbre de Paros, que les Vénitiens avaient rapportée de la Grèce, à l'époque de leur domînition sur l'Arclii' pel. Elle se trouve aujourd'hui dans l'église des SA. H.nrc-et-André, dans t'Ilc de Hursno. Elle porte pour inscription les y. 5 du chap. lu d'isaje. —

t — ÉCOL

TQY TiiTQH, — hauriU aquam ami gam^, qm toi Domini tuper aquai (Pacitudi. Ik balnea, p. 141}(V.lagrarure,p.M3),

Gori [Theiaur. ««(. Oiplych. l. in. suppl. pi. iiv) a publie un joli vase d'ivoire qui n'esl antre qu'un bénitier porl.)lif. On y voit la sainte raiiiillt: et le> quatre é>angélistes représentés en bis-re-

ii<.r

Hdis nous sommes heureui de pouvoir donner ICI un monument de ce genre qui offre un inlcwt

plus grand encore, soil par sa provenance, soil par les sujets dont il est enrichi. C'est un vase de plomb, trouvé dans la régence de Tunis et dont la destination est déterminée par cette inscription : AMiucATE riup HET ET*pacrMic : • piiiseï l'eau avec joie. « Le lecteur ayant le vase sous les yeut, nous ne nous arrèteions pas a le décrire en détail. Entre une frise formée par un cep de vigne et l'inscription, régnent deux rangs de figures : le premier étage fait voir à gauclie le bon pasteur entre un palmier el un gladiateur qui élève la couronne de récompense qu'il vient de saisir sur un cippe; à droite ur.e femme en prières placée entjc un palmier et une victoiiT ailée, laquelle porte d'une main la couronne trionipliale et de l'autre une palme. L'étage inférieur présente, deux fois répétée, la scène du roclicr aux quatre neuves surmonté de la croix : un cerf el une brebis viennent se désaltérer dans les eaux mystiques. On peut voir dans le Bulletin de II. Oe' Itossi, 1867, p. 80, l'explication de ces diverses scènes, explication dans laquelle il nous est impossible de nous engiiger. Le vase, qui lîgnra k l'Exposition universelle de Paris en 1867, fut photogr.-ipbié par les soins de H. le comte Ilesbassayns de itichemont, qui le communiqua à l'auteur du Bulletin.

ECOLES DANS L'AIITIQCITi CBRÉTIENNE. — BÙS

les premiers siècles, l'établissement d'écoles pour l'enseignement des lettres sacrées et profanes fut

l'un des objets les plus cliers de la sollicitude de l'Eglise. Il y en eut non-seulemenl dans 1rs grandes villes, mais aussi dans les églises rurales. Ol1 pense qu'elles étaient établies dans lesbaptisléres: il est certain du moins qu'elles occupaient l'ane des nombreuses dépendances des basiliques [Cmicil. Comianlinop. can. v). Les plus modestes n'étendaient sans doute pas leur programme au delà des èlémenU des letti'es et de la doctrine chrétienne. Mais dans les écoles des principales églises on enseignait toutes les branches des conniissimces humaines alors en honneur, la grammiin. la rhétorique, la philosophie, la géométrie, etc. Et ce sont cclles-f^iqui, fréquentées avec nou inoins d'assiduité que de succès par les fidèles, atliréiwil l'attention de Julien l'Apostat : espérant étciailK le christianisme dans l'ighorance, il lui interil l'enseiynemeut et la culture des lettres prof»ii« (Socrat. UM. ceci. lib. ni. c. 1).

M. l'erret donne {t, v. pi. xi.ïm| l'épitaphe d'un enfant, vrai phénomène d'intelligence, . que »" malheureux père n'avait pu conserver jusq" a w septième année accomplie * el qui cepeuilaii'i grice 6 des dispositions extraordinaires, TMi»"cEiiiosjTAmxcsAPiEKTLE, lout cw èludiaolifs lellRi Hrecques, avait appris les latines, sansqu'dleslui fussent enseignées : qvi eivdeks utieiia» .mjj *^-

STHaTAS SJDlLATINASADBIPvrT.

Il y eut des écoles cliréliennespropremenlto dés la fin du premier siècle. On lit dans Eusèb*. au sujet de Panlenus (H«i. tcd. I. v. c '")■

ËGOL

ÉCOX

« Dans le même temps» c'esl-à-dire soas Tempire de Commode, présidait l'école des fidèles à Alexandrieuu homme trés-célébre par sa doctrine, du nom dePantenus; car, dès les temps les plus reculés, une école des saintes lettres avait été établie dans ceile ville, laquelle subsiste encore de nos jours. » Commode occupa le trône impérial de 180 à 195. Or Eusébe représentant comme déjà ancienne à («'• le époque l'école d'Alexandrie, on peut conjecturer avec le P. Le Nourry (De prim. eccL %œc, saipl. dissert, x. in Apparat, ad Biblioth, maxin:. PP. p 1) qu'elle avait été établie par S. Blarc, fondateur de cette illustre Église. S. Jérôme, qui afiirme ce dernier fait d'une manière positive (De script, eccles. c. x\xvi), ajoute que depuis sa naissmce elle ne cessa pas d'avoir des docteurs eccléfiastiques pour y enseigner la philosophie chréliennet e( qu'elle produisit une foule de grands hommes. Bingham (Origin. eccL I. ni. c. 10. 5) àablit comme il suit la succession de ces illustres cdléchistes : Pantenus, S. Clément d'Alexandrie, Origène, Déraclas, Denys, auxquels on ajoute, mais avec moins de certitude, du moins quant à l'ordre chronologique. Athénodore, Halchion, Athanase et Didyme. On croit qu'Arius avait aussi enseigné dans cette école, avant qu'il eût commencé à répandre ses erreurs (Synodic, 1. 1. ConciL ap. Bingham. ib.). Du reste, les chefs de cette illustre école avaient sous eux plusieurs autres professeurs (Cuerike. De schola quœ Alexandriœ ftoruil catechista. Hall. 1824. p. 112). L'enseignement, toujours d'après l'évêque dç Césarée, y était distribué, « partie de vive voix, partie par écrit. »

Il y eut d'autres écoles qui ne furent pas non plus sans gloire. Celle de Rome, fondée par S. Justin et à laquelle Tatien présida plus lard ; celle d'Antioche, celle de Constantinople, celle de Césarée en Palestine, formée sous les auspices d'Ori- ;;éne, et à laquelle le martyr Pamphile fit don d'une bibliothèque magnifique. Et outre ces écoles qu'on peut appeler publiques, on sait que beaucoup de saints et savants évèques en avaient dans leurs maisons ; et plus tard Charlemagne, prince M zélé pour l'avancement des études] cléricales, convertit cette coutume en loi universelle (Du Cange. Glossar. lai. ad v. Schola],

L'église établit des écoles spéciales pour les leciturs, dont les fonctions étaient regardées comme très-importantes, et qui étaient organisés en une espèce de corporation, schola, sous la présidence d'un chef appelé primicerius scholœ lectorum. ^ous avons dans la Revue du Lyonnais (t. xui. p. 185} une savante dissertation de M. l'abbé Greppo surcette matière,. à propos de l'épitaphe d'un sternixTs qui remplissait ces fonctions dans l'Ëglise de Lyon au sixième siècle; et Du Cange donne l'indication d'une semblable école, d'après S. Rémi de Reims.

U y avait aussi des écoles de chantres, collegia caniorum. On fait ordinairement honneur de leur institution à S. Grégoire le Grand; mais il n'en fut que le réformateur, et l'initiative en cette im-

portante matière appartient au pape S. Uilaire (V. Macri. Hiero-Lexic, ad v. Schola caniorum). On croit cependant que cette école était pour les sept sous-diacres aposlohques ; celle des enfants s'appelait parvisium (Macri. ad h. v.). Ces écoles de chantres existaient aussi dans les Eglises des Gaules : 1 evèque Leidrade le constate pour Lyon au temps de Charlemagne (Y. les art. Chantres, Chants ecclésiastiques. Livres liturgiques). (f*our les écoles monastiques, Y. l'art. Moines, Y.)

£COXOHë ecclésiastique. — Le nom

de ce ministre de l'Ëglise ne se rencontre qu'à partir du quatrième siècle dans les écrivains ecclésiastiques: c£xcvGu.c; chez les Grecs, œconomtt^ chez les Latins. S. Augustin, ou plutôt Possidius, son biographe (Fit. Aug, xsxiv), Vi\ppe\\e prœpositus domu^ ecclesiœ. Ses fonctions consistaient à administrer, sous la surveillance de l'évêque, les biens de rËglise ; il devait aussi pourvoir à la subsistance des clercs, des pauvres et des veuves (Isid. llisp. Epist, ad Leandr.). Mais si le nom est relativement nouveau, nous croyons que la fonction est ancienne : elle remonte, à noire avis, aux sept diacres, sur lesquels les apôtres se déchargèrent de la distribution des biens, se réservant eux-mêmes pour la prière et le ministère de la parole (Ad. vi. 2 seqq.). Et si l'on nous fait observer qu'il ne s'agissait alors que de la dispensation des aumônes, du soin des veuves, etc., nous répondrons que l'administration temporelle de l'Église apostolique ne pouvait guère avoir d'autre objet; et, du reste, l'exemple de S. Laurent fait voir quelle extension les attributions des diacres avaient prise dès le troisième siècle, et sur quelle masse de richesses leur sollicitude avait à s'exercer.

Quoi qu'il en soit, c'est au quatrième et au cinquième siècle que la charge d'économe prit, ainsi que beaucoup d'autres, avec le nom qu'elle a conservé, la forme d'une institution régulière. Car ce n'est qu'après la pacification de l'Église par Constantin qu'une administration proprement dite put s'asseoir et développer graduellement ses rouages, soit pour le service intérieur des basiliques, comme on le verra par un certain nombre d'articles de ce Dictionnaire, soit pour la gestion devenue déjà fort compliquée des biens provenant des aumônes des peuples et des libéralités des princes. Les évoques, se voyant alors beaucoup plus absorbés par les soins essentiels de l'apostolat, furent amenés à créer une classe de fonctionnaires à part pour faire ce que jusque-là ils avaient fait par leurs archidiacres, lesquels étaient de véritables économes, et dont Pactivité allait trouver dans le nouvel état de l'Église un emploi plus conforme à leur caractère.

Cette institution eut encore pour but démettre les évêques à l'abri des soupçons que ne manque jamais de soulever une administration de deniers publics, quand elle est sans contrôle. Et bientôt, en effet, une accusation de ce genre, portée contre Dioscore au concile de Chalcédoine, détermina cette

ÊCON

ÉGLI

sainte assemblée à décréter (can. xxvi) que toute Église aynnt son évèque devrait désormais avoir un économe pris dans son clergé, afin que l'administration de ses biens ne pût avoir lieu sans témoins, et qu*ainsi Thonneur du sacerdoce se trouvât mis hors d'atteinte. 11 faut ol)server néanmoins que cette loi n'atteignait que les évèques qui auraient administré sans témoins^ c'est-à-dire sans le concours de leur archidiacre, ce qui ne pouvait être qu'un cas exceptionnel.

Quoi qu'il en soit, on voit que l'économe doit être pris dans le clergé, et telle fut toujours la pratique de rÉglise. Les actes du concile d'Ephése (Âct. i), qui furent insérés dans ceux de Ghalcédoine, font mention d'un Gharisius auquel est attribuée la double qualité de prêtre et d'économe de l'Église de Philadelphie. Libérât (Breviar. c. xvi. — Cf. BIngham. n. 69) parle d'un certain Jean qui étnit économe d'Alexandrie et prêtre d'une localité voisine. Maron et Marlinien étaient aussi prêtres et économes de Péluse du temps de S. Isidore (Isid. Pelus. Epist. cclxix. — Cf. Tillemont. i. p. 559). On pourrait en citer beaucoup d'autres exemples (V. Possid. ViL Aug. xxiv. — Socrat. VI. 7).

Tillemont (loc, laud.) fait observer que les économes étaient toujours prêtres en Orient, et les exemples que nous avons cités ne lui donnent pas un démenti, et qu'ils étaient, en Occident, pris dans la classe des diacres. En outre de S. Laurent que nous pouvons rappeler ici, bien qu'il ait précédé l'institution proprement dite des économes, on en voit encore d'autres exemples. S. Jérôme attribue formellement aux diacres la garde et l'administration des richesses (ïn Ezech. et EpUt. Lxxxv), et S. Ambroise atteste le même fait pour Milan [Offic, 1. i. c. 50).

r^'ous terminons par deux observations importantes. La première, c'est que, le siège vacant, c'était à l'économe de gérer les revenus de l'Église, et de veiller à ce qu'ils fussent transmis intacts à l'évéque à élire : Yiduœ Ecdesiœ^ dit le concile de Chalcédoine (can. xxv), rediius apud Ecclesiœ œconomum salvus custoditor. La seconde observation, c'est que, les économes ayant en mains les intérêts de tout le clergé, devaient être élus par le suffrage des clercs. Voici ce que dit de l'élection de l'économe Théophile, évêque d'Alexandrie, dans ses lettres canoniques (Cf. Bingham. loc. laud.) : Ut toiius sacerdoialis ordinis sententia alius renuntietur œconomuSy in quo À polio episcopus consentiat, ul bona Ecclesiœ in ea, quœ oporlel, impendantur, « que par la sentence de tout l'ordre sacerdotal un autre économe soit désigné, ou que l'évéque Apollo donne son adhésion, pour que les biens de l'Église soient employés à ce que de droit. » Bien que réconorae fût subordonné à l'évéque dans Texercice de sa charge, cependant l'autorité qu'il tenait, soit de son élection par le clergé, soit des règles canoniques, était assez hidépendante pour qu'il pût résister à l'évéque lui-même dans le cas |

où celui-ci eût prétendu aliéner les biens de l'Église {Capit. Car, M. 1. ii. c. 101).

La dignité d'économe est quelquefois mentionnée sur les marbres. Voici une épilaphe que nous trouvons dans Gruter (hclxu. 11); c'est celle d'un économe nommé Oreste : yqomnhma. opectot. oiko- NOMor, Memoria Oresli œconomi. Nous empruntons au reeiteil de M. De' Rossi (i. p. i5(j) cette inscription de l'an 526, où nous pensons que le met prœpositug est pris dans le sens que lui donne 8. Augustin et qui est quelquefois aussi adoplépar S. Cyprien (Epist, xxvu) : hic reqviescit m nce.

UVRENTtVS PRiEPOSITVS BASILICiE BEATI PADLI iPO-

sTOLi. Une calcédoine du musée Stosch, publiée dans les Annales de V Académie de Cortone (t. tu. tav. u. n. 11), et qui était probablement le sceau d'un économe, fait lire, en deux lignes, Tinscription suivante : oikon II omikog.

Église (l'). — Les premiers chréliens avaient coutume de représenter l'Église, dans leurs monuments, par des figures tirées de l'Ancien Testament et par des images symboliques.

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