JUGA
KYRI
l« teove M-mème est figuré dans quelques sdAfitares rrtwçanl l'enlèvement d'Élie (Boit, trr. xn), daros une peinture du baptême de Jésus- Chrirt »u tSmelière de Pontien, dans une autre fresque *i cmirtière de Calliste (Boltari. Lxxn), sur «a tnédaîWon de bronze représentant le bap- I8mc^ Tîfrtre-Seigneur, avec le nom da fleuve en bas : lORDâ (Teltori. iVitm. œr, explic. Frontîsp.), dans quelques fonds de coupe, où il coule aux peds fiu Sarnveur (Buonarr. tav. vi. f), enfin dans certaines -mosaïques, comme celle des Saints* Côme-rt-*amien à Rome (Ciampini. VeL mon, ii. tsib. icvi) arvec rinscriplion : iorfanes. Quelques •sarcophages (BoUari. xv et xxxiit) font voir, sous les pieds de Noire-Seigneur assis et enseignant, une demi-figure humaine tenant des deux mains Tin voile qiri, enflé par le venf, s'étend en arc sur sa tête. On a quelquefois supposé (Cavedoni. Ragguaglio crii..,. p. 50) que c'était encore l'emblème du Jourdain, sur les bords duquel Jésus-Christ expliquait souvent sa doctrine (Cf. Marc. x. 1 . — Joan.x. 40). (V. l'art. Cie/.)
JUGATIO.— V. l'art. Canon, 4*.
JUIf^BEnéSENTés SUR LES VONOMBKTS CRRÉTIEIfS.
— Les sarcophages, à l'exclusion de toute aulre classe de monuments, ofl^rent dans leurs sculptures desIsraélites coiffés de certains bérets plats et marquetés de petits points (V.Bollari. tav. lxxxv et passim, — Willin. Midi de la Fr, pi. lxiv et pamm, — Musée lapid. de Lyon. n. 764). Cette coiffure ne leur est attribuée que dans les sujets relatifs «n voyage dans le désert, par exemple dans le fait si souvent reproduit de Moïse frappant lerodher (Exod. xvii), dans celui du même Moïse expfiqnant 1c livre delà loi (Exod. xxiv), sujet dont Dous ne comiaissons qu'un seul exemple, et fort douteux (Boltari. ibid.), dans la représentation du passage delà mer Rouge (Millin. loc, laud.). Ces mêmes bérets paraissent encore dans une scène que tous les archéologues, Âringhi, Boltari et même le judicieux Buonarruoti, ont prise pour l'arrestatioD de S. Pierre (V. les art. Moïse et Pierre [S.] et S. Patd) ; nous ne devons pas dis* simuler çae telle est encore l'opinion des archéologues nsdernes.
Mais il est à nos yeux indubitable qu'il s'agit . avant tout de la révolte du peuple de Dieu tour- |
mente par la soif daçs le désert : il s'y trouve toujours deux Israélites saisissant par les bras Moïse qui semble résister à leur violence. Ils lui
reprochaient amèrement, comme on sait, de les avoir tirés de PÉgypte pour les faire mourir de soif, et telle était leur exaspération, qu^ils furent sur le point de le lapider, comme il le dit luimême (Exod, XXIV. 4). Ce qui donne une force décisive à cette interprétation, qui du reste laisse place au sens figuré, c'est que la scène en qucition ne manque à peu près jamais de précéder le miracle de l'eau jiiillissant du rocher sous la baguette du législateur, miracle qui fut la réponse lux plaintes et aux murmures des Israélites, H qu'elle ne s'observe nulle part ailleurs. Au surplus, s'il était question de Tarrestation de 8. herre, les bérets plats que portent invariablement ks deux acteurs de cet acte de violence seraient une exception unique et inexplicable dans de tellrs conditions. Observons encore que, dans ces différents sujets. Moïse a toujours la tête découTerie, les Israélites qui Tentourent portent seuls la coiffure en question. Le reste du costume de ces Israélites consiste en une tunique courte, un mgum fixé sur l'épaule par une fibule, et des sandales comme il leur était prescrit dans la loiden user en voyage (Exod. xii. ii). Il esl probable que le béret élait aussi une coiffure de voyage usitée chez les Juifs du temps où ces urnes sépulcralei ont été sculptées.
KTBIE ELEISON. — Ce sont deux mots grecs qui signifient : Domine, miserere, < Seigneur, ayez pitié. » C'est une formule de prière qui, dans sa brièveté, renferme l'aveu implicite de toutes nos misères, et la confiance que le Dieu
que nous invoquons nous viendra en aide dans tous nos besoins et dans tous les périls qui menacent notre âme. Isaîe (xxxni. 2) priait par une formule presque identique : Domine, miserere nostrif te enim expectavimus, f Seigneur, ayez pitié
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«Se nous, car nous wus avons attendu.» Et Ba- «-mch (c. m) : Audi, Domine, et miserere, « écoutez, Seigneur, et ayez pitié. » C'est le cri de détresse de tous les malheureux, c*est celui qu'adressaient ^a Sauteur tous ceux que quelque grande misère attirail sur son passage : les aveugles de Jéricho i, Natth. XX. 50) : « Seigneur, ayez pitié de nous, 'iTils de David ; » la Ghananéenne (Matth. xv. 22) : ^ Ayez pitié de moi, Seigneur, fils de David ; » les ^ix lépreux (Luc. xvii. 13) : a Jésus, notre maître, ^jez pitié de nous. »
Aussi rËglise commença- t-elle à adopter cette ^Tocation en faveur des catéchumènes et des pénitents, qui sont les aveugles et les lépreux spi- ^tuels. C'est un touchant spectacle que celui de ^^oute rËglise assemblée, priant pour ces deux ^nndes classes d'infirmes ; il nous est révélé par les CojuUtuUoni apostoliques (vui. 6). Le diacre énonçait à haute voix une série de demandes en leur faveur, et après chacune de ces demandes, un chœur d'enfants disait : Kyne, eleison, et le peuple tout d'une voix répétait les mêmes paroles.
k r article Litanie, on verra quelques-unes des circonstances où la liturgie primitive a placé cette invocation, fl s'agit ici de la messe. Or l'usage de la réciter à la messe est de toute antiquité (V. Giorgi. Uiurg. Roman, pontif. 1. ni. c. 12 seqq.). Cependant il n'en existe pas de traces connues avant S. Sylvestre, qui, selon Hugues Yictorin (1. n Office, il), Ty aurait introduite vers l'an 520, l'ayant empruntée aux Grecs, qui l'emploient trèsfréquemment à toules les heures de rofïice.
Une opinion vulgaire j autrefois fort répandue, en attribuait l'introduction dans la messe à S. Grégoire seulement. Mais c'est à tort, car il est constant qu'elle avait été adoptée soixante ans avant ce pape, soit par le saint-siège, soit par toutes les provinces de Tltalie et de la Gaule. Nous en avons pour preuve le troisième canon du deuxième con* cile de Yaison, tenu en 529 : El qtUa tam in sede apostolica, quam eiiam per totas orientales et llar-
liœ provincias dulcis et nimirum salutaris consue^ tudo est intromissa, ut Kyrie eleison frequentius cum grandi affectu et compunctione dicatwr, pla-cuit etiam nobis, ut in omnibus ecclesiis nostris ista tam sancla consuetudo, et ad matutinum, et ad missas, et ad vesperam, Deo propitio, admittatur. Mais, dans l'antiquité proprement dite, il n'y avait rien de fixe sur le nombre de fois qu'on devait le dire, de telle sorte que le célébrant le répétait à son gré aussi souvent que sa dévotion le lui inspirait. Il en était encore ainsi du temps de S. Grégoire et pendant les siècles suivants ; quand le pape célébrait, c'était lui qui en fixait le nombre ; et les chanties continuaient juéqu*à ce qu'il leur fit signe de cesser .* IJt et. annuat si vult mutarenumerum letanie (Ord. Rom. 1. 9). Ce n'est qu'au onzième siècle qu'il fut prescrit de ne le répéter que neuf fois, y compris le Christe eleison f\m se dit trois fois. Dans le rite ambroisien, on dit trois fois le Kyrie eleison : après le Gloria in excelsis, après Tévangile, et à la fin de la messe. Dans le rite latin, cette invocation se répète neuf fois, comme nous l'avons dit : trois fois pour le Père, trois fois pour le Christ son Fils, Christe eleison, trois fois pour le Saint-Esprit. Mais pourquoi adresse-t-on le Kyrie trois fois au Père, et trois fois au Saint-Esprit? C'est parce que ces deux personnes seules n'ont qu'une nature. On dit trois fois Christe eleison au Fils, parce que, bien qull soit de la même nature que le Père et le Saint-Esprit, il en a une seconde, la nature humaine, qu'il a adoptée, et dans laquelle il a été oint par son Père, unctus, ce qui est la même chose que Christus. On verra dans les auteurs lilurgistes plusieurs autres raisons expliquant l'usage de lé* péter neuf fois le Kyrie à la messe. Consulter surtout Durand (Ration, iv. 12), Crispi, archevêque de Ravenne (Myster, evang. Ug,), Martène (De ant, EccL rit. c. iv), Le Brun (i. 164), Grancolas (Les anciennes liturgies, 464). Le Kyrie eleison fut aussi employé comme acclamation dans les conciles (Y. l'art. Acclamations),
LABARUM C01V9TAWTI1VIEN. — I. —
^oici la description qu'en donne Eusèbe, qui atteste ravoir vu plusieurs fois — quod et nos ali^ jolies Misse meminimus (Vit. Constantin. 1. i. c:. 51). • C'était une haste allongée revêtue d'or, et ^^unie d'une antenne transversale à l'instar de la ^roix. Au-dessus, à la sommité de cette même ^asle, était fixée une couronne d'or et de pierre- ^^. Au centre de la couronne était le signe ^u nom salutaire (de Jésus-Christ) : à savoir ^^ monogramme désignant ce nom sacré par ^ deux premières lettres groupées, le P au
milieu du X (Y. l'art. Monogramme du Christ), • Ces mêmes lettres, l'empereur eut la coutume le les porter depuis lors sur son casque. Or à tantenne du labarum qui est obliquement traversée par la haste était suspendue une espèce de loile, ou tissu de pourpre, enrichi de pierres prêteuses artistement combinées entre elles et qui è)louissaient les yeux par leur éclat, et de brodelies d'or d'une beauté indescriptible. Ce voile ûxé â l'antenne était aussi large que long, et avait à sa partie supérieure le buste de l'empereur chéri de lieu et de ses enfants, brodés en or, ou plutôt
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peut-être leurs médailles en or, suspendues audessous de la bannière. L'empereur usa toujours de ce salutaire étendard, comme d'un signe protecteur de la puissance divine contre ses ennemis, et fit porter dans toutes ses armées des enseignes exécutées sur le même modèle. »
Après cette description, on ne peut se dispenser de citer celle que le poète Prudence a donnée de ce même étendard (Conlra Symm. i) :
Christus purpureum gemmanti textus in auro Signabat labanim. Clypeonim insign.'a Christus Scripserat. Ardebat summis cnix a^dita cHslis.
Quelle que soit la yariété des types du monogramme, soit sur les monnaies de Constantin luimême et sur celles de ses successeurs, soit sur les monuments de différents genres, il ne nous parait, nullement douteux que le labarum ne portât la première forme, celle qui est incontestablement la plus ancienne avec le X oblique, ^. Le texte d'Eusèbe nous semble sufri fisamment clair à cet égard ;
yjjuJuxlJ^ Ijttera P m medio êui decuuaia, •^ ' ^^ CVst ainsi quil paraît sur un
beau sarcophage du Vatican (Botlari. tav. xxx) et sur une lampe de la collection de Passeri (Giorgi. De monogram, ChristL p. 10. n. 1).
Pour tout le reste, il est rare que les labara représentés sur les diverses classes de monuments soient parfaitement conformes à la description d'Eusèbe. Ainsi beaucoup n'ont pas la draperie, par exemple le sarcophage cité ; d'autres, tels que la lampe de Passeri, au lieu des effigies des empereurs, font lire sur cette draperie, ou sur un cartel qui en tient lieu, les paroles de la ifision de Constantin : en tôt || tq kika ; dans d'autres enfin (V. Garrucci. Monete di Coêtant. — Veiri. 403;, le monogramme est tracé sur le voile, au lieu d'être renfermé dans la couronne; et c'est le type le plus commun sur les médailles. Ces différences ont pu se produire du vivant même de Constantin, à raison des différentes officines d'où sortaient les enseignes; mais encore une fois, elles ne sauraient prévaloir contre le témoignage d'un témoin oculaire qui a dû décrire le véritable type.
Les successeurs de Constantin maintinrent religieusement Tusage de cet étendard sacré ; ils se firent quelquefois représenter au revers de leurs monnaies, appuyés sur le labarum chrismé. On en a des exemples depuis Constans I, Yetranion. Magnence, etc. (Y. Cohen. Médaillet imp. t. vi. pi vn. 412. VIII. 16. IX. 2. x. 6, et notre art. Numismatique, II).
£n haine du christianisme qu'il avait apostasie, JuLen supprima le monogramme du labarum. Baro-
nius (Ad ann. 563, n. 27. 30) affutne qu'il n'y Tut réintégré que sousGratien; mais nous ferons observer que les monnaies de Jovien, successeur immédiat de l'Apostat (Cohen, ibid. xin. 21 j, pré. sentent le même type que ci-dessus, c'est-à-dire l'empereur appuyé sur le labarum orné du monogramme, ce qui ne permet guère de douter que ce signe sacré n'eût été déjà rétabli par ce prince sur les étendards de son armée (Y. l'art. NumitmaUque).
II. — Le labarum de Constantin, celui-là même que, dès le lendemain de sa vision, il fit exécuter en or et en pierreries par ses orfèvres, et qui servit de type à tous les autres, fut conservé, dit-on, comme une relique. Socrate suppose que de soo temps, c'est-à-dire vers l'an 430 (Hist. eccLi. 2), on le gardait dans le palais de Constant inople, et, si l'on en croit Théophane, cité par Tillemont (Empereurs, iv. 42), il s'y voyait encore au neuvième siècle.
{ Constantin faisait porter le labarum sacré partout où il voyait que ses troupes fléchissaient, et aussitôt, dit Eusébe (YiL Consl. ii. 7), Dieu, récompensant sa foi, faisait pencher la victoire de ce c6té-là, et mettait les ennemis en fuite.
Il choisit parmi ses gardes cinquante des plus forts et des plus courageux, et qui en même temps étaient le plus animés de la crainte de Dieu, pour se tenir toujours autour de cet étendard et le porter alternativement (Y. l'art. Siaurùphori). Ceux qui le portaient, d'après le récit du même historien (Ibid. c. ix), n'étaient jamais blessés dans le combat, et il raconte que, dans une occasion périlleuse, celui qui le tenait s'étant effrayé, et l'ayant passé à un autre pour s'enfuir, fut aussitôt percé d'un dard qui le tua, tandis que l'autre ne reçut pas un seul coup, bien que plusieurs traits vinssent se fixer dans la hampe de bois. Eusèbe atteste avoir appris ces faits de la bouche de Constantin lui-même.
Ce qui reste du moins incontestablement établi, c'est la confiance qu'inspirait ce signe auguste, la vaillance qu'il donnait aux armées chrétiennes et la terreur qu'il portait dans les rangs ennemis. C'est ce qui se vit notamment à la bataille d'Andrinople entre Constantin et Licinius : la vue seule de l'étendard sacré glaçait d'effroi les soldats de ce dernier, et i partout où fut portée la croix, la victoire la suivit (Euseb. ibid, xu). » On sait encore que, avant la bataille de Chrysopolis donnée peu après, ce même Licinius» instruit par une expérience chèrement achetée, recommanda à ses soldats de se défier de la vertu fatale de la croix qui brillait sur l'étendard de Constantin, tandis que, au contraire, l'empereur dirélien excitait les siens par ce signe puissant .(Id. ibid, 1. n, c. 12).
Ceux qui portaient le labarum s'appelaient dra" conarii, d'un nom continué après la substitution du monogramme du Christ au dragon ou serpent qui auparavant décorait les enseignes romaines (Y. l'art. Droconanua). Théodose le Jeune, en 416,
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