AURA
1716). On peut donner de celle pratique deux raisons, l'une mystique, l'autre physique. La première se trouve développée dans la cinquième calèchèse myslagogique de S. Cyrille de Jérusalem {In init.), et cette explication consiste à dire que f l'ablution des mains signille la pureté du cœur que le chrétien doit toujours porter dans les choses saintes. • La raison physique ressort de la nature même de la liturgie ancienne. — four les préires d'abord. On sait qu'au commencement de la liturgie ils recevaient des fidèles les oblalions, pour les placer sur l'autel (V. l'art. Oblationt). C'était donc pour ne point louclier pen> dant I'action, c'est-à-dire depuis la consécration jusqu'à la communion, le pain consacré avec des maiiH souillées par le contact des offrandes, quand elles n'étaient que du pain, qu'ils se faisaient verser de l'eau par un ministre (Bingham. Orig. I. iv. 3-4). Nous avons une double preuve à l'appui de cette interprétation, dans l'ordre romain publié par Mabillon [Mut. liai. \i), el dans le livre (fAmalaire (DeeecUt.ofjic. m. 9) : Vt txttrm tint, i\i\. ce fermer, manu» a coitlaetu communium renm algue terrato pane, • que les mains soient purifiées du contact des choses communes et du pain terrestre. * Marque éclatante du profond respect de nas pères pour la sainte eucharistie! — Pour les l.iiques, il y avait aussi dans les premiers temps une raison de rigoureuse convenance pour qu'ils se puriliassent les mains avant la comcnunion : car ils ne la recevaient pas sur la langue, comme cela se pratique aujourd'hui, mais dans la maiu droite croisée sur la gauche, el se la portaient eux-mêmes ï la bouche (V. l'art. Communion). Ce rit est attesté par un grand nombre de monuments de l'antiquité, entre autres par la célèbre inscription grecque trouvée à Autun il y a peu d'années, où on lit : ■ Prends, mange et bois, ten.tntîxfti:, c'est-à-dire Jésus-Christle divin poisson (Y. l'art. Poiuon) dans les mains, • tiBii, ™.«(«<
îDjin /xm ï[Bi«|uUî.
Cette discipline fut abrogée dans l'Église romaine dès le sixième siècle et ailleurs au neuvième (Paciaud. op. cit. p. 137), ainsi que l'atteste un décret du concile de Tours (Ibid.). Hais on comprend que, tant qu'elle fut en vigueur, l'Église ait dû prescrire ces ablutions dont il est fait de si fréquentes mentions dans tes écrivains ecclésiastiques, entre autres dans S. Césaire (Serm. cciiu, in Append. opp. Augustin, edit. Haurin) : Omntt eiri, quandocommuniearedetideratU, lavant mama tuât, • tous les hommes, quand ils désirent commumer, lavent leurs mains; ■ et d'une manière plus claire encore dans S. Chrysostome (T. i. Hom. ad. pop. Ântioch. éd. Front. 1631) : A'on ùodet Ulolit manibtu hottîam atlreetare , eliamû mille neceuilatibut premarii, ■ lu n'oserais loucher l'hostie avec des mains souillées, alors même que tu serais pressé de mille nécessités. ■
ABRAHAM (sAcnmcE b'). — Le sacrifice d'Abraham était la figure du sacrilice de la croix.
ABRà
ABRA
Isaac représentait le Sauveur, et le bélier» pris par les cornes dans le buisson, était Timage de Notre- Seigneur couronné d*épines (S. Prosp. De prom. Deiy pars i, c. 17), ou, selon S. Augustin (In p$. l). deiésus-Cbrist crucifié. Représentée dans les catacombes, et dans les lieux de réunions chrétiennes en généraU celle histoire avait pour bul d*inspirer aux fidèles la résignation dans la persécution, le courage dans le martyre, et de plus Tamour et la reconnaissance envers TAgneau de Dieu immolé pour le salut des hommes. S. Grégoire de Ny<se ne pouvait contempler sans pleurer ce touchant tableau, qal , conmie on sait , était souvent peint sur les murailles des basiliques primitives (Conc. !^ic. II. act. 4).
Une belle fresque donnée par Bosio et plus fidèlement par M. Perret (Vol. m. pi. xx) reproduit la première scène du drame, Abraham montrant du doigt le feu allumé sur un petit autel, et de l'autre côté Isaac portant le bois du sacrifice. Voici le type ordinaire de la seconde et principale scène. Isaac est agenouillé, tantôt sur un autel (Bottari. tav. XV et aUbi), ou au pied de l'autel quand le feu 7 est allumé (Id. tav. xl), tantôt sur un monceau de bois' (Id. tav. cxi), conformément au récit de la Genèse, super iiruem îignorum (xxn. 9), tantôt sur la terre nue(l(l. tav. xx), tantôt sur un rocher brut (Id. tav. xxivn). La figure ci-contre est d'une fresque du cimetière des Saints-MarcelIin-et- Pierre (Bott. tav. lxxix).
L'autel se compose quelquefois de deux pierres ddwot, et d'une troisième placée en travers, type que reproduisent quelques autels chrétiens primitifs (Boit. tav. Cl. n. 5). Les artistes Tont figuré le plus souvent sous la forme des autels profanes, avec la patère et le stmpidum sculptés sur les flancs (Id. tav. xxvn).
Isaac est velu d'une tunique simple ; par exception, on le voit, dans une fresque du cimetière de Saint-Calliste (Id tav. lix), avec une tunique élégamment ornée de deux bandes de pourpre au bout des manches et sur les épaules, et, au bas, de deux caUtculœ (V. ce mot). 11 a les mains liées derrière le dos, absolument comme dans la peinture mentionnée par S. Grégoire de Nysse, et qui fot citée au concile de Nicée. Quelquefois il a les yeox bandés, comme sur un médaillon de bronze
illustré par Buonarotti (tav. i. n. i3. V. aussi la gravure ci-après).
Abraham tient une main sur la tête de son fils, et de l'autre élève le glaive prêt à le frapper. Son regard se porte en arrière sur une main sortant d'un nuage, laquelle, dans les monuments chrétiens en général, est le signe de Tintervention de Dieu le Père, et de sa providence (V. Tart. Dieu), et, dans le sujet qui nous occupe, représente la voix de l'ange arrêtant le bras du père des croyants; l'ange lui-même se voit sur une pierre gravée qui sera citée plus bas. Abr.*ham n'a quelquefois pour vêlement qu'une tunique, libre ou ceinte, trèscourte (Perret, ni-xx. — Cf. Boit, xiix), ou descendant jusque sur les pieds (Bott. tav. lix) ; mais on le trouve le plus souvent drapé dans le pallium (Id. tav. GLix), et une fois il se montre exactement vêtu comme le grand prêtre de l'ancienne loi (Id. tav. CLxi) . Une fresque du cimetière de Priscille le fait voir ainsi qu'lsaac avec une très-ample penula aux bandes de pourpre Cet exemple nous paraît aussi unique dans son genre. Le type commun du sacrifice d'Abraham, celui que nous venons de décrire, est sculpté en bas-relief sur une des deux sections d'une noix de myrrhe trouvée dans les catacombes par BoJdelti [Oiwrv, iav, p. 298. n. 10. V. la gravure de Fart. Noix).
Nous pourrions signaler une troisième scène, qui serait l'action de grâces précédant l'immolation du bélier. Dans la fresque citée en dernier heu (Bott. tav. cLxn), Abraham est debout sur l'autel, mais d'un côté se tient Isaac également debout au pied de ce même autel, et, comme lui, étendant les bras dans l'attitude de la prière ; et de l'autre côté le bélier. Nous avons une peinture murale, d'une époqueun peu basse (Bott. tav.cLxix. 2), oùAbraliam est vu tenant parle bras son fils debout, el étendant son glaive au-dessus de la tète du bélier placé devant un autel d'où sortent des flammes. Monlfaucon [Antiq. suppL t. ii. pi. lv. n. 6) donne un abraxas (V. ce mot) où le sacrifice d'Abraham est représenté avec des circonstances tout à fait insolites. Abraham y est absolument nu, et tient par les cheveux Isaac agenouillé. Un ange survient, poussant devant lui un bélier, el fait signe au patriarche d'arrêter. A chacun des quatre angles de la pierre, on voit un ange aux ailes déployées, el, dans le champ, des lettres grecques difiiciles à décliiffrer.
Le sacrifice d'Abraham est représenté dans quelques anciennes mosaïques, et en particulier à Saint-Vital de Ravenne (Ciamp. VeL mon, i. tav. xx). Il se rencontre aussi dans les monuments de la Gaule, par exemple dans les peintures aujourd'hui détruites d'un hypogée de Reims (Le Blant. Inscr. de la Gaule, t. i. p. 448), et l'ouvrage sur les traditions relatives à Sle Madeleine (t. i. p. 774) reproduit un bas-relief où œ sujet est exécuté avec un cachet tout particulier. Abraham, vêtu d'une tunique ceinte et très-courte, avec une chaussure pleine et montante, tient par les cheveux Isaac; celui-ci est debout près d'un petit autel enflammé,
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