‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 109 sur 281 · S — ENCE · texte numérisé non relu

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mée publié par H. Perret (iv. p . xyi, 21); mais ici le prophète est emporté par un bige seulement. L'artiste semblfe s"être inspiré de la doctrine de S. Maxime de Turin, qui pense qu'Ëlie fut enlevé par des anges (Hom. ii. DeBarbar. non timend. ap. Habill. Rer Hal. t. i). Car c'est un ange qui tient les rênes, et le proplièle esl dans le char.

Comme, selon les idées de ranliquilé. la tradition du manteau fut le symbole de la transmission de la doctrine et de la dignité de prophète d'Ëlie à Elisée, ce sujet esl regardé comme la figure de Jésus-Christ transmettant à S. Pierre, avant de monter au ciel, le dépAt de sa parole et de ses pouvoirs. C'est l'interprétation commune, sur laquelle nous n'avons pas besoin d'insister, S. Chrysoslome l'entend de tous les disciples de Jésus- Christ et même de leurs successeurs {Homil. ii In atcint. Dom.) : < Ëlie montant au ciel laissa tomber son manteau sur Elisée ; Jésus, en y montant à son tour, laissa le don de ses grdces à ses disciples, grâces qui ne faisaient pas un seul prophète, mais des Élisées en nombre inlini, et bien plus grands et plus illustres que lui : Jn- /iniloê Eliseoi, algue adeo ilh mutio majo'a el iltuttrioret. Ailleurs [Homil. h Ad jiop. Antioi;^.) il compare le manteau du prophète au don que le Fils de Dieu nous a laissède sa chair sacrée : EUat melolen dticijiulo reliquil; FiUiis aulem Deiatcendent tuant nobii carnem reliquil.

ENCE^iS. — L'usage de l'encens dans les cérémonies sacrées des chrétiens remonte au berceau même de l'Église (V. Paciaudi. De cullu S- Joan. Bapt. p. 592). On pourrait apporter pour preuves le témoignage des Canoiu apostoUquet, celui de la liturgie dite de S. Jacques, de celle de' S Chrysoslome, des textes de S. Denys l'Aréopagîte écr ts qui, quoi qu'on puisse penser de leur auti enlicité, remontent assurément à des époques fo 1 reculées (V. Uildebrand. Sacra publ. vel Eeelei p. 27.— Uermstad. 1721. — Menard. /ïo*! ad mcram. Greg. p. 19j). Contenions-nous de citer des auteurs dont personne ne peut conlester la aleur. S. Hippolyte, évêque de Porto, qui vivait au com nencemenl du troisième siècle, dît dans son 1 re De contummalione mundi (cap. xxxcv. InlerOpp ipsiu s curante Fabric. llamburgi. 17(6): Li gebunl $ane Ecclaiie luclu magno, quoniam née obU l 0 ntc Ihymianta offertur, « les Eglises pleureront, et à juste titre, beaucoup de larmes parce qu'il n'est offert ni oblatioo, ni parfum > Bever d„e,bien qu'entaché de l'hérésie calrinienne ne peut s'empèclier de conclure de ces paroles quel usage de l'encens existait déjà avant celte époque (Adnot. incan. apott. Pandect. t. u. p. |6. ap. Paciaud.). Au qualrième siècle, nous avons lé testament de S. Éphrem. édité par Assemani dans sa Bibliothèque orientale (t. i. p. 145) : Thura in tanctuaria adoleU, meum aulem funut oraliont eurale; Deo odoramenta offerte, me vero jnalmit proiequimini, t brùlet de l'encens dans le sanctuaire, mais foites mes funérailles avec des priè-

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res; offrei des parfums à Dieu, et ï moi donnez des |>saume$. • Voici des paroles de S. Ambroise qui sont encore plus précises el surtout plus dignes d'attention, car elles sont relatives aux divins mystères (F-xpotU. in Luc. u. 28) : ■ Quand nous ofl'rons le sacrifice, nous encensons l'autel i et plûl à Dieu que l'ange du Seigneur se moolrdt à nos jeui, comme il se lit voir à Zacharie; car bien certainement l'ange de Dieu est présent. ■ Celle foi ii la préscni» de l'ange près de l'autel, au moment où su r«lébre le saint sacrilice, se retrouve dans toute notre vénérable antiquité. Quelques missels, entre autres te romain, nomment l'archange S. Michel : Per inUruuionem Beali Michaelii sT*Ntis i dextris âltaris iucinsi ; mais d'autres plus anciens, ainsi que le sacramentaire de S. Grégoire, lui substituent S. (Gabriel, ce qui est plus conformeau teile de S. Luc (i. 19) -.Egoiian Gabriel, qui atlo attte Deum. Au concile de Chalcédoine.on se plaint de ce que Dioscore d'Alexandrie avait mal employé les biens qu'une dame avait légués aux pauvres, et de ce qu'il n'y avait pas même eu de l'encens dans le sacriQce qui eut lieu aux funérailles dccetic pieuse chrétienne.

Hais l'encens n'était pas réservé aux seules cérémonies de la lilui^e ; S. Cyrille d'Alexandrie atteste qu'il était encore employé à d'autres pieux usages (Ap. Baron. Ad an. 431. n. 61), par exemple dans les processions. Ainsi, après la condamnation de >estorius, le peuple d'Ephèsc accompagna les Pères jusqu'à leur^ demeures ii la lueur des flambeaux, et les femmes faisaient fumer l'encens sur leur passage- A la procession qui eut lieu pour la translation des restes de S. Lupicin, il y eut aussi, au témoignatje de notre S. Grégoire de Tours, des croix, des flambeaux et de l'encens : Di*potit'a in ilinere ptallenlium tuitnii can» cnieibut, certi», atque odore frngrantî* Ihymiamalit (/n Vil.

PP. c. un). Corippus, poète du temps de Justin le Jeune (lib. i.

De laud. Jiulin. min.], décrit ainsi des offrandes faites à l'église par ce prince ;

llicct areelici p^rgvniad limina lempl

{Y., a l'art. Proceuiom, la représentation dune cérémonie de ce genre.}

Cliosroés, roi des Peises, entre autres don offre à l'église de Saint-Sergius un encensoir d or «n actions de grâces de ce qu'il a\ait obtenu un

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enfant par l'intercession de ce Saint (ap. Menard 4}p.laud.].h» fonction d'encenser apparteDiil in diacres : c'est pour ce motifque, dans ks monuments anciens, S. Etienne est représenté un «dcensoir àla main (V. la gravure de l'art. Co/o»it( eudutritlique). Au deniiéme siécli;, quelqu«sdi»conesses (entèrent d'usurper cesfonclions (V. l'iri, Diacone»K).

ENCENSCHR. — A l'exemple de itijiise judaïque (Feltre. De tau tharii. c. i. itqq.], i%\\it chrétienne adopta dès son origine (Conim. apià. can. >) l'usage des encensoirs, qui découle nituretlement de celui de l'encens. L'encensoir csl désigné dans les auteurs anciens sous les noms cuvants : thymiaterium, — thuricremiitm, — ijkotlorium, ou inceniarium, — fumigalonm. U nom de inceniorium est quelquefois donné i 11 navette destinée à contenir l'encens. Lesenct'ni«n étaient souvent d'or et d'argent, ptincipalcnHnt dans les églises insignes . f^onstantin Qt don à l'église de Saint-Jean de Latran de deux eiiceiiîuri d'or pur du poids de trente livres, el d'an autre pesant quinze livres, et où l'or était rebaus^iiir des pierres précieuses (^naslas. BiblioL h SjIkitro). On pourrait citer u n nombre infini d'encensoirs précieux offerts aux églises de tous Ici |vypar d'illustres personnages.

Nous ne possédons aucune donnée un peu positive sur la forme de l'encensoir dans l'aitiquilii chrétienne; mais il est probable qu'il ressenilM à une urne, de uni' I que le prêtre, le saisissant par sa biis<', pùl aisément le prlvr jetour de l'autel, alUtk ' adoltre, cooune pacbl les anciens Pires li Pelliccia. fle Ettkm po/i((fl. 1. 1. p. IMj^»

adapUi ce vase un couvercle percé d'un ^TauJ nombre de Iroiu intinés à laisser )>3i^'r II fumée de reneens- El ceci n'est poiiitunecon- ' jecture purement ari»-

traire, car telle rU' la forme de l'enceu-uir dans l'Église juila«)iKet cliacun sait que l'Ëglise chrétienne, qui eil^i légitime héritière, conserva ou imita ceui de -n rites qui pouvaient s'adapter au culte de la hii n<» velle \oici d après Dora Calmet (Dic(*«iwir<i'( la Bible art Prelre), la figure du grand \v^' entrant dans le sanctuaire, l'encensoir à U ui""' Il n est pas sans intérêt de rapprocher de a"' figure un instrument afTecté cliei les païens à "i usage analogue et qui est regardé comme Ijfw*" la plus ancienne de l'encensoir dans le culte iJû^ lâtnqut. C est une sorte de candélabre sunnceié d un récipient également percé de trous. U ^'l

iina figuré dans uh grand nombre de monuments latiqua et nota miaciil dans la Trise du Tarthénon, où deux jeunes Athéniennes le portent dans la procession des Panathénées. Le monument que nous donnons ici est pris de la peinture d'une œnoclioâ pro venant de la nécropole de Vulci (V. Ch. Lenormant et ]. de Wilte, ÉliU du moïiumentt céramographi qtiei.... l. I, pi.

iCMi), et représentant Nice {Victoire) se dirigeant vers un autel orné de ralutes et tenant un lki)mialerion dans sa main droite.

Quoi qu'il en soit, ce qui rend plus plausible encore la supposition que l'encensoir ne fut d'abord qu'une simple urne, c'est qu'il est ctms- Inl que l'u* Hgedc le suspendre à des chaînes pour le balancer n'est venu qu'i une époque tardive, le lu* siècle, télon Vopiwm commune. En voici un exemple pris de la modique de l'église de la Nativité de Bethléem, monument qui est précisément de cette époque: un lutel entre deux colonnes auxquelles sont suspendu! deux encensoirs à chaînes. Nous donnons U fflonumeat d'après M. le comte de Vogué

[tgHtet de la lerre tainle pi m en regard de ù page 71). C ampm 1 ava L déjà publie mais d'une manière beaucoup mo ns eiicte [De lao tdil'. a Cotalanttno Magno contlnict lab ixi i)

Sons avons dit teloit i opinion commune car peut-être pourra t-on fa re remonter 1 usage en qnestioDJusqu au X siècle, aousvojronsenelTeldes

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