‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 268 sur 281 · VETE · texte numérisé non relu

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cessation du schisme d'Aquilée, événement qui eut lieu en 552. Il se retrouve dans une mosaïque de Crémone, à peu près de la même époque. Nous donnons ici ce fragment, parce qu'il est mieux conservé (Mozz. Op. et loc, laud,).

Ceci suffit pour montrer que si ces sortes d'emblèmes ou d'allégories sont rares dans l'antiquité proprement dite, ils ne lui furent cependant point étrangers, ni contraires à son esprit.

VÊTEilIENTS DES ECCLÉSIASTIQUES

DANS LA VIE PRIVÉE. — I. — Lcs cfforts qui ont été faits à diverses époques par quelques érudits pour établir que, dès le commencement, l'Église avait prescrit à ses ministres des vêtements différents de ceux des laïques, n'ont abouti à aucun résultat satisfaisant. 11 nous parait bien positif, au contraire, que, du moins pendant les trois premiers siècles, les clercs, dans la vie privée, étaient habillés comme tout le monde. La nécessité où ils étaient, dans ces temps agités, de passer inaperçus au milieu des païens, leur faisait une loi d'éviter toute distinction extérieure.

Nous ne voyons pas que Jésus-Christ ait tracé à ses apôtres aucune règle à cet égard. La simpU> cité, la modestie, voilà tout ce qu'il leur recommandait : fl Des sandales et une seule tunique, » calceatos sandalis,et ne induerentur duabus tunicis (Marc. vi. 9). Tel fut le vêtement du clergé primitif. Cependant le Sauveur n'entendait point, par ces paroles, imposer un précepte négatif à ses ministres, ni leur interdire tout autre espèce de vêtement. Autrement les apôtres ne se seraient point permis Tusige du pallium ou manteau des philosophes, comme nous le lisons de S. Pierre (Act. XII. 8), ni celui de la pénule que portait certainement S. Paul (2 Tim, iv. 13).

Le premier de ces vêtements paraît même avoir été adopté dès les temps apostoliques, parce qu'il était distinctif des hommes graves et voués à l'étude de la sagesse (Euseb. Hisf, eccl. lib. vi. cap. 19). On vit surtout alors ceux qui venaient des écoles du Portique ou de l'Académie pour se ranger sous la discipline du sacerdoce chrétien, conserver, dans des vues de prosélytisme, le manteau de leur ancienne profession.

Et c'était déjà là une certaine distinction. Car le manteau de philosophe différait beaucoup du pallium de la vie commune. C'était une pièce d'étoffe quadrangulaire et tissée d'une laine noire ou brune, nigrum aut pullum. Il descendait jusqu'à terre, et à la différence du manteau des Grecs qui se boutonnait sur l'épaule et se rejetait en arrière, le manteau des ascètes chrétiens, comme celui des philosophes païens, était simplement drapé autour du corps, sans agrafe ni fibule d'aucune sorte. Quelquefois on en faisait passer une partie sous l'épaule droite pour laisser au bras toute sa liberté, et ce pan était rejeté sur l'épaule gauche. D'autres fois on le drapait autour du cou, de façon à envelopper de ses plis les épaules et les bras. Les philosophes qui le portaient étaient dans l'u-

sage d'aller tète découverte et pieds nus; sons le manteau était une tunique simple, et de couleur obscure. Telle était celle que portait S. Jérôme, qui plus d'une fois, pour ce motif, fut pris pour un philosophe, et traité d'imposteur, comme il s'en plaint dans une lettre à Narcella (EpUi, xsxvni. 5).

Cependant ce manteau était proprement celnl des ascètes (V. ce mot) et appelé pallium ucelicum. Aussi les évèquesqui n'étaient point adonné à la vie ascétique, s'en abstenaient-ils généralement, parce que, comme il s'agissait d'un costume impopulaire, ils pensaient qu'il était peu faTo> rable aux rapports journaliers que l'évèqne derait entretenir avec la société civile. Aussi ce manteau ascétique, qui était édifiant dans un S. .Martin de Tours au quatrième siècle, fut, au cinquième, condamna par le pape S. Célestin, dans une lettre aux évoques des provinces de .Narbrane et de Vienne. Nous savons aussi que cette espèce de vêtement n'entrait point dans le costume de S. Cyprien au troisième siècle, pas plus qne dans celui de S. Augustin au quatrième. L'usa<re du manteau de philosophe cessa totalement au siiième siècle.

II. — Le vêtement des clercs ne différait pas plus de celui des laïques par la couleur que paria forme ; ils évitaient seulement ce qui, en ceb, eût été opposé à la modestie chrétienne. Dès le quatrième siècle cependant, les évèques, ceux des grandes villes principalement, portèrent quelquefois un manteau blanc (Pallad. In vit. S. Chry$osi. — S. Eutym. ap. Surium. xxjan.). Mais ceci n'était point d'un usage général. Car, d'une autre part, nous lisons dans Socrate (Uiit eccl. l. vi. c. 22) que les vêtements blancs portés par l'ér^ que Sisinnius furent regardés comme une grande singularité, et qu'on s'en étonna comme d'une chose inusitée parmi les ecclésiastiques.

La couleur noire dut être à cette époque non moins inusitée, car ce même Sisinnius répondit à son censeur : « De grâce, en quel lieu trouvezvous écrit qu'un évêque doive user de vêtements noirs ? > Ceci est pour l'Orient. La même opinion existait en Occident : le jeune prêtre S. Nêpotieo, neveu de S. Éliodore, évèque d'Altino, dans laVénétie, trouvait dans l'admirable lettre de S. Jérôme sur les devoirs de la vie ecclésiastique l'avertissement d'éviter également les vêtements blancs et noirs : Vestes ptdlas œque devita ut candidat (Epist, LU. AdNepotian. 9). S. Sulpice-Sèvére noté à son tour, ainsi que nous l'avons dit déjà, œtnnv une singularité, exemplaire toutefois, dans S. Martin de. Tours, qu'il portait une tunique grossière et un long manteau noir (Cf. Hozioci. sec. ti. not. 7).

Vers la fin du même siècle et au commencement du cinquième, les ecclésiastiques s'éloignèrent peu à peu des usages des gens du monde, et tout en conservant les formes anciennes, ils commencèrent à se distinguer par la richesse de la raatièff et des tissus dont leurs habits se oomposaient

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(Sulpit. Sever. DiaL i. cap. i) ; si bien que le quatrième concile de Garthage (can. xly) dut déjà réprimer le luxe des vêlements et des chaussures chez les clercs, et que le pape Célestin !•' se crut obligé d'avertir les ecclésiastiques des Gaules, qui avaient surtout donné dans ces abus, « qu'ils devaient avoir à cœur de se distinguer par la doctrine plutôt que par l'habit » {Epi$U ad epkc. Vienn, et Narbon,).

C'est au cinquième siècle que les écrivains ecclésiastiques ^commencent à faire mention d'un fl habit de religion », habitus religionis, qui put être un habit pour la vie privée aussi bien qu'un vêtement destiné à la liturgie. II est clair qu'un habit qui n'était pas celui des laïques, un habit clérical, fut donné à S. Germain d'Auxerre et à S. Césaire d'Arles, à l'occasion de leur admission dans la cléricature (V. l'art. Vêtements.,, dam les fonctions sacrées). On peut bien voir aussi la désignation, bien qu'un peu vague, d'un costume spécial pour les clercs dans ces paroles de S. Sidoine Apollinaire à son ami Maxime qui avait quitté le monde pour entrer dans la milice sacerdotale : « Soyez très-différent de ce que vous étiez autrefois, par la démarche, par l'habit; > multum ab aniiquo dissimilis incessu, habitu.,., (lib. i?. epist. 24): mais nous croyons qu'on a donné une extension excessive au texte de S. Célestin, en supposant qu'il reprochait aux évêques des Gaules d'avoir abandonné un vêtement ecclésiastique déjà fixé alors, pour adopter le costume des moines orientaux. C'est la singularité que ce pontife blâmait (Epist. IV. 2), et pas autre chose, la suite du passage le prouve évidemment : • Nous devons nous distinguer de la plèbe et des autres par la doctrine, non par l'habit, > discemendi a plèbe, tel cœteris, sumus doctrina, non veste...; • les peuples veulent être enseignés et non amusés, nous ne devons pas imposer à leurs yeux, mais inculquer les principes dans leur cœur, » docendi enim sunt, non ludendi, nec imponendum eorum oculis, sed mentibus infundenda prœcepta sunt.

Le sixième siècle vil s'opérer une transformation très-marquée dans les vêtemenls des gens du monde. Les laïques abandonnèrent généralement le costume romain, plein de gravité et de dignité, et commencèrent à se vêtir d'habits courts, à la manière des Barbares, au pouvoir desquels étaient tombées toutes les provinces occidentales.

Mais alors l'Église, toujours soigneuse de la dignité de ses ministres, ne se conforma point à ce changement, et les premiers pasteurs s'accordèrent pour retenir l'usage des anciens vêlements. Aussi une différence plus tranchée s'étant introduite entre le costume du clergé, fidèle aux anciennes traditions, et celui des laïques qui les abandonnaient, c'est aussi à cette époque que le langage ^ des documents relatifs à l'habit ecclésiastique devient plus explicite. C'est alors que nous voyons apparaître des préceples, des défenses, des concessions formelles au sujet de telle ou telle espèce de vêtement. Le concile d'Agde, tenu en 500

(can. xx), enjoint aux clercs de porter des vêtements et des chaussures particulières, ou du moins conformes aux habitudes religieuses qui doivent les caractériser : Yestimenta, vel calceamenta, nisi quœ religionem deceant, clericis uti, vel habere, non liceat.

S. Martin, évêque de Prague, auteur d'une fameuse compilation canonique, publiée en 572, prononce (can. lxvi) l'obligation formelle pour les clercs de porter une robe talare : Talarem vestem induere.

Trois défenses particulières leur sont faites à la même époque : défense de porter le sagum, tunique très-courte à l'usage des soldats (ConciL Matisc, I. c. v) ou d'autres vêlements et chaussures propres aux séculiers, — ut nulluê clericus sagum, aut vestimenta vel calceamenta sœctdaria, nisi quœ religionem deceant , induere prœsumat ; défense de porter la pourpre, • parce qu'elle appartient à la jactance mondaine, et non à la dignité religieuse, » adjactantiam pertinet mundialem, non ad religiosam dignitatem {Concil. Narbonn. can. i) ; et en général toute pratique barbare soit dans le vêtement, soit dans le parler ; cette dernière défense est de S. Grégoire le Grand (In Vit. ips. 1. n. c. 13. auct. Joan. Diac.)

11 y avait bien certainement un habit clérical du temps de S. Grégoire de Tours, puisque, étant tombé dans une grave maladie, lorsqu'il était encore laïque, ce Saint se fit porter au tombeau de S. Éloi, et là promit de revêtir l'habit clérical, s'il obtenait sa guérison (Sur. Vit. S. Greg. Turon. c. IV. 17 nov.). Il est encore question d'un habit clérical à propos de l'ordination sacerdotale de Mérovée, fils de Chilpéric (577), et le port de cet habit est obligatoire : postea Merovechus.... ionsuratus est, mutataque veste, qua clericis uti mos est (Greg. Turon. Hist. Franc, lib. v. cap. iA). On lit dans la Vie de S. Marculphe (Surius. i nuiii) qu'il reçut Y habit clérical des mains de S. Possesseur, évêque de Coulances. Il est question de ce même habit dans une foule de passages des Œuvres de S. Grégoire le Grand ; ainsi nous lisons dans une de ses lettres (Epist. 1. iv. n. 27. Ad Januar.), qu'il imposa une pénitence au clerc Paul, parce que celui-ci, ayant quitté son habit, était retourné à la vie séculière, et qu'il adressa des reproches à quelques autres qui, ayant revêtu V habit ecclésiastique, ne menaient pas une vie digne de cet habit (Ibid. n. 22. Ad Constant.). Il est prouvé par la vie de ce grand pape que sa maison ne se composait que de clercs qui tous étaient vêtus à la romaine, c'est-à-dire d'un habit long, et distinct de celui des laïques (Joan. Diac. Vit. S. Greg. Magn. 1. i. c. 15).

Ailleurs, parlant de lui-même, il dit : • lorsque j'étais jeune, et portant l'habit séculier, > dum adhuc essem juvenculus, atque in sœculari habitu conttitutus, et quand il veut comparer l'habit ecclésiastique à l'habit séculier, il appelle le premier habit saint, habit religieux. Le docte Thomassin observe que de telles expressions sont

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nouvelles, étrangères aux siècles précédenls, et que si elles deviennent alors communes, c*est qu'elles indiquent une distinction évidente et universelle entre les vêtements ecclésiastiques et ceux des laïques (Thomassin, Velus et nova Eccîes. disciplin, part. i. lib. 2. c. 16. § 8).

En Orient, c*est au septième siècle seulement que le vêtement des clercs commença à différer de celui des gens du monde [ConciL Trull. c. xxYii)^ il était d'une couleur uniforme. Cette uniformité tendant à disparaître au huitième siècle, l'Église grecque rappela les clercs à l'ancienne discipline (Concil, Nicœn, c. xv) ; et enfin après le dixième, la couleur noire fut exclusivement adoptée par les Orientaux.

Pour les vêtements du clergé de l'Église latine, l'uniformité de couleur et de forme ne fut invariablement fixée qu'au seizième siècle; et sauf quelques légères modific<)l ions, ces vêtements sont encore les mêmes de nos jours. L'initiative de cette réforme appartient à S. Charles Borromée qui la fit .sanctionner par le concile de Trente.

Y£TE9IErHT8 DES ECCLÉSIASTIQUES

DANS LES FONCTIONS SACRÉES. — I. — La questiou de savoir si les ministres des autels usaient, pendant les trois premiers siècles, d'habits spéciaux dans l'exercice des fonctions saintes a été fort controversée parmi les savants. Et le silence des écrivains contemporains n'explique que trop de telles incertitudes. Parmi les anciens liturgistes, Wall'rid Slrabon, Hugues Victorin, iionorius d'Autun, sont les patrons qu'invoquent ceux qui ont embrassé le parti de la négative ; et ce sont, pour ne parler que des orthodoxes, Nicolas Âlemanni(D6/MiWe(m. Lateran, c. ix), Baluze [Ad concil. Narhon, p. 26. edit. Paris. 1668), Yisconti (De apparat, missœ. Mediplani. 1626), Sirmond (Ad epist, Cœlestin. in tom. Concilior. u), Ferrari (De re vestiaria, cap. XVIII. Patav. 1654), Jacques Boiieau (De re vestiar, hom. sacr. Lutet. 1686), Bocquillot (Traité hist. de la liturg, 1. i. chap. 7. Paris. 17U1), Pelletier (Dissert, dans les Mém. de Trévoux^ septembre 1705). Ces écrivains sont d'avis que les évèques, les prêtres et les autres ministres de l'Église ofticiaient avec les vêtements communs qu'ils portaient dans la vie privée.

On leur oppose le théatin Pasqualigus (De sacrifie, novœ leg. t. ii. De om. sacerdot. Lugd. 1672), André Dusaussay (Panoplia sacerdot, part. i. 1. 6. Lutet. 1653), iecardinal Bona (Rer, liturg, \, i.c.5. § 2), Schelstrat (De Eccles. Afric, disseri, ii. Paris. 1679), Honoré de Sainte^Marie {Réflex, sur la crit, t. H. dissert. A, c. 6), Giorgi (De liturg, Rom, pontif,, t. 1. 1. 1. c. 3. Romae. 1731), et enfin l'immortel Benoit XIY lOpp, edit. Rom. t. xi. instruct, 21). Ceux-ci regardent comme certain que, en dépit de leur pauvreté, des embûches des païens, de la malveillance et des diflicullés de toute sorte dont ils étaient environnés^ les apôtres et leurs successeurs usaient pendant le saint sacrifice de vêtements particuUers, ou tout au moins

qu'ils choisissaient pour monter à Taule) ceux des habits du temps qui étaient les plus propres et les plus décents.

Cette dernière observation, qui ressort de l'eusemble des témoignages de ces écrivains el les résume, réduit à de bien étroites proportions In dissidence qui existe entre eux et les auteurs que nous avons cités en premier lieu. Et les deax sentiments nous paraissent se concilier également avec le décret du concile de Trente (Sess. n\u cap. 5. De solemn. missœ sacrif, cœrem.), qui, en déclarant de discipline et de tradition apostolique, ex apostolica disciplina et traditione, Tusagedes vêtements sacrés, comme celui des cérémotiies, bénédictions, lumières, encensements, etc., n'empêche point de supposer que ces vêtement*i qui nous ont été transmis quant à leurs former essentielles, étaient au temps des apôtres, et encore assez longtemps après, des vêlements vulg^in^, et nous verrons tout à l'heure qu'il en était aiibi.

11. — 11 est vrai que dès le quatrième siècle les auteurs ecclésiastiques commencent à menlioauer des vêtements qui dislinguaienl les clercs des laïques. On cite surtout Eusèbe, qui, dans le discours qu'il prononça à l'occasion de la dédicace de Téglise de Tyr (Euseb. Hist. x. 4), adressa ces paroles aux évèques : « Prêtres chéris de Dieu, qui êtes revêtus de la sainte tunique, ornés d une couronne de gloire et couverts de la robe sacerdotale.» Ces paroles sont quelquefois prises dans un seos allégorique. On n'en saurait dire autant de celles de S. Grégoire de iN'azianze, disant de lui-mén)6 au jour de son sacre : Idcirco me ponUficem mgis ac podere cingisy capitique cidarim imponii, < vous m'oignez pontife, vous me revêtez de la robe longue, et vous mettez la tiare sur ma tête, i Ceci suppose évidemment que dès lors il y avait quelque différence entre les vêtements d'un évoque et ceux des séculiers, à la cérémonie de son ordination et dans la célébration des saints mystères.

Le témoignage de S. Jérôme parait plus codcluant encore. A propos du quarante-quatrième chapitre d'Ézéchiel, où il est parlé des habits que devaient avoir les prêtres et les lévites quand ils entraient dans le temple, le saint docteur ajoute : « .4pprcnons de là que nous ne devons point nousmêujes entrer dans le sanctuaire avec les babils communs et souillés dont on se sert tous les jours dans l'usage vulgaire de la vie, mais qu'il faut traiter les mystères du Seigneur avec une conscience pure et des habits propres. • Ce passage nous fournit la clef de celui-ci du même Père auquel on a donné souvent une portée exagérée : Religtoalterum iiabet in ministerio, altemm in usu rilaipii civili (Ibid. v. 17), « la religion a dans le ministère des autels d*autres babils que dans l'usage de la vie civile, t

Mais si ces textes prouvent qu'on usait pour les fonctions liturgiques de vêtements plus décenis. il n'en résulte nullement qu'ils eussent des fono» particulières. Et même cet usage de changer d'io-

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^ue communément les vêtementa en usage ^ur la célébration des saints mystères étaient blancs. Quand les écrivains ecclésiastiques decelte époque et des siècles suivants parlent de l'habit c1érit;3l, le désignant sous le nom de habilm religionit, il est à présumer que celte distinction ne porte que sur la couleur. Sous lisons dans la Vie de S. Oiryioilome [Ap. Baron, an. 407. n. n) qt>e, sentant sa fin approclier, et voulant célébrer le saint sacriHce, il demanda det l'itemenli blanc», et qu'il s'en couvrit, après s'être dépouillé deceui qu'il portait, y compris sa chaussure, et les avoir distribués aux assistants. Ceci est une donnée Irès-précieuse sur. les vêtements liturgiques en

Pour l'Occident, nous trouvons la mention d'un habit clérical, dit habitui reUgioni», dans la Yiede S- Germain, Tail évèque d'Auierre en il9. Ce Saint avait d'abord été mis au nombre des clercs de cette Église par S. .\malor, son prédécesseur; et pour cela, deux cérémonies avaient eu lieu, celle de la tonsure d'abord ; la seconde consista à le dépouiller des vains ornements du siècle, pour le rcTËtir de l'habit de religion, c'est-à-dire de l'habit blanc avec lequel il devait s'acquitter de son office dans lesToncttons saints, habiliu religionit, comme s'exprime son bioRraphe Constant, dans Surius(xxiijW.).

Et que telle ait été la couleur des vêtements litui'giques pour tous les ordres, c'est ce dont ne permet pas de douter un passage de S. Jérôme souvent cité (Lib. i. Contr. Pelag. et Epiit. m. Ad Hetiodor.) : t Est-ce donc un acte d'inimitié contre Dieu, si j'ai une tunique plus propre ! Si l'évëque, le prêtre, le diacre et les autres ordres ec-

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clésiastiques se présentent avec un TSleinent blanc dans l'administration des sacrements! > n'epùcopu$, pretbyUr, diacontu, et reliqutu ordo eccle~ tiatlicut inadnûnUlralione tacramentoram eandida vette procetierit? S. Grégoire de Tours {Deglar. eonfet». cap. xx), décrivant la procession qui eut lieu à l'occasion de la dédicace d'un oratoire qu'il avait fait construire pour y déposer les reliques de S. Saturnin, de S Hartin et de quelques autres Saints, parle d'un chœur nombreux de prêtres et de lévites en vêtements blancs : Erat avlen tacerdolum ac levilaivm in albit vetlibut non minimiu

Il ne paraît pas qu'aucune autre c<iuleur ait été "mise jusqu'au neuvième siècle : c'est ce qui vl des Yiet det papet {Ub. Pontif. In Léon .1, Greg. IV, Serg. Il, Léon. lY, etc.), et ce qu'on peut voir plus clairement encore dans les images des souverains pontiles représentés en mosaïque dans la basilique de Saint-Paul-hors-lesmurs de Rome. Seulement les vêlements blancs étaient quelquefois ornée de bandes de pourpre ou d'or [V. l'art. Clavtu).

Dés le neuvième siècle, d'autres couleurs furent peu à peu admises ; mais ce n'est qu'après le onlième que l'Église reçut délinilivement les cinq couleurs dont nous nous servons aiyourd'hui pour les ornements sacrés. Car le premier écrivain qui en parle est l'auteur du livre De dicinit officiii {cap. Deting. vetlib.), faussement allribuè à Alcuin, niais que Kabillon assigne sûrement à l'époque où vivait cet écrivain [Annal, ord. S. Benediet. Sxc. IV. para 1). Après lut, viennent, au Ireiiiéme siècle, Durant de Hende (Ralional. \. ni. c. 18. n. 1. 9 et 10) et le pape Innocent III (C; myiler. miu. c. Cb). C'est à peu près â la même époque que les Grecs adoptèrent ces couleurs, avec celte difTèrence qu'ils n'usaient de la couleur rouge qu'aux jours de jeûne et aux mémoire» des moris (Pellicc. I. p. 196). Voici une des sections du basrelief du fameux autel de S. Ambroise de Milan qui donnera, pour te neuvième siècle, une idée juste des «ftiumes usités dans la célébration des saints

mystères : il y a un évèque, un diacre et un lecteur, ou peut-être un sous-diacre.

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L'évêque n*est autre que S. Ambroise lui-même, représenté au moment où il s'endort à Tautel et se trouve transporté en songe à Tours, où il assiste aux funérailles de S. Martin. Le diacre lui met la main sur Tépaule pour le réveiller.

Pour les vêtements sacrés au dixième siècle, voyez un bas relief reproduit à notre article Chasuble.

III. — Nous avons dit précédemment qu'il n'est aucun des vêtements aujourd'hui affectés au service des prêtres qui n'ait été dans l'antiquité un habit commun aux laïques et aux clercs. Quelques détails sont nécessaires pour justifier cette assertion.

1* Vamict est le seul sur l'origine duquel il existe de l'incertitude; on ne sait s'il fut en usage dans les premiers siècles, soit pour les prêtres, soit pour les laïques. Il n'est fait mention de ce vêtement que dans des auteurs ecclésiastiques, et encore pas des plus anciens. S. Isidore de Séville l'appelle anabolabium, et affirme qu'il fut d'abord un voile dont les femmes se servaient pour cacher leurs épaules. Les anciens livres liturgiques, et en particulier les ordres romains que nous possédons, lui donnent les noms de anagolaium, anagolat, anabolagium. Dans la messe d'illyricus-Flaccus (Missa Romana antiqua), l'amict est nommé ^/lod, parce que la prière pour le revêtir est intitulée; ad induendum ephod; et dans celle de Rathold, superhumer aïe, ainsi que dans le livre De divino officio (cap. xxxix).

Quelques savants pensent que l'amict pourrait être, dans son origine, ce voile couvrant la tète que l'antiquité nommait maforte, et qui se voit sur la tête de beaucoup de figures en prière dans les catacombes. En effet, dans la prière qui se récite en prenant l'amict, il est appelé casque, galea : Impone, Domine^ capili meo galeam saliîtis, « Imposez, Seigneur, à ma tète le casque du salut. > On peut sans invraisemblance supposer que cette expression métaphorique et martiale vient d'un passage de TertuUien (De velandis virgir^ cap. XV.), où on lit: Pura virginitas.... confugit ad velamen capitis, quasi ad galeam centra tentatio^ nés, t la pure virginité.... se munit du voile de tête, comme d'un casque contre les coups de la tentation. »

Dans le principe, l'amict se mettait par-dessus l'aube, et non par-dessous comme cela se pratique aujourd'hui. Cet usage a été conservé chez les Maronites ; il existe encore, pendant la semaine sainte du moins, dans les antiques Églises de Milan et de Lyon. Aucun auteur français ne fait mention de l'amict avant le huitième siècle, et il y a lieu de croire, dit Bocquillot (p. 142), qu'on ne s'en sert dans nos Églises que depuis qu'elles ont reçu Tordre romain.

2* Vaube. C'est une tunique' de lin qui était d^un usage commun chez les anciens, à Rome notamment, et dans tout l'empire. Les empereurs en distribuaient au peuple. Cette tunique descendait jusqu'aux pieds, et, pour cette raison, les

I Grecs l'appelaient poderis et les Latins lalam. Ces noms indiquaient sa longueur ; on l'appela aussi alba,, à raison de sa couleur blanche. C'est de là que lui est venu le nom d'aube qu'elle porte aujourd'hui.

Les évêques, les diacres, les sous-diacres et les lecteurs étaient revêtus de Taubedans leurs fonctions, et durant tout le temps du saint sacrifice; hors de là, les diacres et les clercs inférieurs n'avaient pas le droit de la porter. Cette interdiction est du quatrième concile de Carthage (can. m. an. 598), et on peut en conclure à bon droit que, dans les églises d'Afrique tout au moins, les évêques et les prêtres pouvaient s'en servir dans l'usage commun de lavie. Cependant ce mèmeconcile (can. lxi) semble supposer que dès lors plosieurs ne la portaient plus habituellement, puis* qu'il se vit obligé de défendre qu'aucun prêtre célébrât le saint sacrifice, et qu'aucun diacre servit à Tautel, sans ce vêtement, sine alba. Il parait que l'usage des églises de la Gaule était différent en cela de celui de Rome et d'Afrique (Conâi Narbon. can^ xii. an. 589), car chez nous les prêtres pouvaient quitter l'aube hors le temps de la messe, et ils mettaient peut-être trop d'empressement à s'en dépouiller, puisque le concile k Narbonne (can. xii. an. 589) défendit aux clercs de tous ordres d'ôter l'aube avant la fin de la messe : Nepresbyter aut diaconus de aliario egrtdiantur et ne subdiaconus ac leclor albam eiuant ante missœ consummationetn. Mais l'usage cbangéi sous Charlemagne ou peu après ; dès lors les prêtres et même les simples clercs la portaient dans la vie privée (V. Bocquillot. p. 143). Cependant ces robes blanches descendant jusqu'au talon, étant fort gênantes pour circuler en ville, on les raccourcit bientôt considérablement, et tel est, selon le pape Benoît XIY (Desacrif. mis. 1. i. c. vu. n. 5) l'origine du rochet.

L'aube avait partout cessé dès le sixième siècle d'être portée par les laïques, et était devenue un vêtement exclusivement ecclésiastique (Greg. Turon. De glor. confess. c. xx). Cependant l'usage en fut conservé jusqu'au neuvième siècle dans certaines parties de l'Allemagne [Stat. Regin. éh. ap. Pellicc.i. p. 197).

3* La ceinture, cingulum, qu'on appelle aussi zona, chez les Grecs C^vd, et baltheus (Hieron. Ad Fabiol. epist. cxxvin). La ceinture futd'un usage vulgaire chez tous les peuples qui portaient des vêtements talares (Sabellic. Comment, ad Horat. ep. ni. lib. 2). Elle servait à serrer l'aube autour du corps, afin qu'elle ne tombât pas sur les pieds, ou à terre, ne laxe per pedes defluat [De divin, off. cap. De vestim.). 11 y en eut de différentes couleurs ; quelques-unes même étaient ornées d'or et de pierreries, comme l'atteste pour le neuvième siècle le testament de l'évêque Riculf M/'* Baluz.), léguant à son église cinq ceintures, S9na< quinque^ unam cum aura et gemmis pratiosiii ^^ quatre autres avec des ornements d'or.

La ceinture est de toute antiqtiité dans r%^

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romaine, car Jean Diacre raconte dans la Vie de S. Grégoire le Grand (lib. vi. cap. 80) que les fidèles vénéraient comme une relique le baltheus de ce pontife. Elle était beaucoup plus large et plus ample, comme on peut le voir dans les anciennes mosaïques ; et ce n'est que depuis le seizième siècle qu*elle a été réduite à l'état de corde où nous la voyons aujourd'hui.

4** Le manipule, manipulum, mapula, sttdariunit et encore phanon, était primitivement un linge, un mouchoir ou serviette, dont les anciens se servaient pour essuyer leurs mains et leur visage ; ils le portaient sur le bras. Ce ne fut point dans Torigiiie un ornement sacré ; on en usait, dans la liturgie comme dans la vie commune, par motif de propreté, êudarium, dit Amalaire (lib. n. cap. 24), ideo poriamm ni eo detergamus sudorem.

Après le sixième siècle on commença dans certaines églises à le porter sur le bras gauche comme une marque d'honneur; c'est probablement alors que les laïques le quittèrent. Le manipule, dans ce sens, parait avoir été d'abord particulier à l'Église de Rome; c'est ce que suppose une lettre adressée par S. Grégoire à Jean, archevêque de Ravenne (Lib. ii. epist. 54), pour en accorder Tusagc aux diacres de cette dernière Église, dans les cérémonies sacrées. Au neuvième siècle, il devint partout commun aux prêtres et aux diacres (Amalar. lib. m. cap. 6) ; il ne fut accordé aux sous-diacres qu'après le onzième (Alexand. de Alex In. exposit. missœ).

5* Vétole^ siola, vient du grec arcXTi, qui signifie un vêtement quelconque. 11 règne beaucoup d'incerlilude sur la nature du vêtement auquel ce nom fut donné chez les anciens . On a trouvé dans les thermes de Titus une fresque où est représentée une matrone dont la robe reproduirait, de l'avis de quelques savants, le type de la stola romaine. C'est une tunique deux fois ceinte, sous les seins et au-dessus des hanches ; mais elle se dislingue des tuniques proprement dites par un appendice d'étoffe ditférente fixée sous la ceinture, et pendant sur les talons comme une queue.

Ce qui est certain du moins, c'est que la stoîa était la robe des femmes, comme la toga celle des hommes. Plusieurs grands personnages, Marc- Antoine d'abord, et plus tard Caligula et quelques autres empereurs aux mœurs efféminées, ayant ajouté à leurs toges les ornements de la slola matronale, ce vêtement devint commun aux deux aexes. Ces ornements, selon Topinion commune, consistaient en une broderie r^ant tout autour du cou et jusqu'au bas de la robe, qui était ouverte par devant.

Or, comme cette espèce de passementerie était dans la stola la seule chose précieuse, les empereurs, qui avaient coutume de faire des largesses. de ces sortes de robes, ne donnaient ordinairement que la bordure, que chacun adaptait à une êtola d'une étoffe de son choix. Celle que Constantin, au rapport de Théodoret (Hist. eccL lib. u. cap. 27), avait envoyée à Kacaire, et dont cet évè-

que de Jérusalem se servait pour administrer le baptême, était une robe entière, et elle était 1 issue de fils d'or, sacram siolam, Upàv oroXiiv, aureiê filis contextam.

Mais comment la stola, qui était un vêtement ample, s'est-elle réduite à cette bande étroite que nous appelons étole ? On suppose qu^on supprima la robe pour ne garder que la bordure, ora, d'où serait venu aussi à l'étole le nom d*orarium qui lui est quelquefois donné.

On assigne encore à Tétole une autre origine, en faisant dériver le mot orarium de orare, « prier, t Elle n'aurait été, d'après ce système, qu'une imitation de l'espèce d'éphod dont les Juifs couvraient leurs épaules pour prier (V. l'art. Orarium). On voit en effet dans les monuments primitifs une foule de personnages, le plus souvent dans l'attitude de la prière, entre autres S. Pierre et S. Paul, ayant sur les épaules une écharpe descendant sur les bras, et dont les deux pans sont réunis sur la poitrine par une fibule. Cet orarium était un vêtement commun? et même permis aux deux sexes (V. la figure de l'art. Agnèê [Sle], page 32) ; il resta, comme la plupart des vêtements sacrés, réservé aux clercs quand les laïques l'abandonnèrent.

A quelle époque celte réserve eut-elle lieu? La première donnée que nous possédions à cet égard est du quatrième siècle. Le concile de Laodicée, tenu vers l'an 366, et qui, comme on sait, s'occupa spécialement des rites et de la vie cléricale, défendit l'usage de Yorarium aux sous-diacres et aux lecteurs (can. xxi. xxn. xxui). 11 parait cependant que la discipline établie par ce concile, ou ne fut pas admise partout, ou tomba un peu plus tard en désuétude. Car S. Grégoire le Grand eut à interdire de nouveau aux sous-diacres le port de l'étole et de la diasuble, qui, d'après un ordre romain antérieur à ce pape, étaient accordées même aux acolytes (L. vu, episL 64), et il se crut obligé de se justifier de cette sévérité dans une lettre à Jean de Syracuse.

Le sacramenlairede S. Grégoire attribue donc l'étole au diacre (pag. 237. edit. Menard.) dans son ordination, comme un attribut qui le distingue des clercs inférieurs : Per hoc signum vobis diaconatus officium humiliter imponimus. Et l'Église tenait tellement à ce qu'aucune confusion ne pût avoir lieu sous ce rapport, que comme les sousdiacres portaient une tunique fort semblable à la dalmatique, le concile de Brague, tenu en 565 (cap. iv), ordonna aux diacres de porter leur étole par-dessus ce dernier vêtement, non pas à la manière des prêtres, mais sur l'épaule, stfpj^oitto sco" pulœ iicut decet uiantur orario ; nous savons par le quatrième concile de Tolède (cap. xi) que c'était sur l'épaule gauche; et c'est ce que montrent les images de S. Laurent et de S. Etienne dans les monuments antiques, pailiculièrement dans la mosaïque de S. Laurent in agro Verano (Ciampini. Vet. monim. t. n. tab. xxvm), qui date de l'an 578, et dans celle de Galla Placidia de Ra?enne,

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que nous donnons à notre article 5. Laurent, p. 415). Ce même concile Jeur défend d'avoir des étoles de couleur ou ornées d*or, nec uUiê coloribus^ aut auro ornatœ. Chez les Arméniens et les Maronites, le diacre porte aussi Tétole sur Tépaule gauche, non en sautoir comme le diacre latin, mais pendante devant et derrière (Y. Le Brun. t. V. planche en regard de la page 58, et notre art. Fîabeîlum, 3^ figure).

11 y avait autrefois entre les prêtres et les diacres une différence plus notable encore par rapport à rétole : c'est que ceux-ci ne la portaient que dans la célébration des saints mystères, tandis que les prêtres la gardaient même dans fusagede la vie commune. Ils devaient la porter partout et ne la quitter jamais, parce que c*était la marque de la dignité sacerdotale : Presbyteri êine intermissione idantur orariis propter differentiam sacerdotalis digniiatiê (Capitular, lib. v. cap. 81.— Cf. Bocquillot. p. 153. — V. les art. Chasuble, Dalmatique, Columbium,Orarium, Chape, Tunicella, etc.).

TÊTeMENTS DES PREMIERS CURË- TIEIVS« — Il ne parait pas que les premiers chrétiens se soient distingués des païens par le vêtement. Nous devons néanmoins entrer ici dans quelques détails sur ceux des vêtements qui sont mentionnés dans les livres du Nouveau Testament ou que nous savons, soit par les écrivains du temps, soit par les monuments, avoir été en usage parmi les fidèles des premiers siècles.

1* La coiffure. En général, les hommes se montraient en public tète nue, et les femmes voilées (Bosio. — Buonarruoti. pauim, ^ Lambec. 1. n, Commentar. c. 8. — Boldetti. 1. i. c. 39). 11 n'est pas ici question des pontifes dans les fonctions sacrées (V. l'art. Vètem. eccl. dam les fonctions sacrées), non plus que de certains personnages placés par leur nationalité hors du foyer primitif des origines chrétiennes (Y. l'art. Abdon et Sennen) ; nous considérons moins encore comme une coiffure l'auréole qui, depuis une certaine époque, entoure la tête des saints (Y. fart. Nimbe). 11 nous est aussi impossible de tenir compte de quelques rares exceptions, celle par exemple que nous offrent les actes de S. Didymus (Ruinart. p. 351. v) qui couvrit sa tête d'un pt/eus pour entrer dans le lupanar d*oii il devait retirer la vierge Theodora. S. Pacôme,si nous en croyons Nicéphore Calliste {Hist. eccl. xiv), avait prescrit à ses moines une sorte de bonnet de laine parsemé de petites croix en fil de pourpre. Quoi qu'il en soit, il est certain que, quel que fût le genre de coiffure adoptée par les fidAlcs, ils n'avaient en vue que la nécessité, et fuyaient le luxe et la délicatesse des idolâtres : c'est ce qui ressort de tout le traité de Tcrtullien De corona, et ce qu'enseigne formellement S. Clément d'Alexandrie (Pœdag, n. 8).

Les hommes portaient les cheveux courts, et les femmes laissaient croître les leurs, selon le précepte apostolique (1 Cor. XI. \A): t Nourrir sa

chevelure, dit S. Paul, c'est une ignominie pour l'homme, une gloire pour la femme. • C'était donc ici une marque distinctive des chrêiiens. Prudence nous apprend en effet {Peritteph. hymn. xni. vers. 30) qu'en embrassant le chrisliaiiisnie, S. Cyprien fit couper sa chevelure, qui était flottante auparavant :

Ocfliia cssanes compcscitur ad broves capillos.

Et S. Jérôme (Ad Eustoch. de cuitod. virginil.) bldme les hommes qui, contre le précepte de l'Apôtre, portent une clievelure de femme.

Tout ceci n'est pas sans exception, mais hrègk pour les honunes était d'avoir les cheveux court» et la barbe longue. La plupart des monuments aociens montrent les apôtres et les chrétiens barbus. Tertullien (De cuit, fem.) censure avec sérénié ceux qui se rasent le visage, et les ConàMm apostoliques portent (i. 3) : Oportet non h&ha pilum corrumpere nec formam hominis conlra naturam mutare, • il ne faut pas corrompre le poil de la barbe, ni changer la forme de l'homme contre la nature. »

S. Clément d'Alexandrie n^est pas moins véhémeiU contre l'homme qui rase sa barbe (Pedo;. n, 3) : f La barbe est la fleur de virilité... Diea y attache tant d'importance, qu'il l'a fait paraître chez

I homme en même temps que la raison (?povT,«i;).

II est impie de s'en dépouiller... c'est faire penser qu'il est adultère, efTéminé, utrique veneri deditus. »

Les gnomes du concile de Nicée publiés par M. Revillout(p. 59) font aussi lire cette sentence: a L'homme qui rase sa barbe veut ressembler aui enfants sans connaissance. »

Dans quelques verres dorés (Buonarr. xiv. vi. xvu. etc.), S. Pierre, S. Paul et d'autres person» nages sont sans barbe. Hais ici, comme dans toutis les partios du vêtement, il faut faire la part des caprices de l'artiste. Soit faite cette réflexion une fois pour toutes.

Les femmes avaient la tête voilée, du moins quand elles priaient ou prophétisaient. Osl le précepte de l'Apôtre (1 Cor. xi. 5) ; et nous pouvons conclure d'un passage de S Clément d'Alexandrie (Pœdag, m. 11) qu'il ne leur était permis d'être sans voile qu'à la maison : Semper tecta sit, nisi quum domi fuerit. Les monuments concordent ici avec les textes. Les femmes représentées dans l'attitude de la prière, à de raresexceplions prés (Bottari, cxi. lxxx. Perret, i. nxi^. etc.), sont voilées, et celles qui figurent dans les représentations de repas n'ont d'autre coiiïure que leurs cheveux (Bottari, tav. cxxix. cxxni), qui sont ordinairement relevés et attaches en deoi boucles au-dessus du front (Id. cix.) Mais il leur était interdit de couper leur chevelure; le concile de Gangres ne fit que renouveler et appliquer à cet égard le précepte de S. Paul (1 Cor. ii- 6) ; el il en allègue pour raison que < Dieu a donné à ^ femme sa chevelure comme un voile, et aussi

VÊTE 7

comme la marque de sa sujûlioii à l'égard de l'homme * {Conc. Gangr. can. ivii).

On renconire quelqueTois [Buonarr. tav. iviii. '2. — Botlari. cum) une coilTure caractérisltque, appelée par les anciens mitra ou miUila. D'après S. Isidore de Séiillc ( Orig. I. m, 51), cet ornement était réservé aux femmes dévoles ou consacrées à Dieu. On le peut Toir sur la tête d'une orante dans une magnifique planche de l'ouvrage de H. Perre((m. m. iv). En Afrique, la mitre élait propre aui vierges, qui cependant la portaient tr*sstmple, sans ornement; celle-ci s'appelait encore flaminautt virginale (V. re mol). Celle des matrones au contraire étiit êlé);anle par sa forme et précieuse par sa matière.

Hais quelle que fût la modestie des femmes chréliennesdaiis les premiers temps, il n'est point douteux qu'un certain luxe ne se fût glissé parmi elles, quant à la coiffure et au vêtement, dés le troisième el même le deuxième siècle, car Terlullien s'élève déjà contre des abus de celle nature daiis ses traités De habilu mufierjim. De cutltt femînarum. De virginibiu velandU, et S. Clément d'Alexandrie dans son Pœdagogtie (I. m.). Terlullien (De veland. virg. lu) stigmatise la vanité dans la chevelure par ces mots terribles, eapita ttundinanlia, comme si les têtes ainsi parées él;iient l'enseigne d'une femme à rendre (V. l'arl. PeTTuqueâ). Le concile d'Ëlvire (can. uvji) défend à toute femme chrétienne ou catéchumène (T. les art. Fidèle et Catéchumine) d'entretenir des coiffeurs, virot cinerariot, ainsi nommés de ce qu'ils faisaient chauffer leurs fera, ealanûttroi, (tans la

Venons maintenant aux vêlements proprement dits.

2* La tunique. A l'exemple de Notre-Seigneur, les Apâtres et les premiers chrétiens en général |Hirlaient,3ur la peau, un premier vêtement appelé tunique (Matlh. i. 10. — Marc. vc. 9. — Luc. un. 50. — AcI. i[[. S). Il est fait mention de la tunique des apôtres dans les Œuvres des Pères ; S. Grégoire le Grand (1. ii. epiit. 5) parle de celle de S. Jean. La plupart des monuments nous fout voir la tunique de Jésus-Christ et celle des apiltres ornées de deux bandes de pourpre (V. l'art. Clavut.). On portait quelquefois une tunique sans manches, appelée colobium (V. ce mot). On dit que S. Barttiélemi, puis S. Denys l'Arèopagile se servirent d'une tunique de celte espèce (V. Itubenius. De re veitiar. 1- 1. p- lOS). l'Ius lard tes colobia des prêtres et des moines furent ornés du laliclavu* de pourpre (Id. ibid. p. 107).

3' Le paliium. C'était un manteau qu'on mettait sur la lunique : il était le complément du costume que nous appelons apostolique. Il ne se portait pas à la maison; tous les personnages, liomuieset femmes, qui ligurentdans les nombreuses représentations de repas que nous rencontrons au\ ealacombes sont en simple tunique. Il eu ent souvent question dans les livres du Nouveau- Testament (Hatth. V. 40). Kotre-Seigueur dit à ses

AHIIQ. CHRÉT.

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disciples : f Si quelqu'un tous enlève votre tunique, donnez-lui encore le palUum. i Grotius [Ad. AcL xn. 8] et Saumaise (Ad TerlvU. De palliù) ont longuement disserté sur le pallitim des apâtres.

Il ne paraît pas que le paliium lût adopté par tous les chrétiens .tprès leur baptême, mais seulement parles personnages graves, par les ascètes et par tous ceux qui étaient voués à une vie austéi-e. C'est ainsi que, d'après Buonarruoti {Yeiri. p. 41), il faut interpréter le passage du traité de Tertullien De paltio (iv. tn fine), pris par quelques auteurs d'une manière trop générale. Dans tous les cas le palHum était réputé un vêtement humble et les païens raillaient les fidèles d'avoir quitté la toge pour le paliium : a toga ad paliium (Tcrtul. ib. V.}. Il l'appelle encore [ib.) un vêtement sacerdotal, qui oblige ceux qui le portent à une plus grande pureté de mœurs.

Ne pouvant entrer ici dans tous les détails que fournissent les auteurs spéciaux sur la forme, la couleur, la longueur, les ornements de la tunique et du paliium, nous reproduisons une double figure empruntée A un sarcophage du Vatican qui donnera une idéesurfisanle du vêtement des hommes et des femmes (Bosio. Roma toU. p. 59). Di-

sons seulement, d'une manière générale, que ces vêlements étaient de laine {Ferrari. Ûe re vettiar. iT. 11), que la tunique était blanche (Id. m. 1) et le manteau de couleur obscure. S'ils furent quelquefois de pourpre et de soie, ce n'est que par suite d'un abus, souvent censuré par les l'éres (Clém. Alex. Pœdag. it. 10).

Les ornements, quelquefois trés-riches, que les artistes anciens ont prodigués aux vélemenls de Nolre-Seigneur, des a{)ôtres et des autres Saints, ne doivent pas tirer à conséquence. Us se sont souvent laissé entraîner à vêtir ces personnages à la mode du temps où ces images étaient exécutées, et même à les embellir par un sentiment de dévotion mal entendue- Il faut se rappeler encore que ordinairement les Saints sont représentés en paradis, et que le luxe dont ils sont entourés est tout idéal, étant destiné à donner une idée de la splendeur dont Dieu aime û revêtir ses élus. Les vierges et les veuies, Ste Agnès, par exemple (Boldelti. p. I U4), Sle l'nscille (Perret, loc. iaud. — V. l'image de Ste l'riscille à l'art. Poroifif, p.570), Sle l'raxcde (Cianipini. Vel. monim. t. u. lab. 17),

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et en général toutes les femmes dans l'attitude de la prière ou de la contemplation (Bottari. cxiiu. cuti), sont couvertes de dalmaliques enrichies de pierreries, de diamants, parées de colliers, de bracelets et d^étofles précieuses. On sait encore quelle licence se sont donnée à cet égard les artistes des cinquième et sixième siècles, surtout dans les mosaïques où plus d*une fois les apôtres portent des manteaux de pourpre et d^or (Giampini. Vel, mon, i. c. 25 et alibi). Tout ceci n'a rien de commun avec le costume réel et vulgaire.

A" La pénule. Dans les voyages, et pour se préserver de la pluie, les premiers chrétiens portaient la penula (Y. ce mol). S. Paul, dans sa deuxième ÉpUre à Timothée (iv, 15), réclame celle qu'il avait laissée à Troade. On faisait aussi usage de ceintures, surtout en voyage (Mattli. x. 9. — Marc. VI. 8. etc.). Aux Actes det apôtres il est fait mention de celles de S. Pierre (xn. 8) et de S. Paul (xxi. 11), et nous voyons souvent, dans les monuments, ces deux apôtres vêtus de tuniques ceintes. Il en existe un exemple dans une patère antique gravée dans Boldetli (p. 191); quelques tuniques d'une longueur peu commune étaient ceintes deux fois, sous les bras et au-dessus des hanches.

5* La êtola et la pa//a. U n*est pas douteux que le vêtement des femmes ne différât, bien que légèrement, de celui des hommes. Leur tunique s'appelait stola et leur manteau palla (Ferrari. De re vestiar,), mais avec des formes à peu près semblables, comme les monuments en font foi (Bottari xxxvin et la figure ci-dessus). Celait, du reste, la même simplicité et la même modestie (Tertull. De ctdtu femin, — Clément. Alex. II. 10). S, Jérôme en témoigne à son tour (Epist, vni. Ad Demeiriad,) : vili tunica induitur^ viliori tcgilur pallio. Seulement les étoffes en usage chez les femmes étaient un peu plus légères, et le lin remplaçait la laine, surtout pour les tuniques. Le treizième canon du concile de Gangres, et S. Jérôme, dans une lettre à Eustochium, censurent quelques vierges qui, par une blâmable affectation, avaient adopté le pallium viril. Si nous voulions pousser plus loin cette étude, nous parlerions de la coutume qui s'établit plus tard parmi les femmes de porter des vêtements où étaient représentés les faits et les miracles de Notre-Seigneur. S. Astérius, évêque d'Amasie au temps de lulien l'Apostat, donne à cet égard de curieux détails (HomiL i. De divite et Lazare p. A, edit. Ruben. 1615).

6* Les sudaria et les semicinctia dont il est parlé dans les Actes des apôtres (xix. 12), et qui étaient d'un usage commun, ne sauraient être regardés comme des vêtements proprement dits ; c étaient des espèces de mouchoirs ou manipules. Des autorités citées par Suicer (Ad voc, Scu^âptcv et Z£p.i«vTtov) il résulte que la seule différence entre les uns et les autres, c'est que le sudarium était destiné seulement à envelopper la tête pour en absorber la sueur, tandis que le semicinctium se tenait à la main, pour être employé aux mêmes usages que nos mouchoirs.

Uorarium, au contraire, était devenu de bonne heure comme une sorte de vêtement sacré : c'était une draperie dont, h l'exemple des Juifs, les premiers dirétiens se couvraient les épaules pour prier, et dont les deux pans étaient réunis sur la poitrine par une agrafe ou fermoir rappelant le ralional qui régnait à la partie antérieure de Véphod {Exod, XXV. 7). Plusieurs verres dorés font voir ce manteau sur les épaules de S. Pierre et S. Paul (Buonarr. x. xi. xii) (V. la figure de l'art. Orarium), de Ste Agnès (Boldetti. 291. vi. 19), etc. Dans un article spécial auquel nous renvoyons le lecteur, nous avons parlé suffisamment des anneaux, simples ou ornés de sj-mboles et d'images, que portaient les premiers chrétiens.

7' La chaussure. On sait que Noire-Seigneur portait des sandales (Joan. i. 27), et qu'il ordonna i ses apôtres la même espèce de chaussure (lare. n. 9j, caîceatos sandaliis, et que ceux-ci en osèrent en effet (Act, xu. 8.). S. Anselme les définit (/nr. m Matlh,) : « Chaussures qui n'ont qu'une semelle sous le pied, sont ouvertes par-dessus, et s'attachent avec des courroies. » Le Sauveur toolut que ses disciples en usassent, parce que, en Palestine, c'était la chaussure des gens de la plus basse condition. Les arlistes anciens n'ont pas toujours respecté en ceci la vérité liistorique. Presque toutes les sculptures de sarcophages, quelques verres dorés, et toutes les mosaïques, montrent à la vérité Notre-Seigneur et les apôtres en sandales. Mais la plupart des fresques des catacombes (Bottari. Liv. Lvu. Lxxii. cxx) et des verres dorés ,Baonarr. viii. xv. xvi. 1. xx. 2. etc.) les représentent pieds nus. Un petit nombre de monuments de c^s dernières classes leur donnent une chaussure pleine (Bott. xlvi. xix. uxii).

(i*est tout le contraire pour les femmes. La Ste Vierge, dans le sujet de l'adoration des Naçe^ (ixxviii), la plupart des oranies (xxxvi. u), i^ sœurs de Lazare (xux), la Samaritaine (xxui), l'hèmorroïsse, etc., Ste Agnès dans les verres doré (Buonarr. xiv. 1), paraissent généralement avec les chaussures pleines, sans doute d'après une règle de pudeur émanée des pasteurs, sans fautorité desquels rien ne se faisait dans la pratique des arts, non plus que dans celle de la disdpiioe.

La plupart des orantes, dont au reste le costume diffère d'une manière assez notable du costuioe vulgaire (Y. l'art. Prière [Attitudes de h]), oniliè pieds nus (Bottari. cxv. cxxin. segg.); ceh vient probablement de ce qu'elles sont représentées eo dehors des réalités de la vie actuelle.

Pour compléter ces notions abrégées, nous devons ajouter qu'en beaucoup d'endroits les cbrétiens, par motif de prudence, se conformaient» costume des populations, même païennes, au milieu desquelles ils vivaient. S. Clément d'Alexaodn*? (Pœdag. m, 11) enseigne encore que lesTétemenl* des fidèles variaient beaucoup, selon le pays, l'âge. la dignité, la condition ou l'office de duom (V. l'art. Vêtements ecclésiastiques dans la ^ privée).

VEUV :

VEUVES CURÉTIEHHES. — Outre les Tier;<>s qui proressaient solennellement la Tir^nilé perpéiuellc (T. l'art. Ciwye» cftr«ienn«}, l'Église primilîvi! consacrait aussi à Dieu les veuies qui s'engage.iieni à persévérer jusqu'à la mort dans la Tiduilé. S. Jêrfime {Epùt. tin.) appellecelélat le leœnd degréde chaiUlé, el TertuIIien {De veland. vîrg. Il) ( viduat > , vidiialum. A Rome , une noble veuve, Marcella, embrassa ce genre de vie, à l'insligalion de S. Atlianasc, qui était venu dans la capitale du monde clirélien pour fuir la persécution des ariens (Hierou. EpUt. cxxvii); celle matrone fut la première à établir un monastère proprement dit. proposilum monacharam, bien que dès les siècles de persécution on eût vu un grand nombre de ïierges et de veuves consacrées â Dieu, mais vivani en particulier (V. l'art. Vierge»).

Moins siilennelle que celle des vierges, la cansécralion des veuves pouvait avoir lieu tous les jours sans distinction (Gelas. epUt. ii. c. 13. Ad epitc. Lucan.); l'évèque ta faisail, non pas dans l'église, mais dans le tecrelarium ou sacristie, et un préire était chargé de remettre à ces veuTes le voile bénit par l'évëque et l'Iiabit vidual dont elles se révélaient elles-mêmes (Concil. Araattc. i. can. il). On n'admettait it la consécration que celles ciui n'avaient été mariées qu'une fois : Vidua elir/ofur, dit S. Paul (1 Tim. v. 9)... quœ fUerit uniu» l'iri uior ; Salvien dit [EpUl. l.) unibyria ; et Prudence (Hymn. in Laurenl.) :

Primi posi dinmuin thori ignis lecuDdi

Il fallait aussi que, depuis la mort de leur mari, elles eussent passé un certain nombre d'années •Jans un état de chasteté irréprochable, vraies veuves, réunissant les conditions exigées par S. Paul (I Tint. V. S) pour être honorées : Viduat honora, qiue vert vidua «uni (V. Conà. Apod. vin. 16).

C'él;iit parmi les veuves dites eeelétiatliques.

poat les distinguer de celles qui conlinuaienl à vivre dans le monde, qu'on dioisissait les diaco-

7 — VEOV

nesses. I^lles avaient un costume qui se rupprochnit beaucoup de celui de nos reli|i;ieu5es ; on est, ce semble, autorisé à le conclure, au moins pour les Gaules, du vêtement que portent deux veuves qui figurent dans la représentation de la résurrection de Tabilhe sur un des bouts du sarcophage dit de S. Sidoine, à Aix en Provence (V. Monitm. de SU Madeleine, col. 767). Ces femmes, qui sont debout dans la ruelle du lit, ont les cheveu:t complètement cachés par un bandeau descendant jusqu'au milieu du front, et recouvert d'un voilR qui retombe en arrière. La robe est montante, et la goi^e est recouverte par une espèce de guimpe. Nous reproduisons ici celte ligure.

Ces veuves consacrées à Dieu avaient une grande importance dans l'Église; elles exerçaient plusieurs ministères à l'égard des personnes de leur seie : elles étaient notamment chargées de l'inslruclton des Ciitéchuménes. et les assistaient à leur baptême quand il était administré par immersion ; elles veillaient à ce que les mariages fussent aussi religieux que possible : malrimonium po»lula», dit TertuIIien {De monogam. n), ob epiieopo, pretbyteris, diaconi», viduit. V.\\t% disposaient les femmes h la pénitence publique ; proiUmit m medîum anle tiiduat, ante preibgterot (Id. De pudieit. c. \ui). Elles se mêlaient à la psalmodie des clercs, comme on le voit dans S. Chrysostome el Ëusébe de Césarée {Higt. ecel. vn. 2i). Elles portaient dans les prisons des soulagements et des consolations aux confesseurs de la foi, et l'auteur du dialogue Peregrinut, qui n'est autre que Lucien, selon l'opinion commune, raille le zèle de ces pieuses veuves qu'il ne pouvait pas comprendre. Aussi trouvons-nous souvent sur leurs épilaphes celle formule surprenante pour les personnes peu familiarisées avec la discipline de l'Ëglîse primitive : viDVA SEOJT, elle a tiégé en qualité de veuve, vmgt ans, trente ans, etc., absolument comme pour tes évèques et les prêtres ; rigine veneiererti pilu sva

FECII [| VINïniGIMK HITHI VIDVAB QTE SB {| DIT VIBVi

ANKos Lx.... (Harini. Iscrix. Atban. p. 195). flous lisons aussi sur un fragment de pierre dans Bolddti (p. 45S) : vidua sedit (V, aussi Pabrelti. vni. 1. — Murât, p. 1825. n. II. etc.). Cette expression fait allusion au si^e, cathedra, sur lequel les veuves chrétiennes s'asseyaient pour enseigner, et nul doute que plusieurs de ceux qui se voient dans lescarrefoursdes catacombes ne leur fussent destinés. TertuIIien parle clairement du siège des veuves, el explique les cojidilions qu'elles doivent réunir pour être dignes de s'y asseoir {De veland. virgm. viiij. Ad quam tedem (S^o'vov) prœler annoi texaginla non lantitm univiite, id est niiptœ, aliquando eliguntur, ttd el maire*, f-Xc, i à ce siège (trône), en outre de l'dge de soixante ans, les veuves ne peuvent élre élues qu'autant qu'elles n'ont été mariées qu'une fois et qu'elles sont mères. * Et telle était la considération qui s'attachait à ce titre de veuve ecclésiastique, honorificentia larga defertur, dit S. Ambroise {Ub. de «i-*

VICA

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duiê. II. 8), que les évoques eux-mêmes les entouraient d'honneur et de respect, ui etiam ab epitcojriêhonorentur.

Les veuves chrétiennes étaient en grand nombre dans chaque Église : celle de Rome en comptait du temps du pape CorneiWe (EpUt, ii. ÀdFabian.) quinze cents, y compris les infirmes. Elles étaient entretenues aux frais de la communauté (Y. TarL Matricule) f et si elles avaient pourvu à leur propre subsistance, cette circonstance ne manquait pas d'être mentionnée sur leur tombeau par ct'tte formule: ecclbsiam nvnqvah ou nihil grava vit, qui se lit en particulier sur Tépitaphe de la veuve DAFNB, rapportée par le P. Marchi (Monum. délie arti crisL p. 98), et sur celle de cette même rigina, citée plus haut : et eclesa (Hc) \\ rvmqva [tic) gravavit vnibtraqvb. Les recueils d'inscriptions contiennent un grand nombre de Uiuli de veuves chrétiennes (V» Gruter et Reinesius, à la table. — Fabrelti. pp. 545, 559 et alibi.). Nous avons dans notre cabinet un marbre de Rome qui fait lire celle-ci : fablicla. bidva. tbcvhpacb.

En régie générale, on peut regarder comme des femmes consacrées à Dieu et à la pratique des bonnes œuvres toutes celles dont Tépitaphe porte la qualification de vidva. Car ce titre ne se lit jamais, que nous sachions, sur les tablettes funéraires, fort nombreuses cependant, consacrées à des maris par leurs femmes.

TIGAI11E8 BES ËTÊQUES. — Dans l'antiquité, les évéques n'avaient d'autres vicaires que les chorévêques (Y. ce mot.) C'est donc à juste litre que S. Isidore a pu dire : « Les vicaires des évêques sont ceux que les Grecs appellent chorévêques » [In c. IV. conciL Ancyr,). Et il s'ensuit que les Latins désignaient le plus souvent sous le nom de vicaires ceux que les Grecs nommaient chorévêques.

Dans les églises d'Afrique principalement, le nom de vicaire était donné au prêlre de la ville (Posidon. In Vit. S. Aug. c. v), parce que, dans les petites villes surtout, il remplissait les fonctions de curé à l'église de la cathédrale. Yoid rénumération que S. Sidoine donne des ofGces du vicaire : « 11 est le conseiller de Tévêque dans ses jugements, son vicaire dans les Églises, son procureur dans les affaires, son administrateur dans ses domaines, son receveur pour les tributs, son compagnon dans l'étude, son commensal dans la vie privée > (L. n.epiêt. 11).

D'où l'on peut conclure, en premier lieu, que le titre de vicaire renfermait implicitement les offices de conseiller, d'économe, de vidame, de notaire, de trésorier, de théologien, de syncelle ; et en second lieu que, dans les petites villes de l'Occident, il suffisait à Tévêque d'un seul ministre pour remplir tous ces emplois, en vertu de pouvoirs vicariaux. Nous ne pousserons pas plus loin notre élude sur cette institution : ce serait empiéter sur le domaine du moyen âge, que nous avons déjà même un peu entamé.

YIËRGE (La Sainte). ~ I. — U n'est pas dans l'iconographie chrétienne, si l'on excepte la figure adorable du Rédempteur, un sujet qui ail aossi souvent que celui-ci tenté l'ambition, séduit le cœur, exercé le talent des artistes de tous les siècles! — Et cependant, comme pour Noire-Seigneur, nous sommes condamnés à répéter ici la phrase désespérante de S. Augustin : « Nous ne possédons pas d'image authentique delà Mère de Dieu (De Trinit, viii), > neque novimui faciem Yirginis Mariœ.

IL — Un portrait de convention, réalisant, autant que le comportaient les conditions de iart aux premiers siècles de l'Eglise, l'idée que la piêlé de nos pères se faisait de cette figure chérie autant que sacrée, portrait dont la physionomie offrait, au dire de S. Jérôme, Timage de son âme immaculée, fut imaginé d'assez bonne heure, et admis longtemps avant qu'il eût été déHnitirement fixé par suite des décrets du concile d'Éphése contre Nestorius. L'expression de la beauté physique s^alliait, dans celte image, au seiiUment le plus profond de l'hounêlelé morale : Figuraprobilatis, pour nous servir de TexpressiondeS. kmb: Oise (De virgin. 1. ii. c. 2).

Car ici du moins les artistes n'eurent pas, comme pour les images du Sauveur, à lutter contre des traditions qui eussent pu comprimer leurs aspirations, ou entraver les libres allures de leur génie, aucun écrivain ecclésiastique n'ayant jamais eu l'idée d'attribuer la laideur à la Vierge divine. Aussi voyons-nous que, dans leurs innombrables compositions, ils s'inspirent constamment d'une pensée analogue à celle du grand évêque de Milan, et s'appliquent à répandre sur la physionomie deb Sle Vierge un reflet aussi éclatant que possible de la pureté, de la sainteté de son âme. Quelque changement, dit Ëmeric David (Hist. de lapesKl. p. 21), que la religion chrétienne eût produit sur l'esprit des Grecs, comment d'ailleurs auraient-ils honoré une femme d'un culte religieux, saiis embellir son image autant que leur art le permettait?

Depuis les plus anciennes figures de la Vieiige, peintes, soit avant, soit après le concile d'Éph^, jusqu'à ce chef-d'œuvre où Raphaël a exprimé tout à la fois, avec une vérité si touchante, l'innocence d'une jeune fille, la tendresse d'une mère, le respect d'une mortelle pour son Dieu, les peintres ne cessèrent jamais de répandre sur le visage de Marie toute la grâce, toute la dignité dont leur imagination et leur pinceau pouvaient l'embellir.

Ceci est vrai surtout, et à peu prés sans exception, des images dues à l'antiquité proprement dite, les seules dont nous ayons à noas occuper ici. Car notre tâche n'est pas de suivre, à travers ses aberrations et ses défaillances, Tari du moyen âge, qui, dans son dédain exclusif pour la forme, dédain qui n'a même pas toujours l'avantage de tourner au profit de b pensée, en vint parfois à abandonner les types gracieux des premiers siècles, pour donner à la figure ce-

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leslc de Hnrie une expression de tristesse lourde et sérére : expression qui, il faut le dire néanmoins, avait bien aussi une certaine raison d'Être, puisée dans le génie mal compris de ces temps routés tiarbare*, aussi bien que dans des idées mystiques souvent profondes, et toujours ingénieuses.

III. —Quoi qu'il en soit, voici comment en général e«t conçu le lype primitif. La Mère de Dieu y est parée d'une jeunes&e charmante, une pureté toute difine respire sur ses iraits. Elle a sur la tèle un voile enùdrant le visage, et retombant sur les épaulM, selon la coutume des femmes Juives, comme on le voit dans les miniatures d'un ancien manuscrit de la Genitt (Buonarruoli Medaglioni. p. 114); elle est vÊIue d'une (lo'a ou d'une dalmatique, omée de deux bandes de pourpre et quelquefois de calliculœ, comme dans la figure ici reproduite; elle est ordinairement assise sur un sié}{e de la forme de ces chaires épiscopales qui se reoctHiIrent si fréquemment dans les catacombes: elle soutient sur ses genoux l'enfant divin, qui reçoit les offrandes des Mages, car nous croyons que les plus anciennes images connues de la Vierge sont celles qui la font voir dans ce mystère. Celle que nous donnons ici d'après une fresque inédite du cimetiërede Domitille, était placée

dans ces conditions; nous avons supprimé les 1t»^es, qui sont au nombre de quatre, deux devant te siège, deux derrière, parce qu'à l'article Adoration deiMagetse trouve inséré le croquis d'une peinture inédile du cimetière de Sainl-Callisle, et représentant cette intéressante scène d'une manière complète. Ces deux monuments, d'un slyle et d'une exécution tellement admirables, que les hommes compétents n'hésitent pas à les faire remonter jusqu'au deuxième siècle ou tout au moins aux premières années du troisième, nous dispensent de décrire plus au long le lype traditionnel dont ils soni à coup sur la plus fidèle et Tune des plus anciennes expressions. La Vierge du cimetière de Domitille, qui est reproduite cidessus a été prise sous nos yeux, en IStil, d'après ta copie qui existe au musée du Lalran ; M. De' Rossi l'a donnée depuis a«ec plus d'eiactilude encore(/ma^nM w^l. Virgin. Deiparm. tab. ii); mais peut-être les dégradations en plus qu'on re-

marque dans celle-ci se sont-elles opérées depuis l'exécution de la copie du La Iran.

Toutes les représentations de l'adoration des Mages, disséminées avrc tant d'abondance dans les catacombes, peintes sur les murailles ou ïCulplées sur les tombeaux, aussi bien que celles qui figurent dans les sculptures des ivoires antiques, le diptyque de Milan, par exemple (fiugati. Mtm. di S. Celto. in fine}, sont formulées sur le même modèle (V. Botlari. xixvui et pauim. — Allegranza. — Uonum. di Uitano. tab. iv. — V. aussi la planche de notre article Sarcophaget, VI]. Seulement, quelques difrèrences se font remarquer dans certains monuments quant à la coilfure de Kai'ie. Elle y paraît quelquefois sans voile, particulièreraenldaDs les peintures murales (V.B itari. Liixii. ciivi) ; les cheveux sont relevés au-dessus du front, où ils se divisent en drui masses opposées ; c'est ce que Terlullien appelle capiili nucilati {De cuit, femin. su), M. De' Rossi, qui en publie

une nouvelle {tmag. ttled. tav. t), pense que ceci se rattache â un système délibéré, qui prévalut pendani une certaine période, et qui probablement avait en vue d'honorer l'intégrité virginale de Marie. On l'aurait ainsi représentée, parce que les vierges ne portaient pas de voile : elles ne l'adoptaient qu'à l'époque de leur mariage. L'austérité ombrageuse de Tertullien s'olTensa de celle liberté, qui cependant était passéedansles mœurs, et il composa un traité pour la combattre [De netond, virgin. v. cap. 2.). Ce genre de coiffure s'observe presque toujours dans les représentations derepas (V. ce mat dans ce Dictionnaire; Botlaii. cvi. cix), et dans un grand nombre d'araata. Les marbres et les méduilles profanes en offrent aussi de nombreux exemples.

IV. ^- L'opinion des proleslanls, qui voulaient qu'on n'eût commencé à peindre la Viei^e qu'après le concile <ltpbèse(Basnage. Hitt. deVEgl. v\. I), u'a plus besoin de réfutation. Celle de quelques antiquaires catholiques, tels qu'tmeric David (Off. Invd. p. SS. note) et Raoul Rochelle {Due. lur le* tgp. tmif. p. 34), qui, tout en rejetant l'apprécia-

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tion erronée du proteslantisnic, font dater de celle époque, c'est-à-dire de 431, les premières images (le Harie tenant l'enfant Jésiis sur ses genoux ou dans ses bras, n'est pas plus admissible : les monuments prolestent contre elle.

Si l'on se bornait à dire que, depuis la condamnation del'liérésie de Keslorius. aflirmanl qu'il y avait deux personnes en Jésus-Clirist, et refusant a Marie le lilre glorieux de lUére de Dieu, l'Église donna la préférence aux images de la Vier;^e tlére sur celles qui l^i repivsenUiient seule, il n'y aurait dans une telle assertion rien que de parfaitement exact ; l'enseignement par les images fut de tout lemps dans la pratique de l'Église, el plus d'une fois nous avuns eu l'oixasion de signaler, dans ce Dictiounaire, de ces réfulalians matérielles des hérésies, exposées aux ytux du peuple chrétien sur les murailles des basiliques et m^me dans les cryptes des catacombes et jusque sur les nionuiiienls funéraires. Nous admettons donc que c'est surtout a partir du milieu du cinquième siècle que se multiplient les Vierges mères isflèes, c'està-dire sans l'Adoration des liages.

La Vierge du cimeiiùre de &iinle-Asnès(V. Perret, u. p.l. V. et mieux De' Rossi. Op. laud. tab. vi), rendue si célèbre par le P. Harcbi, nuis à laquelle le savant Jésuite attribuait une nntiquilè exce^^ive, nous parait être un des premiers es.s3is de ce type après le concile d'Éidiése; elle est déjà empreinte d'une certaine raideur byzantine, et Marie y est vue de face, son divin enfant appuyé sur la poitrine, ce qui, selon l'observation de Du Cange De inf. av. numiMm. n. xix), est un des caractères de l'art des Grecs, et en elfet c'est ainsi qu'elle parait sur la monnaie byzantine depuis Jean I" Ziraiscès (V. l'art Numismatique, y, 2*).

Les Latins la représenfenl avec Jésus dans ses bras ou sur ses genoux, cl dans une posture plus lulurflle.

La réaction contre les erreurs de Neslorius ne se bornait pas même à celle protestation muelle: il est bien rare que, près de la tête des vierges byzantines, son titre de nèhe de dieu ne soit pas inscrit par les siglcs ki^-ht. Ce type de la Ste Vierge ajant son enfant contre la poitrine et absolument de Hice s'est maintenu longtemps encore: il su retrouve dans les monuments du neuvième siècle, dans la mosaïiiue de Sainle-Marîe tn Dominica de Rome {Ciain|iinl. Yel. mon. n. tab. xLiv), sur le diptyque de Kambona(Ap. Duoiiarr. Velri. in fine), sur ^elques pierres gravées (Jo

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cette époque [Vetlori. Htan. ter. explie. p. 61, etc.).

Hais de ce que, depuis la condamnalioD du neslorianisme, les exigences de l'enseigneDiffli dogmatique multiplièrent lesrepréseutilioDs de li Ste Vierge avec l'attribut essentiel de la nutemilé diiine, il ne s'ensuit nullement que les imigesilf celte nature ne fussent pas usitées luparaïuit; l'Église, après 431 , adopta ce type de prètémm, elle ne le créa pas. On peut en elTet, à l'aide des deux fresques que nous avons citées plus taiol, en retrouver la trace à une époque anlérieure de près de trois siècles ; el depuis, les exemples en deviennent de plus en plus fréquents, dans Ik monuments de toute sorte, et spécialemml dus les bas-reliefs de quelques sarcophages du qutrième siècle, tels que celui de Saint-Paul sur li voie d'Ostie (V. l'art. Sarcophage», VI), el i;«hu de Saint-imbroise de Hilan (illegranxa. Op. il loe. laud.). Il est vrai que toutes ces vierges figurent dans des représentations de l'adoratioD des Hages, sujet où la vérité historique exige li présence de l'enfant Jésus, et que, pour ce moliF. on pourrait jusqu'à un certain point leur contester toute signification dogmatique. Hais le lypr àt la Vierge mère, isolée, ne lait pas défaut diuslpî siècles qui ont précédé le concile d'Ëphèse. Tious en mettrons ici sous les yeux du lecteur un «lemple de la pUis irrécusable antiquité. C'est ta Vierge

du cimetière de PrisciUe, publiée par U. De' Rk^j dans l'ouvrage cilé plus haut (tab. i). Ce tableau est d'un style tellementélégant, que l'illustre rdileur n'hésile pas à le placer dans ta péfiudeécoulée entre les Flaviens et les premiers Antonius: attribution qu'appuient non-seulement le jugement des hommes spéciaux, mais encore des ni|>' procbements lusteriques des plus plausibles. Nuu^ aurions donc ici l'un des momimentâ tes pli>^ anciens, pour ne pas dire le plus ancien, Je la peinture chrétienne, puisqu'il remonterait ^"> plus beaux temps de l'art aulique chez les ft»malins. Le personnage qui est debout tn a""' de Marie, serait, selon l'in 1er prêta lion du mêuii' savant, le prophète Isaïe annonçant la Vierge e<

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l'éloiie mystique qui doit naître d'elle pour chasser les ténèbres du monde païen.

V. — L'antiquité eut aussi des viciées tout à fait seules, c'est-à-dire sans l'enfnnt Jésus, et en oranU*. C'est par suite d'une singulière distraction qu'Ëméric David afBrme ip. 3S, note] que * avant le concile d'Ëphése on peignait la Ste Vierge debout, sans l'enfant Jésus, une main sur la poitrine et l'autre élevée vers le ciel, (gémissant sur la mort de son tils. ■ Cette attitude est celle de Marie au pied de ta croix, et elle constitue un type contemporain des premiers crucilii, c'est-à-dire de la fin du sixième siècle. Et encore n'est-il pas exact de dire que la Sle Vierge tienne une de ses mains sur sa poitrine: elle la porte à sa joaeen»gnede douleur {V. l'art. Crucifix, V).

Il existe un certain nombre de verres dorés oii Marie parait debout, les mains étendues, entre S. Pierre et S. Paul, ou entre deux arbres et deux colombes sur des colonnes, et qui tiennent peutêtre la place des deux apAtres. Nous ne serions pas éloigné de penser avec Macarius (Hagioglypla. p. 35) que ce fut là la plus ancienne manière de représenter la vierge Marie. Elle s'est

lAUIEîTPHDF-' TEMPVTqÇFROSAlE

trouvée ainsi, et absolument isolée, dans l'attitude de la prière et vêtue de la dalmatique, sur un tombeau de marbre, d'un style barbare, dans la crypte de Ste Madeleine à Saint-Maximin, oii te P. Arthur Martin l'a dessinée (V. Hagioglypla. p. 56). L'inscription snivanle se lit au-dessus de

BtLE. Elle prouve que la primitive Ëglise croyait que, dans son enfance, Marie avait élé consacrée nu ministère du temple ; et telle est l'origine de la fèie de la Présentation qui se célèbre le 21 novembre.

L'attribution des verres cités plus haut, d'après le P. Garrucci {Vetri. tav. h. 6. 7. 8. 10. 11), ne saurait non plus être douteuse, car elle s'y trouve déterminée par les légendes: xii>ia ou hara. pb- Tkva HiiRu piVLvs. Les accessoires de ces intéressants monuments, personnages, arbres, fleurs, elc, nous inclineraient à croire que, dans l'intention derartiste, Marie y est placée au sein des

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délices du paradis, (Y. l'art. Payadit). D'autres verres (Garrucci. ixu 3. 8) font voir Ste Agnès à côté de la Ste Vierge : anne maka, agnes maru (V. l'art. Agnet {Sle). Celui-ci la montre entre S,

Pierre et S. Faul. Deux volumes, symboles de la loi divine, sont figurés dans te champ.

La foi du catholique s'exalte en reconnaissant ainsi jusqu'aux temps les plus reculés de ta primitive Église ce culte de la Mère de Dieu si dier et si consolant à son cœur.

Et, à ce propos, nous ne résistons pas au plaisir de citer un des documents les plus vénérables de l'antiquité. C'est un passage des gnomes du concile de Nicée, traité de morale et de conduite chrétienne, rédigé, selon les uns (V. Revillout, p. 61), par le concile lui-même, ou, selon une autre opinion, peu après le concile. Ce texte, destiné surtout à faire ressortir la perfection morale de la Vielle Marie, semble aussi dépeindre les grâces de sa personne :

( Qui peut dire la grâce de la mère de Nolre- Seigiieur, que Dieu a aimée à cause de ses œuvres? C'est pour cela qu'il a fait habiter en elle son Fils bieiv-aimé. On appelle le Père non engendré Père du Christ, et il l'est en vérité. On appelle aussi Marie mère du Seigneur ; et en vérité, c'est elle qui a engendré celui qui l'avait créée ! El il n'a pas été amoindri, parce que Marie l'avait engendré; et elle n'a pas perdu sa virginité. Elle a enfanté le Sauveur; mais lui, il se l'est réservée comme un trésor précieux... : le Seigneur regarda dans sa création entière, et il ne vit rien qui ressemblât à Marie. C'est pour cela qu'il la choisit pour être sa mèi'e. Si donc une femme désire qu'on l'appelle vierge, qu'elle ressemble à Marie, Marie qu'on a îppelèe, en vérité, la mère du Sei-

VI. — En présence de monuments d'une antiquité si incontestée, notre piété, pleinement satisfaite, n'a pas lieu de garder rancune à la critique moderne du jour qu'elle a jeté sur des légendes déjà vieilles de douze siècles, et respec* labiés à certains égards, attribuant à S. Luc la peinture de nombreuses madones. Il est clairement démontré aujourd'hui que cet évangéliste, médecin de profession, comme nous l'apprenons de S. Paul (Co^. iv. U), resta toujours étranger

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h Tart ou méiiic au Ulenl dont on lui a fait honneur dans des temps relativement modernes. Le style des images répandues sous son nom ne permet guère du reste de les faire remonter au delà de répoque des iconoclastes, et même, selon d'Àgineourt {Hisi, de Vart. t. iv. p. 301), de celle des croisades. C'est un type byzantin, si souvent reproduit au moyen âge, en Italie principalement, que la vie d'un homme, si longue qu'on la suppose, n'eût pas suftl à en tracer toutes les copies, bien qu'elles ne soient qu'un même tableau répété par un procédé presque mécanique.

La question de savoir comment la tradition relative aux prétendues madones de S. Luc put se faire généralement admettre dés le sixième siècle (Theodor. Lecl. Excerpi. 1. 1) et conserver un certain crédit jusqu'à une époque assez rapprochée do la nôtre, n'en constitue pas moins un probléuie difficile à résoudre et qui a longtemps exercé la sagacité des critiques. La mention d'une de ces peintures par Théodore le Lecteur (sixième siècle) dépouille de toute espèce de valeur la conjecture de Manni et de Lanzi (V. Raoul Rochetle. Disc..., p. 56. note), assignant les Vierges en question à un peintre du onzième siècle appelé, selon ces savants, Luca Santo ; et l'explication la plus rationnelle de l'origine d'une telle légende est, à notre avis, celle que M. l'abbé Greppo adopte, d'après Tillemont, dans la onzième de ses savantes Notes historiques, biographiques et archéologiques conceiTuint les premiers siècles chrétiens (p. 51). « On pourrait présumer, dit-il, que, même avant le cinquième siècle, un peintre portant le nom de i'évaiigéliste S. Luc, et s'exerçant sur les objets pieux, aurait existé en Orient, où on l'aurait confondu plus tard avec son patron, erreur qui aurait passé ensuite en Occident avec les peintures byzantines. »

Ces Madones dites de S. Luc sont, aujourd'hui encore, assez communes, à Rome surtout, et les faveursobteimes par l'humble contiance des fidèles qui viennent se prosterner devant elles, a mis le culte immémorial dont elles sont l'objet à l'abri des atteintes portées par la science à leur authenticité. L'une des plus célèbres est celle des religieux des Saints -Sixte-et-Dominique, qui a donné lieu à un savant commentaire de FI. Martinello intitulé : Imago B. M. F. quœ apud SS. Sixtvm et Domini" cum asservalur,

VIL — Nous avons peu de chose à dire du vélument de la Ste Vierge. Celui qui lui est attribué, soit dans les peintures des catacombes, soit dans les sculptures des sarcophages de l'Italie et de la Gaule, ne diflère pas ou diffère peu de celui des autres femmes, tel que nous l'avons décrit à notre article Vélanents des premiers chrétiens, et tel qu'il parait dans les figures illustrant la présente notice. C'est en général ou le pallium ou la dalmalique recouvrant la tunique. Les mosaïques (V. Ciampini. Vet. mon, u. tab. un. uv.) la représentent coiffée de riches diadèmes, couverte de somptueuses ètoiïes et d'autres ornements dans le goût de

répo((ue déjà avancée de l'art byxantin où elles furent exécutées, le neuvième siècle communément.

Uarangoni (Cose genlilesche, p. 445) mentionne une très-ancienoe image de la Ste Vierge, vue par lui au cimetière de Cyriaque, laquelle avait ua paludament d'or sur d'autres vêtements et tuniques vertes et rouges, » Ha paludamenio d^oro sopra altre vesti e tuniche verdi e roue. Hais c'est ici une particularité, une idée d'artiste, qui ne constitue point un type normal.

Quelques verres dorés, monuments, conune on sait, des plus anciens et des plus intéressants que nous ait transmis la primitive Église, offrent, sous ce rapport, des différences notables. Nous citerons en particulier le 11* numéro de la planche u de l'ouvrage du P. Garrucci. Marie y est vue avec la stola matronale, recouverte d'une petite tunique ceinte et dentelée, descendant seulement jusqu'en bas des hanches; c'est probablement ce que Ivs Grecs appelaient cypaïc», xûicaooiç (Garruci'.i. 27); ses épaules sont couvertes d'un petit manteau sans fibule, retombant de chaque côté comme tute écharpe, ou un orarium. Son cou est orné d'un collier, et sa tête du nimbe.

Comme, de tous les Saints, Marie est la plus rapprochée de Jèsus-Clirist, à raison de sa maternité divine à laquelle se joint la gloire d'une virginité perpétuelle, son nimbe est quelquefois embelli d'ornements particuliers qui la distinguent des autres Saints, c*est-à-dire de segments dont les vides sont remplis de petites croix ou d'étoiles et de pierres précieuses, réelles ou ûgurées. Nous devons à Borgta (De cruce Velit. p. cxxvn) la description de ce type dont nous ne connaissons pas d'exemple, mais qui ne doit pas être antérieur ao sixième siècle, époque qui vit ajouter au nimbe de Notre-Seigneur la croix ou le monogramme. In ancien triptyque de Lucques (V. lk>nati. Diitidàe gli ant. tav. vi. p. 219) offre une singularité qui mérite d'être ici notée. La Ste Vierge, debout entre deux anges, portant son divin Fils dans ses bras, est vêtue de la penula, tout à fait conforme à la planète ou diasoble antique, telle qu'on l'observe dans les plus anciennes images de S. Grégoire le Grand (V. Macri. Hiero^exic. ad voc. Casula,d\i ligure de notre article Chasuble).

Vlll. — Nous ne saurions plus cooveiiableoienl terminer cet article, que la spécialité de ce recueil nous a forcé de maintenir dans le cercle rigoureui de l'archéologie, que par l'explication d'un monument qui, dans un ensemble de circonstances mystérieuses, exprime avec une exactitude toute théologique la nature du culte rendu par fauliquitéà la Mère de l)ieu, ainsi que la confiance que nos pères avaient en sa médiation. C'est une pierre gravée d'une rare élégance, provenant du niusc^ Vettori (tium. œr. explic. p. 61), où l'auguste Vierge est représentée dans l'attitude de la priéret c'est-à-dire les bras étendus, la tète nimbée et voilée. Contre sa poitrine, selon le type byzantin, est l'enfant Jésus avec le nimbe crucùëre. L'un ei

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Tanlre sont placés dans une espèce d'urne qui, de ciiacun de ses flancs, comme de deux sources,

laisse échapper un ruisseau. Dans le champ, sont gravés les sigles mp|{ er, Mater Dei, et de plus le mot onHrH, fons. Ce dernier mot s'applique au Dieu* Enfant, qui est la source où nous sommes appelés à puiser tous les biens, selon les paroles d'tsaie : Haurieiis aquaê in gaudio de fontibus Sahatoriê^ « vous puiserez les eaux avec joie aux sources du Sauveur, » (Is. xii. 3), et à laquelle nous devons aller par Marie, qui à son tour est déclarée dans le Cantique dei cantiques le canal des grâces, la source secondaire des laveurs célestes : Puieus aquarum viventium quœ fiuunt impetu de Libano (Cant. IV. 15), t le puits des eaux vives qui coulent avec impétuosité du Liban. »

VIERGES CURËTIEimES. — Dés Torigine du christianisme, les femmes tinrent à honneur d*imiter la Mère de Dieu par la profession publique de la virginité. Sle Pétronille et Ste Thécle passent pour avoir reçu de S. Pierre et de S. Paul la consécration virginale (V. Suarez. t. m. De relig» c. 3. n. 12); et on dit que, dans sa mission d*Ëlhiopie, S. Matthieu la conféra à Ste Iphigénie et à quelques autres vierges (Martyrol. Rom, ixi sept.). 11 est dit aux Actes des apôtres (xu. 6) que les quatre filles du diacre Philippe vivaient dans la virginité et étaient douées du don de propliélie (V. aussi Ëuseb. Hist, eccL 1. ai. c. 30) ; et on sait que le pape S. Clément avait donné de ses propres mains le voile à Fia via Domitilla, nièce du consul Flavius Cleroens (Adon. Martyrol. vu. maii). Il n*est pas un Père dans les trois premiers siècles qui ne fasse mention de cette profession sainte ; et ce qu*en disent S. Ignace, dans ses diverses épitres, Tertullien, S. Cyprien et d'autres (Y. Binghani. ùrigin. m. 96), suppose toujours une consécration solennelle et une profession publique. Ce dernier Père appelle les vierges « la fleur de la famille de rÉglise, la plus illustre portion du troupeau du Christ » (De habit, virgin.).

Dès cette époque, c'est-à-dire dés les siècles de persécution, leurs vœux étaient irrévocables : E proposito regredi non poierant (Id, 1. i. ep, 2. ~ ConciL Ulib, c. xni) ; elles demeuraient dans leurs propres maisons, mais loin des regards et

de la conversation des liommes (Cypr. ibid.), et quand elles ne pouvaient subvenir elles-mêmes à leur subsistance, TÉglise leur attribuait une part dans les oblations des fidèles. L*existence de vierges chrétiennes consacrées à Dieu nou& est encore révélée par le témoignage d'un historien païen. Âmmien-Marcellin (xvui. 10) rapporte que plusieurs de ces vierges devenues captives de Sapor durant sa guerre avec les Romains en Mésopo* tamie, c*esl à-dire vers le milieu du troisième siècle, fuient traitées convenablement par ce roi barbare : Invitas tamen alias quoque virgines Ckiistiano rilu cuUui divine sacratas, cwitodiri intaciaSf et religioni servire solilo more, nullo vetanle, prœcepit, < il ordonna qu'elles fussent conservées intactes, et qu'il leur fût permis de vaquer aux exercices religieux auxquels elles étaient vouées. »

Dans les actes de S. Didyme et de Ste Theodora (Ruinart. p. 352), le vœu de continence prononcé par celle-ci est formellement exprimé. Elle répond au proconsul (n. i) : « Pour ce qui concerne mon vœu, c'est une promesse faite à Dieu, t Dei enim est promissiOy quantum ad meum voium pertinet. Et, en parlant de la protection qui lui est assurée de la part de Dieu, elle dit que le Seigneur saura bien préserver de tout immonde contact « celle qui est à lui », munus suum ; ailleurs « sa colombe > , quemadmodum columbam stiam, custodiat (Ibid.); ailleurs (ui) agnam suam, « sa brebis. »

Au quatrième siècle, la paix rendue à l'Ëglise multiplia à Tinfîni les vierges chrétiennes. L'Église de Constantinople en comptait à elle seule plus de mille (Clu-ysost. homil, lxvu In Maith,). C'est à cette époque que la vie commune proprement dite commença à être pratiquée tant en Orient qu'en Occident (V. l'art. Monastères). Les vierges chrétiennes s'adonnaient à la prière, au jeûne, au travail des mains; elles portaient des vêtements modestes, de couleur obscure, une ceinture de laine (Hieron. Epist. ad MarcelL ad Gaudentj etc.). Elles récitaient dans leurs maisons les psaumes aux heures canoniques (Id. 1. 1. Adv, Pelag.Y Aux jours de dimanches et de fêtes, elles se rendaient toutes ensemble à l'église, où elles assistaient à la célébration des saints mystères en un lieu réservé et hors de la vue des autres fidèles. Elles étaient placées sous la surveillance des diaconesses, qui en répondaient à l'évèque.

Il y avait pour les vierges chrétiennes deux degrés de consécration distincts et successifs (Innocent. PP. l. Epist. ad Victric. episc. Rothom.). La première consécration n'était autre chose qu'une promesse de vie virginale faite spontanément par une jeune fille, qui dés lors était appelée Deo devota ou Deo devotaiu (Gazzera, Iscriz. dei Piem. p. 86. — Le Blaut. 1. 1. p. 360). Elles continuaient à habiter leur propre maison, et, sans changer la forme de leur vêtement, elles ne portaient que des couleurs obscures. L'état de ces vierges étail une espèce de noviciat, bien que plusieurs y restassent toute leur vie. On pouvait y entrer à seize

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ans (Basil. EpUi. ad Amphilock. c. xviii), et quelquefois beaucoup plus tôt, témoin la jeune Àsella qui se voua ainsi à la virginité peu après sa dou~ ziéme année (Hieron. EpUt. ad MarcelL),

On a trouvé récemment au cimetière de Gallisle répitaphe d*une jeune fille qui s'était, elle aussi, consacrée à Dieu à i*àge de douze ans : prie rri« pavsa

Il BET PRAETIOSO ANNORVU PVLLA || VIRGO XII TANTVH || AN-

CILLA DEi ETXPi. .(V. De' Rossi I. p. 213. n. 497). 11 existe des épitaphes d'enfants en bas âge, celle de Sereiiilla. par exemple, morte à un an et un mois, mentionnant la vii-ginité : gephniaaa hap eENOG. Sans doute ceci dénote la haute estime que les premiers chrétiens professaient pour la pureté du corps, alors mèine qu'un enfimt n'avait pas atteint Tâge où elle peut être violée ; et nous en avons un autre exemple bien évident dans Maffei (Ant, GalL ep. xx. p. 101) où il est dit d'im enfant mort à quatre ans et huit jours qu'il emporta sa chair intacte : advlksceks intègre garnis vixiTNUKERO IV D. vui. Mais ne pourrait-on pas conjecturer aussi de ce fait que déjà alors de pieux parents vouaient quelquefois leurs enfants à la vie virginale dès leur bas âge, sauf les chances de non-vocation, et que ceux dont les épitaphes portent une mention si extraordinaire étaient ce qu'on a depuis appelé des oblaU (Y. l'art. Oblats) ? La seconde consécration, qui était la profession proprement dite, n'avait pas lieu avant vingt-cinq ans (Concil, Carthag. ni. c. 4), et plusieurs conciles veulent qu'elle soit différée jusqu'à quarante. Ces vierges professes sont nommées sur les marbres Deo sacratœ (De Boissieu. In$cr. de Lyon, p. 550. — Gazzera. loc. latid,), ou virginei Dei (Fabretti. p. 567), ou Ckristo dicaiœ: cette dernière qualification est appliquée à Constance, fille de Constantin le Grand, dans une célèbre inscription damasienne acrostiche (Baron. Ann. 324. n. 107). Elles recevaient de la main de l'évèque, à qui seul appartenait le droit de la donner, la consécration proprement dite, avec l'imposition du voile (V. l'art. Flammeum virginale), cérémonie qui n'avait lieu, sauf le cas de danger de mort, qu'aux principales fêtes de l'année, et spécialement d'après une constitution du pape Gélasc (Episl. ix. c. 12. Ad episc. Lucan.), au jour de l'Epiphanie, ou dimanche in albis, aux fêtes des apôtres et de la Ste Vierge. On peut voir dans Martène les rites qui s'y observaient (De antiq. Eccl. rit. l.ii.c. 6), et dans le troisième volume des Œuvres de S. Grégoire le Grand (Ëdit. Maurin.) la messe qui s'y célébrait, plus une oraison spéciale, super ancillai velandas, 11 n'est guère possible de méconnaître la représentation de l'imposition du voile à une vierge chrétienne dans la fresque du cimetière de Priscille (Bosio. p. 549) dont nous donnons ici un dessin réduit. On croit que cette vierge n*est autre que Ste Praxède ou Ste Pudentienne. Le pontife serait donc le pape Pie 1*', el le prêtre qui l'assiste, S. Pastor, son frère, et cette intéressante scène remonterait à la première moitié du deuxième siècle.

La distinction entre ces deux classes de vierges est exprimée nettement, soit dans la lettre déjà

citée de Gélase : Devotis D«o virgiribus i a Epiphaniarumdie...* sacrum velamen imponuntepiuopi; soit par plusieurs monuments épigraphiques, doDt nous ne rapporterons que deux : fvria helpu vueo DEvoTA (Fabretti. p. 567. n. 419), et l'inscription d'une pierre sépulcrale de Trêves qui avait été élevée à une religieuse professe, pcella dei mu- RiTAs, par une religieuse novice : lea detota» deo pvELLA (Le Blant. Inâcr. chrit, de la Gaule, i. p. 366). Il existe à Yerceil (V. Gazzera. Iscrit. dei Piemonte. p. 93) une belle inscription métrique d acrostiche de quatre sœurs qui furent consacrées à Dieu : liginu-leortia-ampellu-flavu, et le monument avait été consacré à ces vierges par une autre vierge, leur nièce, tavrina, vivant dans le même monastère. L'abbé Gazzera publie encore (p. 86) répitaphe d'une vierge nommée Zénobic, GBNOBiA Do SAC RATA, mortc cu 471, et ayant appartenu à l'église de Verceil.

Ce n'est guère que dans la seconde moitié do cinquième siècle que nous trouvons la dénomination de sANCTixoNiALis, dans des inscriptions de Trêves (Le Blant. n. 259), et le nom deREUcio&t qui est resté dans notre langage, se produit dans l'épigraphie, comme dans les textes, au commencement du sixième (Ib. Pref. c. x).

Quant au nom de nonna, usité dès les premiers siècles pour désigner une personne adonnée à h piété, il ne parait pas avoir été donné exdusiTe ment aux religieuses avant le huitième siècle. U premier document où nous le trouvons employé dans ce sens est un concile d'Allemagne, tenu ai 742 (can. 6. ap. Labbe. t. vi. col. 1535).

Parmi les vierges les plus célèbres dû quatrième siècle, on peut citer Constance, dont nous a^ws parlé plus haut, princesse qui s'était retirée pré> du tombeau de Ste Agnès, où la santé lui avait été miraculeusement rendue; et MarceUina, sœur de S. Âmbroise, laquelle, vers le milieu du même siècle, avait reçu le voile des mains da pap^ Libère. Le discours prononcé par ce pontife dans cette mémorable circonstance se lit au tn>isi<w livre du traité du saint évoque de Milan, lïevtf'j^ hus, MarceUina réunit dans sa maison de Borne

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quelques autres Tterges, enlre lesquelles Candida et ladicia, doul les noms nous ont été consenés. Tous les collecteurs d'inscriptions ont publié une roule de tiluli de vierges chrétiennes (V. en particulier Fabretti, Boldetti, GruEer, Reiiiesius, Perret, etc. — V. De' Rossi. i. 325 et paiiim.).

Dans son Bulletin archéologique (1863, octobre), ce dernier savant en transcrit un certain nombre, trouvées prés de S:iint -Laurent-hors-desmurs, ce qui atteste l'existence en cet endroit d'un monastère vers le milieu du quatrième siècle, celui de Marcella probablement. En outre de cellesqui indiquent textuellement la proression de h sainte virginilé, il en est d'autres qui ne l'accusent qu'icQparl alternent ou en termes couverts. Telle eat l'épilaphe d'ADEooiH.... ouiEsat uic m ricE iTBEATE ipo Eivs. Ces demieTs mois indiquent qu'elle a été appelée à la paix par le Chriit ton ipoitx. Si ceci avait besoin de preuves, nous en trouterions aisément dans d'autres monuments tpigrapliiques, où les vierges saintes sont appelées épouses du Christ, Ainsi btsebu.... qui sroNsva

UERVIT HASEBB IPI (Munit. 1. p. ISO).

VIERGES PAUDENTER n VIKRGKS FOLLES. — Bosio avait trouvé au cimetière de SaintB-A);nè$(Cf. Bottari. tav. uLTni) une curieuse peinture d'arcofo/iion où la première partie seulemeut de ce sujet est représentée d'une manière indubitable. Au centre se voit une femme dans l'attitude de la prière, vêtue d'une dalmalique ornée sur le devant de deux bandes de pourpre et

qui n'est autre que l'image de la personne inhumée dans ce tombeau. K ses pieds est une colombe aux ailes déployées , qui représente Time de la défunte, écoulant la voix de l'époux qui lui adresse ces suaves paroles {Canlie. n. 10) : I Viens, A ma colombe. * C'est à la droite de celte femme que sont figurées les cinq vierges prudentes, également vêtues de daimatiques à elavi de pourpre, et portant chacune de la main droite un llambeau, et de la gauche un vase anse dans lequel on doit, reconnaître le vase k huile dont elles avaient eu soin de se munir (Uatlb. xiv. 4). Cependant la première, celle qui parait frapper à la porte de ta salle du festin, 3 un flambeau allumé. De l'autre câté de l'oranfe se voient cinq autres femmes, les mêmes probablement, assises à une tahie ou sont deux plats, une petite lagena et deux pains. Inutile d'ajouter que celle dernière scène flgure le festin de noces.

Il existe au cimetière deCyriaque une peinture inédite du même sujet, mais plus complète, car les vierges folles y ^ont aussi représentées. Nous n'avons pu, guidé par U. le chevalier De' Rossi, apercevoir cet intéressant monument qu'à une asseï grande dislance, à la faveur d'unéboulemenl extérieur qui est venu nat;uère le mettre au jour.

Hais depuis on a trouvé le moyen de pénétrer dans la crypte et de dessiner la fresque que nous donnons ici d'après le Bulletin archéologique du savant antiquaire romain (1863, p. 76). Les viei^es folles sont à la gaucbedu liJirist : on les reconnail

à leurs ftambeaux éteints et abaissés. Notre-Seigneur, tourné vers les vierges sages, leur indique de la main le festin céleste auquel il les convie. H. De' Rossi pense avec toute sorte de fondement que celte peinture, unique dans son genre jusqu'à présent, décorele tombeau d'une vierge consacrée » Dieu ; et cette conjecture puise une grande force dans un ensemble de circonstances qui semblent supposer l'existence d'un monastère primitif en cet endroit. Le sarcophage que surmonte l'arc décoré de celle peinture, fait voir sur le devant une

orante qui n'est autre que la défunte, et deux personnages qui Lrent chacun un rideau, allégorie évidemment relative a l'introduction de l'àme en Paradis par deux saints, S. Pierre et S. Paul probablement. La doctrine est connue : mais c«tle ujanière de la Gi^urer est nouvelle, c'est le premier exemple qu'on puisse en citer (V. ce second sujet à notre article Paradit),

il parait que les représentations de cette nature conservèrent longtemps leur popularité. Nous lisons dans le livre des ponlifes romains (n. i3S)

vrcN — ;

quelepapePascar \" [n' siècle) ara il fail don à l'autel de h builjque de Sainle-PraxMe d'un toiIp lissu d'ur et de pierreries où l'histoire des Tier[;(!s sages étuil brodée ou peinte avec un arl merveilleux: Vutem ekrytoclavam ex auro gemmùque eonfeciam, hahenlëm hitloriam virginwmcamfacibus acctniit minfice comptant alque decoratam.

D'Rprés Bêde [In Matlh. \\\], noire Gaule a fourni quelques ^pilaphes do religieuses où il est bit aitu^ioo aux vierges sages ; H. U Blant a inst-ré dans son rec:ueil (n- 198 et 399] les deux plus connues : l'une est de Jouarre, l'aulred'AosIe (Isère). Les vierges prudentes sont l'image des élus, et les vierges folles celle des réprouvés, qui. les uns et les autres, ressu^ileront au dernier jour, pour èlre jugés chacun selon leurs ceuixes. S. Ilt- Uire (/n Matlh. ixvn) en donne une eiplicalion qui, avec plus de détails, se réduit aux mêmes termes.

TIONE. — Rien n'est plus commun dans les saintes Écrilurei que les allégories tirées de la vigne. . le suis la vraie vi^ne, dit Notre-Seigneur (io»n. xï. 1), et mon Père cal le vigneron.... Je suis la vigne et vous les brandies * {Ihid.). Il est évident qu'ici le Sauveur se désigne tui-inème sous l'emblème de la tige el les fidèles sous celui des rameaux ; et loul le monde connaît l.'s nombreux passages de l'Ancien Testament, des Psaume* en particulier [Ptalm. liiii) el d'Isaie (cap. v), qui figurent l'Église de Dieu sous l'image d'une vigne que le Seigneur a plantée, qu'il culiiveavec amour, et de laquelle it attend des (mils ubondanU. Dans le Cantique de. cantiques (i. 1 *), l'époux est , désigné sous celle gracieuse image :

■ Mon bien aimé est pour moi comme une grappe de Chypre cueillie dans les vignes d'Engaddi, • hotnu Cypri diUelut inait im'Ai (H vinei* Eni/addi.

Les plus iinciens documents de la tradition ecclésiastique reproduisent fréquemmeui les mi^ mes idées. Ainsi lisons-nous dans les Conttilutiotu apoiloliquet (lib.

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