‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 247 sur 281 · V. l'art. Martyrs {Nombre des · texte numérisé non relu

V. l'art. Martyrs {Nombre des

Les ouvrages traitant des antiquités chrélienDW de tous les pays, et surtout de celles de la Rome souterraine, sont pleins de ces inscriptions dont l'étude est si importante pour l'histoire de nos origines (Y. Tari. Inscriptions). Le tombeau y est quelquefois appelé domvs, « maison (Y. ce root), i par exemple domvs âhorati ; d'autres fois ïeioru (id. p. 541), QVDnaïAHi «EMORU (Y. l'art. Confa-

sion).

Outre les simples /ocu/t, il y avait aussi des sarcophages de marbre, ornés de figures enljasrelief, de symboles sacrés, de faits de rAndcn et du Nouveau Testament : c'étaient les sépultures dfô riches (Y. les art. Sarcophages et Arcosolia). Oa comprend que, eu égard aux difficultés d'eiécutioo que présentaient ces tombeaux distingués, la ptoplat d entre eux sont postérieurs à l'époque àa persécutions.

La sépulture dans les cimetières souterrains fut en usage, parmi les chrétien», non-seulement pendant les trois premiers siècles, mais encore assez longtemps après, c'estp4-dire jusqu'au second lustre du cinquième siècle. Depuis la liberté de l'Église, on les rechercha encore par molif de dévotion ; nous avons un grand nombre de textes anciens (S. Augustin. De curapn mort gerend. c. vu), et d'inscriptions funéraires, soit en Italie (Marchi. pi. 150), soit dans les Gaules (U Blant. t. I. p. 85), qui attestent que les chréuens aimaient à placer leur tombe dans le voisinage et sous la protection des martyrs et des confesseurs:

POSITVS ÀD SARCTOS, AD MARTT11ES(Y. l'art. Spécïal SUT

cette matière, Ad Sanctos, ad Marifres).

Il y eut des sépultures souterraines, non-senlement à Rome, mais en Orient, à Antioche,àil«Mndrie, à Chypre. Il y en avait en Afrique. On connaît les fameuses catacombes de Naples, celles de p usieurs villes de la Sicile, Messine, Syracuse, celia de Malte, ceUes de la Toscane et de Chiusien par-

liculier, illustrées naguère par l'abbé Gavedoni [Hodena. 1855). Il en existait en Espagne, k Eltire, à Saragosse, & Séville; dans les Gaules, à Agaune, à Cologne, à Tréres, etc. (V. Boldetli. I. /.)■

S* Hais l'inlérét immense qui s'atlacbe à ces nécropoles souterraines ne doit point Taire oublier les sépultures ordinaires, pratiquées en plein air. Il en eiisita chei les ciiréliens dans tous les temps, pendant les persécutions comme depuis la pacincalion de l'Ëglise. Caria loi romaine, qui refusait aux chrétiens sa proleclion et même sa lolérance, respectait leurs lombeaui. La sépulture des fidèles, comme celle des paiens, était garantie par le droit commun, et comme elle placée sous la juridiction des ponlifet chargés de veiller i la conservation elà l'iiiviolabililé des monuments funéraires sans distinction , et en bénéficiant d une telle protection, les clirétiens ne croyaient nullement compromellre leur conscience. Ceci n'a pas besoin de preuve pour les époques postérieures à Constantin. Ces tombeaux ou mémoiret étaient construits autour des grandes basiliques, et on a découvert de nos jours et reconnu pour chrétien un hémicycle de ce genre conligu à une basilique de Palestrine et qui jusqu'à présent avait passépourpaïen(V.De'nossi Balielt april 186i] Voici, d'après M. De' Rossi {Roma toti i p 94), un dessin qui peut donner une idée du système te plus commun de ces sortes de sépultures non souterraines. Entre deux parois Terlicales coDsiruiles parallèlement, et séparées par un étroit passage, sont établies, à une distance suffisante pour recevoir un cadavre dans le sens de sa longueur, des espèces d'élagères composées de tablettes de marbre ou de simple maçonnerie, sur chacune desquelles reposait un cadavre. Ce modede sépulture adopté par les païens a l'époque ou ils abandonnèrent le système de la crémation des corps, fut aussi employé i Rome par les chrétiens.

L'existence de ces sortes de cimelièrej n'est pas moins constatée pour les trois premiers siècles. Il est beaucoup de localités ou les conditions geolo- 1 giques ei hydrauliques du sol ne permettaient pas l'excaTationde galeries souterraines, et où l'absence |

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de ces catacomb^ est parfaitement constatée, de même que le souvenir de cimetières cliréliens primitifs s'est conservé dans les traditions locales. I! en existait à Carlhage au commencement du troisième spècle, puisque en 203, au témoignage de Terlullien [Ad Scapulam. c. ui), la populace ameutée en réclama la destruction : Âreœ eorum non tint. S. Cyprien, évêque de cette ville, martyrisé en 238, tut inhumé in area Macrobii Candidi procttTalorii, et l'année suivante d'autres martyrs reçurent la sépulture dans une area dont le nom n'est pas consigné dans leurs actes (Ruînart. p. 208). Les reliques de S. Ignace martyrisé sous Trajan furent reportées de Rome à Antloche et inhumées dans le cimetière hors de la ville, proche de la porte Daphnitique, La découverte du tombeau de S. Gervais tt de S. Protais i Milan, tombeau qui était déjà proclamé Irés-ancien en 386 par S. Ambroise [Epùt. ixn. — Cf. Rossi. ibiti.), vient s'ajouter à tous les autres. Le sol sous lequel est creusée la célèbre calacombe de S. Callisle, où précédemment des traces plus ou moins considérables de sépultures avaient été distinguées (comme aussi au-dessus du cimetière de Cyriaque in agro Ytrano), présente aujourd'hui, par 1^ fait de récentes découvertes, l'aspect d'une immense nécropole Les sépultures de celte sorte ne sont las rares dans notre Gaule : H. Le BlanI, de I Inslilut, a donne dans le second volume de ses Iiucripliont chrétienne» de la Gaule (p.

52) le plan d'un Cimetière dirélien, découvert à Vienne, en Dauphiné, et S. De' Rossi eji signale un non

cienne Julia Concordia, en Vénétie {Bull.

Un fait qui n'est pas moins avéré, c'est que les sépultures chrétiennes furent plus d'une fois confisquées en vertu d'édits impériaux.

Valérie 11 interdit aux fidèles les réunions qu'ils tenaient dans leurs cimetières, possédés par eux légalement et à titre collectif, eccletia fratrum, et peu après Galliea les leur permit de nouveau. Dioclétien et Haximien les confisquèrent une seconde fois, et Haxence les leur restitua Or, de ce qu'il fallut des édits spéciaux pour enlever aux chrétiens la liberté de se réunir dans les cimetières, on doit conclure

SfiPV

sËPir

la légîslatîan ordintire leiir en reeoimris* sêSt la légitiflM postession. El il imp^rle de constater que les séptiilnres saMterraîDes elles* mêmes ne ftirent rèeHement pretégée» q&t par le droit de propriélé reconnu et plus respecté qo^en ne le suppose vulgairement par les mellres d» monde, car il est impossible de soutenir que tev existence ait toujours édiappé à la connaissance des magistrats (V. encore le Bulletin de M. W Rossi d'août 1864).

Dn reste, la forme et tontes les conditions de ces sépultures chrétiennes tub^ dh, appelées ceUœ ou cttbicula memoi-iœ, durent être les mêmes que celles des tombeaux constnitls depuis Tère de I» paix, avec leurs hémicycles on exêdrœ^ leur oiva, on ^erftia ou pomarniiR, et conformes aossi à ce que Ton sait des sépultures païennes de la même époq«e. Plusieurs monuments épigraphiques auM bien que des témoignages de Thistoire pourraient être cités, qni changeraient la conjecture en certitude. M. De* Rossi se borne à rapporter un» ittscriplioB de Cberchell, oà il est constaté qn'anr chrétien des premiers sièdes avait laissé par testament à réglise à laqneHe il appartenait, egcusui SASCTAX... RxuQFfiT luvoRuv, c*est-à-dfre un lien de sépulture réunissant toutes ces dispositions, arbah AD siFVLCRA, etcBixAM.«.. Les dimeiisions de fanm funéraire, en longueur et en largeur, étaient indiquées par des inscriptions comme celle-ci: in. FROfife. jMcic» (par exemple x). in. agro. pedeê (p. xx). Ces dimensions étaient quelquefois trèsconsidérables. Ainsi la ci7pte de Lucine, qui est devenue une partie du cimetière de Calliste, et où S. Corneille fut inhumé vers le miliea du troisième siècle, était originairement renfermée dans use area de 100 pieds in frontt et de 180 in agro.

De même» les actes de S. Alexandre, évéque et martyr du temps deMarc-Aurèle, nous apprennent que Fespace assise à son tenbeati et an cime* tière qui Tentoarait était de trois cents pieds, pedes^ per drwitmn hci ccc (BulL 1875, p. 146). Itudenee nons révèle un fait analogne pour le temfaean de Sw Bîppelyle : metando eUgilur lunmkk loeuB (Periêleph* xi. v» 1 51 ) . Cependant ces mesnres ne sont pas toujours marquées dans les ^itaphe» chrétiennes pour' choque tombeau en particulier^ parce que l'aire cimetériale était quelquefois la profBriété de la communauté des fidèles, ecckaim frairumy et administrée par elle.

Ce serait ici le lieu de parier des réunions, anniversaires, sacriices et repas de corps que reeciena frairum célébrait dans les cimetières, surtout près des tombeaux des martyrs. Hais, pour éviter les redites et les doubles emplois, nous renvoyons aux articles Agapes et Stotiona.

lY. — Comme les païens, les chrétiens avaient dans leurs, cimetières, et cela dès les premiers temps, de& constractisns dont Fensembie était dédgnié parle nom collectif cusiodia (monumenti). Or ces fabriques avaient une double destination : servir, comme l'indiqua le nom de cmtodia^ de logements aw gaedienaetanx/owerei, et ménager

UBrrefàgeà ceux qui étaient condamnés ou mifr. chés po«r la cause de la foi. On disttngae enme dans le* vestibule du. draetière de Doniifîlle les reste» dTlin petit escalier qui devait sans dtate aboutir à un étage supérieur où ces sortes de lagement» Liweut ménagés. It les choses étaioift disposées de telle sorte que de ces eMMiœYvÊ pH aieémeat et prowptenwt desrendre dam le cryptes: et les galeries souterraines. C'est ainsi qoe Ton peut se rendre compte d^un liaît soomt n^ porté éans l'histoire du chrîstianinne primitif,! sh voir que les pontifes et les fidèles secachaient el la* bitaient dam lêê ttmettèrei. fivideameBt,ileAtété impassible de vivre longtemps jour et nuit dam les cryptes souterraine» ronse tenaitdanslesisgemeots snpkieuvs et on n'en descendait qn*av nmaent où it devenait nécessaire de se mettre en sàrëtè.

Ces aménagements nous expliquent enesre^, même après la padflcatioB de l'Église; phnievs papes se soient installés éans /er «iméfière» : Libère à Sainte-Agnès, Boniface à Sainte-Félicilé, leanlll anx Saint9-Tribnree>¥alérien^t>]finime(Li6.iWtif, adkœe nom.).

Au temps de ces papes, phisienn cinstiéRSy netanmienl ceux qni possédaient de grandes basiliques, avaient uon^seutenent quelques chmères pour les fMmreêf mais encore &d grands* éiice de tout« sorte, des hospices pour les pèlerios, de maisons pour les mniuioiMirtt (V.ce mot), etpoar les différents fonctionnaires attachés à Icnr service.

Sous Constantin, les bâtiments des grandes basiliques possédaient déjà dee aires et desjardisi entourés de portiques, des loges pour lcs>gBrdiens, des bains et mène des baptistères (Enseb. Yà. Constantin, iv. 59.— Cf. De* Rossi. Borna mti. m. p. 463). On peut citer pour exemples le sandaaiR de S. Félix de Noie, appelé aujoiird*bm eDceiv omitiUy en mémoire de son ancienne deslinatiso, ccBmtéerimn; à Borne, les dmeliéres da Vaticm et de Saint-4^aul sur la voie d*Ostie,et,qnsiqm avse moins de somptuosité, ceuxde la voie Appa^ celai ad cakuMmèm à Saint-Sébastien, celui dePlétotat quliabiu Jean UI et enfin celui de Calliste. hw ce qui concerne Saint-Paul en particulier, ilesiile une inseriptien, aujourd'hui comptétcmeot restituée par M. De* Rossi (Op. /Mi.p.464),coaBbUnt les réparations que fit exécuter au snième sièeh un» personnage du nem d'Eusébe aux dépendmos du cimetière atteisani à la basâiqne de l'apélre; et rien autant que cette description ne poomit donner au lecteur une idée de la magnifioeMe de ces sortes de conatroBtiens. Ce cimetière était i»vironné de portiques soutenus par des coloiiaef et décorés de peintures, et auxquels étaimt aonexés des bains revêtus de marine et maais de tous Tes accessoires, habituels. Âuniessus des psrtiqnea et des tberans régnaient des habiCatisas tellemeni somptueuses, qu'on leur donna le um de palatium. L*entrée publique des cryptes soiterraines était précédée d*un vestibnle, et ao ceMie de Taire s'élevait une fontaine entenréc de ewtés (V. notre artt. CawAoFu^i et une chaaibre jesr

un girdiea cbti^ de vëllw apfchh—nH lur Ips ometoenls da métaux précieux qui yiiia^. tenter la cupidité des volMira. Lm pwttf du qu»driporticiue des cisietiirw étaient oraéea de ii§iUa, petites statuer probablenent à» broMe. Des Itmsenoes ou baJustres de marbre remplisuirait les enlre-colaiiBeinenls du portique, les galeries su— pèrieures et les autres parties de cette tplendide rèuntoD d'édifices, qui dut dèjï ètrecuaplétecneiit mtaurée à la fin du ûxièn» siècle.

Y. — L'usage deosevelir les mocta Imt» de l'oiceinle des villes, et en particulier dans les ca- Ucombes, persévéra à peu près sus eiceplioo jBfiqu'à CMistauliu; du meias, ou se cDUtenla dès lors d'une tCHnbe creusée sous le sol des galeries, car les pierres tumulaires cpi'oa tieuce dans cette posilim portent des dates coosdaire» du qaatnéaM siècle. Ce prince fut le premier qui, dérogeant à la loi commune, choisit, atec l'ataeiitiinent de l'Eglise, sa sépiillore dans la basilique des S3. Apôtres i Conslanlinople (Ets^ Jn vil. Ilonâlaittin. I. ir. 60). \£ de^ et le peuple restant sonmis à l'ancieDiie discipline, el l'iakumation dans les catacombes ne cessa loui i fait, comme <n l'a vu plus haut, qu'aa cinquième siéde. Les empeieurs Tbéodeu et Uooerius suinrenl l'exH»pW de Conslanlin [Ex CArytosl. havùi, un la EpÎMi. 3 gd CoT.j, et peu à peu d'autres perse»oages considéribtes désirèrenl aussi procura sel honneur à leur dépouiUe mortelle: si liioi que Gralien et Vaioutinieu se yife&t obligés de réprimer cet abus par ui» loL L'Église, de son cAlè, résista awc éoe^ie à ce senlimeat de dérotian indiscrète, o« imeux peut-être de Hnilé, qui portait beaucoup de gms t demander un tembetu dans l'intérieur roËiBe des temples: c'est ce que prouvent les statuts du pspe Pelage II sur celte matière, ain» «jue les prescriptions d'un grand nombre de conciles de l'Espigue, de l'Allemagne et de la fiaule (V. PeUieda. D* accl. pêlU. a. 315) , et mieux eocora les aeles des niahreuses transi»liMU de corps de martyrs qui euruit lieu dés les tempe primitif. Ce n'est ip'au sepliéne siàde que l'iadulgeiice de l'ËgUse coomenca à permeUre ou tout au moins à tuléro* partout le» inhumationot non ps» dans l'intérieur, mais dans le pourtonr des temples, usage qui, comme on la peut noadure du décret de Pelage cîU {due haut, s'était déjà introduit en Italie un siècle plustM.

SERPEKT. — Considè^ symboliquement, le serpenta été prischettes premiers chrétiens dans trois significations différentes.

1* Comme signe de la victoire de Jésus-Christ sur le démon. Ainsi on figurait un serpent enroulé au pied du monogramme ou de la croix, afin de montrer • que celui qui avait vaincu par le bois était à son tour vaincu par ce même bois, > u( çtu in ligna vincehat, tu Ugno quwpe nneerebtr (pré- Tace de la Passion). On parle de quelques gemmes nDtKfuea retraçant «et inlénesiant sujet. Nous n'en coBBMssenspw d'sunqriekOiisàeUeseiistanl,

can Mito dr nprisentatioos ne deiveol jw être aoléiieures à l'époque de Canstantio.

empereur, si nous ta croyons son panégyriste Eusébe {bt Vit. Conileniin. lib. ui. cap. 3). s'était lait peindre lui-même dans le vestibule de son palais, avec le signe victorieux de la croix, sur la tËle, et perçant avec la pointe de la hampe de son Uihurvm le dragon terrassé s«us ses pieds. Ce type bit aussi reproduit au revers d'une des roédailles de ce prince et d'une (ùêce de son lils Constance (V. les art. Smttitmaiique et ûraconanw). En vsicvun spécùrn, reproduit par Aringbi (t. a. p. 705], d'après Baremus.

Une trés-curîeuse lampe d'argite, du commencement du sixi^ae siéde probablement, Irou-vée

en I86S dans les ruines du palais des Césars à Rome, représente Notre-Seignaor ddwut, foulant aux pieds un serpent qu'il perce encore avec ime longue haste suraonlée d'une cEoix, tandis qu'un

SERP

SERP

srutre reptile, se dressant à la gauche du Sauveur, brandit son dard contre lui. On voit en outre un lion sous ses pieds : de telle sorte que Tensemble de celte scène parait être la traduction du treizième verset du psaume xi : iuper aspidem et basiliscum ambtUabiSy et conculcabiê leonem et draconem (V. De' Rossi. BulL 1867. p. 12. n. 1).

L*iconographie ancienne représente souvent aussi les Saints terrassant le serpent, pour exprimer leur courage à combattre les tentations et à vaincre Tesprit des ténèbres.

En mémoire de la destruction de Tidolàtrie, qui était le règne du démon, on avait anciennement coutume de porter dans les processions ou litanies majeures (V. ces mots) un serpent, conjointement avec la croix et la bannière (Claud. episc. Andegav. De processionibuSy cap. m). Âllegranza afQrme(Jfonum» $acr. ant. di Milano. pag. 96) que Tusage s'est conservé à Yicence de faire précéder ainsi dans les processions la croix du clergé par un serpent ou dragon.

2» Les premiers chrétiens employèrent encore la figure du serpent pour personnifier cette vertu qui, selon S. Bernard (/n Canlic,)^ est la régulatrice de toutes les autres, et sans laquelle toute vertu deviendrait vice, c'est-à-dire la prudence, si instamment recommandée par Jésus-Christ à ses disciples : « Soyez prudents comme des serpents, > étiole prudentes sicut serpentes. Et comme c'est surtout dans les évèques que cette vertu doit briller d'un vif éclat, selon le précepte de S. Paul à son disciple Timothée (l Tim. ni. 2) : Oporiet épiscopum .... esse prudenlem^ on a observé que souvent les images des anciens évèques sont entourées et comme encadrées d'un serpent. C'est pour le même motif que chez les Latins, du moins dans les temps anciens, le bâton pastoral se termine presque toujours aussi à sa partie supérieure par une tète de serpent, tandis que celui des évèques Grecs porte à son sommet un globe de cristal qui signifie la divinité de Jésus-Christ, roi des cieux (S. Isid. Ilispal. De divin, offic, — Cf. Hacri. Hierolexic. ad voc. Bacuh pastoral,)

Dans un bas-relief de marbre, servant de décoration à la porte méridionale de la basilique de Saint-Ambroise de Milan, on voit ce grand évèque tenant de la main gauche une crosse ainsi serpentée, et de la droite une espèce de thyrse avec trois bandelettes flottantes sous le cône supérieur, façonné à peu près comme une pomme de pin. Et ce qui est plus remarquable encore, c'est que les bras et les jambes du siège ou de la chaire sur laquelle S. Ambroise est assis, ont aussi la forme de serpents. Ce curiçux monument se trouve reproduit dans la lettre initiale de la sixième dissertation du P. Allegranza sur les monuments chrétiens de Milan (page 93).

3* Nous voyons enfin le serpent pris comme figure de la croix et de Jésus-Christ lui-même. Gretzer et Jacques Bosio ont longuement développé ces allégories dans leurs ouvrages spéciaux sur la matière (De cruce, — De crttce triumphante).

L'esprit d^hérésie gâta, il est vrai, cette doctrine et corrompit ce culte, qui dérivaient en droite ligne de renseignement de Jésus-Christ : Sicut Mo^ta exaltavit serpentem in deserto, ita exaliari oportet Filium Hominù (Joan. m. 14), c comme Moïse élera le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de rHomme soit élevé. » Les ophites, suiîant en cela les nicolaîtes et les premiers gnostiques, rendirent au serpent lui-même un culte direct d'adoration, et les manichéens le mirent aussi à la place de Jésus-Christ ($. Augustin. De kœret. cap. xvn et xLvi). Et nous devons regarder comme extrêmement probable que les talismans et amulettes avec la figure du serpent qui sont arrivés jusqu'à nous, proviennent des hérétiques de la race de hsiiide, et non pas des païens, comme on le suppose communément (Y. Fart. Abraxas).

Mais cela n'empêche pas que les fidèles, alors que toute sorte d'obstacles s^opposaient à Texhibition extérieure de la croix (Y. l'art. Croir), n'aient adopté, pour la remplacer, l'emblème du serpent, comme ils employèrent ceux de l'agneau, du Bon- Pasteur (Y. ces mots), comme ils se servirent da monogramme et d*une foule d*autres signes arcanes (Y. Gori. De mUrato capile Jesu Ckrisli cncifixi, cap. v) ; ils purent garder sur eux de c» sortes d*araulettes, mais en reportant leurs hommages et leur confiance sur celui .dont le serpent n'était à leurs yeux que la figure, et qui seul fut immolé pour le salut des hommes. C*est ce que S. Ambroise enseigne formellement en plusieurs endroMs (De Spirit. sancto, lib.iu. cap. 9): Imap enim crucis œreus serpens est,»,, qui proprim \\k Salomon, cap. xu et serm. lv De cruce ChritU) ml typus corporis Christi^ ut qtûcumque in eum aipicerety non periret, « car Timage de la croix, c'est k serpent d*airain.... qui était le propre type du cor|)S du Christ, de telle sorte que quiconque le regarderait, ne périrait pas. •

Mais nous avons mieux encore que ces serpenl« isolés employés comme amulettes et signes arcanes de Jésus crucifié : le fait lui-même tel qu'il est raconté au livre des Nombres (cap. xxi. 9), se troure représenté dans un verre doré, précieux sous piosieurs rapports. On y voit Ifoîse, une verge à ia main, et montrant avec Tindex de la gauche nn énorme serpent dressé devant lui; un second personnage représentant le peuple juif est de Tautre cêté du serpent.

On peut lire dans le commentaire au psaaoe trente-septième Tapplication parénétique que S.

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