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d^Hadrianopolis, nommé Alipius, renonça à son siège, afin de pouvoir vivre sur une colonne, où il aurait passé soixante ans. Il s*étail adjoint un chœur de moines et deux de vierges, avec lesquels il chantait alternai ivement, nuit et jour, des hymnes et des psaumes. Enfin, un catalogue des lieux saints du temps de Gharlemagne, catalogue publié pour la première fois par H. De' Rossi (Bullet, nov. 1865), mentionne un autre disciple ou imitateur de S. Simèon à Bethléem et un autreàGetlisemani, etc.

Ijavie de stylite était peu praticable en Occident, à raison de la rigueur des hivers. Aussi n'en connaît-on qu'un seul exemple, celui d'un diacre nommé Vulfilaîc, Lombard d'origine, qui vécut quelque temps sur une colonne à une lieue de Carignan, dans le territoire de Trêves, et la quitta par obéissance à son évèque (Greg. Turon. HisL Franc, 1. vin. § 15}. Il raconta lui-même à S.Grégoire de Tours que, • le temps de l'hiver étant venu, il souffrit horriblement de l'intensité du froid, qui plusieurs fois fit tomber les ongles de ses pieds ; et l'eau en se gelant sur sa barbe y formait des glnçons qui pendaient comme des chandelles, • in barbiê mets aqua gelu connexa candelarum more dependerei.

III. — Ces saints solitaires n'étaient point, comme on pourrait le penser, exclusivement adonnés aux exercices de la vie contemplative. Si nous en jugeons par S. Simèon et par Vuiniaîc,ils exerçaient un véritable apostolat, et leur parole avait d'autant plus d'ascendant, qu'elle était appuyée par l'exemple de vertus héroïques et d'austérités jusque-là sans exemple. « Après l'heure de none et à un autre moment de la journée (c'est toujours le récit de Théodoret), Simèon faisait à ceux qui se trouvaient au pied de sa colonne des exhortations toutes divines, écoutait leurs demandes, guérissait les malades, accordait les différends, car il faisait quelquefois la fonction de juge, et rendait des jugements très -équitables.

c Lorsque le soleil se couchait, il disait adieu aux hommes, pour ne plus parler qu'à Dieu seul. En congédiant le peuple, il lui donnait sa bénédiction, que l'on recevait avec un très-grand respect. On lui apportait pour cela l'encensoir. •

Plus d'une fois aussi, son influence s'étendit sur les affaires générales de l'Église; elle combattit l'impiété des idolâtres, celle des Juifs et des hérétiques. Il écrivait à l'empereur sur ces sortes de sujets ; l'empereur Léon lui avait demandé son sentiment sur le concile de Chalcédoine, et sur Timothée Élure, usurpateur du siège d'Alexandrie ; il flétrit l'usurpation et protesta de son respect pour le concile. II réveillait le zèle des magistrats en ce qui regardait le service de Dieu ; quelquefois même il exhortait les prélats à veiller avec plus de sollicitude sur les âmes qui leur étaient confiées

Le stylite de Trêves, en embrassant cette vie austère, avait eu en vue, lui aussi, non-seulement sa propre sanctification, mais encore le bien spiri-

tuel des peuples. Il avait construit sa colonne au sommet d'une montagne consacrée à Diane, qui v avait une statue colossale. U ne cessa d'exhorter les peuples qui accouraient en foule au pied de sa colonne, que lorsqu'il les eut délerminés à abandonner ce culte impie. Et quand il vit que la persuasion était à son comble, il descendit de sa colonne et renversa l'idole.

SUBSELLIUM. — On appelle ainsi un petit support ou escabeau sur lequel, dès la plus haute antiquité, les personnes de distinction ou rerêtues d*autorilé appuyaient leurs pieds, quand elles étaient assises. C'était une marque d'honneur et de préséance, dont l'invention, si l'on en croit S. Clément d'Alexandrie, est due aux Perses [Strom. I. 16). Homère attribue le subullium à llèlène et à Ulysse (Odyu, iv. vers. 136. s. vers. 515). Dans nos monuments chrétiens, il est ordinairement donné à Dieu le Père, quand il reçoit les offrandes d'Âbel et de Gain (Boltari. cxhtu), à Notre-Seigneur, quand il pré^ide et enseigne ses disciples (Perret, n. pi. xxiv). Ainsi Notre-Seigneur est vu au fond de la coquille absidale de la basilique d'Aix-la-Chapelle assis sur un siège élégant, et les pieds reposent sur un support de celle sorte (Ciamp. Vet, mon. t. ii. tab. xli), comme on le voit ici ; à la S te Vierge, notamment dans le sujet de

Tadoration des Mages (Bottari. xl). Les aoeieimes chaires épiscopales ont aussi le ndwllim^Ç^l'art. Chaireê), Les premiers chrétiens en laissaient l'honneur aux évèques, et évitaient, F humilité, de s'en servir. C'est ce que S. Jêroroe recommande à Eustochium : Scabello te coMteru indignam (EpisL xxii. Ad Eu^och,). Onjmi qu'il était quelquefois appelé scabellum; on trouve ans»! tubpontorium^ tuppedaneum^ en grec hwn^^

mais ce dernier mot est presque eidusiïemenl jppliqué au support des pieds de Jésus en croix.

SUGGESTCS.— V. l'art, iiraton.

SUPPLICATIONS. — V. Part. Litanie:

SUSAtïWE. — Susanne, délivrée de la morl par Daniel, a été regardée dans l'antiquité chrétienne comme un symbole de la résurrection. Elle était aussi le type de l'Église persécutée, et les deuï ïieillarda la figure Jes deui peuples qui l'atlaquèrent, les païens et les Juifs [S. Hippolyl. h Daniel et Sutan. v. 7. p. 274. edit. Fabric). Les oionumenls de lllalie oITrent asseï rarement (« sujet, les seuls où il se trouïe, & notre aiis, d'une manière in contestable, sont trois sarcopbages de marbre : celui du palais Carpegna donné par Buonarruoii {Yelri. p. i), et deui autres lires des cimetières du Vatican el de Calliste (Bottari. mu. lïiiï}. Susanne y est Toilée, Têtue d'une longue (unique et du pallittm, debout, les bras étendus comme les waatti; elle est placée entre les deux vieillards impudiques qui paraissent lui parler avec une grande animation. Nous devons dire néanmoins que beaucoup d'archéologues des plus autorisés ne voient dans cette figure qu'une simple oranle.

La représentation de l'histoire de Susanne parait être plus commune sur les sarcophages de la Gaule (V. Millin. I^idi de la Fr. pi. uv. 5. liti. 8. mil. A). Tous ces bas-reliefs montrent Susanne entre les deux vieillards, ce qui détermine

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tout i fait l'attribution, et le dernier la place, en outre, entre deux arbres, derrière lesquels les deux vieilbrds se tiennent cachés (Daniel, vu. 16) dans l'attitude évidente d'hommes qui guettent une proie ardemment convoitée. Les autres monuments qui oITrent une femme isolée, dans l'at* tilnde de la prière ou de la leclure, comme dans un bas-relief dessiné h Arles par le P. Arthur Harlin et que nous donnons ici {Hagioglypla , p. 246).

It est important d'observer dans ces monuments de ta Gaule qu'à cAté de Susanne est ordinairement figuré un serpent (lxt et lxvu) enroulé autour d'un arbre, et cherchant à atteindre de son dard des colombes qui reposent dans un nid du sommet de cet arbre. Il serait difficile de méconnaître ici l'intention de faire un rapprochement entre la perfidie du serpent el celle des vieillards. Quoi qu'il en soit, une telle persistance à reproduire l'histoire de Susanne, et à faire ressortir par des symboles accessoires la perfidie des ennemis de celle chaste femme, doit avoir une raison loc:ile. Nous ne croyons. pas être éloigné de la vérité en supposant qu'on eut ainsi l'intention de rappeler et de flétrir les pièges incessants, les attaques insidieuses auxquelles l'Ëglise des Gaules fut en butte aux quatrième et cinquième sièdesde la part des ariens, et plus encore la persécution sanglante des Goths, des Boni^uignons el des Vandales, infectés de cetle erreur, contre les catholiques de nos contrées.

On avait cru voir dans un fond de coupe (Garrucci. Velri config. in oro. lav. m. n. 7) Susanne au bain, entre les deux vieillards, et dans un étal de complète nudilè. Une telle représentation, qui s'écarterait si foit des habitudes de décence de l'art chrétien primitif, devait naturellement paraître suspecte. Aussi une élude plus attentive du monument a-t-elle monlréque le personnage pris pour Susanne n'était autre que le prophète Isaie, scié avec une scie de bois, selon une tradition reçue chei les Juifs (V. la figure à l'article PropW(e), supplice auquel il aurait été condamné, soil par le roi Hanas* ses, soit par le peuple lui-même, et qui aurait fait du prophète une ligure du Messie qu'il annonçait, mourant, comme lui, par le bois el, comme lui encore, mourant innocent. C'est l'inlerprL'tation de plusieurs Pères (Terlull. In Marc. m. c. 6. —

Cf. Origen. In Uai. i. — Ambros. In ptalm. avui). B. Perret (t. i. pi. liitui) a publié une peinture allégorique de cette histoire, trouvée en 1845 au cimetière de Callisle, et non moins rare qu'in

génieuse. Elle représente une brebis au-dessus de la tète de laquelle est écrit le nom ivstNKi, et placée entre deux animaux, dont l'un est certainement un loup, et l'autre un léopard, autant que

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rimperfection de cette ébauche permet d*en juger. Le mot siNiORis pour seriores surmonte la tête du loup. Voyez plus haut ce curieux monument.

SYUBOLE DES APOTRES, — I. — On

peut considérer le Symbole des apôtres à deux points de vue différents : quant à la doctrine et quant à la forme.

Tout le monde convient que la doctrine résumée dans le Symbole des apôtres a Jésus-Christ pour auteur, et les apôtres pour propagateurs. C'est ce que Tertullien exprimait déjà avec une entière clarté dans son livre des Prescriptions contre les hérétiques (chap. xxxvn) : c Nous marchons dans la régie qui a été donnée à TÉglise par les apôtres, aux apôtres par le Christ, au Christ par Dieu le Père, n Et ici nous ne rencontrons pas de contradicteurs ; Calvin parle comme Tertullien (Institut» Christ. II. 16), et Vossius (n. xxi Dissert, de trib. Symb. apostoLAthanasian.etConstantinopol.) professe à cet égard une doctrine que le plus pur catholicisme ne saui*ait désavouer.

II. — Mais une question vivement agitée encore parmi les érudits du siècle dernier, c'est de savoir si le symbole, reçu comme apostolique dans rÉglise depuis le quatrième siècle, a été véritablement rédigé par les apôtres eux-mêmes, et quant à Tordre des articles, et quant aux paroles qui les expriment. Fidèlement attaché à la tradition de rËglise catholique, nous tenons, uon-seulement qu'il est Tœuvre des apôtres, mais encore qu'il fut composé par eux, alors que, réunis à Jérusalem, ils allaient se disperser dans l'univers entier, et qu'ils voulurent^ avant de se séparer, fixer une règle de foi vraiment uniforme et catholique, destinée à être livrée, partout la même, aux catéchumênei.

III. — Invoquons d'abord le fameux canon de critique promulgué par S. Augustin (1. ii, Contra Donatist.)ei admis de tout temps par TÉglise : c Ce que tient l'Église universelle, et qui n*a pas été établi par les conciles, mais a toujours été retenu, cela doit être cru comme venant de l'autorité apostolique. » Or, de l'avis de tous, le Symbole a été reçu au plus tard au cinquième siècle par l'Ëglise universelle, comme apostolique et composé par les apôtres; d'une autre part, personne n'a jamais cité aucun concile auquel il puisse être attribué.

On connaît au juste l'époque d où date le Symbole de Nicée ; l'origine du symbole de Constantinople est un fait historique que nul n'ignore. Mais personne n'a même essayé d'assigner une date au Symbole des apôtres.

IV. — Dès les premiers siècles, Timposture tenta d'introduire sous les noms des apôtres, dans le domaine de la tradition catholique, des œuvres de mauvais aloi. Les unes ont été rejelées aussitôt qu'elles ont vu le jour : tels sont les Ëvangiles de S. Paul, de S. André, de S. Barthélemi, etc. D'autres, avec des caractères de supposition moins sensibles, comme les Canons et les Constitutions apostoliques y en ont imposé plus longtemps à la

crédulité des siècles où la critique était peu éclairée. Mais enfin la lumière s'est faite, et chacun sait aujourd'hui que ces deux recueils, bien que renfermant une foule de traditions fort respectables et souvent même apostoliques, portent un titre usurpé.

Le Symbole, an contraire, est, depuis plus de quatorze cents ans, en possession incontestée de son titre d'' apostolique. De tous ceux en effet qui, depuis Rufin, ont parlé de ce Symbole, soit incidemment, soit ex pro/eMO, pas un ne s'est avisé de le lui disputer.

Y. — Mais encore, c'est ici une question qui est du domaine de l'histoire, et qui peut parfaitement être résolue par Tétude attentive des monuments de la tradition des premiers siècles.

Sans remonter jusqu'à S. Paul, comme (ait le P. Petau (Theol. dogm. de Trinit. m. 1. § 5), qui pense que» dans sa première Épitre aux Corintliim (vni. 5), le grand Apôtre fait allusion au Symbole comme à une règle de foi déjà connue dans toutes les Églises, et exigée avant le baptême des catéchumènes et des initiés, nous invoquerons, au deuxième siècle, le témoignage de S. Irénéc {L. i. Adv. hœres, 2) : t L'Église, dit ce Père, disciple des disciples immédiats des apôtres et de leurs disciples, l'Église, disséminée dans l'univers et jusqu'aux extrémités de la terre, a reçu des apôtres et de leurs disciples cette foi qui reconnaît f le Dieu, Père, tout-puissant, » quœ est in Dewn Pairmomni' potentem. Au déclin du même siècle et au début du troisième, Tertullien, comme nous l'avons vu déjà, non-seulement l'attribue aux apôtres, mais en donne même le résumé. Et, dans son livre contre Praxéas (c. ii), il atteste formellement que « celle règle de foi était déjà en vigueur dés la première prédication de l'Évangile, et bien longtemps avant l'apparition des premiers hérétiques. » LeSjTnbole des apôtres n'est pas moins reconnaissable dans ces deux questions que S. Cyprien [Epist. ui)met au nombre de celles qu'on adressait aux catéchumènes avant le baptême : Credis in vitamœUmam, et remissionem peccatorum?

Au quatrième, voici S. Ambroise (lib. i. ep. 7. Ad Simplician.), ce Père affirme • que l'on doit croire leSymbole des apôtres, que l'Église romaine gatie et conserve toujours intact. • A son tour, LucifrT de Cagliari (Lib, de non conveniend. cum hœrtt.) déclare que, au lieu de suivre les errenr.ents des hérétiques, « nous pouvons nous assurer que les apôtres ont cru un seul Diett, Père, tout-putuant, el son Filsunique, Jésus Christ, et le saint Paradtl Esprit de Dieu. • Qui ne connaît la savante ex[>csition de la foi et du symbole (0pp. Augialin. t. ni. p. 50) que, vers la fin du même siècle, S. Augustin, encore simple prèlre, donna au concile d'flipponeî

Enfin, nous arrivons à Rufin, qui florissait vers la fin du quatrième siècle ou au commencement du cinquième. Cet historien, de qui on a affirme (avec quel fondement ? on vient de le voir par les citations précédentes) qu'il fut le premier à dire

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que les apôtres sont les auteurs du Symbole, écrit ceci (Lib. de exposit. symb. int, 0pp. Hieron. t. v. p. 137) : « il est constant par Tautorité des ancêtres (tradunt patres no$lri)que tous les apôtres, réunis ensemble, et sous l'inspiration de TEsprit- Saint, dont ils étaient remplis, composèrent ce Symbole, » et il rétablit par de nombreux arguments. Or il eat essentiel d*observer que ce même Butin qui, sur d'autres points, trouva de violents conlradicteurs, entre lesquels brille surtout S. Jérôme, ne rencontra en ceci aucune opposition, et que tous, ou adhérèrent formellement à sa doc^ trine, ou tout au moins s'abstinrent de s'inscrire en faux contre elle. Or qui ne sait combien ce siècle a produit d'hommes éminents par la science, et par-dessus tout inviolablement attachés à la sainte antiquité ?

Au cinquième siècle, nous avons Célestin I*', qui, dans sa fameuse lettre à Neslorius, appelle ouvertement le Symbole Symbolum ab aposiolistraditum ; et le concile d'Éphèse qui, dans son rapport à Théodose sur la déposition de cet hérésiarque, définit le Symbole : « La foi enseignée au commencement par les apôtres, et plus tard exposée par les trois cent dix-huit pères dans la métropole de Nicée. 9 Si nous interrogeons S. Jérôme, il l'appelle (Contr. Joan, HieroêoL xxviu) : « Le Symbole de la foi et de notre espérance, lequel, transmis par les apôtres, n^est pas écrit sur des tablettes et avec de l'encre, mais sur les tables du cœur. » Mais les témoignages de S. Léon, de S. Maxime de Turin, de S. Isidore de Séville, etc., appartiennent à une époque où toute apparence d'obscurité a. disparu : « La confession brève et parfaite du Symbole catholique, qui est composé des sentences de chacun des douze apôtres, est tellement munie de la force céleste, que toutes les opinions des hérétiques peuvent être décapitées par son glaive » (S. Léo. epist. xxxi. Ad Pulcheriam aug. c. 4).

Et ce n'eit pas seulement dans l'Ëglise de Lyon, dont S. Irénée était évèque, ni dans celle de Carthage où écrivait Tertullien, ni dans celle de Gagliari, gouvernée par Lucifer, ni dans celles de Milan, de Turin et d'Âquilée, que l'on croyait que les apôtres avaient composé le Symbole portant leur nom ; on le tenait encore pour certain dans l'Église de Rome, mère et maîtresse de toutes les Églises, dans toutes les Églises d'Orient, d'Egypte, d'Afrique et d'Allemagne, etc. (V. dom Ceillier. 1. 1. p. 519).

VI. — De ce que nous avons dit jusqu'ici, nous devons tirer deux conclusions.

La première, c'est que les Pères dont nous invoquons le témoignage ne parlent pas seulement de la substance de la doctrine, mais encore de la contexture des paroles. En effet, 1* ils présentent le Synibole comme un monument public, connu, certain, et ils le citent même par ses premiers mots; 2* ilsTopposent aux hérétiques comme une règle de foi ouvertement et sciemment violée par eux ; 5* ils avouent que les pères de Nicée l'ont développé, et ont expliqué en termes plus clairs

ce qui était contenu implicitement dans des expressions plus générales et plus concises ; 4' ils l'invoquent comme un dépôt inviolablement gardé par les Églises, avec ses articles distincts et ses formules fixes. Donc ce Symbole exista dès le commencement, non pas seulement dans la substance de sa doctrine, mais dans l'intégralité de sa' rédaction.

Seconde conclusion : les Pères attribuent aux apôtres l'origine du Symbole avec une clarté qui ne laisse rien à désirer. Car !• ils le citent constamment sous le nom des apôtres ; 2* ils affirment en propres termes que c'est par les apôtres mêmes qu'il a été légué à l'Église ; 3' ils vont jusqu'à assurer qu'il se compose de sentences sorties de la bouche de chacun des apôtres. Donc le Symbole des apôtres i>orte le cachet évident de son origine apostolique.

On pourrait ajouter, et prouver aisément, par les règles de la saine critique, qu'il ne contient rien qui ne soit conforme à la simplicité et à la gravité apostoliques.

Mais nous allons au plus pressé, et nous terminons cet article par lexamen d*une difficulté qui pourrait embarrasser quelques personnes.

VIL — Si le Symbole a vraiment les apôtres pour auteurs, comment se fait-il que les anciens écrivains qui nous l'ont conservé ne se soient pas rencontrés dans les termes, et qu'ils en aient même marqué les articles d'une manière un peu différente?

On répond à cela, d'abord d'une manière générale : 1* que les apôtres n^avaient pas mis le Symbole en écrit : nous avons vu que S. Jérôme Taffirme clairement, ainsi que Rufin. Et cet état de choses dura plusieurs siècles ; les évoques le défendaient formellement aux catéchumènes (SeiTn. XXII. De iradit. Symb. — Ghrysost. serm, lxi In Symb. — Liturg. Gallican, ap. Mabill. IL liai. i. pars altéra, p. 540), et pour le fixer dans leur mémoire, on le récitait jusqu'à trois fois en leur présence. Or Texpérience prouve qu'il est mora'cment impossible qu'une formule si détaillée soit rapportée, récitée, écrite dans les mêmes termes par cent personnes différentes qui ne l'auraient apprise que de mémoire, et sur le récit des autres. 2* Les Symboles que l'on produit aujourd'hui comme ayant été en usage dans les Églises d'Orient, de Rome et d'Aquilée, ne sont que des traductions, qui peut-être n'ont pas même été faites immédiatement sur ToriginaLet encore par des personnes qui vivaient en différents temps et en différents lieux, qui ne parlaient pas la même langue, et qui, par conséquent, ne pouvaient s'exprimer dans les mêmes termes.

Du reste, les lecteurs de ce Dictionnaire doivent être mis en état de confronter eux-mêmes ces différentes formules, qui appartiennent à l'histoire de nos origines ; et ils se convaincront que les variantes sont peu notables et n'impliquent jamais contradiction. Nous en reproduisons le tableau, tel qu'il a été dressé par Rufin et copié par dom Ceillier {Op. et loc. laud p. 521).

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