POUR U NOUVELLE ÉDITION
BeUey,*7 juillet 1877, Uonsieur le Chanoine,
Ainsi que je tuus en avais exprimé l'intention, j*ai profité de mon premier moment de liberté pour prendre connaissance des articles que vous ajoutez à votre DicTioaNAiRB dbs Antiquités CHaéTiBNNBs. Je les ai parcourus tous, et j*en ai relu plusieurs avec un plaisir qui rendait Fattention bien facile.
Ces articles donneront un grand prix à la nouvelle édition de votre excellent ouvrage. Il n*en est aucun» en effet, qui ne mérite la place qu'il va occuper dans cette galerie où les antiquités chrétiennes, après avoir été recueillies avec une érudition à laquelle rien n'échappe, et classées avec un ordre et une méthode qui font pénétrer partout la lumière, sont discutées, appréciées et interprétées avec une si grande sûreté de critique, un goût si fln et une si pleine intelligence des choses religieuses. Dans ces nouveaux articles, comme dans tout votre ouvrage, les hommes de goût loueront la netteté de votre exposition et cette sobrîété de votre st^, où la brièveté ne nuit point à l'élégance, ni la concision à la clarté.
Que vous dirai-j« des dessins que vous avez multipliés pour cette nouvelle édition! Ils forment un omement digne de votre livre, et je ne puis mieux les louer qu'en disant que, comme votre style, ils plaisent en même temps qu'ils éclairent.
En me laissant aller ainsi au plaisir de vous dire mes impressions, j'oublie, monsieur le chanoine, que vous m'avez demandé une approbation. Je ne sais si elle est rendue nécessaire par les développements apportés à votre œuvre primitive; je suis heureux toutefois de joindre mon suffrage à celui de mon vénéré prédécesseur, Ugr de Langalerie. Son approbation a été pleinement confirmée par l'accueil qu'ont fait à votre livre, en même temps que les dépositaires de l'autorité religieuse, les représentants les plus illustres de la science. Geux-d vous ont aussitôt ouvert leurs rangs, reconnussant dans votre Dictionnaire, non pas seulement un recueil, une sorte d'inventaire des résultats scientifiques obtenus jusqu*à ce jour, mais une œuvre qui porte votre empreinte personnelle et où vous avez réuni vos propres découvertes à celles de vos émules.
Mais, monsieur le chanoine, ce qui me fait attacher le plus grand prix à votre travail, et souhaiter qu'ail soit entre les mains de tous les prêtres, c'est le secours qu'il offre pour l'intelligence de la symbolique chrétienne, de la Uturgie sacrée, et de tout ce qui se rapporte à ces branches de la science ecclésiastique. Tout est vivant, tout parle, tout enseigne dans l'uiglise : ses édifices, ses vases sacrés, ses ornements, ses rites, tout correspond aux mystères qu'elle vénère, aux vérités qu'elle prêche, aux lois qu'elle observe, aux souvenirs qui lui rendent le passé cher et sacré, et aux espérances qui lui font supporter les douleurs du présent dans fattente des joies de l'avenir. De même que l'âme anime tout le corps et se révèle en chacun de ses organes et de ses mouvements, ainsi la foi de l'ËgUse éclate et se manifeste dans toute son existence extérieure. Or aucun livre mieux que le vôtre, monsieur le chanoine, ne met en pleine lumière ce rapport entre les mystères et les vérités de la religion, d'une part, et, de l'antre, leurs manifestations sensibles dans le culte extérieur et la liturgie. Quel fécond enseignement que celui de nos églises, de nos ornements, de nos rites, si les chrétiens de nos jours, comme ceux de l'antiquité dont vous étudiez les monuments, en avaient l'intelligence I
Mais, hélas! ce n'est plus assez d'expliquer ces symboles vénérables; il faut les défendre contre les altérations et lea non^ens auxquels ils sont exposés dans les reproductions que l'on prétend en faire sous nos yeux. N'en connaissant plus ni l'origine ni la signification, on les traite comme des ornements