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SEXT

SIBY

Ambroise fait du type du serpent à chacun de nous, et qui commence par ces mots : Imitare serpentem, c imitez le serpent. > Il le représente notamment couime le symbole de la résurrection et de Fimmorlalité.

4* On sait qu*il existe dans la basilique de Saint- Ambroise à Milan un serpent d'airain sur une colonne de granit. Mille fables ont élé débitées sur le compte de ce monument.

Il parait parfaitement avéré que ce fut Arnulphe, archevêque de Milan» qui, en 1001, l'apporta de Constanlinople, où ce prélat avait été envoyé en qualité d'ambassadeur par Othon lll (V. Ferrari. Monument, di S. Ambrogio. p. 20). Ainsi disparait la supposition que ce serpent proviendrait d'un temple d'Escuhpe ^ur les ruines duquel la basilique aurait été bâtie. Il est établi au surplus que ce simulacre diffère totalement par sa forme de celui qui était consacré au dieu de la médecine.

Un autre système non moins fabuleux consista à dire que ce serpent n'était autre que celui-là même que Moïse avait élevé dans le désert ; et il esttrès-Trai que le bon archevêque Arnulphe l'avait reçu comme tel, et comme tel aussi placé dans sa cathédrale, soit que les Grecs se fussent eux-mêmes abusés sur l'origine de l'objet, auquel cas on ne comprendrait pas trop qu'ils s'en fussent dessaisis, soit, plus probablement, qu'ils aient usé dans cette circonstance de cette vieille fourberie proverbiale qui les a toujours caractérisés. Quoi qu'il en soit, il est prodigieux qu'un évêque ait ignoré que le serpent d'airain des Israélites fut mis en pièces par les ordres du roi Ézéchias, à cause du culte superstitieux que les Israélites lui rendaient : Confregil serpentent œneum, quem fecerat Moyses, si^ quidem mque ad Ulud tempus /ilii hrael adolebant Hincensum (A Reg. xvui. 4).

Toujours est-il que Topinion populaire ne tarda pas à attribuer au serpent de Saint-Ambroise une vertu curative. Les mères invoquaient cette image pour délivrer leurs enfants des vers, qui avaient avec le serpent une certaine ressemblance. C'est ce qui résulte des acieê om procès- verbaux de la visite de S. Charles à cette basilique : Est quœdam supersiitio ibi muUerum pro infanlibut morbo verminum laborantibus.

Une telle superstition pourrait s'excuser jusqu'à JQ certain point, soit par l'origine qu'on prêtait à ;e serpent, lequel eût en effet mérité un grand spect et une grande confiance s'il eût été ce que

royail le vulgaire; soit parce qu'on le regardait omme Je symbole de la croix, qui est la source e toutes les grâces.

S. Charles Borromée ne considéra pas les choses vec tant d'indulgence : il supprima la superstition.

.^y.Uri, Office dmn,lL

SIBYLLES. — I. — Toute l'antiquité chrémne a admis, comme un fait indubitable, qu'il ait existé, au sein du paganisme, soit une, soit

AXTIQ. CllRÉT.

plusieurs femmes, auxquelles Dieu avait confié, dans une certaine mesure, l'esprit prophétique, sinon pour tirer directement les païens des ténèbres de l'idolâtrie, au moins pour les disposer à recevoir la lumière divine. Cependant les Pères de l'Église ne confondaient point ces femmes, connues sous lé nom de sibylles (Sicû 6&uXii, « conseil de Dieu [Lact. Inst. div, i. C] , » ou 2icQ êuXXii, « pleine de Dieu, ») avec les vrais prophètes. Ceux-ci, divinement inspirés, ont prophétisé avec une pleine intelligence des oracles dont ils étaient les organes, tandis que les sibylles, comme tous les prophètes du même genre, tout en annonçant des choses vrsies, obéissaient aveuglément et sans connaissance de cause à l'inspiration divine: leurslivres eux-mêmes en renferment l'aveu (I. ni. 4. xn. 295).

II. — La collection des livres sibyllins que nous possédons aujourd'hui fut publiée par un chrétien anonyme vers l'an 138 (Galland. Biblioth, PP. Prolegom, t.. i. p. 78). Elle se compose d'anciens oracles qui circulaient parmi les païens, et de notions qui' leur étaient parvenues par la voie de traditions hébraïques, et par-dessus tout de passages de TAncien et du Nouveau Testament.

Bien qu'il se trouve dans ces livres un singulier amalgame de choses apocryphes et même ridicules, ils furent néanmoins tenus en grande estime par les Pérès, comme nous le verrons tout à l'heure, et la lecture de ces oracles, même dans l'état où ils nous sont parvenus, est d'une grande utilité pour rintelligence des auteurs ecclésiastiques des premiers siècles.

Quelques-uns des vers sibyllins sont postérieurs à S. Justin, sans cependant outrepasser le troisième siècle; d'autres, au contraire, sont beaucoup plus anciens, et deux doctes Allemands ont prouvé que plusieurs remontaient à prés de deux cents ans avant l'ère chrétienne, comme l'avait déjà conjecturé Yos.sius.

Les anciens Pères, les Grecs notamment, ont incontestablement emprunté beaucoup de choses aux Juifs alexandrins, autrement dits hellénistes. Or ils avaient trouvé dans les traditions dont ceux-ci étaient dépositaires, un souvenir constant de la sibylle babylonienne ou chaldéenne, ou, selon d'autres, érythrée, qui passait pour avoir composé certaines parties des oracles sibyllins aujourd'hui existants, et qui étaient les plus anciens et les seuls alors connus (1. ni. §2 et 4); ils dataiept probablement du règne de Ptolémée Philométor, correspondant à la date ci-dessus.

On en trouve huit livres dans les bibliothèques des Pères de Cologne, de Lyon et d^ Paris, aussi bien que dans celle de Gnlland, publiée à Venise en 1765. Le cardinal Mai a donné, d'après un manuscrit du Vatican, les livres onzième, douzième, treizième et quatorzième (Script, vet. nov. collect, t. ni). Mais il est surtout une édition qui, tnnt par la pureté du texte que par la richesse des dissertations et commentaires, se recommande au lecteur studieux : c'est celle de M. Alexandre (Pari^.

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Didot. 2 vol. in^8. 1841-1853), à laquelle celte nolice fera plus d'un emprunt.

lU — On Rail déjà que les plus anciens Pères atlachèrenl beaucoup d'importance aux oracles des sibvlles parce qu'ils pensaient, en appelant a leur témoignage, opposer un argument irrésistible aux erreurs des païens. Nous allons nommer les pnncipaux, et d'iibord les Grecs.

!• Sans parler d'un discours que S. Clément d'Alexandrie (Strom. v,. p. 702 el.t. PoU ), on ne sait sur quel fondement, prèle a S. Paul, el ou rapôlre engnge ses auditeurs à lire les oracles des sibylles, leur donnant l'assurance qu'ils y trouveraient beaucoup de choses relalives à un l)ieu unique et aux choses futures, le premier écrivain que Ton cile est llermas, qui passe pour avoir eie disciple de S. PauKet qui, dans son livre du Pasteur (l .1. vis. 1. § 2), nomme une sibylle qu on croît

être celle de Cumes. , n ^.,

2- S. Clément pape, martyrisé vers la fin du premier siècle, invoque dans son épître aux Corin- Ihiens le témoignage d'une sibylle sur le jugement fulur par le feu, si Ion en croit l'ancien auteur des Questions aux orthodoxes, ordinairement imprimées à la suite des œuvres de S. Justin.

5- S. Justin, qui écrivait sous Antonm le Pieux, ver«5 le milieu du deuxième siècle (Cohort. ad Grœc Ç 57). pensait que la sibylle qui a écrit certains livres paraissant appuyer le ,c»;r'stianisme n'élait autre que celle de Cumes, qu il lait fille de Bérose. mais à tort, et qu'elle avait chanté par un mouvement divin ou tout au moins surnaturel. 1 ressort, en outre, du texte de ce Père qu il étai convaincu que, dans ces livres qu il regardait comme sibyllins, se trouvait condamnée la superstition des païens, et qu'ils renfermaient les témoicnages les plus éclalanls sur la vanité des fausses divinités, en faveur de l'unité de Dieu, et même de la divinité du Christ. Tout ceci appartient au huitième livre, § 2, des oracles sibyllins, livre où 1 avènement du Sauveur ainsi que les pnncipaux faits de sa vie mortelle sont racontés d'une manière si claire, qu'on croirait y lire une page de l'Évangile. Telle était la conviction de S. Justin, el il l'exprime encore dans une foule d'autres passages de ses Œuvres. .

4» Tatien, disciple de S. Justin, parle une fois de la sibylle (Adv, Grœc. § 41) : il la fait postérieure à Moïse, et antérieure à Homère.

50 Vers le môme temps, c'est-a-dire sous le règne de Marc-Aurèle, écrivait Athénagore, que quelques-uns regardent comme ayant présidé le premier l'école chrétienne d'Alexandrie. Ce Père cite aussi les sibylles (Légal, § 30. post, 0pp.

Justin.), , , . . , ^

6* Mais nul n'a autant insiste sur la valeur des livres sibyllins que Théophile d'Antioche, qui écrivait sous Commode, et qui, dans son livre mtitu é Autolicus (l. n. § 36. etc.), nous a conservé le Proœmium tout entier, composé de quatre-vmgts vers 11 attribue à la sibylle le caractère de véritable prophétesse. il montre qu'elle est pleinement

d'accord avec les prophètes hébreux, soit qu'ils annoncent le passé, le présent ou l'avenir.

7» Peu après Théophile vient S. Clément dWlexandrie. Celui-ci affirme (el bien que celte opinion se trouve dans le prétendu discours de S. Paul [loc, laud.]. il est évident qu'elle est celle de S. Clément lui-même) que les païens, eux aussi, ont eu des prophètes choisis de Dieu, qui prédisaient réellement les choses futures par inspiration divine; or parmi ces prophètes il place les sibylles et Hystaspe, sentiment qui lui est commun avec S. Justin son maître. Dans le mémiî omiage (1. 11. p. 358) il se range à l'avis dHéraclite, enseignant que la sibylle chante des choses qui Im sont révélées d'en haut. Mais peu après (p. 5W). assignant à la sibylle une phis haute antiquité qu'à Orphée, il convient que d'autres ne sont pas de son avis au sujet des vers qu il lui attribue. Il énuinère ensuite beaucoup d'opinions sur ces proplwtesses, qui rinclinenl à penser qu il n'y en a pas eu une seule, ou un petit nombre, mais une multitude, Tùv aiSuUMv To trX-nTc;. Mais il faut conTenir qu'il règne beaucoup de confusion dans tout ce qui! dit à ce sujet. Bientôt même, poussé à bout par les invectives des ennemis de la foi chrelienD?, entre autres Celse et Julien, qui, taxant de fausseté tous les arguments qu'on tirait des livres sibjllms. avaient surnommé les chrétiens sibyllisles, î>. u^ ment se y\i contraint à ne plus leur opposer la sibylle comme païenne, mais à avancer qu elle eiaji plutôt Juive (V. Cels. ap, Origen. v. 61.)

Depuis S. Clément d'Alexandrie, les Percs grec, S. Basile, S. Chrysostome, S. Épiphane et les autres du quatrième siècle gardent un profond silence au sujet des sibylles el des livres sibyllins. S Grégoire de Nazianie seul en lait mention [tm. Il), mais en poêle plutôt qu'en évêqjie. U lau même constater un fait, c'est que dès le débat du troisième siècle les écrivains les plus g^ves d«h tre les Grecs, si nous en exceplons S. uam d^Alexandrie, commencèrent à abandonner complètement l'argument lire du témoignage ^ sibylles en faveur du christianisme, le >tu; gaire continua néanmoins longtemps enwre rechercher ces oracles, dont »« »««»^ '" troisième siècle s'était accru hors de toute ne

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