ADAM
tés au nombre des lieux théologiques ; et non sans raison, dit le P. Perrone {De loc. théol, pars a. secL 3. § 5), car ils nous fournissent les plus sûrs doonnents de la tradition dogmatique sur beaucoup d'articles de foi qui sont aujourd'hui remis en question par les novateurs. £n effet TÉcriture eUe-fflème nous enseigne que les réponses des martyrs aux questions qui leur étaient adressées par les tyrans, au tribunal desquels ils étaient traduits, doivent être regardées comme des oracles de TEsprit-Saint (Marc. ui. 11) : c Quand ils vous emmèneront pour être livrés, dit le Sauveur, ne pensez pas d'avance à ce que vous avez à dire ; mais dites ce qui vous sera donné à Tlieure même. Car ce n'est pas vous qui parlez, mais le Saint-Esprit. * ijoutons que ces réponses étaient aussi le résultat de renseignement des pasteurs, et que, comme telles, elles doivent être tenues pour la fidèle expression de la tradition et de la foi de TÉglise à Pépoque où vivant chacun des martyrs.
Ce qui donne aux actes sincères un nouveau caradère d'autorité, c'est que la lecture n'en était permise aux fidèles qu*après qu'ils avaient été reconnus et approuvés par les évèques (Ruin. Pref, i. m. n. r,); au surplus on ne les lisait dans l'assemblée publique des fidèles (V. l'art. Martyrologe, 1) qu*en présence des prélats, qui n'eussent pas manqué de s'élever contre leurs récits, s'ils eussent renfenné quelque chose de contraire à la foi de l'Église.
ADAM ET ETE. — I. — L'histoire de la chute de nos premiers parents se trouve sans cesse retracée dans les monuments de tout genre de l'antiquité chrétienne; le lecteur peut s'en convaincre eu ouvrant au liasard les ouvrages de fiosio, d'Àringhi, de Bottari, de Buonarruoti, de M. Perret, etc. L'Église primitive tint à en multiplier les représentations, à cause des nombreuses applications morales qui en ressortent.
L'image du premier Adam, dont la faute perdit le genre humain, rappelait celle du nouveau qui l'a racheté par son sang (1 Cor. xv. 45), et faisait ainsi renaître l'espérance dans le cœur des fidèles. Noos croyons voir la traduction de cette consolante pensée dans au médaillon de bronze antique (Buon. tav.i,fig. l),où, aurdessous d'Adam et d'Eve mangeant le fruit défendu, on a figuré le Bon Pasteur portant sur ses épaules la brebis retrouvée: ingénieux rapprochement du remède et du mal, du péché qui perdit le monde et de la miséricorde qui l'a sauvé! L'image d'Adam et d'Eve, qui par leur désobéissance nous ont placés dans l'état de tentation et de combat où nous sommes réduits à disputer sans cesse notre âme à l'ennemi, inculquait au chrétien la nécessité de recourir à Dieu pour obtenir la victoire ; et c'est précisément le sens de la prièxe que l'Église adresse à Dieu le quatrième dimanche après l'Epiphanie (D. Greg. LA. <acram.,ed. Ilenard. p. 26) : Deus, gui noi in tanliê periadis contiUuios pro humana scU fragi" iitaU non poue tubsiêterej da nobU salutem metUis et corporiê^ ni ea quœpro peccati» noslrispatimur,
te adjuvante vineamus: « Dieu, qui savez que, exposés à. tant de dangers, nous ne pouvons, à cause de la fragilité humaine, nous soutenir, donneznous le salut de l'Âme et du corps, afin que les tentations que nous souffrons pour nos péchés, nous puissions en triompher par votre grâce. » D'un autre pôté le spectacle de cette grande chiite inspirait aux fidèles une salutaire défiance de leurs propres forces.
L'image d'Adam et d'Eve fut encore un enseignement palpable conlre les erreurs des gnostiques réfutées par S. Irénée et par d'autres Pères. Elle affirmait contre ces novateurs, et par une représentation sensible, que la création de Thomme fut l'œuvre de Dieu, et non pas celle du mauvais principe; qu'il fut créé complet, et non pas comme un ver...; qu'Adam pénitent est sauvé'par sa confiance dans le Sauveur qui lui avait été promis, et que par conséquent on peut avoir sa mémoire en bénédiction , et non en abomination, comme l'enseigna Tatien après la mort de S. Justin son maître; et l'intention de l'Éghse est ici d'autant plus évidente, que la plupart des verres peints où se trouve l'image d'Adam et d'Eve, et dont nous parlerons plus bas avec quelques détails, furent exécutés au temps de Tatien. Dans les siècles suivants, on demeura fidèle à celte pratique, et pour des motifs analogues. S. Augustin fait une mention spéciale d'un tableau de cette nature au livre cinquième de son traité Conlre Julien (c. u) , et Prudence, dans un poème intitulé Diplychon, et que Buonarruoti (VetrL p. 10) regarde comme la description d'un véritable diptyque, atteste l'antiquité de l'usage de peindre Adam et Eve ; c'est le début du poème (aittoxaio.n, — opp. t. ii. edit. Areval. p. 665) :
Bva columba fuit tune candida, nigia deinde Facta, per anguineum malesuada fraude vcnenum Tinxit et innocuuin maculis sordentibus Adam : ' Dat nudis flculna draco mox tegmina victor.
c Eve fut d'abord une blanche colombe, elle devint noire parle poison du serpent aax funestes conseils- elle souilla aussi détaches repoussantes l'innocent Adam Lt dragon victorieux leur donne des feuilles de flguier pour couvrir leur nudité. »
Ajoutons, pour ne négliger aucune des principales interpréUtions des SS. Pères, que, d'après S. Ambroise (De Paradiso, ii;, l'arbre représente la loi divine ; quand nous désobéissons à cette loi, nous devenons nus comme Adam et Eve, c'est-àdire privés de la grâce et difformes à nos propres yeux comme à ceux de Dieu lui-même.
II. — Nous allons décrire rapidement les diverses manières dont ce sujet est représenté. Communément nos premiers parents sont debout près de l'arbre de la science autour duquel s'enroule le serpent, et ils couvrent leur nudité, quelquefois simplement avec la main, le plus souvent avec une feuille de figuier ou d'un arbre quelconque, campeetria, dit S. Augustin (In Gènes, ad litt, 1. XI. c. 1), perizomata^ selon la Vulgate (Gen. ni. 7). Sur une lampe, citée par d'Agincourt comme remontant au premier âge du christianisme ( Terres