‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 272 sur 281 · VOIL · texte numérisé non relu

VOIL

lisons aussi àur un beau marbre de Saint-Âmbroise de Milan (Ferrari. Monum, De 5. Ambrogio. p. 55) de ifONKiTA, femme de l'exorciste sattrvs : qvi

($ic) VIX. GVH. TIRGIXIUH STTM. AN. XYIII. ET. MEN. III.

OIES. X. — Cilons encore celle-ci, donnée par BoU deiti, p. 369. et qui renferme un toucliant éloge de la chnslelé et de la pudeur de la Virginia Ati-

lia: GA811TATIS PVOICITIAE ATI || LIAS FBCIT VICTOR VIRGINIAE I 8VAEQVI TIXIT CVM EO {$ic) AKRIS XUl. —

Ailleurs (I)e' Rossi. Roma $oU, m. tav. xxiv),

HARITVS TIRGINIAB SVAI ($ic).

Cette formule parait être plus rare dans noire Gaule ; nous avons cependant dans le recueil de M. Le Blant (i. p. 400) une épitaphe de Trêves qui en oftre un intéressant exemple : f Ici repose en paix vALRHTiNA, fidèle (c'est-à-dire baptisée), qui a vécu vingt-huit ans et cinq mois ; gerhahio son viRGiNivs et ses enfants lui ont consacré ce tilre, TiTVLUM, en témoignage de leur affection. •

Par le peu que nous avons dit, on voit que Spon (Mélanges (Tanliq. p. 245) a tort d'interpréter la formule qui nous occupe comme un témoignage de fidélité conjugale : qui fidem mariialem nunquam violarunt, Guasco (Mus, capitôl. n. 590) n'est pas plus dans le vrai quand il affirme qu'elle doit s'entendre de ceux qui, volontairement ou forcément, gardèrent la virginité dans le mariage, qui aut $ponle aut invite virginitatem etiam in conjugio êervarunt. Celte opinion est démentie par Tépitapbe de valentuia que nous venons de citer : cette femme avait des enfants, puisqu'ils s'associèrent à leur père dans le soin de sa sépulture. Elle n'est pas moins en contradiction avec les données que nous fournit le marbre de nonnita, femme de l'exorciste sâtvrvs, marbre qui porte aussi le /t7u/tM de leur fille mayra, mariée ellemême dans les mêmes conditions que sa mère :

VIXIT. CVH. VIRCINIO. SVO. AN. VI. M. VIII. DIES. XV.

pECORivs. VIRGINIVS. Eivs... posviT. Ceci rcssort aussi implicitement de beaucoup d'autres inscriptions, de celle de vaeruivstina, par exemple: c. lvsio.

LVCIFERO.... VIUGINIO. ET. COMVGI. SVO. CVM. QVO. COX-

vixiT. ANHis... (Gruter. p. 1143. 3). Mous avons encore dans Muratori (1542. iv) celle de felicianv^, qui : .... FECiT sibi. locvm. et haximi.nab. virginiae. svAE. cASTissiMAE. ET. DVLCissiHAE. Nous terminerons par une curieuse épilaphe écrite en caractères rétrogrades, donnée par le P. Lupi (Epiiaph. Sev. p. 151), celle de elia vincentia quae vixit annvs

XVI (sic) HB8IS (hbNSIBYS) II, CVM VIRGINlUflt SVVH.

Si certaine que soit l'interprétation que nous venons de donner du mot virgihius, elle n'exclut pas absolument un autre sens dans lequel il a pu être employé exceptionnellement. Ainsi nous ne serions pas éloigné de regarder ce mot comme un nom propre dans cette touchante inscription (Boldetti. p. 407): birginivs. parvh. istetii^|| ap. n. [parum sletit apud nos), « Yirginius est resté peu de temps parmi nous. » C est probablement répilaplie d'un enfant mort en bas âge.

VIVA8 IN DEa — V. l'art. Acclatnaiiutu, I.

VOILES et portières. — Les polies des

basiliques primitives étaient munies d*un voile ou rideau, simple ou double (Du Cange. Gloss, Grœc. nd T. eEU nAPAnBTAZMATA, etc.), qui se relevait par un nœud au milieu de la porte quand il était simple, et de chaque côté quand il était double; quelquefois ces deux rideaux étaient fixés par des patères (Hieron. Episl. ad Heliod.).

Ils étaient suspendus par des anneaux de fer ou de bronxe, dont on retrouve encore des vestiges dans les antiques basiliques de Rome, telles que Snint-CIément, Sainte-Marie in Cosinedin, Saint- Laurent, Saint-Georges m Velabro, etc. S. Jérôme [Epiiaph, NepoL epist. ad Heliod.) loue le prêtre .Népotien du soin qu'il avait d*entretenir des voiles aux portes de son église : Erat sollicihu.... » vêla semper in ostiis.

La chronique pascale (p. 29i) énumère, parmi les dons de Constantin à l'église de Conslantinople, des voiles brodés d'or pour les portes. A l'exemple de ce prince, plusieurs papes donnèrent à diverses églises de Rome des voiles ayant la mèm destination, et que le Litre pontifical appelle tetravela (In Greg. UU 1^6. S. Léon. lll. 585. S. Léon. IV. 498. Greg. IV. 462), soit à cause de leur forme carrée, soit parce qu'ils étaient divisés en quatre parties, comme ceux du ciboriwn (dm. Latin, v. Tetravelum. Grasc. bbaon), soit enfin parce qu*ils avaient quatre doubles (Anast. In Uon.lU.AW).

Nous trouvons des traces plus claires encore dt cet usage dans S. Ëpiphane, et dans S. Paulio (Poem. XVIII. vers. 30) :

Cedo alii pretiosa ferant donaria. meque Officii sumptu superent, qui pulchra teçendis vcLâ ferant foribus, sea puro splendida lino, Sive colorai is testum fUcaU fleuris.

• Que d'autres apportent de précieux dons; que rm-l* me surpassent en niagniflcence, qui offrent de riches n)ilf< pour couvrir les portes, soit resplendissant du senl i^-bt d'un lin pur, soit ornés de figures coloriées dans le Ussu.*

Et plus clairement encore à propos de Salnl- Félix de Nola (Poem. xiv. 98):

Aurea nunc niveii ornanlur Umina vêtis.

. « Les seuils d'or sont ornés de voiles blancs comne li neige. »

Pour avoir une idée de ces portières, on peul jeter un coup d'œil sur la planche xxxiv de fiotliri représentant, selon toute apparence, des basiliques clirétiennes, sur la figure gravée à notre article Baptistères, sur quelques-unes de celles de Ciampini (Vet. mon. ii. tab. xxvii) et du ménologe de Basile (xii sept. — viii oct, — iv rtov.).

L'oflice de les soulever devant les prêtres et la personnages vénérables était dévolu aux clerc» ia* férieurs (Concil. Narbon. can. xiii. an. 389): Tom subdiaconus quam osliarius.... senioribus nu ad ostia subleventj • le sous-diacre ou le portier.soulèvent devant les vieillards les voiles des portes. •

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Ces voiles servaient aussi à envelopper Tautel et étaient fixés au dborium (Y. à ce sujet de curieux détails à Tarticle Cihorium)^ et aussi les baptistères» comme nous le voyons dans une très-vieille mosaïque de Ravenne (Ciamp. YeLmon, ii. ixm). Aussi sont-ils comptés parmi les ustensiles sacrés (S. Athanas. EpUt. ad solit, — Euseb. Vit, Con$t, ui. 45. — Ghrysosl. hom. lxxxiv In Matih.). Us sont encore mentionnés comme tels parmi les dons quo Chosroés Ût à Seri^ius d*Àntioclie (Ëvagr. Hist, eccL VI. 31) et dans plusieurs' documents du cinquième siècle.

On employait souvent encore des voiles de cette sorte ou des tapisseries historiées, dont les plus riches se fabriquaient à .Alexandrie d*Egypte, à la décoration des murailles des églises. A défaut des tapisseries elles-mêmes, ou mieux peut-être pour rendre cette sorte de décoration plus durable, on tes remplaçait par des imitations en mosaïque. H. De* Rossi en a illustré un remarquable exemple tiré de l'ancien sanctuaire de Saint-André de Calabarbarapairicia» Rome (V. Bull. 1871. n. 1 et 2).

Il ne parait pas douteux que dès Tère des premières grandes basiliques, sous Constantin, le chœur ne fût quelquefois séparé de la nef par des voiles ou tapisseries. Théodoret (HiêL eccl, xvu) rapporte que S. Basile fit entrer Tempereur Valens dans l'enceinte des sacrées tapisseries où il était assis lui-même, intra sacra aulœa ubi ipieêedebal, c'est-à-dire dans le chœur de son église qui était fermé par ces voiles.

Ils étaient quelquefois ornos d'images de Saints, ou parsemés de croix, de roses ou d'autres fleurs et de divers ornements de pourpre.

L'action de soulever les portières des églises avait une signification symbolique; elle rappelait que Notre-Seigneur, en descendant à nous, a renversé le mur de séparation dont parle S. Paul (Ephes. II. 14) : « C'est lui qui de deux peuples n'en a fait qu'un, en détruisant dans sa propre chair le mur de séparation, c'est-à-dire leurs inimitiés, > médium panetem maceriœ êolvenSj inimicilias in carne ma.

Les portières étaient aussi en usage dans les habitations des riches de l'antiquité tant profane que chrétienne ; et les serviteurs chargés de les tenir soulevées s^appelaient velarii,

VOLVIHES DANS LES NONflIlENTS CHRitlBHS. —

Le mot volume, volumen, désigne, comme on sait, une espèce de livres qui étaient d'un usa<;e général chez les peuples de l'antiquité, Hébreux, Égyptiens, Grecs, Romains, etc., et que les modernes ont totalement abandonnés, sans doute comme trop difficiles à manier. Ils se composaient d'une série plus ou moins longue de feuilles de papyrus ou de parchemin fixées les unes à la suite des autres, et qui présentaient Taspect d'un cylindre quand elles étaient roulées autour de leur axe. C'est ce qu'exprime le mot volumen^ dérivé de volvere, « rouler, • nom qui servait à les distinguer des livres tout à fait primitifs, libri, dont la matière était fournie

ASTIQ. cunÉT.

par l'écorce de certains arbres, et des codicez^ de caudex, suivant Sénèque (De brevit, vit, xin), lesquels consistaient en une réunion de feuilles séparées, collées au dos, ainsi que nos livres modernes (V. Lami De crudit. apost. p. 727 et alibi). On peut voir dans l'ouvrage de Donati {De* ditiici degli antichi^ p. 17) un volume antique roulé et muni de tous ses accessoires.

Nous reproduisons, d'après Montfaucon, un volume à peu près semblable. Il n'est pas complètement fermé, l'extrémité de la couverture est un peu relevée, et les courroies qui servent à rattacher, lora, pendent aux deux bouts. Le volume est roulé autour de son cylindre, dont on aperçoit les deux extrémités, um^7tci. L'une de ces extrémités est munie de sa bosselte, l'autre est sans ornement. Une feuille de vélin plus fin que celui de la couverture est collée sur celle-ci, pour recevoir le titre de l'ouvrage, dont on distingue une partie.

Les volumes s'appelaient quelquefois, dans la langue ecclésiastique principalement, rotulœ, Patriarchœ et prophetœ, dit Durand (Ration, div. off, I. I. c. 5. n. 11), pingunfur cum rotolis.... « les patriarches et les prophètes sont peints avec des rotules, » Nous citerons encore ce texte d'Ânastase l'Apocrisiaire (Ap, Sirmond, Opp, t. m. p. 579) : Misi ad prœsens,,, rotulam habentem testimonia ex dictis S, Hippolyti episcopi Portas Romani, < j*ai envoyé une rotule où sont écrits des témoignages au sujet des discours de S. Hippolyte, évêque de Port-Romain. •

1. — Dans l'antiquité, le volume était un insigne oratoire : on le plaçait, dans les monuments, à la main de Polymnie, muse de la rhétorique; les statues et les bas-reliefs font voir aussi un rouleau à la main des rhéteurs et des orateurs. C'est avec cet attribut que parait la statue d'Auguste au musée du Vatican (Mus. Pio-Clem, n. 45) : ce prince debout, en toge, porte un volume de la main gauche, et de la droite fait un geste d'allocu-

tion. Le volume était aussi l'attribut des sénateurs et des personnages considérables.

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Peut -Aire esl-ce là li première ori^'ine des représentations analogues que nous trouvons à chaque pas dans les monuments du christianisme primitif. Il n*est pas douteux néanmoins que le volume n*ait eu, chez les premiers chrétiens, une signification à part, puisée dans le génie de la religion nouvelle, et même une signification spéciale pour chacune des classes de personnages auxquels il est attribué, et que nous passerons rapidement en revue.

1* Dieu le Père. Un sarcophage des catacombes (Bottari. lxxxiv) montre Dieu sous la figure d'un vieillard, debout, un volume à la main gauche, et étendant la droite en signe d'allocution, absolument à la manière antique, vers Moïse, lui ordonnant de détacher sa chaussure pour s'approcher du buisson ardent. Sur un bas-relief du sixième siècle représentant le baplêaie d'Agilulfe, roi des Lombards (Ciampini. Vet, mon, n. tab. v), on voit, au-dessus de la tète du néophyte, une main, figure habituelle de Dieu le Père dans les monuments antiques, tenant un volume, qui est le symbole de la foi.

2* Les patriarches et les prophètes de l'ancienne loi (Y. le texte de Durand cité plus haut). Ainsi apparaît Moïse frappant le rocher (Bottari. un et patsim), mais seulement sur les sarcophages. Ailleurs il n'a pas le volume, qui est le symbole de la puissance que Dieu lui avait donnée d'opérer des miracles en faveur de son peuple. Sur quelques fonds de coupe seulement, le volume est, non pas à la main de Moïse, mais dans le champ, derrière sa tête (Garrucd. Yelri, tav. n. 10).

5* Notre-Seigneur, dans les bas-reliefs des sarcophages et dans les mosaïques, est à peu prés invariablement représenté avec un volume à la main gauche. Ce volume est déroulé 1* quand il donne ses pouvoirs à S. Pierre, comme sur une foule de sarcophages, et d'une manière plus distincte encore dans la mosaïque de Sainte-Constance, due, comme on sait, à la munificence de Constantin (Ciamp. De »acr, œdif, tab. xxxn) ; sur le phylactère qu'il présente au prince des apôtres sont écrites ces paroles : dominvs paceh dat, ce qui rappelle Vtvangile de la paix {Ephes, vi. 15) dont le Sauveur lui confiait la prédication ; 2* quand il enseigne (Bottari. cxxxin. etc. — Allegranza. Sacr.mon, di Milano. tav. i), parce que c'est à lui (Agneau divin) qu'il a été donné (Apoc, v) d'ouvrir et d'expliquer à ses apôtres le livre des prophéties qui s'accomplissaient en sa personne (Luc. xxiv) : Aperuii iensum, ut intelligerent Scripturas, Et alors, surtout quand il discute avec les docteurs (Aringhi. I. 579. n. 213. — Perret, n. pi. l), il a en outre à ses pieds des volumes en nombre renfermés dans une cassette ronde ou carrée, et représentant les hvres de l'Ancien Testament auxquels il faisait souvent appel dans ses discussions (Y. l'art. Scrinia).

Le volume est roulé toutes les fois que Notre- Seigneur opère quelque miracle, par exemple, la guérison de Taveugle-né (Bottari. c.xxxvu), celle du paralytique (uxxvui), le changement de l'eau en

vin (lwsix), la guérison de riiémorroîsse (Ibid.)- Dans quelques cas seulement de la ré>urreciion de Lazare (Bottari. xxxii. xxxvi), il tient le volume ouvert. Est-ce pour rappeler que notre Sauveur avait déclaré que ce miracle devait être une manifestation toute spéciale de la vérité de sa doctrine, par l'exercice éclatant de la puissance que son Père lui avait donnée? Infirmiloê hœc non est ad mortem, sed pro gioria Ueiy ut ghrificetur Film M per eam (Joan. xi. 4), « cette maladie ne va pas à la mort, mais elle est pour la gloire de Dieu, aGn que le Fils de Dieu soit glorifié. •

iNotre-Seigneur a le volume roulé dans une belle fresque des catacombes transportée au musée du Vatican, et offrant le seul exemple antique de la cène qu'on ait découvert jusqu'à présont (Perret, i. pi. xxix). Nous devons signaler de nouveau cette singularité, pour nous inexpliquée. que les peintures des catacombes, ainsi que les fonds de coupe, font voir constamment sans le volume Notre-Seigneur opérant ses miracles, tandis qu*il l'a toujours dans les sculptures des sarcophages.

4* S. Pierre et S. Paul. Les volumes qu'ils portent à la main représentent leurs ouvres canoniques. Mais souvent les verres dorés montrent, dans le champ, un autre volume, entre les deui apôtres, ce qui signifie, selon les plus savants interprètes, que l'Ëvangile e^i un, et aussi que la prédication de S. Pierre et de S. Paul était uniforme (Terlull. De prceêcr,). Presque toujours ce volume est surmonté d'une couronne (Gamicci. Vetri. tav. xui), laquelle figurerait la cottrowie da royaume céleste, dont l'Evangile, c'est-à-dire U bonne nouvelle, est l'annonce, Evangelium repi (Matth. IV. 25).

Les mosaïques représentent quelquefois ces apôtres avec des volumes déroulés, sur lesquels oo lit des sentences relatives à quelque circon>taoce mémorable de leur vie. Ainsi, dans celle de l'absià de l'ancienne Yaticane (Ciampini. De tact, cséif. a Constantin. M, construct. tab. xni), S. Pierre porte à la main un phylactère oiî sont inscrits ces mois : TV ES CB18TVS, FIUV8 DEi VI VI, < VOUS ètes le Cbii^t, fils du Dieu vivant, • profession de foi qu'avait prononcée le prince des apôtres, alors que le divin Maitre, sur le point de l'établir chef de son Eglise, lui adressa cette interpellation : t Et vous, que dilesvous que je suis, t vos autem quem me esse diàHt (Matth. XVI. IÇ). Dans le même tableau, S. hul debout de l'autre côté du Sauveur, qui est assis sur une chaire de forme élégante, a sur son volume ces paroles de son Êpître aux PhUippit^ (i. 21) : mHi vivKRB CBRisTusBST, fl le Cluïst, c'est ma vie, » sublime élan de cet âme de feu, qui s'était si complètement identifiée avec son Saufeur! Ailleurs, c'est-à-dire à SainteiConstance (Id. i^id. tab. xxxn. fig. 1), c'est le Sauveur qui renielà S. Pierre un volume déroulé faisant lire celle sentence où est exprimée la paix qu'il apportait an monde et dont l'apôtre devait être le tmisin, monument déjà cité : domuivs paczm aat, allusion à

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celle parole : Pacem meam do vobiê (Joan. xiv. 27). 5* Les apdtres en général. Ils ont aussi presque toujours le volume à la main, soit dans les mosaïques, soit dans les bas-reliefs (Bosio. — Aringhi. pcusim. — Giampini. Vet. monim. t. i. lab. Lxvi); c'est la marque du pouvoir de prêcher rËvangile que Jésus-Christ leur avait conféré, et le Sauveur e:»t ordinairement au milieu dVux, dans Tnllitude de l'enseignement (Millin. Midi de la France, p. lix et alibi).

6* Les évèques étant chargés de garder le dépôt de lÉvangile (1 Timoth. vi. !20) et d'en distribuer au peuple Taliment sacré, les monuments anciens les montrent toujours avec ce livre divin à la main gauche. Dans les mosaïques (Giamp. Vet. mon. ii. tab. xxiv), les diptyques (Paciaudi. De cuit. S. J. B. p. 250-260). et les peintures d'une époque un peu basse, c'est un livre carré, richement relié, codex; mais dans les temps primitifs c'était un volumen, témoin une image de S. Gyprien, tracée sur un fond de coupe des catacombes (Garrucci. Yetri. xx. 6). L'évoque martyr dont le nom est écrit selon Forthographe défectueuse du dialecte populaire, cRiPRAifvs, a en outre un volume déposé debout à ses pieds. On peut citer encore S. Justin et S. Timotliée (Garrucci. ibid. xxiv. 3) ; et il est à observer que, en outre du volume à la main, ce dernier en a tcujours un autre derrière lui, dans le champ doré du verre ; ce volume ne ferait-il point allusion aux deux épitres que S. Paul lui avait adressées? 7** Les diacres. L'Évangile était l'insigne principal de leur ministère. Aussi portent-ils à la main gauche le volume, comme les évèques eux-mêmes (Garrucci. xxu. 6). Nous avons un fond découpe où se remarque cette particularité bizarre que S. Laurent, le volume à la main, est assis entre S. Pierre et S. Paul (Buonarr. Yetri, tav. xvi. 2), qui, à leur figure animée et à leur geste d'allocution, semblent occupés à instruire ce diacre (V. l'art. Laurent [5.]).

8* Les lecteurs ont aussi le volume pour attribut, parce que leur office était de lire les saintes Écritures à l'église. Ainsi on croit reconnaître un mémorial de l'ordination de deux lecteurs dans deux adolescents auxquels Noire-Seigneur impose les mains sur un verre doré (Buonarruoti. tav. XVII. 2), et qui ont chacun un volume dans les mains (V. ce sujet gravé à notre art. Lecteurs).

9*" Dans les monuments relatifs au mariage, les bas-reliefs de quelques sarcophages bisomes, par exemple (Boltari. tav. cxxxvu. — Maiïei, Verona illustr. part. ni. p. 54), l'époux tient à la main un volume qui représente, croit-on, le contrat de la dot, tabulœ nuptiales. Quelquefois, on voit encore aux pieds de l'époux un faisceau de trois ou quatre volumes debout, dénotant, selon toute apparence, les diverses charges ou magis- |

tratures de ce personnage. Les volumes de cette sorte étaient portés derrière les patriciens romains par des esclaves, appelés sur les marbres antiques, tantôt a libellis (Gruter. 587 nn. 9 et 10), tantôt a diplomatibus (Doni. class. xvii. n. 22). Les verres dorés ont ordinairement les volumes peints dans le champ (Buonarr. tav. xxviii. — Garrucci. XX VII, 1) ; mais ici, comme dans certaines imagines clypeaiœ des sarcophages, il serait possible que le volume ne iùt rehitif qu'à la dignité du personnage, car celui- ci est presque toujours décoré du laliclave sénatorial.

n. — En outre des volumes portés à la main parles divers personnages dont nous avons donné une énumération nécessairement incomplète, on en remarque d'autres disséminés dans le champ d'un grand nombre de verres dorés (Garrucci. XVIII. 5. 6. xvu. 1. 5. etc.), et auxquels il serait bien diflicile d'assigner une signification un peu plausible. Tel est celui que Buonarruoti donne à sa planche xx, et qui, selon lui, représenterait Ste Félicité et ses sept fils. Quoi qu'il en soit, ces huit figures, vues en bubte et dans autant de médaillons, sauf un seul qui est en pied, sont placées entre deux volumes, lesquels, si l'on adopte l'attribution de l'antiquaire florentin, pourraient représenter les hvres de la parole divine pour laquelle ces héros chrétiens avaient versé leur sang.

Deux volumes liés ensemble aux pieds d'une orante (Bottari. xix) seraient une marque d'orthodoxie, indiquant que cette femme admettait les deux Testaments comme divins, ce que ne faisaient pas ceux qui, supposant lexislence de deux principes, l'un bon, l'autre mauvais, attribuaient l'Ancien Testament à ce dernier. Mais, comme de l'autre côté de Vorante est un vase eucharistique, nous serions plus porté à croire que les volumes expriment l'assiduité de celte chrétienne à lire les Livres saints, comme la custode marque son empressement à se nourrir du pain des anges.

111. — Bien que, d'assez bonne heure, l'usage lies livres proprement dits se soit introduit pour y transcrire les saints Évangiles qui servaient à la liturgie, on retint néanmoins quelque temps encore celui des volumes pour les prières et les rituels de certaines fonctions ecclésiastiques. Le cardinal Gasanata possédait quelques-uns de ces volumes, datant du neuvième et du dixième siècle, contenant les formules de l'ordination, ainsi que les rites du baptême, la bénédiction des fonts et celle du cierge pascal.

Il y a aussi des volumes de celte nature à la bibliothèque Yaticane et à la Barberine. (Pour les différents vases où l'on renfermait les volumes dans l'antiquité, Y. l'art. Scrinia.)

XENO

ZODI

XENODOGHIUH. — Y. Tart. Hôpitaux.

XFROPUAGTA. — V. les art. Repas cha la premier* chréliens et Jeûne,

ZODIAQUE (mchbsdu). —Nous n'avons qu^un petit nombre de monuments chréliens où ce sujet soit représenté. Mais, si peu nombreux qu'ils soient, ils se rattachent assurément à un usage répandu dans la primitive Église. On cite d'abord un bracelet qui est orné des douze signes du zodiaque (Boldetti. p. 500) . On peut y voir, au jugement de Tabbé Cavedoni (Ragguaglio, p. 44), une allusion à rinstabilité des choses humaines (£cc/. I. 5) : « Le soleil se lève et se couche ; il retourne au lieu d'où il est parti, et, renaissant au mèir.e endroit, il tourne vers le midi et revient vers le nord. Le vent court et visite toutes choses, et revient sur ses pas par de luugs circuils p

Une peinture mithriaque qui parait avoir été inspirée par les idées dirétiennes dont l'imitation se retrouve si souvent dans les monuments de la secte (Boltari. m. in front, — Cl', p. vet 192), fait ^oirun homme debout près d'une montagne, indiquant du doigt un segment du cercle du zodiaque, sur lequel sont marquées quatre étoiles : à côté de ce personnage est une femme armée. On pense que cette peinture est un emblème de la force nécessaire pour arriver au ciel, lequel est ligure par les quatre étoiles. La mont<igne, rapide et abrupte, peut être l'image du rude sentier de la vertu.

Dans les premiers siècles du christianisme, les opinions vulgaires au sujet de l'influence bonne ou mauvaise des astres préoccupiâent encore vivement les esprits: ce qui le prouve, c'est qu'il existait entre les mains de tout le monde certaines tables astrologiqueë où étaient marqués les présages heureux ou sinistres qui s'attachaient à dmque heure du jour et de la nuit; et ces tables n'étaient point exclues des livres composés pour l'usage des chrétiens. Une curieuse inscription de l'an 504 (De' Rossi. 1. 1. p. 9'ij nous donui! la me-

sure de l'importance qu'avaient de tels présages, même dans Tesprit de nos pères. C'est l'épitaphe d'un enfant nommé siMPLicivs, dont l'existence, selon la judicieuse observation de M. De' Rossi, qui est ici notre guide, ne parait pas s'être prolongée nu delà du jour qui Pavait tu naître. Or l'épitaphe porte que ce double événement avait eu lieu cala quatrième heure de la nuit du vm des ides de mai, le jour de Saturne, dans la yingtiéroe lune, sous le signe du Capricorne. » Celte aiinot;ition de date si exceptionnellement minutieuse accuse une intention évidente de mettre sur le compte d'une influence néfaste une mort si prématurée et si affligeante pour des parents. Nous lisons en eiïet dans les tables astrologiques dont il a été parlé plus haut et que rapporte M. Mommsen (Cf. Rossi ibid.) que « tout ce qui arrive en ce jour de Saturne, à telle heure que ce soit du jour ou de la nuit, e»t obscur et laborieux, et oub cbix qui KAl^8E!lT socs

UNS TELLE IKFLUKHCE COURENT DE GRAROS DiMESS. >

Voici le texte : Saturni die$ horaque ejus cvm erit nocturna sive diuma, omnia obscura laboriosaqat fiunl, qui nascentur periculosi erunl.

Ces traditions se maintiendront avec persiir tance et traverseront tout le moyen âge. Danic mêle sans cesse des idées astronomiques à s<'$ conceptions chrétiennes; à chaque pas de son voynge à la fois mystique et cosmologique, il indique avec une minutieuse exactitude le signe du zodiaque où se trouve le soleil. Les peintn^ contemporains du poète et ceux des siècles suifaulâ se sont en ceci inspirés de son esprit. Ainsi le l'adouan Guariento a représenté, dans l'égli^ des Ermitani de Padoue, les sept planètes à M de la Passion et de la Résurrection. Au siéde suivant (xv*), de curieux bas-reliefs de la caliiédrale de Rimini offrent à Tœii étonne, et sans aucun mélange d'allégorie, Saturne, Jupii<^' Vénus, etc. Plus lard encore, en pleine renaissance, la chapelle Chigi, dans l'église deSte Variedu-Peuple à Rome, décorée de mosaïques eiéiiitées d'après les cartons de Raphaël, fait voir les divinités des planètes, avec leurs attributs mylliologiques, représentées chacune a\ecun ange»"* prés d'elle.

RÉPERTOIRE ANALYTIQUE

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