LAMP
kor accorda de grands et nombreux privilèges, dont Baronius donne Ténuméralion (An. 312, 37). On a proposé da mot làbarum, que d'autres écriTenl /aftomm, des élymologies fort diverses, et entre lesquelles il serait difficile de choisir, car elles manquent également de fondement; nous sous abstenons pour ce motif de les rapporter ici (Y. fart. Monogramme du CkrUt).
LAÏQUE (aaïiôx). — Ce mot, dérivé de >lk;, • peuple, » a été employé, dès les premiers siècles, par les auteurs ecclésiastiques, pour désirer tous les fidèles qui n*appartenaient point au clergé. Nous avons ces paroles remarquables dans répitre de S. Ignace aux Magnésiens (p. 55. — Cf. Suicer. ad v. Asîxo;) : « De même que le Seigneur ne fait rien sans son Père, ainsi vous ne devez rien faire sans Tévèque, que vous soyez prêtre, diacre ou laïque, i On rencontre souvent dans les Canons opoiioliquee cette expression : « Si quelque clerc ou laïque, • i? ne xX^pixôc ^ Xaîxo'c (can. xui et potiim). S. Justin le Martyr (Respons. ad quœti. 0rM.xcTn)dit : Filiam tacerdotis fornicantem igné cmbwrit; vtri vero uici lapidibue enecat, Juslinien a la constitution suivante {Ad Epiphan. Con-itanimop,) : laiccs non Uatim ad epUcopattun traduciior. Tbeophylacte {In cap iv Marci) énumére ainsi les divers ordres de l^Égiise : « Les uns sont vierges et solitaires ; d'autres vivent dans les monastères et les congrégations; d'autres enfin sont LAlgoES et mariés. • Cette distinction entre les laïques et les clercs, follement niée par quelques modernes, entre autres par Nicolas Rigault {Sot. in Cyprian epist, u), Claude Saumaise et Jean SeldeDus(Cf. Bingham. i. 42), se trouve également exprimée de la manière la plus nette dans une foule d*auteurs latins des trois premiers siècles. Bien n*est plus clair que ces paroles de S. Clément Boniain : • Au souverain prêtre des attributions i>péciales ont été données, aux prêtres un lieu propre, et aux clercs inférieurs des ministères particuliers; le uïqub obéit à des préceptes laïques, • lertuUien, censurant la légèreté et la témérité des hérétiques en matière d'ordination {De prœscripl, xu), dit: «Aujourd'hui prêtre, qui demain laïque, car ils confèrent même aux laïques les fonctions sacerdotales. » (Y. aussi id. De fuga in persectU. n. — De bapL xvm et passim). S. Cyprien n'est pas moins formel {Epist. lv. p. 244. edit. Oxon. Epist. LU. p. 265); dans ce dernier passage, il fait ressortir la difiérence des devoirs des laïques d'avec ceux des prêtres : Yiderint laici hoc quomodo curent; sacerdotibus labor major incumbit. Pour plus de développement, Y. notre article Ordres ecclémsUques.
On trouve dans les documents des premiers siècles des dénominations équivalentes, mais qui tendent au même but, la distinction des clercs d'avec les laïques. Ainsi pionxci, sœculares, du '^o( ^oc, ^ie, et »o<iuixct, mundani, parce que '^ laïques mènent une vie séculière ; mais ces '^^ distinguent les laïques non*seulement d'avec
les clercs, mais encore d'avec les ascètes qui vivaient solitaires, et s'étaient affranchis des soms et des occupations du monde (S. Chrysost. Homil. ni In Lazar. Homil. xxni In Roman.). Les fidèles étrangers à la cléricature étaient encore appelés t^iûTflu, idiotœ, c'est-à-dire hommes privés. S. Paul, comme on sait, s'était servi de cette expression (1 Cor. XIV. iS), et on la traduit ordinairement par « ignorant », indoctus; S. Chrysostome (Homil. XXXV. In 1 Cor. xiv) veut au contraire qu'elle signifie laïque : t^iû'nsv ^i tov Xaîxov Xfc^ti ; et Théodoret est du même avia (In 1 Cor. xiv) : a S. Paul appelle idiotam, i^i(i»tyi«, celui qui est constitué dans l'ordre des laïques. » On peut citer aussi dans le même sens Origène (Contre Celsum. 1. vu), et mieux encore Synesius, qui oppose sans cesse le mot î^iÛTac à U^tî;, f sacrés. » Ainsi, parlant quelque part {Epist. Lxvii) des clercs qui avaient mérité d'être privés de leur office, il dit : « Avec ceux-là, il faut traiter comme avec de simples particuliers, û; dtvrixpu; iixtârcLç. »
La distinction des laïques et des clercs peut, jusqu'à un certain point, être établie d'après les classifications des monuments épigraphiques chrétiens faites au Latran par M. De' Rossi.
LAMPES CHRÉTIENNES. — I. — L'usage de placer des lampes dans les sépultures fut commun à tous les peuples de Tanliquité. C'est à tort que quelques antiquaires ont regardé cette pratique chez les chrétiens comme une imitation du paganisme ; les fidèles l'avaient reçue des Juifs (Catalani. Comment. ad ritual Roman, tit. vi c. 1 . 7), et, pour eux comme pour ces derniers, les lampes étaient le symbole de la lumière éternelle que rÉglise implore en faveur des défunts, et, mieux encore, de la gloire dont les saints jouissent au sein de Dieu, après avoir brillé pendant leur vie des splendides lumières de la foi (llieron. Advers. Vigilant, et Vit. Paulœ) : Ad significandum lumine fidei itlustraios sanctos decessisse^ et modo in superna pairia lumine gloriœ splendere. Ils rappelaient ainsi la promesse du Sauveur (Mat th. xin. 431 : Justi fulgebunt sicul sol in regno Patris eorum, c les justes brilleront comme le soleil dans le rcQfaume de leur Père ; » et ils aimaient à expriner dans leurs épitaphes, sous mille formes varites, les espérances que cette promesse fait naître, la lumière étant un des principaux éléments du bonheur céleste, et cette lumière n'est autre que IdChrist lui-même (Y. l'art. Lux) :
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et-il dit du préfet Probus (ap. Bottari. i. p. 53). Ceci a donné lieu à la supposition, évidemment ei^gérée, que la plupart des lampes qui, en n(fnbre presque inûni, enrichissent aujourd'hui \e\ musées de l'Europe, eurent une destination funéraire. U est très-vrai que, dans les catacombes deiRome, comme dans celles de Naples, de Coriielo, etc., on en a trouvé, et on en trouve encore
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presque i chaque pas, fixées & l'eitèriair des niches sépulcrales, quelquerois même à l'inlérieur. LeP.Lupi {Epita^.Seter.p. 116) donne ledessin du loeulut enlr'ouvert de constutu, \icrge et martyre, devant lequel brûle une lampe assujettie aTec du mortier ; les lampes placées dans de telles conditions sont presque toujours d'argile.
Outre les lampes proprement dites, il s'est rencontré dans un corridor du cimeliére de Cyrisque, renfermant des tombeaux de martjrs, des espèces de bougeoirs en terre cuite, propres i recevoir des chandelles, et placés, comme les lampes, dans des niches (V. Harchi. p. Hl).
Hais enfin, ce qui doit décidément faire abandonner l'ancienne opinion aLTibuant ï la majeure partie de ces lampes une Jeslinalion funéraire, c'est qu'il s'en découvre loas les jours des quantités énormes, et même des fabriques entières en diverses localités de Rome el notamment au mont Avenlin, et dam les ruines du palais des Césars. Ce dernier fait s'explique, sans remonter aux fidèles qui, dés le temps de Néron, se recrutaient dans la maison même des maîtres du monde, par les séjours passagers que firent dans ce palais plusieurs des empereurs chrétiens, Iknalanlin d'abord, puis Constant, UoDoriu.t, Valentinien IIl, Pétrone-Haiime, Sévère (ce sont eux que mentionnent en particulier les chroniqueurs elles poêles). On sait aussi que plus tard les empereurs byzantins pourvoyaient ï l'eiilretien de ce palais par des fonctionnaires ad hoc, dont on peut suivre les traces jusqu'au huitième siècle (V. l)e' Itossi. BuiUt, ITasr. 1867).
On doit conclure de toutes ces découvertes que, en outre de leur service funéraire, les lampes chrétiennes, comme les profanes, eurent deux autres destinations qui probablement même furent les plus vulgaires : l'usage domestique et tes illuminations publiques.
Dans les babilalions privées, on les plaçait sur des consoles ou sur des candélabres de bois ou de métal.
On sait que les païens avaient coulurae d'illuminer, soit à l'occasion des solennités religieuses, soit aux jours de réjouissances publiques, les chrétiens imitèrent cette pratique pour leiirculle, dés l'auTore de la liberté de l'Eglise. Eusèbe nconle notamment (Vif. Conâl. iv. 22) que Constaitin faisait illuminer splendidement te ville pendait la nuit de Pâques.
On peut voirdansleBullelindeH. De' Itossi (te. cil.] le dessin de douie des plus intéressanlfs lampes provenant de la trouvaille récente du monl Palatin.
Ce snvant pense encore que plusieurs de es lampes ornées de symboles chrétiens servirmt d'étrcnnes baplismales, el il met de ce nombre la lampe monumentale de Florence dont nous pir- Ions plus bas.
II. — Parmi les lampes chrétiennes d'une auk'e origine que lescatacombes romaines, on doitciier celles qui furent découvertes, en nombre proli-