II. — UriLné ET IMPORTANCE DE L'ARCHéOLOGIE CBRÉ
TiEHBE. Il est superflu de dire que cette question ne saurait aTOÎr pour objet la partie de la science qui s'occupe des institutions et des mœurs, étudiées directement dans les documents écrits : révoquer en doute l'utilité de cette branche de l'archéologie, ce serait méconnaître l'utilité de l'histoire ellemême. Tous les peuples ont tenu à s'initier à la connaissance de la Tie de leurs ancêtres, à scruter leurs annales, afin de s'approprier leur gloire et de s'animer à la Tertu par leurs exemples. L'Église de Jésus-Christ a bien d'autres raisons encore de maintenir pure et intacte la mémoire de son passé, elle qui ne puise la raison de son autorité et même celle de son existence que dans la divinité bien constatée de son origine et dans la continuité non interrompue de ses traditions.
Nous devons donc restreindre la question proposée à ce qui concerne les monuments figurés, et nous demander quelle est Tutilité de Tarchéologie considérée à ce point de vue spécial. Celte utilité est d'une double nature, utilité historique, utilité dogmatique.
La première lui est commune avec l'archéologie profane.
L'archéologie chrétienne est le guide le plus sûr et le plus fidèle pour l'historien des origines du christianisme; elle lui fournit toute line classe de documents authentiques et irrécusables, témoins de marbre, de bronze, de bois, de cristal, etc., dont la véracité échappe à tous les faux-fuyants de la subtilité de l'esprit humain. Tous les monuments sortis de la main des premiers chrétiens, tous, même les plus inagnifiants en apparence, depuis le grand système des cryptes sacrées des catacombes pris dans son ensemble, depuis la basilique aux imposantes proportions, jusqu'à la plus humble pierre faisant lire quelque nom obscur accompagné d'une formule chrétienne, jusqu'au plus petit fragment de verre, jusqu'à cette chétive lampe d'argile portant l'empreinte de quelque symbole de la foi, tous déposent de quelques faits intéressants, et l'ensemble de ces faits compose comme une statistique morale de la primitive société des croyants.
Les monuments de la Grèce et de Rome servent admirablement à illustrer Homère, Euripide, Virgile, Ovide, etc.; une statue, un bas-relief, une inscription, ont plus d'une fois fait jaillir avec une limpidité inespérée des faits historiques qui jusque-là étaient restés ensevelis dans des textes obscurs et réputés inintelligibles. De même les monuments de nos pères dans la foi viennent-ils jeter une vive lumière sur le grand livre de l'ancienne et de la nouvelle alliance, aussi bien que sur les écrits souvent difficiles des anciens Pères, de Tertullien, par exemple, de S. Cyprien, de S. Cyrille, de S. Chrysostome, de S. Clément d'Âlexan-
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drie, d'Ârnobe, et parmi les poêles, de Prudence, de Sedulius, de Synesius, pour ne parler que des principaux, lesquels tiennent dans Tétude des choses chrétiennes la place qu'occupent parmi les écrivains de l'antiquité quelques-uns de ceux que nous estimons le plus, et que nous prenons volontiers pour guides dans Tinterprétation des monuments du paganisme.
On peut altérer un texte important d'un historien ou d'un apologiste, ou supposer, dans Tintérèt de quelque mauvaise cause, qu^il a été falsifié ou mal reproduit par des copistes inhabiles ou inûdéles ; mais s'inscrire en faux contre ce que l'antiquité a buriné sur le bronxe ou sculpté sur la pierre, c'est moins facile.
Ainsi, considérée comme simple auxiliaire de l'histoire, l'arcliéologie présente déjà une grande importance ; à ce simple point de vue, si secondaire qu'il soit, elle en est droit de nous intéresser vivement, puisqu'elle nousfait vivre et nous entretenir avec ceux qui furent les prémices de la part Je Jésus-€hrist, les modèles et les guides de notre carrière mortelle. Et si les produits de l'art chrétien se montrent inférieurs en nombre et en perfection à ceux de l'art antique, ce qui s'explique par diverses causes dont le développement ne serait pas ici à sa place, combien ne les surpassentils pas en utilité et en noblesse ! c il n'est pas» disait Reinesius (Var. lecU p. 151), une particule de l'antiquité chrétienne qui ne soit plus noble et plus digne d'honneur que tous les monuments païens, i aniiquUatiê chriêiianœ pariicula quœque quatiê pagana ut nobiiior honoratiarque.
Pourquoi cette prééminence! Parce que l'histoire du christianisme primitif, c'est plus que de l'histoire, c'est du dogme, ou, si l'on veut, c'est de l'apologétique catholique. Car tracer le tableau de la foi, du culte, de la discipline essentielle de l'Église primitive, c'est faire le portrait de TÉglise actuelle ; TÉglise catliolique se retrouve tout entière dans la vénérable antiquité. L'Église de Pie IX est le dernier anneau d'une chaîne qui, à travers dix-neuf siècles, va se nouer à S. Pierre et à Jésus-Christ. Voilà ce qui ressort de l'étude des monuments.
Placez au sein du musée de Latran un dissident quelconque; pourvu qu'il soit homme de bonne foi et de bonne volonté, et sans parti pris, vous n'aurez pas de peine à lui faire toucher du doigt dans des arguments matériels la vérité de tout ce qu'il nie et de tout ce qu'affirme r%lise catholique : dans la salle des peintures et dans celle des sculptures, une foule de vérités dogmatiques, quelquefois recouvertes à peine des voiles transparents d'un ingénieux symbolisme, tantôt exprimées directement et sans mystère; le culte des Saints et de la Vierge en particulier; le baptême dans laveugle-né, la pénitence dans le paralytique, Teucharistie dans des festins symboliques, dans des cistes renfermant le pain et le vin ; et la foi à la résurrection future, partout.
Dans la galerie des inscriptions, en un certain
nombre de séries systématiquement disposées par le savant chevalier De' Rossi , ce qui concerne les dogmes, entre autres la divinité de Jésus-Christ, l'invocation des Saints, la prière pour les morts: ce qui constate les degrés de la hiérarchie ecclésiastique telle qu'elle est aujourd'hui encore en vigueur, évêques, prêtres, diacres, jusqu'aux lecteurs, aux acolytes, aux exorcistes ; les fouores^ les notarii et les autres fonctionnaires attachés au service de rÉglise y sont représentés aussi par de nombreuses épitaphes. U en est qui marquent nettement la distinction entre les laïques et les clercs, entre les veuves, les vierges consacrées au service de Dieu et les simples chrétieimes, entre les fidèles ou baptisés et les catéchumènes et les néophytes. U y a la série des sacrements, le baptême, la confirmation, la pénitence ; il y a celle des symboles, qui sont en nombre infini, et dont la plupart nous sont expliqués par les organes les plus sûrs de la tradition catholique, le poisson, par exemple, l'ancre, la colombe, etc.
Le lecteur comprendra que ces quelques détails ne sont qu'un édiantillon des immenses ressources que l'apologie de la foi peut tirer de l'étude des monuments de tout genre que fournit l'antiquité dirélienne , ressources dont nous nous sommes efforcé, dans la limite de nos facultés, de réunir et d exposer les principales dans ce Dictionnaire. Et les arguments qui en ressortent ont d'autant plus de force, que ces monuments, ceux du moins dont l'antiquaire chrétien se prévaut en faveur de la foi, appartiennent pour la plupart aux trois premiers siècles de l'Église, réputé, même par les adversaires, siècles d'or, c'est-à-dire purs de tout alliage d'innovation. U en est même quelques-uns, les inscriptions par exemple, qui remplissent une lacune regrettable existant entre les livres sacrés, tant des évangélisles que des apôtres, et les premiers monuments écrits de la tradition catholique parvenus jusqu'à nous; elles suppléent, souvent même avec avantage, par leur brièveté, leur simplicité, leur clarté à l'abri de toute équivoque, aux œuvres de longue haleine que le malheur de ces âges primitifs et les persécutions en particulier empêchèrent les premiers Pères de publier, ou qui nous ont été ravies soit par les révolutions dont le souffle disperse tant de choses bonnes et utiles, soit par Tignorance plus impitoyable encore dans son imprévoyante incurie.
Bien que nous ayons à regretter que l'étude des antiquités chrétiennes n'ait pas encore obtenu la place qui lui revient dans l'enseignement des sciences ecclésiastiques, où elle remplacerait avec un immense profit une foule de questions et argumentations oiseuses ou futiles où s'exerce et se fatigue en pure perte l'esprit de la jeunesse, auquel on pouvait fournir un aliment plus fécond et plus substantiel, néanmoins, il faut le dire, le temps est déjà loin de nous où les études archéologiques étaient regardées comme un passe-temps d'amateur et une science purement spéculative. La théologie sait aujourd'hui le parti qu'elle en peut
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lirer comme moyeu de démonstration. Aussi veutelle que Tarchéologie sacrée, en faisant connaître et en popularisant tous les jours davantage cette précieuse mine de traditions, ap);>orte aux augustes vérités qu'elle a mission d'exposer et de développer, des témoignages pour ainsi dire matériels et palpables qui, par les sens, arrivent plus sûrement à Tesprit et au cœur. Le P. Perrone, profe>seur de théologie au Collège Komain, consacre à Tarchéologie sacrée, considérée comme lieu théologique^ un chapitre très-substantiel, qui est un excellent exemple (Prœlect. theol. tract. De loc. theol, 0pp. t. IX. edit. Taurin, p. 226) ; et nous saxons que plusieurs évoques d'Italie ont, depuis un certain nombre d'années, établi un cours spécial et obligatoire d'archéologie sacrée dans leur séminaire; celui de Vilan possède depuis 1849 une chaire de cette importante science.
Les souverains pontifes ont toujours favorisé de tout leur pouvoir l'élude des antiquités chrétiennes, et les plus grands d^entre eux par la sainteté et la sdence out signalé leur zèle à cet égard par des institutions permanentes. Nous citerons, pour le dix4iuitiéme siècle, Benoit XIV, et pour celui où nous nxùns notre bien-aimé Pie 1\, qui ont marqué leur passage sur la chaire de Pierre par la fondation de musées chrétiens, le premier dans l'une des ^'aâtes salles du Vatican, et le second dans Tantique palais du Latran. Et, ce qui e^t particulièrement remarquable, c'est qu'ils ont eu le rare bonheur d*étre secondés, et même un peu inspirés dans Taccomplissement d'une œuvre si grande et si utile, chacun par un savant de premier ordre, deux de ces hommes toijgours prêts à mettre une haute intelligence au service des glorieuses entreprises : pour Benoit XIV, le marquis Maffei (V. son épitre dédicatoire en tète àaMmanim Feroftenae), pour Pie IX, le chevalier De' Rossi.
ARCHEVÊQUES. — Y. l'art. Métropolitain».
ARCHIDIACRES. — Il n'est pas question des ardiidiacres avant le quatrième siècle; S. Jérôme (EpÎMl. iv) et S. Optât (L. x Adv. Parmen,) sont les premiers écrivains ecclésiastiques qui en parlent.
Cependant, à défaut du nom, il est aisé de distinguer la fonction, quant à r£glise romaine du inoins, dans celui des sept diacres qu'on appelait Diacre dui^pedés le deuxième siècle: Ëleuthére arait été diacre du pape Anicet, Calliste de Zéphyrin^ Sixte d'Etienne (Anast. Ub. Poniif.), S. Laurent de Sixte U, et Sévère appelle ton Pape Marcelin dont il était le diacre.
On voit que tous ces diacres, sauf les deux derniers qui n*en furent peut-être empêchés que par le martyre, devinrent papes à leur tour; et Eulogius d'Alexandrie, parlant des usages de l'Église nMnaine au troisième siècle (Cf. De' Rossi. BuUet. 1866, p. 9), dit que. en vertu d'une coutume invétérée, l'archidiacre montait à peu près toujours sur la chaire pontificale, et que lui conférer l'ordre de la prêtrise, c'était lui en fermer l'accès.
De là vient que les diacres finirent par considérer comme une disgrâce leur élévation au sacerdoce, et à se regarder même comme au-dessus des prêtres; si bien qu'il devint nécessaire de réprimer par des lois leurs insolentes prétentions. Le premier concile d'Arles, qui est aussi le premier tenu en Occident depuis la paix de l'Église, porta déjà un canon spécial au sujet des diacres de Rome (conc. 18) : Dediaconihm Urbici* lU non $ibi tantumprœsumanl (V. De' Rossi. ibid.).
11 y avait un archidiacre dans chaque Église; il était pris parmi les diacres et n'était point, comme acyourd'hui, revêtu de la prêtrise. Néanmoins sa dignité était grande, car il est appelé Vicaire de tévêque dans l'ordre romain, et V œil de Vévêque dans répitre de S. Clément (Ap. Fulbert, ep. xxxiv); il ne se séparait jamais de lui (llieron. Comm. in Ezech. c. xLvui), et tenait le second rang dans l'Église. Il gérait les revenus de l'Église ; il suppléait l'évèque dans le ministère de la prédication; il l'assistait à l'autel; il était chargé d'annoncer au peuple les jeûnes et les jours de fêtes ; il veillait sur la conduite des diacres et des clercs mineurs, arrangeait leurs différends ou en référait à l'évèque ; il pourvoyait à Tentretien des pauvres, des veuves et des vierges.
ARCHIPRÊTRE. — Archipresbyter ou protO' pretbyter, chez les Grecs frpcToivainra;. S. Jérôme est le premier qui fasse mention de cette dignité (Epiit. ad RuMtic), et depuis ce Père il en est souvent parlé dans l'histoire ecclésiastique, dans celle de Socrate (vi. 9) et de Soiomène (vui. 12) notanunent. La dignité d'archiprêtre était- elle, dans l'Église primitive, donnée à l'âge, à l'ancienneté dans les ordres, ou au mérite! C'est une question controversée parmi les savants. La discipline parait n'avoir pas été la même dans TÊglise grecque que dans l'Église latine à cet égard. Chez les Latins, on choisissait d'abord les plus anciens pour présider aux autres (S. Léo. ep. lvu. Ad Dorum), mais plus tard les évêques tinrent compte de la piélé et de la doctrine. Le deuxième concile d'Aix appelle les archiprêtres les ministres des évêques (c. iv). Le quatrième condle de Carthage (can. xvu) dit qu'ils avaient l'administration des veuves, des orphelins et des pèlerins. Us étaient chargés de réprimer chez les prêtres, les diacres et les autres clercs les infractions aux règles canoniques.
11 est fait mention dans une épitaphede 619 d'un Victor, arcliiprêtre du titre de Sainte-Cécile (Muratori, Theê, 43S, 2). C'est, à notre connaissance, le plus ancien monument épigraphique mentionnant cette dignité.
ARCOSOLIUM, — C'est le véritable nom des monumenlê arqués qui se rencontrent si fréquemment dans les catacombes et en général dans tous les cimetières chrétiens. Ce nom a été révélé à la science par quelques inscriptions antiques, et en particulier par celle-ci : avr cblsi et avr iuri-
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CIS ARGOSOI.IO CVM PARETICVLO SVO » PAGEil (Marchî,
Monum. délie arti christ primit, p. 85), t Aur. Celsus et Aur. Hilaritas mon épouse : nous avons fait pour nous, pour les nôtres et nos amis cet arcosolium avec sa petite muraille, en paix, i
Les anciens appelaient êolium les urnes de marbre ou de terre cuite où ils ensevelissaient leurs morts (V. Forcellini. ad h. v.), et, chez les premiers chrétiens, on désigna sous le même nom le sarcophage placé au-dessous de Tautel et qui contenait des reliques de martyrs (S. Paulin. Nat. ix). Mais ce mot ne pouvait exprimer à lui seul la nature du monum^n/ arquéy qui n'est pas une urne isolée et mobile, mais bien un tombeau creusé dans la roche des corridors ou des cubiadi des cimetières. On comprend que, pour creuser un sépulcre de cette espèce, le fossor devait auparavant ouvrir au-dessus, dans le flanc du rocher, une tranchée qui lui fournit la place nécessaire soit pour se mettre àFœuvre, soit pour introduire le cadavre dans Tume qu'il avait ainsi creusée, soit enfin pour fixer sur ce sarcophage la table de marbre destinée à le fermer. Or ces espaces vides qui régnent au-dessus des tombeaux, étant invariablement creusés en arc, on a été naturellement amené à nommer Tensemble du monument arcoiolium, ce qui veut dire un sarcophage surmonté d*un arc, mot exclusivement chrétien, puisqu^il désigne une Torme de sépulture inconnue des païens. Les arcosolia étaient ordinairement divisés en plusieurs compartiments, par de petites murailles, pareticuloy pour parieticulOy comme celui de Celsus et d'Uilaritas dont nous avons donné ci-dessus Tépitaphe. C'étaient des sépultures plus distinguées et plus coûteuses que les simples loculi, et que les chrétiens riches ou aisés préparaient à leurs frais (Marchi. p. 99), pour eux, quelquefois aussi pour leurs proches et leurs amis, nobis et nostris et ami- GIS, circonstance qui manquait rarement d*étre mentionnée (Id. p. 98) dans Tinscriplion, afln que la postérité ne pût pas croire que la dépense de ces sépultures de luxe avait été supportée par le trésor de l'Eglise.
Ces arcosolia affectés à la sépulture de simples fidèles étaient, en général, distribués le long des corridors des catacombes. Ceux au contraire qui servaient d'asile aux corps des martyrs les plus illustres, étaient creusés aux frais de la communauté chrétienne, dans les chapelles où se tenaient les assemblées et les stations à l'occasion de la commémoration de ces mêmes martyrs, et c'étaient les autels où l'on offrait communément le saint sacrifice (V. l'art. Autel). Dans la plupart des arcotolia, l'espace vide circonscrit par l'arc surmontant le tombeau est orné de peintures (V. Perret, vol. ï. pi. Lvu-Lxx. passim), d'autres (V. R. Rochette. Tableau, p. 71 , et surtout le Bulletin de M. De'Rossi, oct. i863) en ont aussi sur le devant du sarcophage.
U y a des arcosolia qui se rapprochent beaucoup plus encore de la forme de nos autels, de ceux du moins qui sont appuyés à la muraille, en ce que le
sarcophage, au lieu d'être placé directement sous l'arc, fait saillie sur Taire de la crypte, et que les retombées de ce même arc por * tent sur des piedsdroits et non sur la table de marbre qui sert de couvercle au tombeau. Une crypte appartenant à un cimetière de la voie Latine renferme trois arcosolia de cette espèce.
Nousen plaçons un sous les yeux du lecteur, d'après la planche xxii de l'ouvrage du P. Marchi.
On observera que des loculi ont été pratiqués dans le vide de l'arc surmontant le sarcophage du martyr. La cause la plus ordinaire de ce fait qui se reproduit très-fréquemment, c'est que, par dévotion, les premiers chrétiens tenaient beaucoup à ce que leur sépulture fût placée le plus près possible de celle des Saints : ad sasctos, ad martvres (V. l'art. Ad sanctosy etc.). A quelle époque cette dévotion devint-elle indiscrète au point de vouloir pour ainsi dire partager leurs tombeaux mêmes, et être ensevelis ANTB, SVPRA, OU RETRO SAKCTOS, si tOUtefois CCS
formules n'ont pas le même sens que les précédentes? Une parait pas que ce soit avant le quatrième siècle, car S. Damase, qui refusait cet honneur pour lui-même : cinbres tinui saxctos vexarb pio- RVM (Ap. Marchi. p. 145), aurait-il approuvé pour d'autres ce que, à bon droit, il regardait comme une profanation? D'ailleurs la seule inscription de date connue mentionnant cette coutume est de 426 .
Le genre de sépulture dont nous nous occupons n'est pas spécial aux cimetières de Rome. On trouve des arcosolia en beaucoup d'autres catacombes chrétiennes, et en particulier dans celles de Sainte-Uustiola et de Sainte-Catherine deChiusi en Ombrie (V. Cavedoni, Cimit. Chius, p. 60. passim.)
M. Charles Texier {Architecture byzantine, p. 40) en signale aussi en Orient et notamment en Cappadoce (V. la gravure de l'art. Luminare cryptœ). Le cor[)s était placé dans un sarcophage, comme à Rome ; mais on voit, à droite et à gauche du principal tombeau, de petites niches où les cadavres étaient glissés dans l'épaisseur de la roche, et dans le sens de leur longueur. Il y avait aussi des loculi de ce genre dans les catacombes romaines (V. l'art. Loculus).
M. De' Rossi parle d'une autre espèce de tombeaux se rattachant en quelque sorte à la classe de monuments qui nous occupent, mais qui en diffèrent en ce que la cavité surmontant le monument n'est pas arquée, mais rectangulaire. Il les appelle sepolcro a menza, ce que nous croyons pouvoir traduire par tombeau couvert d'une table (S.Rom. ioH. i. p. 385). La table, mensa, était quel-
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quefois nooUe, et de gros anneaui de bronie dont elle élail munie, servaient à la tirer en avant, de façon à déconTrir le corps, et peut-éire aussi à faciliter la célébration du saint sacrifice. H. De' Rossi en cite plusieurs exemples (Ibid.), Aoal l'un Tut découvert en 1850 nn cimclière de Pr<^text.it.
AREA. — V. Tart. Sip^turet, U, 3*.
ASCENSION Di Jiiui-CBUST. — L'origine de celle solennité n'est pas connue d'une manière précise ; mais il n'est pas douteux qu'elle remonte à la plus haute antiquité, et probablement, sebn S. Augustin, qui applique ici son grand principe, aux temps apostoliques (Epist. CTin. Ad Januar.). le tfmoigmpe de ce Père prouve loiit au moins qu'elieélait observée universellement dansTËglise longtemps avant l'époque où il vivait. Nous la voyons en eTTet Iréquemment mentionnée dans S. ChiTsostorae sous le nom de i»xt.iJti;. Dans sa trenle-dnquiéme homélie sur celle fêle(Opp. edit. Paris, t. V. p. 557), il l'appelle ■ le jour illustre et resplendissant de r.\scension du Crucifié *. Ailleurs (Homîl luvu. In Pmtec.], il dit en énumérant les grandes solennités qui précédent lu PentecAle : > Rous avons célébré naguère la fête de la Croii, celle de U Passion et de la Résurrection, et enfin celle de l'iscension de Jésus-Christ Noire-Seigneur. > L'auteur des Corutilutiont apotloliquet (vm, 55) met l'Ascension au nombre des grandes soleonilés chrétiennes, qui doivent être fériées, comme étant le complément de l'économie du Oirist. Xouscitonsen latin : Aicentiotil dietferia- Ituj pn^tUrlittitamtune œonomiam ChritU.
Au jour de l'Ascension, en oulre des riles qui loi étaient communs avec toutes les autres fêtes, on faisait, pendant la liturgie, la solennelle bénédiction du pÙD, et des fruits de la terre, et notamment des fèves ; U formule de celte bénédictioa se trouve dans un sacrameniaire auquel Harténe attribue |Jus de mille ans d'existence. Nous saTon:> par S. Grégoire de Tours {Hut. Franc, u. ô^) qu'il j avait en ce jour, particulièrement dans les églises des Gaules, une solennelle supplication ou (vocession.
ASCÈTES. — I. — C'est & tort que, dans les lemps modernes, on a quelquefois confondu les atciUt avec les moines. Dons la primitive Ëglise, les ascètes étaient de simples chrétiens qui ne se distinguaient des autres que pnr une vie plus austén. Leur nom est dérivé du grec i^nii;, mot qui, dans le langage des anciens pliilosopli es, signi-
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fiait l'eiercice de la vertu et noUmment celui de l'obéissance. Le nom el la profession des mointt ne vinrent que plus tard.
Selon S. Alhanase, l'origine des ascètes remonte au delà du temps de S. Anloine. On peut même dire qu'il y avait des ascètes parmi les anciens Juifs. Tels furenl les nazaréens perpétuels, comme Samson (Hieron. ep. m. Ad Paulin. — Greg. Nai. cirm. II. Ad Virgin.), et les thérapeutes dont parle Philon, bien que ces derniers paraissent avoir été cliréliens. au témoignage d'Eusèbe {Hitl. tccla- I. u. 1 7). La vie de S. Jpan-Bap liste, celle des premiers chrétiens à Jérusalem, celle des disciples de S, Marc à Alexandrie, oiïrent aussi des exemples de la vie ascétîitue.
Origène {Contr. Celt.) donne le nom d'ascètes à ceux qui, non-suuleinent s'abstenaient de viande, mais restaient souvent deux ou trois jours sans prendre de nourriture. On nowinait encore ascètes ceux qui s'adonnaient à l'exercice de la prière et consacraient une grande partie du jour au culte de Dieu. Ainsi S. Cyrille de Jérusalem [Caledi. x, 9) donne ce litre à la prophélesse Anne, à raison de ce qui est dit de cette saiiite femme dans S. Luc (il. 57) : t Elle ne s'éloignait pas du temple, servant Dieu joue et nuit dans les jednes et les prières, > jejuniit el obtecralionibu* *enien» die ac «ode.
Ceux-là étaient aussi appelés ascètes qui se signalaient par des actes éclatants de cliarilé et de mépris du monde, et qui par exemple auraient voué tous leurs bieiis au culte de Dieu el au service des pauvres. Ainsi S. Jérdme [De tciipt. eccl. 41. 16) appelle Pierius, mirœ i-i«aiu: adpetitorem, et voluntai-iœ pauperlatit, et Sèrapion, évêque d'Anlioche sous Commode, iinian addiclum. Les martyrs de Palestine qui soulïrirent sous Dioclétien refoivent Li même dénomination p.nr leur générosité envers les pauvres, les neuves el les orphelina (Euseb. De martyr. Patœil. ii). On appelait quelquefois asci;tes les confeueuri, et c'est ce qui explique pourquoi S. Martin est le premier qui ait été inscrit sous ce litre dans les calendriers (Du Cange. Glot. ad voc. Confeu.).
Les ascètes avaient adopté des vêtements en harmonie avec l'auslérité de leur vie, de couleur noire ou brune (Synes- Epitt. ulvi). Ils porlaient le pallium ou manteau des anciens ptiilosopbes. Ce vêtement leur était si exclusivement réservé, que, parmi les prêtres, ceux-là seuls s'en permetlaienl l'usage qui menaient une vie ascétique proplerinr,ai.i (Sahnas. Ad Tertui. De paltio. m. iv).
Bien que nous ayons adopté la distinction de Bingham enire les atcètet et ]es moinet [Origin. Chritt. t. Ju. p. 3. edit. llall.), nous ne douions pas néanmoins que Vaicititme n'ait été un commencement de monachitme (Lami, De enidil. apottol. p. 168) ; et si le docteur anglican insbte si fort sur cette distinction, c'est par suite de cet esprit de dénigrement qu'il laisse partout paraître contre les institutions calholiques.