VIN
sont surmontées du monogramme du Christ avec Vk et M, ce qui est le caractère le plus saillant des monuments de T Afrique, où Ton se préoccupait surtout de protester contre l'hérésie arienne (V. rart. A et »).
VIN EUCOARISTIQUE. — Le second élément de Teucharistie, c'est du vin mêlé d'eau. Dans le récit qu'ils nous donnent de Tinstitulion de cet auguste sacrifice, les saints Éyangiles ne parlent que du vin, sans faire mention de l'eau qui doit y être mêlée. Mais nous apprenons clairement par la voie de la tradition ce que l'Écriture passe sous silence. S. Justin, qui vivait à une époque si rapprochée de celle des apôtres, affirme en plus d'un endroit (ii. Apolog.) que le vin qu'on offrait dans le calice était mêlé d*eau. c Celui qui préside parmi les frères, dit-il, ayant reçu le pain et le calice où est le vin mêlé d'eau, offre à notre Père commun au nom du Fils.... »
il se trouva au deuxième siècle des hérétiques (Epiphan. Herœs. lxiv) qu'on nomma aquarii, parce que, par horreur du vin, qu'ils croyaient venir d'un mauvais principe, ils ne mettaient que de Teau dans le calice qu'ils offraient. Nous voyons que S. Cyprien {Epist. lxiu.) eut à réprimer ie même abus en Afrique où il s'était glissé par l'ignorance et la timidité de quelques prêtres, plutôt que par le principe erroné des aquarii. Ce Père appelle cette pratique une institution humaine et nouvelle, également contraire à T Évangile et à la tradition du Seigneur. Il ajoute formellement qu'on doit mettre du vin mêlé d'eau dans le calice ; que le vin signifie le sang du Seigneur, et que l'eau représente le peuple, et que, quand on ne met que de l'eau, le peuple se trouve seul; que si on ne met que le vin, c'est Jésus-Christ qui est seul ; mais que le mélange de l'un et de l'autre représente la vraie signification de ce sacrement, c'està-dire Funion de Jésus-Christ avec son peuple. D'autres Pères ont développé, comme S. Cyprien, le sens mystique attribué au mélange du vin et de l'eau.
La tradition dont il est ici question fut toujours commune aux Églises grecques et aux latines, avec cette différence' cependant que les Latins mettent dans le calice de Teau froide, tandis que les Grecs y en mettent de la chaude. Mais il y a ceci de commun entre eux, que l'eau entre dans le calice en quantité beaucoup moindre que le vin.
L'usage du vin blanc dans les saints mystères a été quelquefois interdit à raison des accidents et des erreurs qui en peuvent résulter. Avant comme après cette défense, la préférence a toujours été accordée au vin rouge, soit pour éviter des accidents, soit t>arce que ce vin représente prlus sensiblement le mystère.
Lorsque les fidèles offraient du pain et du vin pour le sacrifice, c'était toujours du meilleur qu'ils pussent trouver. S'il n*y en avait pas de bon sur les lieux, on en faisait venir des pays lointains. Dans les Gaules même, on ne se contentait pas
toujours du vin du pays, bien que le sol de cette contrée en fournisse de fort bon; on vit souvent de pieux fidèles, par respect pour les saints mystères, offrir à l'autel du vin étranger, témoin cette fenune dont parle S. Grégoire de Tours [ùe glor. confes», lxv) qui offrit un selier de vin de Gaza destiné aux messes qu'elle faisait célébrer pour le repos de l'àme de son mari. On sait que, dans l'antiquité, ces vins de Gaza, en Palestine, étaient en grande réputation ; ils sont cités avec éloge par S. Sidoine Apollinaire (Carm . xvii), Cassiodore (L. xn. epist, 12), etc.
Pour assurer au saint sacrifice un vin convenable, on ne se contentait pas d'en donner pendant sa vie ; on laissait par testament ou par donation aux églises des vignes placées dans les meilleures conditions.
Les anciens moines manifestaient surtout leur piété par le soin tout particulier dont ils entouraient les éléments de l'eucharistie (V. l'art. Pain eucharistique). Dans le vin destiné au saint sacrifice, ils considéraient la couleur et le goût, ils voulaient qu'il fût d'une pureté irréprochable et point acMe. Pour ce qui est de l'eau, ils veillaient à ce qu'elle fût nette et récemment puisée : In vino quatuor sunt consideranda, color et sapor, ut purum sit et non acidum. Aqua munda sit et recens (Marlène. De antiq, monarch, ritib, u. 8).
VIRGINIU8, VIRGINIA. — Nous devons un mot d'explication sur celte formule, qui se rencontre quelquefois dans les inscriptions chrétiennes depuis la fin du troisième siècle, et qui peut embarrasser les commençants ; car il s'est trouvé des antiquaires qui ont voulu y voir des noms propres. Le premier exemple de date certaine que nousayons de cette expression est fourni par une épitaphe de Rome de l'an 291, que Boldetti a publiée le premier (p. 87) et que M. De' Rossi reproduit avec plus d'exactitude (t. i. n. 17) : un époux donne à son épouse gervouia silvara cet éloge : ex
VIRGINIO TVO BERE || MECO (mECVM) VIXSISTI LIB. EKIG
Il oifivGi iNNocENTissi || MA ; cc qui veut dire : Bene vixisti mecum libenter, qui fui virginiùs tuus^ c'est-à-dire conjux ex virginiiate; « tu as vécu sagement avec moi, qui ai été tonrir^tmiM, c'està-dire avec moi qui n'ai pas eu d'autre épouse avant toi, ô mon épouse très-innocente, Cervonia Silvana. »
Les premiers chrétiens donnaient donc ce nom à ceux qui étaient engagés dans un premier mariage : répoux appelait sa Virginia la femme qu'il avait épousée vierge, et quidem virginem duxit, dit Reinesius (Class. xiv. n. 3), et la femme son virginiùs l'époux qui n'avait pas connu d'autres liens. Et on aimait à marquer sur les tombeaux la durée d^ ces unions fortunées, aimées de TÉglise, qui, dans la pureté desamorale primitive, ne donna jamais qu'une simple tolérance aux secondes
noces. EUDOXIAE CARISSIMAE FEHINAB.... FECIT CYM VIRGDflO 8V0 ANHOS... (Dc* RoSSi. U. 346). — 8ABI-
NiAirrs.... coM vmGiiUA sva.... (Id. n. 363). Nous