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ACTE

les martyrs, ceus-ci sonl les plus sûrsel les plus dignes de confiance. Nous possédons encore aujourd'hui dans toute leur pureté seize ou dix-sept de ces précieux monuments de ranliquilé chrétienne; ce sonl les actes de S. Justin FApologisle ; de S. Acace, évêque d'Antioche-, de S. Maxime, marchand en Asie; des SS. Pierre, Paul, André, et Sle Denyse, vierge; des SS. Lucien et Marcien, de S. Gvprien, êvèque de Carthage; des SS. Claude, .\stére. Néon; des Stes Domnine et Théonille ; de S. Maximilien de Thébeste, en Numidie; de S. Marcel, cenlenier; des Stes Agape, Chionie et Irène, sœurs ; de S. Didyme et de Sle Théodore, vierge ; des SS Taraque, Probe et Andronique ; de Ste Crispine, en Afrique; de S. Serainde Sirraich, enPaimonie; de S. Philéas, évèquedcThumis, en Egypte; deS.Philorome.intendanl de justice; et de S. Quirinus, évêque de Sisseg.

Les chrétiens qui ont transcrit ou acheté les actes proconsulaires y ont quelquefois ajouté une petite préface et un épilogue où la mort du Saint est rapportée. Ceci ne leur 6te rien de leur authenticité. Ces additions ont pour but de compléter le récit des actes qui, en Tétat où ils étaient conservés dans les greffes pubUcs, finissent ordinairement par la sentence du juge, et ne mentionnent pas la mort des martyrs, sauf les cas où ceux-ci expiraient dans les tourments de la question.

2" La seconde classe d'actes auxquels on donne le nom d' • originaux > se compose de ceux que les martyrs rédigeaient eux-mêmes, lorsqu'ils en avaient la faculté, et où ils racontaient ce qu'ils avaient enduré pour lu foi, eux et leurs compagnons (l^uin. Préf. p. xi). Les seuls actes authentiques de celte classe que nous possédions sonl ceux des Stes Perpétue et Félicité, l'un des plus importants monuments en ce genre, et ceux des SS. Mouton, Fluvien et leurs compagnons, dont la plus grande partie. est due aux martyrs eux-mêmes. Le reste, concernant la suite de leurs souffrances et la consommation de leur sacrifice, a été ajouté par les chrétiens lémoins de leur mort A ces actes on pourrait joindre ceux de S. Ignace, qui, dans son épitre aux Romains, raconte une partie de ce qu'il souffrit de la part des satellites dans son voyagea Rome, et aussi ce que S. Denys d'Alexandrie a marqué de ses propres souffrances dans sa lettre à Fabien, évêque d*Antioche. Mais ces deux derniers documents se rattachent plus naturellement à la classe suivante.

3* Elle renferme les actes qu'écrivaient, en même temps que les greffiers, les chrétiens présents aux audiences, ou que les témoins mêmes de leurs combats dressaient aussitôt après la consommation de leur martyre (Ruin. Préf. p. xi). Onze ou douze pièces écrites de l'une ou de l'autre de ces deux manières sont parvenues jusqu'à nous; savoir: les actes de S. Ignace, évêque d'Anlioche ; de S. Polycarpe, évêque de Smyrne; de S. Ptolémée et de ses compagnons; des martyrs de Lyon, S. Pothin et ses compagnons; de S. Mitre, de Sle Apolline, vierge, et de plusieurs autres à Alexandrie et ailleurs ; de S. Pione, prêtre de Smyrne; des SS. Jacques, Marcienel leurs compagnons; des SS.Jérémie, Isaïe,

Samuel, et de plusieurs autres, dont le martyre est rapporté par Eusébe ; de S. Théodole l'hôtelier, et des sept vierges d'Ancyre; de S. Procope, lecteur, de S. Basile d'Ancyre, prêtre; de S. Théodoret, prêtre d'Antioche.

4* La quatrième classe renferme les actes qui ont été immédiatement tirés de ces originaux, mats en supprimant certaines formules de procédure judiciaire, fastidieuses à la lecture, et auxquels on a ajouté quelques réHexions ou agréments de style. Ou bien encore, quand on ne pouvait avoir des actes de cette nature, on y suppléait par les données de la voix publique et par les récits de ceux qui avaient vécu du temps des persécutions; et avec de tels matériaux on composait les actes des martyrs (Ruin. Préf. p. vni). Ceux qui écrivaient celte espèce d'actes s'appelaient scribœ a metnoriU. Tel était Eusignius, qui, au quatrième siècle, écrivit les actes de S. Rasiliscus, soldat et martyr, si Ton en croit les mêmes actes (Lami. De erudit. apost. p. 468). Le recueil de Ruinarl contient environ vingt-cinq monuments de cette espèce, entre lesquels on compte les actes de Ste Symphorose o^ àe ses sept enfants; de Ste Félicité et de ses sept enfants; des martyrs Scillitains; de S. Saturnin, premier évêque de Toulouse; de S. Fructueux, évèqiie de Tarragone, et de ses compagnons; de S. Genès, comédien à Rome.

5* Dom Ruinart enregistre encore une autre espèce d'actes, qui n'ont été ni tirés des greffes publics, ni composés de quelqu'une des manières que nous venons de dire. Ce sont ceux qui se trouvent dans les ouvrages des auteurs ecclésiastiques, liomélies, panégyriques, hymnes, composés depuis la paix de TEglise, et où écrivains, .orateurs ou poètes ont consigné ce qu'ils en savaient, pour l'avoir appris par une tradition constante et sûre, ou par des mémoires exacts existant de leur temps (Ruin. ibid.). La plus grande partie des actes réunis par le savant bénédictin doivent être rangés dans celte dernière classe, c'est-à-dire cinquante-deux sur un peu plus de cent. On y place le martyre de S. Jacques, évêque de Jérusalem ; celui de S. Siraéon, évêque de la même ville; ceux des SS. Ëpipode et Alexandre à Lyon ; de S. Symphorien d'Autun ; de S. Apollonius, sénateur romain ; de S. Léonide, père d'Origène; de S. Ilippolyle, prêtre romain, etc.

Dans la plupart des actes de toute classe se trouvent parsemés des faits, des expressions, des erreurs, touchant les temps, les lieux et les personnes, qui ont partagé les savants sur les rangs respectifs qu'on doit leur assigner. Mais ces taches, peu importantes, ne portant en général que sur les accessoires, provenant de la négligence ou de l'inhabilité des copistes, n'empêchent point que les actes où elles se remarquent ne soient sincères. Dans l'estime de dom Ruinart lui-même, tous ces monuments n'ont pas une égale autorité; mais ils en ont assez pour que tous puissent être estimés sincères et véritables, à quelque classe qu'ils appartiennent.

lY. — Les actes sincères des mirtyrs sont conip-

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