SOLE
modien [Carm, apolog, in Spieileg. SoUnn, t. i. p. 20) adopte aussi leur témoignage.
4* Lactance a plus de poids dans son jugement. Il attribue à ces oracles une vertu presque divine (De divin, iMiit. 1. i. c. 6, et encore lib. vu. 23). On a prétendu qu'en parlant ainsi, Lactance se plaçait au point de vue des païens et s'accommodait à leur langage ; mais il n*en est rien : Lactance, comme S. Justin, Théophile d'Alexandrie, Tertullien, a cm que les sibylles étaient à la vérité les organes du démon, mais que néanmoins, de temps en temps, par Tordre de Dieu et contraintes par son irrésistible volonté, hors d'elles-mêmes et comme en fureur, elles avaient prononcé des oracles véritables (lib. vu. 24) : Sibylla valicinans furensque proclamât.
5* Nous ne devons pas négliger le témoignage de Constantin, qui, dans son fameux discours Ad cosium $anctorum (c. xx), probablement composé par Eusèbe, invoqua, lui aussi, Tautoritédes oracles sibyllins en Taveur du christianisme, contre l'obstination des idolâtres.
6* S. Jérôme se montre favorable aux sibylles dans son premier livre Contre Jovinien (c. xu).
7* Au cinquième siècle, S. Ambroise, ou peutêtre le diacre Uilaire (Epist. ad Corinth. n), sans lépudier la valeur de leur témoignage, attribue leur inspiration au démon.
8* Hais S. Augustin se déclare ouvertement en leur faveur, bien qu'il convienne que, de son temps, les exemplaires de leurs oracles étaient fort rares, surtout en Afrique (De civit. Dei, 1. xviu. 23). C'est ce Père qui a donné l'explication la plus claire de l'acrostiche ixerc (V. les art. Acrottiche eiPoisêon). Et on peut regarder comme certain que si les premiers chrétiens ne puisèrent pas le Symbole du poiuon dans les oracles sibyllins, ils empruntèrent du moins le fréquent usage du mot ixerc aux cinq premiers vers applicables au Sauveur, lesquels, par leurs initiales, formaient l'acrostiche de ce mot. La seule inscription chrétienne antique qui reproduise avec une fidélité complète cet acrostiche a été trouvée à Aulun (Y. l'art. Acrostiche), et il est probable, pour ne pas dire certain, qu'elle fait allusion à celui des vers sibyllins. Pour en revenir à S. Augustin, il témoigne encore la plus grande vénération pour les sibylles dans son livre Contra quinque hœreses (iv).
9* On pourrait citer encore S. Prosper (De promis», 1. m) et S. Isidore de Séville (1. vui. c. 8) «t quelques autres; mais ils n'ont rien avancé d'eux-mêmes, ils ont parlé favorablement* des sit>ylles d'après l'autorité de Lactance ou de S. Augustin. Nous nous en tenons à cet exposé purement historique, car il ne convient pas à la nature de ce recueil que nous entrions dans les controverses que cette intéressante question a soulevées dans tous les temps.
80LEA. — C'était, dans les basiliques primitives, un espace qui précédait immédiatement le âanctuaire, et qui était élevé de quelques degrés
au-dessus du sol des ambons (Y. ce mot), ou chœur des clercs mineurs. C'est là que venaient recevoir l'euchanstie ceux à qui l'entrée du sanctuaire était interdite, c'est-à-dire tous les fidèles qui ne faisaient pas partie du clergé, ou bien encore les clercs même in sacris qui, à cause de quelque grande faute, avaient été réduits à la communion laïque.
A raison de l'élévation de ce lieu, l'évêque qui s'y tenait pour distribuer la sainte communion aux fidèles était vu de tout le monde, comme S. Jérôme le fait observer dans son épitre Contre les ludfériens : Episcopum coipus Domini adtrectantem, et de sublimi loco eucharistiam populo minisirantem^ « l'évêque tenant en ses mains le corps du Seigneur, et d'un lieu élevé administrant l'eucharistie au peuple. » C'est à cause de cette sainte destination que la solea était pavée d'une marqueterie de marbres précieux ; Cedrenus rapporte que le pavé de la solea de la grande église de Constantinople était tout composé d'onyx (Ap.Menard. p. 319).
C'est là que siégeaient les sous-diacres et les lecteurs, au dire de Siméon de Thessalonique (Cf. Sarnelii. Basilocogr. p. 85). Là se tenaient aussi les diacres qui devaient être ordonnés prêtres: deux diacres, sortant du sanctuaire, venaient recevoir l'ordinand en ce lieu, pour le conduire jusqu'aux portes saintes, oii il était reçu par deux prêtres, qui, l'ayant introduit dans le sanctuaire, entouraient avec lui la table sainte (Sarnelii. ibid.),
SOLEIL (le) et la LUNE. — Aux angles de certains sarcophages païens on remarque deux masques de proportions colossales, quelquefois coiffés du pileus phrygien que les antiquaires regardent comme les figures du soleil et de la lune (V. Bottari. xxxn. lxxvi) et dont l'antiquité avait fait l'image allégorique de la vie humaine. Employées comme décoration de nos monuments funéraires, ces figures prennent un autre sens que celui que leur assignaient les païens, et deviennent le symbole de l'espérance chrétienne. Les tombeaux ne sont pas la seule classe de monuments où figurent ces masques ; on les voit sur des monuments d'un ordre plus élevé, par exemple sur l'autel de la basilique de Saint-Laurent-hors-desmurs de Rome, dont la composition révèle dans tous ses détails l'imitation d'un sarcophage antique (Ciampini. Yet. mon, 1. i. tab. xlv. fig. A),
Quoi qu'il en soit, il existe des sarcophages chrétiens aux angles desquels se voient aussi deux demi-fîgures humaines, dont l'une, représentant le soleil, est ordinairement coiffée d'une couronne radiée, et quelquefois du bonnet phrygien, selon le type des représentations de Mithra (Bottari. tav. xui- Lxxxvi, XXXI et cLxni). Comme ces deux figures se trouvent à peu près sous des formes identiques sur les tombeaux païens et sur les chrétiens, nous les donnons ici d'après un sarcophage antique de la villa Corsini à Rome. On remarquera que la lune a la tête surmontée d'un croissant (Bottari. t. i. p. 12 i).
Quand ils accompagnent le Bon-Pasteur, comme dans une belle lampe du recueil de Sanle Bartdi
{Lucerne anlicke. part, m, n. 20). le soleil et la lune pourraient avoir un sens dirTérenl et exprime)- l'élernité, comme on interprète ce même sujet pour les médailles (Etkel. ti. 423), et rappeler que le Clirisl est le Patleur éUrnel. Cette explication est de I abbé Cavedoni {Ragguaglio délie art. Criit. p. 32).
Le soleil et la lune, sous forme humaine, sont figurés sur les plus anciens crucifix, pour exprimer te fait miraculeux de l'obscurilé simuUanée dont ces deux asires furent atteints au moment de la mort du Rédempteur, ou mieux peut-être pour exprimer les deux natures de Jésus-Clirist, comme nous l'avons expliqué à l'art. Crucifix [V, 1*}; c'est ce qu'on voit dans la fresque du cimetière du pape S. Jules (Doltari. t. uiin) où est peint un Clirisl vêtu d'une tunique sans manches, et qui est probablement l'une des plus andonnes images qui existent de Jésus-Clirist en croix. Les mêmes attributs se font remarquer sur le crucifix du diptyque de Ramboua (Buonamioli. Vetri. p. m ), où, comme pour épargner aux fidèles toute hésitation, l'artiste a, ainsique le montre aussi l'exemple précédent, écrit les noms du soleil et de la lune au-dessus de leurs tètes : sol — Lv.tA. Le soleil et la lune sont également figurés, et de la même manière, sur le fameux crucifix de Velletri (Borgia. De cruce Velii.). et Borgia les signale encore sur un christ peint dans un évangéliaire syriaque du sixième siècle. Hais ce qu'd j a de particulièrement remarquable dans lediptyque de Rambona, c'est que les deux demi-figures humaines qui symbolisent le soleil et la lune portent un flambeau d'une main, tandis qu'elles tiennent l'autre appuyée à leur joue en signe de douleur (V. pour plus de détails les art. Maint et Crucifii). Il parait que, d'assez bonue heure, les fidèles tinrent a subsliluerà ces emblèmes qui, extérieurement du moins, pouvaient passer pour une imitation servile du paganisme, d'aulres sujets ne prêtant point à équivoque.
Ainsi, parmi les découve ries nouvelles faites par U. De' Rossi au cimetière de Calliste, nous avons vu un Iragmenl de jarcophage aux angles supérieurs duquel Hgurenl, au lieu du soleil et de la
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lune, les têtes de S. Pierre et de S. Paul. C'tet d'après le mémo principe, c'eil-à-dire le ùle dw premiers chrétiens pour le culte des marijrs, et le désir de placer leur sépulture sous leur proleclion, que la tète de S. Genès d'Arles a élé sculptée aux angles de quelques sarcophages <te celle ville, et en particulierdeceuxqui, aumusce, portent les ir 15, 98, 136. On voil ausà la m de ce martyr sur un fragment du musée lapidaire deL;on. n*018. Ce sujet fut longtemps pour nous une énigme, dont le mot nous a été enûn rétélé par la sagacilè et la bienveillance toujours désintéressée de H. De' Ros^i. Des masques de même nature décorent aussi des sarcophages de Kilan (V. Allegrarza. Sacnmonum.di Jfi(niio.-Femri, ilonum. di S. Ambmgio) ; et en jugeant paraailogie, on peut supposer que ce sont les té!» de S. Gervaiset de S. Pi-olais.
SOUS-DIACRES. — Lessous-diacresouhypodiacres sont les clercs qui servent immédiatement les diacres dans la liturgie. Les uns souiieanot que le sous-diaconat fut institué par Jésus-Chriïl. d'autres rallribuent aux a|)Atres, d'aulres enfin en placent l'origine vers la fin du premier sirde. C'est au milieu du troisième siècle que les écrivains ecclésiastiques eu font mention pour la pnmière fois. S. Cyprien en parle au moins dii foi* dans ses épllres, et S. Corneille (£^. ad Fai. ap. Euseb. vi, *3) énumére sept sous-diacres dan. le catalogue quil donne des clercs de l'Église riK
Le sous-diaconat fut, jusqu'au douiiéniesMe. mis au nombre des ordres mineurs dans l'Ê^liie latine, comme il l'est aujourd'hui encore diri b Grecs. Cependant, dès l'an 5N0, il emporta lobligalion de la continence {Baron. Ad hiue <a». n.-iS]. Gruler(nui.S, aux. I) donnedes inscriptions menlionnant des sous-diacres; Reinfsiiu [Clasfii XI. 57) rapporte répilaplie dePieiresousdiacre delà quatrième région de l'Église romiine; II. De' Bossi (i. 500) celle de Marcellus sons-diacrf delà sixième-, lCaccliaria(Jp. Calogera. t. uk. p. 145). celle du sous-diacre sirctvi.vs, Iniuiéf à Sain l-Laurent-hors-des- murs de Rome; cl ï. te' Rossi, entre beaucoup d'aulres, celle d'Amufi. qui est du milieu du cinquième siècle (i. H'n.743);enfinH.LeBlant (i. 396) celle d'un s«i*diacre de Trêves ; vbsuiuio svbducoso. Nous trouvons dans Hartorelli (De reg. Thee. calam. p. iSt le litulut d'une Paula fille du sous-diacie I^ul e»>. kiTB. n»r.u uAr.ioï. vnoi^»rTiTiir... IMIe-ci f*i transcrite dans l'ouvrage du P. Marchi (p. ij'l uitiosvbdII picutosi II HisuiHE as; nottsIacHoiis à cause de sa louchante formule, « Seigneur, ijH pitié du pécheur Agati us sous-diacre •-
8P0RTULF. — V. l'art. Clergé, I, f.
STATIONS ici TOMBEiDi Des Mums ci w
CONFESSEURS, ET *CiaES. - 1. - L'ÉgliSC, déS W
origine, eut un soin extrême de tenir note eiaw
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du jour, ainsi que des circonstances de ia passion (lèses martyrs : ce jour s'appelait natale (V. les art. Natale, Calendrierê, Noiarii, etc.), et le Catalogue où il était fixé servait de guide pour en célébrer Tanniversaire, êtato die, comme le prescrit S. Cyprien (l. lu. ep. 6) : denique et aies eorum, quitus exceduntj annotate, ut commemorationiê eo}'um inter memorias martyrum celebrare posi^imus^ et comme, dans sa lettre à Trajan, Pline le constate, bien instruit au moins en cela des habitudes des fidèles ; et c*est du retour périodique de ces assemblées que leur est venu le nom de stations.
D'autres pensent (Y. Ugonio. Brève diêcono tntorno le staziom) que le mot de station passa de la milice romaine à ia milice chrétienne ; et en elfet, nous avons dans Tertullien (De orat, — De coron, milit. — Dejejun.) : Si stalio de militari exemplo nomen accepit, nam et militia Dei sumus. D'où le docte Gabriel de l'Aubépine conclut {De jejun. et ilalion. observ. iy. n. 10) que, comme dans les stations militaires, les sentinelles montaient la garde tout le jour, de même les fidèles • n'abandonnaient pas la station de l'Ëglise avant l'heure (le none, » et pendant tout ce temps on observait un jeûne rigoureux.
On se réunissait autour des tombeaux des martyrs et des confesseurs,etsurle sarcophage môme renfermant leur dépouille mortelle on offrait d'al>ord à Dieu le sacrifice eucharistique (V. les art. Autel, Confession, Arcosolium) ; et ensuite tous, sans distinction de rang ni de fortune, prenaient part à ces repas de charité qu'on nommait aga^ pes (V. ce mot).
Que ces stations fussent sanctifiées par l'oblalion de la victime divine, c'est ce qu'attestent mille témoignages irrécusables. S. Cyprien, notamment, en fait foi dans sa trente-septième lettre à son clergé de Carthage: Celebrantur hic a nobis oblaiiones et sacrifcia ob commemorationes eorum {niartyrum). TerluUien est plus clair encore (De coron. Il) : Oblationes pro natalitiis annua die facimus. ÏA célèbre lettre de l'Ëglise de Smyrne à celle du Pont (Ëuseb. Hist, eccL iv. 25) atteste .lussi que les fidèles recueillirent précieusement les restes de S. Polycarpe^ pour les placer en lieu sûr, de façon à pouvoir s'y réunir pour célébrer cliaque année son glorieux trépas : Convenientibus contai Deus natalem illius martyris diem cum fiilarilate et gaudio celebrare.
A Rome, on ne saurait douter que les fidèles celé braient ces anniversaires dans les cimetières mêmes où reposaient les corps des martyrs. L'histoire de ces temps héroïques nous en fournit d'inuombrjbies exemples. Ainsi, nous lisons dans le calendrier du P. Boucher (De doctrin. temp. p. ^ 68) que, le sixième jour avant les ides de juillet, on fêtait l'anniversaire des SS. Félix et Philippe au cimetière de Priscille, celui des SS. Martial, Vital et Alexandre au cimetière dit des Jordani, celui de S. Sylvain, dont le corps avait été arra- 4^ lié à sa sépulture par les no valions, au cimetière
de Saint-Maxime, et enfin au cimetière de Prétextât la mémoire de S. Januarius. Le cardinal Tomasi avait puisé des notions analogues dans les plus anciens livres liturgiques de l'Église romaine ; il y avait même lu avec plus de précision encore que, la veille des ides de juillet, jour natalice des Sept Frères martyrs, il y avait station en quatre lieux différents : sur la voie Appia au cimetière de Prétextât, en l'honneur de S. Januarius , et qu'ensuite il y avait une première messe sur la voie Salaria dans la partie septentrionale du cimetière de Priscille, une seconde messe au lieu dit Saint-Alexandre, in cœmeterio Jordanorum, et enfin une troisième au lieu de Sainte-Félicité (Tomasi. 0pp. edit. Rom. ii. 491).
Qui n'a pas entendu parler de la mort violente que trouvèrent, sous le règne de Numérien, un grand nombre de chrétiens de Rome dans la caf acombe de la voie Salaria, où ils s'étaient réunis pour célébrer la fête des SS. Chrysante et Daria, des SS. Diodore prêtre et Marianus diacre, les païens ayant muré l'entrée du souterrain pendant qu'on offrait le saint sacrifice (Baron, ad an. 284) ? On lit aussi dans les Actes du pape S. Etienne (Cf. Baron, ad ann, 2G0 iv) : Stephanus a militibus ad se capiendum a Yaleriano missis inventus, sacrificium Deo offerens intrepidtts et consians, perficiens cœpta, in loco qui dicitur cœmeieiium Cal^ lisli, ante altare in sua decollatus est sede: a Etienne ayant été, parles soldats qu'avait envoyés Valérien pour le pren(h*e, trouvé olTrant le sacrifice à Dieu, ferme et intrépide, achevant l'action commencée, dans le lieu appelé cimetière de Caliste, fut décollé sur son siège en avant de l'autel. » Mais on ne saurait rien désirer de plus clair ni de plus circonstancié que ces vers de Prudence (Peristeph. xi. vers. 195 seqq.) au sujet de l'immense concours de fidèles qui affluaient au tombeau de S. Hippolyte le jour anniversaire de son martyre :
Jara cum se rénovai decarsis mensibus annus
Natalemque diem passio Testa refert, Quanto putas studiis certantibus agmina cogi,
QuaSve celebrando vota coire Deol
Après les persécutions, alors que de splendides basiliques s'élevèrent sur les tombeaux des martyrs, on donna à ces fêtes commémorât ives plus de solennité et de magnificence ; l'espace immense de ces églises admettait un concours plus nombreux, et le plus souvent les papes présidaient eux-mêmes les stations qui s'y faisaient. S. Grégoire le Grand se signala en ceci par un zèle ardent ; il aimait surtout, à l'exemple de S. Léon, à prononcer dans ces assemblées des homélies ayant pour objet la gloire des martyrs dont ces basiliques recouvraient les sépulcres (V. l'art. Prédication). Nous trouvons dans le recueil de ses Œuvres celles qui furent données dans les basiliques de Sainte-Agnès,des SS.-Marcelin-et-Pierre, de S.-Pancrace, de S.-Félix, des SS.-Processus-et-Martinien, de S.-Laurent, des SS.-Nérée-et-Achillée, etc. (V.
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l*art. Péironille [Basilique de Sainte-]), ainsi que Tat testent leurs tilres : Homilia habita in baêilica SS. N. N. m die natali ejus ou eorum. £t les titres de ces homélies, rapprochés des rubriques du missel romain actuel, prouvent que les stations se font encore aujourd'hui à Rome exaclement selon les régies fixées au sixième siècle par S. Grégoire. Nous savons par Jean Diacre (In Vit. Greg, 1. u. c. 2) que ce pape, si zélé pour les cérémonies de TËglise, se rendait aux stations en grande pompe, avec le primicier, les chantres, les acolytes régionnaires à la suite de la croix stationale (V. les art. Croix, HI, Draconarius, Slaurophori).
11. — Outre les anniversaires des martyrs, il y eut de bonne heure d*autres jours de stations, et nous croyons, bien qu*une certaine confusion règne dans cette matière, que ce nom fut appliqué en générai à toutes les assemblées du peuple pour les synaxes.
1* Les récits des Actes (u. 4G et alibi) ne permettent pas de douter que, dans le principe, les apôtres rassemblaient les fidèles de Jérusalem tous les jours, quotidie. Mais il n*est pas moins vrai que le jour de leur assemblée solennelle était le dimanche (Act* xi. 6. 7. — 1 Cor, xii. 2) ; et quand vinrent les persécutions, il ne parait pas qu*il y eût d'autre jour ordinaire de station que celui-là. S. Justin, dans sa deuxième Apologie, semble le supposer: • C*est au jour du soleil que copamunément nous nous assemblons. » Le mot communément, en établissant la règle, laisse place aux stations exceptionnelles, comme celles des martyrs, quand elles tombaient dans la semaine. 2* Peu après ce saint martyr, on ajouta au dimanche, du moins dans certaines Églises, d'autres jours d'assemblée.
Ainsi parle Terlullien (De orat. xiv) des jeûnes et stations de la quatrième et de la sixième férié, c'est-à-dire du mercredi et du vendredi, qui furent pour ce motif appelés dies stationarii. Et si le dimanche fut choisi en mémoire de la création et de la résurrection de Jésus-Christ (Justin, ibid.), le motif de la préférence donnée aux fériés quatrième et sixième vint de ce que Tune était le jour où les Juifs avaient tenu conseil pour mettre Notre-Seigneur à mort, et Tautre celui de la passion de ce même Sauveur (Augustin, ep. lxxxvi. Ad Cawlan»), Quoi qu'il en soit, nous savons par Tertullien (Ibid,) et S. Basile (Epist. cclxxxix) qu'en ces jours on célébrait Teucharistie ; et nous sommes en droit de conclure de ces témoignages que le saint sacrifice était précédé et suivi des mêmes offices que le dimanche, psalmodie, lecture des Écritures, prières pour les catéchumènes et les pénitents, etc.
3' Les auteurs anciens font aussi souvent mention du samedi comme jour stationnaire. Mais nous manquons de documents pour assigner soit l'origine, soit les raisons de cette coutume. S. Athanase est le premier qui en ail parlé (HomiL de semente) : encore n'assigne-t-il à cette station d'autre but que d'adorer Jésus-dlirist, le maître
du sabbat, tout en excluant néanmoins tonte intention d'imitation du judaïsme : Non quod ;«daitmimorbo laboremus,sed DominumsabhatiJesim adoraturi. Et nous devons en ceci distinguer entre les Églises latines et les Églises grecques: les premières, si nous en exceptons celle de Milan, traitaient le samedi comme un jour de jeûne, et les Églises orientales comme un jour de fête. La différence qu'il y avait entre la station du samedi et celle du dimanche, c'est que celle-ci excluait le travail et que Tautre l'admettait.
Mais le samedi et le dimanche étant plus saints que les autres jours de la semaine, étaient précédés de vigiles, lesquelles retenaient les fidèles à l'église pendant la plus grande partie de la nuit, ce qui leur fit donner le nom de pemodationa, et depervigiliœ. S. Chrysostome (HomiL iv De terh. Esaiœ) dit Téquivalent de pemodationeSf etperpetuœ stationes.
Les stations de cette espèce avaient lieu dans d'autres circonstances encore : dans les supplications motivées par de graves nécessités de rÉgiise; on en peut voir des exemples dans S. Chrysostome, S. Augustin, Rufin, Socrate, Sozoméne, Théodoret (Cf. Bingham. v. 288) ; à certainest^es solennelles de l'année, TÉpiphanie, Pâques, Ykècension, la Pentecôte, au témoignage de Terlullien, deLactance, de Socrate (Cf. ibid.) ; aux anniversaires des martyrs, etc.
Pour ce qui concerne TÉglise latine, il est souvent fait mention des vigiles ou pemoddma dans le concile d'Elvire (can. xxxt), dans les Œuvres de S. Jérôme (Ep, vu. Ad Lœtam. — Comment, in Daniel, iv), de S. Ambroise (Sens, m In ps. cxvin), de S. Augustin et de S. Hilaire, etc. Il est vrai de dire néanmoins que ces autorités r» prouvent à la rigueur que pour les vigiles pnTé<> ou pour les vigiles communes de l'ofiice de nutines qui ne commençait qu'après minuit. S. Sidoine nous fournit seul un témoipage direct .Ly, epist. 17) au sujet delà vigile de la fête de S. Just, évèque de Lyon.
4* Pendant le carême, il y avait des assemblées quotidiennes, tant pour la prière que pour Taudition de la parole de Dieu. Mais on ne consacnit l'eucharistie que le samedi et le dimanche, coffline il parait par un canon du concile de Laodicée (tan. xLix). Anciennement il n'y avait aux jours de jeàoe quadragésimal d'autre messe que oeUe des pr^ sanctifiés (V. l'art. Messe, VI), excepté les samedis, les dimanches, et le jour de rÂnnoociation. Aussi ne doit-on entendre par stations proprement dites que les jours où l'on consacrait ra* charistie, et où l'on rompait le jeûne après la réception de la communion qui s'appelait comiw* nion stationnale, ce qui a fait donner encore âœ^ jours le nom de « demi-jeûnes •, semijejunt"' (TertuU. Dejejun. xiu). Tertullien, dans un aoln' endroit (Ibid. xiv), distingue nettement lesstilions du mercredi et du samedi, en les dé5igB«»J absolument sous le nom de stations, d'avec ceil<^ du vendredi saint, qu'il appeUe jeûnes.
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5* Enflo, Irs cinqiianle jours «n(re Pilques et la PentecMe élaienl lous obseriés comme jours de joie, et ne faisaient pour ainsi dire qu'une f^le continuelle, et cela de (ouïe anliquiié, car Ttrlullien le conslale déjà dans son livre Sur l'idolâtrie {ii'/); el dans un autre eudroit (De coron. mUit. m) il alTirme que lous ces jours étaient assimilés au dimanche quant aux offices religieux.
III. — Un donnait aussi le nom de ttalioni aux églises, oratoires ou autres lieux, où les processions s'arrftijenl pour y faire certaines prières, y chanter des aiiti<^nnes, et y célébrer la liturgie (V les art. Proceuiong. Litanies, liette, lY, elc). Hais une église était spécialement désignée comme point de départ de la procession, et la réunion du clergé et du peuple à ce rendei-vous commun s'appelait colltcle. Ainsi, par exemple, lorsque la station, ou but de ia procession, était fixée dans la basilique de Saint Paul, la coliecle se Tiisait à Sainte-Sabine sur le mont Aventin.
STAUROFHORI.-:- Composé de deux mots
grecs dont l'association signifiepoi'fe-croû, ce nom était donné anciennement aux clercs qui portaient les^roii dans les processions.
(^t usage était en vigueur vers lafindu quatrième siècle; témoin la Vie de S. Porphyriut, évéque de Uaza, dont la traduction latine par Uervel est insérée, au vingt-six février, dans la collection bollandienne. flous avons un illuslre exemple de cette pratique dans S. Clirysoslome, dont, comme on sait, l'élection au siège de ConsLantinopte est de l'an 398. Comme les ariens, privés d'églises par Tbéodose, se rassemblaient dans les lieux publics et parcouraient la ville en bravant les catholiques par des chants impies et injurieux pour la foi de Nicée, le saint évéque, voulant soustraire ses ouailles aux dangers qu'elles eussent pu trouver dans les paroles insidieuses des hérétiques, crut devoir répondre à la tumultueuse démonstration de ceux-ci par une shinle el pacifique procession entête delaquelle marcli:ijentdesilauropWt portant des croix avec des flambeaux allumés. C'est l'historien Sozoméne {Hitl. eccl. c. vm) qui nous a conservé ces précieux détails. Bientôt tes Pères du cinquième concile, dans leurs décrets et acclamations contre les acéphales et les sévériens, et en outre ceux du deuxième concile de Kicée, érigèrent en loi la discipline, librejusque-là.de faire porter dans les processions, en avant du peuple chrétien, la croix, comme l'étendard de la réparation du monde.
Les croix ainsi portées dans les processions n'étaient point, comme l'usage s'en est établi plus tard, fixées à de longues tiampes ; elles n'avaient aucun su[^rt. C'est ce qu'on peut voir dans le ménologe de Basile, au 27 octobre et au 36 janvier, ou sont représentées des processions qui avaient eu lieu en mémoire de deux tremblements de terre, arrivés, l'un sous le régne de Théodose le JeuDe.l'autresous celui deJustinien. Nous avons
■kï:!
donné au mol Proceuiotti une miniature du ménologe de Basile représeiitaul celte dernière. Nous reproduisons ici le staurophore qui y figure (V. l'art. P,oce,>iom). f
Souvent les (lambeaux dont nous avons parlé étaient fixés aux bras de la croix, et nous apprenons de Socrate («wi.Kei.v[.8)qu'ilen était ainsi dans la procession organisée par les soins de S. Clirysoslome contre les ariens.
t Les croix d'argent, dit l'historien, imaginées par Jean, a Joanne ejcogilatœ, devant être portées dans des supplications nocturnes, étaient munies de cierges allumés, fournis par l'impératrice liudoxie. i t)n peut se faire une idée de ces croix avec flambeaux par une belle croix {gemmée et fleurie qui est peinte à fresque dans une crypie du cimetière de Ponlieu (¥. Botlari. lav. luv), et dont la traverse supjforte deux ciei^es allumés (V. la figure i l'arl. Croix, lit).
Nous n'avons parlé que de l'Ëglise orientale; mais il est i présumer que le rit dont il est ici question était observé a Home ii peu près à la même époque. M. De' Rossi [Inicr. Ckriit. ftom. i. p. 252, n. 541) nous fait connaître un fragment d'inscription du commencement du cinquième siècle, qui semble en établir la preuve. C'est l'èpituphe d'un ttauTophore nomméiean, selon une restitution probable : Locva lOANKLS sTtvHOFORis.... U p3riùt cependant qu'à Rome le nom de draconariut (Y. ce mot) était plus communément donné au porte-croix.
Ces croin processionnelles sont plus communément appelées iloliona/N. Charlemagne, après son couronnement, avait fait don à la basilique du Sauveur (Saint-Jean de Latran) d'une croix de ce genre, tout enrichie de pierreries, et qu'il destina expressément k être portât! dans les litanies publiques. Nous devons citer les paroles du Livre pontilical (/n Léon. Hl. n- xxiv. ixv) ; Item in batilica Sahaiorit D. iV. J., quam Con$lantinianain tocanl, oblulil crucem cum gemmU hyacinlhinit, quam almificui pontifex in litania pnecedere corutHuil secundum pttilionem iptiut piittimi imperalori». Le litre de ttalionale est aiftcté d'une manière positive à la croix de Saint-Pierre que portail le sous-diacru régionnaire en tète de la procession qui se dirigeait vers les tbilioru (Y. ce mot), tlle est désignée par ces mots : crux italionatis Sancti PeUi, dans l'ordre romain de Benoit, chanoine de In basilique Yalicane (Ap. Mabiil. Mm. liai. u. 1S4].
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Ciampini donne plusieurs croix stationales dans le second volume de son ouvrage Vêlera monimenta,, . . Mais aucun monument de ce genre n'égale en intérêt celle du Vatican et celle de Velletri, qu'a illustrées dans deux ouvrages spéciaux le cardinal Etienne Borgia (V. les art. Processions, LUames, Draconarius). On peut voir ces deux croix monumentales aux articles Croix et Crucifix.
STAUROPQYLAX (gardien de la croix). — G*était, à Jérusalem, le titre d*un dignitaire ecclésiastique, qui était chargé de garder le bois sacré de la vraie croix dans l'église de la Résurrection, Anastasis, comme, dans les autres églises, la garde des reliques des martyrs était confiée à des fonctionnaires appelés custodes martyrum, ou mariyrarii (V. ce mot). Le titre suivant se lit en télc d'un sermon manuscrit de la bibliothèque Barberini (V.lfacri ad v. Slaurophylax) : Chrysippi presbyteri Hierosolymorum, et staurophyucis Sanclœ Resurrectionis. Du Gange (ad A. v.) cite un slaurophylax qui fut ordonné évèque après l'exil d'Jiilie, évèque de Jérusalem : Elias episcopus Hierosolymitanus,,., exilio tradiiw\ et pro eo Joannes crugis cdstos episcopus ordinalur. Mais le plus ancien slaurophylax dont l'histoire ait conservé le souvenir est S. Porphyrius, qui mourut évèque de Gaza vers Tan 421 (V. Borgia. />e(Ttice Vaiic, p. 54. not.). Du Gange dit que, sous les rois Francs de Jérusalem, un chanoine de Sainte-Ânastasie conservait le titre et exerçait les fonctions de gardien de la croix. Le patriarche de Jérusalem portait aussi ce titre.
STICHARIUM (iTwxapicv). — G'était une tunique blanche dont les évêques et les diacres se servaient dans les cérémonies sacrées (Y. Zeigler. De diaconis et diaconissis vet. EccL xii. 27), avec cette différence cependant que celle des évêques était ample et ondulée, celle des diacres étroite et unie. Ge vêlement était surtout en usage pour les prêtres et les diacres dans l'Église grecque, où il y avait des sticharia de pourpre pour le carême, excepté la fête de l'Annonciation, le dimanche des Palmes et le samedi saint (Godin. Guropalat. cap. IX. n. 7), parce que chez les Orientaux la pourpre était une couleur de deuil. Durant (De rit. EccL 1. M. c. 9. n. 8) pense que le sticharium n*était autre chose que Patine des Latins, mais cette assertion ne nous parait pas suftisamment motivée.
STRIGILES. — On appelle strigiles ces sortes de cannelures sinuées qui servent d'ornement à un certain nombre de sarcophages antiques (Botta ri. tav. xvii. xn. xxxvn. etc.). On leur donne ce nom à cause de leur ressemblance avec cet instrument de fer, d'argent, de cuivre ou d'ivoire, etc., en forme de S, dont les anciens se servaient pour racler la peau de ceux qui se baignaient ou celle des athlètes dans les gymnases (Apulée. Florid. n. — Y. etiam Werwen. Deunctionibus veterum. p. 490). On sait que les chrétiens en avaient adopté Pusage dans leurs baius, et Pignorio, cité par Bottari (i.
i02), dit en avoir vu un dont le mandie portait ette inscription, cresc^ektu, et qui présente, comme on voit, un caractère certain de christianisme.
Il n'est donc pas étonnant que nos pères dans la foi aient aussi employé dans la décoration de leurs tombeaux le motif d'ornementation que l'antiquité avait emprunté à cet objet usuel. Quand le sarcophage avait une élévation un peu considérable, l'artiste, pour éviter PefTet disgracieux de strigiles d'une trop grande dimension, divisait la façade da tombeau en quatre parallélogrammes (Boit, xiti), séparés quelquefois par une frise èl^inte (li cxsxvii). On peut, jusqu'à un certain point, se rendre compte des procédés et des outils que Is artistes mettaient en œuvre pour exécuter ce genre d'ornement, en jetant un coup d'œil sur la pierre sépulcrale du sculpteur Eutrope (Fabretti. p. 587): il y est représenté, avec deux aides, sculptant un sarcophage strigilé, et tous les instruments de son art sont épars autour de lui (Nous avons donné ce marbre à notre art. Sarcophages).
8TYLITE8 (sirArrAi). — L — C'étaient des solitaires qui vivaient au sommet d'une colonne, vtj)^, d'où leur est venu le nom de stylites. Siméon est le premier qui ait embrassé cette mniière de vivre: Hicprimus, dit Théodoret (Hist. eccl. 1. 1. cap. 15), stationem in columna instituit. Ge saint, quiflorissait dans la première moitié du cinquième siècle (il était né vers Pan 388, dans un village situé sur les confins de PËuphratésienne et de laCilicie[Tiilemont. Mém. t. v. p. 350]), ce saint s'était acquis par ses vertus et ses miracles une célébrité tellement éclatante, que, pour ne pas douter de la véracité des récits qui en sont arrivés jusqu'à nous, il ne faut rien de moins que l'autorité de Théodoret, qui avait vu de ses yeux ces prodiges de sainteté ', et le témoignage d'un grand nombre d'historiens, tels qu'Antoine, disciple de Siméon, Théodore le Lecteur, Évagre, etc. t On accourait de tous côtés pour voir cette merveille (Théodoret. ibid.), et ceux qui en avaient été témoins se hâtaient de l'apprendre aux autres. Siméon se trouva ainsi connu, non-seulement de tout ce qu'il y avait d'hommes dans l'étendue de Pempire romain, mais encore des Perses et des Médes, des Sarrasins, des Éthiopiens et des Homérites, des Ibériens et des Scyllies sauvages, qui n'ont point de villes ui de demeures
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Hies. Il était si connu dans Rome avant même qu'il demeurât sur une colonne, que tous les artisans de la Tille ai'aient de petites statues de lui, liio'ii;, qu'ils regardaient comme une protection pour leurs demeures. 11 était révéré jusque dans les cours des plus grands princes. Les empereurs romains lui écrivaient avec respect sur les affaires les plus importantes, et on va jusqu'à dire qu'ils se (li^uisaient pour venir le visiter. Les rois et les reines de Perse s'informaient avec soin de ses actions et de ses miracles, et se tenaient lionorés d'avoir quelque part à sa bénédiction. •
Initié de bonne heure à la vie monastique, il habita surcessivement difTérents monastères, puis se retira dans une maison solitaire au pied de la montagne de Télanisse, et enfin au sommet de celte montagne dans un petit enclos de pierres sèches qu'il s'y lit bâtir. Là (t pratiqua des austérités vraimenl incroyables, et c'est depuis cette époque surtout que sa renommée se répandit au loin, et atlira auprès de lui des multitudes telles,* qu'il semble, dit Théodoret, que ce soit une mer qui reçoit par tant de chemins divers, comme par autant de fleuves, ce nombre infini de peuples qui y vient de tous câtés. > Chacun voulait s'approi^her de lui, et s'efforçait de le loucher; on lui rendait des honneurs qui pouvaient presque passer pour extravagants. C'est pour se soustraire a des imporlunilés qui risquaient de devenir un écucil pour son humilité, qu'il conçut l'idée de se fixer au sommet d'une colonne. 11 en eut d'abord une de six coudées de haut, ensuite une de douze, puis une de vingt-deux ; et celle sur laquelle il demeurait en 440 [il avait commencé ce genre de vie probablement vers l'an 423) était de trente-six coudées. Le désir. qu'il avait de b'envoler au ciel, dit Théodoret, faisait qu'il s'éloignait loujoursdeplusen plus de la terre. Plus tard, les peuples lui en élevèrent une de quarante coudées ; et c'est sur celle-ci qu'il acheva sa course, ayant vécu en slylite Irtrnto-sept ans. Un autel avait été dressé au pied de la colonne.
Sa colonne, selon le récit d'Ëvagre, aurait eu à peine deux coudées, soit trois pieds, de circonférence ; Tittemonl {Ibid. p. 501 ) pense qu'il y a une erreur dans le texte de cet historien, el qu'il a voulu en marquer le diamètre. On suppose que le sommet était entouré d'une balustrade sur laquelle le Saint s'appuyait pour prendre son repos, car il ne pouvait se coucher faute d'espace. Il n'avait du reste rien qui le garantit des rigueurs de l'hiver, ni de la cbaleur de l'été, ni de la violence des pluies el des v«]ts, ni de — j- toutes les injures de l'air. On •— ■ montre encore aujourd'hui à Kalnl-Sema'n, dans la Syrie centrale, entre l'église et le monastère de Saint-Siméon, la hase sur laquelle reposait cette fameuse colonne (V. la planche 139 du bel ouvrage de U. Uelcbior de Yogùé). En voici le dessin. On peut voir dans un tableau antique représen-
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tant les funérailles de S. Éphrem, tableau que Botlari reproduit par la gravure en tète de son troisième volume, un stylite sur sa colonne, recevant d'un solitaire qui est à terre sa nourriture au bout d'une corde. On pense que le stylite n'est autre que S. Siméon et celui qui l'assiste lejeunc Antoine qui écrivit sa Vie. C'est ce que donne à entendre Hosweide (Not. m Ad Vil. Sim.Styl.]; Quidam aulem juvenii aitilil et Anioniu» nomine, qui Mil, el icriptil.
II.— Ce genre de vie avait peu d'attraits et n'eut jamais qu'un nombre fort restreint d'imitateurs. Et encore ne fut-ce pas immédiatement ; Théodore le Lecteur (lib. n} assure même qu'au commencement les moines d'Egypte en prirent scandale et lancèrent contre le slylite un libelle d'escommunication ; mais ils ne tardèrent pas à rentrer en communion avec lui, ayant apprécié plus équiiablemeut ses intentions et ses mérites.
La liste des solitaires qui suivirent les traces de Shnéon est donc fort courle dans l'histoire. On cite un certain Daniel, qui aurait été son disciple (Theod. I.ecl. 1. 1], et qui devint lui-même fort célèbre. Les Grecs l'honorent le 11 décembre i et le ménologe de Basile a en ce jour deux peintures oii ce solitaire est représenté sur une colonne. La seconde offre celte particularité intéressante qu'un pont de bois est appuyé sur la colonne et conduit à l'église voisine. Ëvagre (I. vi. 33) nomme un autre Siméon, Siméon stylite junior, pour le distinguer de l'ancien, qui vivait du temps de Maurice, c'est-à-dire vers la fin du siiiéme siècle : il demeura, dit-on, soixante-huit ans sur une colonne, lean Hosclms {Pral. tpirit. c. iixvi) nomme deux ou trois stylites vers le même temps. Surius raconte (Cf. Bingham. t. m. p. 18) qu'un évéque
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