Sapitnt. tu
Si ra ta lumière, c'est-s-dire le bonheur du juste: Erit Ubi Domintit in Ivcmtf pittmam (h. ii. 19). i C'est dans cette lumi^. Seigneur, que nous contemplerons la lumière.' c'est-k-dire que nous puiserons la félidlé : « '■• iMtne luo videbimm lumen {Ptalm. wiv. lO)- ^ textes sacrés exprimant la même idée sont innombrables.
LUX
LUX
Partout aussi Jésus-Christ est appelé lumière : ïrat lux veroy — ego êum lux mundi (Joan. i. 9. Tiii. 12). Dans Tinscription grecque d'Autun (v. Tiii), il est nommé «lumière des morts », «pu; zm (xv^'vTMY ; dans riiymne au Christ de S. Clément d*Alexandrie, « lumière durable », ^û; àt^icv, et dans Thymne cinquième de Synesius, « lomière primitive, i 9«; 9c«f «lov. Et enfin, sur une lampe d'argile provenant du mont Sion à Jérusalem, on lit cette formule plus significative que toutes les autres (Revue archéol. juillet 1868) : ♦e»;x ♦»! n.iCirf, çû; xj^iarcû çivt (pour ©aini) ivxaiv, « la lumière du Christ brille pour tous. » Quelques crucifix anciens font lire, à la place du titre ordinaire : 9»;, ou bien encore lvx mvndi (V. Texplication à Tart. Crucifix). Parmi les nombreux symboles de Jésus-Christ qu*énumère S. Damase {Carm. xi. t. vm. Bibtiolk. vet. PP.), celui-ci figure des premiers :
Spes, Via, Vita, Salua, Ratio, Sapientia, lcme!! I
Aussi, dans la prière publique, TÉglise, dont le langage liturgique s'inspire toujours de Fesprit des Livres saints comme de celui de ses docteurs primitifs, implore-t-elle pour ses enfants qui ne sont plus, la lumière indéfectible dans laquelle se résument foutes les délices du ciel : Lux perpétua luceat ei$; les lampes qu'on avait coutume de placer à l'extérieur, et quelquefois même à Tinteneur des tombeaux chrétiens, avaient trait à la même idée. Au canon de la messe, l'Église sollidle en faveur des morts un lieu de lumière, locwn ludiy et, dans diverses parties de son office, selon les anciens sacra ment aires {Sacram. Gelas. ap. Nuralori. Lit. Rom. vêtus, t. i.col. 749 et 760) : ■ un lieu lucide, la clarté de la lumière ; » locum luddum, luminis claritaiem. Un monument liturgique encore antérieur, le sacramentaire de S. I^n(ap. Murât, ibid, i. 453), a celte collecte : Prœsia, Domine, animœfamulitui.... ut eam mor~ ialibus nexibus expeditam vjjl ctbrna possideat, « accordez. Seigneur, h Time de votre serviteur.... que, dégagée des liens mortels, elle soit possédée parla lumière étemelle. » Nous apprenons par les actes de Ste Perpétue (viii) qu'il fut accordé aux pnères de cette martyre de voir son frère Dinocrate ^riirdu lieu des ténèbres et entrer dans le séjour ^ la lumière : Video locum illum quem videram ^^nebrosum, esse lucidum. Dans un autre passage <ies mêmes actes (xi), le paradis est encore appelé lumière immense, lux immensa.
Le style des inscriptions funéraires des preniiers siècles est tout imprégné de cette même idée; mais, dans cette classe de monuments, les mots lux, lumen sont plus souvent employés tomme acclamations ou aHirmations de la gloire ^es justes que comme prière en leur faveur. Nous connaissons peu da marbres où ils se lisent dans <e dernier sens. En voici cependant un exempte bien frappant : c'est une invocation implorant pour une âme l'admission au c paradis de la lumière » : DEV8 TE nEPRKCOR VT PARADISVII LVCI8 POSSIT
viDEBE. Elle est du cloître de Saint-Ambroise de Milan et a été publiée pour la première fois par M. Le Blant dans sa Réponse à une lettre de 1680 (p. 15).
La plupart des autres épiiaphes constatent ou acclament la félicité, soit la lumière en possession de laquelle les saints sont établis. El c'est là un des plus brillants caractères qui distinguent la religion du Christ d'avec le paganisme, qui sur les tombeaux ne sait parler que des ténèbres où dorment ceux qui ont disparu du milieu des vivants. M. Edmond Le Blant a réuni dans une note de son savant ouvrage sur les Inscriptions chrétiennes de la Gaule (t. I, p. 15) plusieurs épitaphes où celte désolante doctrine se trouve exprimée : citons celles-ci pour faire saisir le contraste : TDALLVSA. ROC. TVXVLO. COUDITA. LVCB. CARET,
C Thalussa, renfermée dans ce tombeau, est privée de la lumière » (Hurat. 1584. 7); — sic. uceo. IN. teaebris (Doni. cl. x. 79) ; — h abc ucbt in terebbis (Cf. Le Blant. hc. laud.), c je suis ici, ou elle est ici couchée dans les ténèbres. >
Au contraire, sans se préoccuper de l'obscurité momentanée où leur dépouille mortelle était déposée, les premiers chrétieus ne songeaient qu'à célébrer la lumière divine au sein de laquelle leur âme était plongée pour l'étemité.
Ainsi, nous lisons sur la pierre funéraire d'une jeune martyre : aeterna tibi lvx timothea in ^, c Timothée, tu jouis de la lumière éternelle dans le Christ • (Mai. Collecta Yatic. i. 450), et sur celle d'un enfant : cvivs spiritvs ik lvcs domiki svs- CBPTvs EST (Giorgi. De monogram. Christi. p. 55). Cette inscription est de l'an 597. Le titulus de Probus, préfet du prétoire au quatrième siècle, porte qu'il jouit de la « lumière nouvelle », c'està-dire de la lumière définitive, étemelle, et que cette lumière n'est autre que le Christ lui-même :
LVCB ROTA rnVERIS LVX TIBI CnRtSTVS ADBST
(Bosio. p. 49. — Bottari. t. i. 55). Une épitaphe de^ l'an 55i (De' Rossi. i. p. 76) témoigne de la confiance que le défunt Anastase a échangé les té^ nèbres contre la lumière : qvi lvcen t [enebns muiavit amaris] (restitution de M. De' Rossi). C*eft ce qui se retrouve à peu près textuellement dans notre Gaule, témoin celte inscription de Yaison (Le Blant. 1. 15) :
A TCJCEBRIS. LVVm PR.EBSNS DB LVMIXE VERO.
Nous lisons dans une belle inscription métrique de l'an 565, empruntée au recueil de Tillustre antiquaire romain (p. 88), cette formule qui exprime élégamment la même pensée :
RECEPrCS|(<p/EXDORI. CVM LVIIHE. CLARO.
Et celle-ci de 595 (p. 180. n. 412) qui représente la lumière comme la récompense de la foi en Jésus- Christ :
M CIRISTVM CRBDIKS PREMU LVCIS ABKT (ttc).
m Croyant au Christ, il possède les récompenses de la lumière.»
KAGH