Proœm
• L'£gli«e catholique est la plantation de Dieu, et
sa vigne choisie ; ■ el dans le traité De duplici martgrio attribué par erreur à S. Cjpriea el im-
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primé dans ses Œuvres (H. vr. p. SS9. «lit. B»lui.) : > Cette bienheureuse vigne surgissinl rie li lige du Christ, et oct-upanl l'univers etitier, ■ itit beata viti% a ChriMli itipite nirgeni tl occupait orbem terrantm; ce qui exprime l'Ëglise, ainsi que sa difTusion rapide, uniierselle.
Parlant de ces données et de bien d'autns que nous pounions citer, les antiquaires ont cru; trouver l'iulerprélation naturelle de ces pimprK chargés de raisins, de ces scènes de vendtn^cs, si Tréquemmpnl employées comme motifs i'onrmentation symbolique, dans les monuments fiimilifs du christianisme. Peut-être l'examen atl^ntif de ces monuments, ainsi que la connaissann de l'ordre d'idées qui préside à la décoration in catacombes, et des tombeaux chrétiens dans lout les pays, doivent-ils amener rinlerprélederinliquiléâ un résultat un peu différent. En effet, U principale préoccupation des premiers chrélins était de charmer et de sanctifier le séjour de li mort par des images relatives è la résurrection et aux joies de la vie future. Nous pensons donc que tille était leur intention dans l'objet spéùal qui nous occupe, et que ces pampres, ces rai^iis. m scènes de vendanges constituaient l'un des niwibreux et ingénieux moyens qu'ils aimaient à nielirt en œuvre pour donner k la tombe l'asped du paradis el des délices qu'y goûtent les élus (V. les nombreux détails que nous avoua donnés i ce! égard à notre article Paradù).
Ceci parait surtout dans certaines fresques dej catacombes (V. Boltari. tav. lixit), où, en outre des petits Génies ou anges qui cueillent le raisin, d'éléganls rinceaux de vigne sont parannés de colombes, lesquelles, comme u
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pampres, avec des génies cueillant des raisins. Yoici ce monument. Nais rien n'égale sous ce rapport les élégantes peintures trouvées récemment aucimetiéredeDomitille(Y.De'Rossi. Bullet. 1865. Ciugno),
II y a plus encore : plusieurs croix remontant à la plus haute antiquité sont aussi ornées de pampres. Telle est la fameuse croix stationaledu Vatican (Y. fiorgia. De cruce Yaticana et la gravure de notre art. Crucifix^ p. 226) ; telle est encore la croix exécutée en mosaïque, dans Tabside de S. Clément à Rome, fiartoli a donné pnrmi ses monuments d*Àquilée (p. 406) un crucifix peint, entouré de plusieurs branches de vigne cliargées de fruits. Ceiû rappelle les décorations que le prêtre Népotien, au témoignage de S. Jérôme (EpUt. ad Heliod.)f avait fait exécuter dans son église : qiu boêilicas Eccleêiœ,,. florihm et arborum comis, vUiumque pampinii adumhravit.
On trouve de simples grappes de raisin sculptées sur des pierres sépulcrales (V. Lupi. Sev.epitaph. p. 182. — Fabretti. 581), et plusieurs marbres de Lyon en offrent des exemples (V. De Boissieu. pp. 51 1 . XXX. 595. LiY. 602 lxx), absolument semblables aux types de quelques monnaies juives (Y. D. Calmet. Dictionn. de la Bible, t. n. pi. ni. n. 17-19). Or on sait que chez les Juifs c'était là un symbole de la terre promise, parce que ce raisin rappelait celui que deux des explorateurs envoyés par Moïse dans le pays de Ghanaan rapportèrent suspendu à un bâton (Num. xni. 24). Est-il nécessaire de dire que ce même symbole fut adopté par les clirétiens pour figurer la véritable terre promise, qui est le paradis ? On ne saurait en douter en présence de certains monuments où le fait même rapporté au livre des Nombreê se trouve représenté avec une complète exactitude, comme, par exemple, sur un curieux fond de coupe dont le dessin se trouve dans l'ouvrage du P. Garruo ci (Vetri. tav. ii. n. 9 et reproduit à notre art. Paradiez p. 576).
Les cimetières romains ont fourni des urnes sépulcrales offrant des scènes de vendanges où Tiraitation de Tantique est évidente, bien que le sens chrétien soit déterminé par des sujets bibliques (Y. Bottari. i. p. 1) ; et M. De' Rossi (Imcr. Christ. Rom. 1. 1. p. 201) nous fait connaître un marbre de la fin d'u quatrième siècle qui est orné, au bas de l'inscription, d'un cep à haute tige, chargé de raisins (ci-contre). Le dessin que nous donnons ici, d'après Marangoni (Act. S. Victofin. p. 5), et qui est pris d'une pierre sépulcrale des catacombes, rentre dans le même ordre d'idées. Les oiseaux becquetant des raisins sont le symbole des âmes saintes jouissant des délices du paradis. — Quelques Pères
Le même sujet est sculpté &ur quelque^ sarcophages de la Gaule (Y. Millin. Midi de la Fr, pi. ux. 5. xixvni. 8).
(llierou. In Amos. ix) ont regardé la vigne comme le symbole du martyre, se fondant sur des passages des Livres saints où le vin est appelé eang de la vigne {Deuteron, xxu. 14), et S. Glément d'Alexandrie a dit (Pœdag. 1. 1. c. 5) : « La vigne produit le vin, comme le Yerbe a répandu son sang. » On lit des choses analogues dans S. Augustin (In psalm. vui). C'est peut-être pour cela que des sarcophages représentant les apôtres, qui furent aussi martyrs, offrent d'élégantes décorations de pampres (Bot tari, tav. xxviii).
L'idée d'employer la vigne comme symbole eucharistique, bien qu'elle fût sans doute dans l'esprit de la primitive Église, parait ne s'être produite qu'à une époque déjà un peu basse. Le premier témoignage écrit à ce sujet est, croyons-nous, celui de Paschase qui vivait au neuvième siècle (De corp. et $ang. Chrisli, c. x. t. ix. Biblioih. PP, edit. Colon.). Et les monuments flgurés où se dessine un peu nettement la même intention ne nous semblent pas plus anciens. Tel est un sarcophage d'Arles (Millin. Midi dé la Fr. pi. lvui. n. 5) qui fait voir de petits Génies ailés occupés, les uns aux opérations de la vendange, les autres à celles de la moisson. Telle est encore une améthyste de la bibliothèque royale de Turin (Perret, vol. iv. pi. xYi. n. 52), ornée d'une tige de vigne chargée de raisins, entre deux épis. Ces deux monuments, de genres si différents, offrent, comme on voit, les deux éléments de l'eucharistie.
Une église du cinquième ou du sixième siècle, découverte à Rimini en mars 1863, a un autel orné d'un bas-relief de bon style où il est difficile de ne pas reconnaître un symbole eucharistique. C'est un vase anse surmonté d'une croix et d'où sortent deux ceps de vigne chargés de raisins que becquettent six oiseaux symétriquement disposés (Y. De' Rossi. Bullel. 1864. p. 15, et la figure à notre art. AuUl^ p. 70). L'autel d'Auriol est orné