A8SOMPTIOX DB LU SAINTE VIERGE. — Y
rart. Fêtes immobiles, n. VII, 2V
ASTÉRISQUE ('Aimsp, «(jTipiaxG;) . — Instrument liturgique chez les Grecs. C'est une espèce d'étoile d'or ou d'un autre métal précieux, composée de deux tiges pliées en arc, croisées et surmontées d'une petite croix. On place 1^ cet ustensile sacré sur la patène pour couvrir les hosties, et tenir le voile soulevé, de sorte qu'il ne touche pas les saintes espèces.
Cette cérémonie rappelle l'étoile d'heureux augure qui guida les Mages vers le Roi des Rois et s'arrêta sur le lieu où il était. C'est ce qui ressort des paroles que le prêtre prononce lorsqu'il place l'étoile sur la patène. Nous lisons en effet dans la liturgie de S. Chrysostome (Ap. Goar. Eùxo).oici&v. p. 62. édit. Paris. 1747) : < Quand le prêtre a encensé Tastérisque, il le pose sur le pain et dit : et veniens steïla, astitit ubi erat puer (Mat th. ii. 9), perpetuOf nunc et semper, et in sœcula sœctUorum. Amen, « et l'étoile venant, s'arrêta là où était fl l'enfant, perpétuellement, maintenant et ton- « jours, et dans les siècles des siècles. Amen. »
ATRIUM. — Nous devons donner ici quelques détails sur cette partie des anciennes basiliques que nous n'avons pu qu'indiquer dans notre article Basiliques chrétiennes ; nous avons fait graver le plan d'une basilique très-simple sur lequel il suffira de jeter un coup d'oeil pour comprendre la forme de Vatrium, ainsi que sa position relativement aux deux narthex (V. l'art. Narthex)i
Vatrium, appelé par Eusèbe et par Procope at- Oçtcv ou aùXii, venait après le vestibule dans certaines grandes églises. Paul Silentiaire, décrivant la basilique de Sainte-Sophie de Constantinople,
dit que sur la partie occidentale de ce temple ce* lèbre, régnait un atrium entouré de quatre por* tiques. U y en avait aussi quatre à Vatrium des Saints-Sergius-et-Bacclius à Constantinople, à celui de la Vierge à Jérusalem, à celui de Paulin à Tyr, et aussi à celui de S. Ambroise de Milan : c'est ce que les auteurs modernes appellent tétras^
tyle, TirpaffTuXcv,
ou quadriportique{\ Bingham.
m. 179). Voici comment Eusèbe décrit ce dernier ( Hist .
eccl. c. IV ) ; fl Quand vous avez franchi la porte, Paulin ne veut pas que vous passiez immédiatement dans le sanctuaire ; mais ,
entre le temple et le vestibule, il a laissé un grand intervalle carré entouré de quatre portiques. > Nous devons observer néanmoins que Vatrium n'avait pas partout ces quatre portiques, car, dans certaines églises, celui qui devait être contigu à la façade servait probablement de narthex intérieur : il parait qu'il en était ainsi dans l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, laquelle est décrite par Eusèbe dans le troisième livre de la Vie de Constantin.
Dans le plan ci-annexé, l'aire ou la cour de Vatrium est marquée par les lettres rrrr, et les portiques par qq. Les entre-colonnements des portiques étaient clos par des cancels qui étaienlassez bas pour que chacun pût facilement s'y appuyer et contempler de là les eaux qui jaillissaient de la fontaine pratiquée au milieu du cloître. Voici ce qu'en dit Eusèbe au dixième livre de son Histoire ecclésiastique (c. iv) : fl L'évêque Paulin ferma les portiques (de l'église de Tyr) avec des cancels de bois croisés comme un filet, et qui sont d'une juste hauteur. » S. Paulin de Noie est plus explicite encore {Natal. X S. Felic.) : fl U est permis à tous de se promener sous les portiques, et, quand ils sont fatigués, de s'appuyer sur les cancels qui régnent entre les colonnes, et voir le jeu des eaux. > (V. l'art. Cancels.)
Puisque nous avons mentionné la fontaine, nous
il [H lE S] H
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devons exuniner comment elle était faite, et à quel osage elle serrait.
Vatrimm était complètement découvert, et édairé, comme dit Eusébe, par les rayons du soleil (lib. s. c. 4), afin qu'il fût loisible à tous ceux qui s*y arrêtaient de lever les yeux au ciel, pour en contempler la beauté. Au centre de Vairiwn étaient les symboles de la sainte expiation, c'esti-dirc la fontaine où les chrétiens se lavaient les nains et la face, avant d*entrer dans le temple ; et, dans quelques-uns de ces airia^ la fontaineétait, elle aussi, entourée de cancels de bois ou de métal et surmontée d'un toit (S. Paulin, ibid,). L^ensemUe de Tédifice qui environnait et couvrait la fontaine s^appelait, dans la primitive Église, pkiaia (Y. ce mot). Tout autour des vasques contenant Teau était quelquefois écrit un vers grec dont le sens est : • La? e tes péchés, et pas seulement ton visage, i
On bénissait la fontaine au jour de la vigile et quelquefois même de la fête de TÊpiphanie, et nous lisons la formule de celte bénédiction dans Teucologe des Grecs. Dans la suite des temps, la fontaine fut supprimée, et remplacée par les vases i eau bénite qui se trouvent à rentrée de nos églises. Bans le plan, les cancels entourant la fontaine sont indiqué par mr.
C'était sous les portiques de Vatrium que se tenaient les pénitents de la première classe. Mais slls étaient coupables de quelqu'un de ces grands crimes qu*on appelait capitaux, ils étaient exclus même des portiques, et obligés de se tenir à découvert, dans Vatrium (Greg. Thaumat. can. xl). Tertullien confirme cette donnée historique, lorsque, dans son livre de Fudicitia (cap. iv), il atteste que tous ceux qui étaient tombés dans ces grandes fontes étaient non-seulement empêchés d'entrer dans Véglise, mais exclus de tout lieu, quel qu*il fût, appartenant à Téglise ou à ses dépendances. Ce texte est important en ce qu'il prouve, contre quelques novateurs, que par le mot église Tertullien n'entendait pas toujours les communautés chrétiennes, mais souvent aussi Tédiflce où avaient lieu leurs assemblées.
AUBE. — Y. Fart. VêtemenU des ecclésiastiques dans les fonctions sacrées. III 2"*.
AUBES BAPTISMACES. — I. -~ Après le baptême, on revêt le néophyte d*une robe blanche. Cet usage, aujourd'hui encore en vigueur dans l'Église catholique, remonte à la plus haute antiquité : les écrivains ecclésiastiques du iv* siècle, qui sont les premiers à le mentionner clairement, en parlent éridemment comme d'un rit depuis longtemps établi.
On lit dans le poème De resurrectione Domini, attribué à Lactance, ces vers, qui se rapportent au néophyte sortant des fonts sacrés :
Gandidus egreditar nilidls ezercitus undis,
Folgentes animas ve</tt quoque eandida signât, Et grege de ntveo gaudia paslor habet.
« La troape (des néophytes) tort éclatante de blancheur des eaui pariflantes.
« Le vêtement blanc dénote aussi la blancheur des ftmes, — Et le troupeau blanc comme la neige réjouit le cœur du Pasteur. »
S. Paulin de No]e(Epist. xii. ad. Sever.) ne s'exprime pas autrement :
Unde parens sacro ducit de fonte sacerdos, Infantes niveos corpore, corde, habitu.
« Alors le préire tire des fonts sacrés ces enfants auxquels il Tient de donner la yie, blancs comme la neige dans leur corps, dans leur cœur, dans leur yétement. >
S. Cyrille de Jérusalem (Catech, mystag. v) invite ainsd les nouveaux baptisés à conserver leur conscience pure comme l'aube de leur baptême :
• Ayant dépouillé vos anciens vêtements, pour revêtir ceux qui sont blancs selon Tesprit, vous devez désormais et toujours vous montrer en blanc. Non point que, à la lettre, il soit nécessaire que vous portiez toujours des vêtements blancs, mais bien que vous n'admettiez plus dans votre cœur que ce qui est blanc, splendide, spirituel, t S. Am* broise développe la même pensée (De iisqui myster. initiant, c. m) : c Tu as reçu des vêtements blancs, afin qu'il soit visible à tous que tu as dépouillé Tenveloppe de tes péchés, pour revêtir les chastes voiles de l'innocence. En efTet, celui qui est baptisé, se trouve piuifié selon la loi et selon l'Evangile. • S. Jérôme écrit à Fabiola (Epist. 128) : « Ayant quitté les habits de laine, nous revêtirons la robe de lin, qui n'a rien qui appartienne à la mort, mais toute blanche, aûn que, sortant du font baptismal, nous ceignions nos reins dans la vérité, et que toute la turpitude de nos anciens péchés soit voilée. »
Les Pérès grecs développent partout la même doctrine. S. Ghrysostome {Homil, in psalm. 118), voulant rappeler de mauvais chrétiens à la sainteté de leur vocation, leur adresse ces paroles :
• Conservez votre tunique pure, comme vous Tavez reçue au baptême ; que nul ne la macule par ses mœurs ; que nul ne souille par la perversité de son cœur la si grande beauté de ce vêtement ; au baptême, vous avez reçu une robe toute semblable à celles que portaient les anges qui servaient le Seigneur au sépulcre, car il est écrit que leur vête^ ment était blanc comme la neige. >
La robe baptismale était donnée non-seulement aux adultes, mais aussi aux enfants. S. Grégoire de Nysse {Oral. m. De (est. Pasch.) parle d'un jeune enfant qui manifeste, autant qu'il est en lui, la joie de son baptême par le changement de vêlement, ne le pouvant faire par ses paroles ni par les sentiments de son cœur : mutationevestis sensu extemo festum colit, quando quidem interiori animi sensu nondum poieit. C'est tout jeune encore que S. Jérôme avait reçu, à Rome, 1 aube baptismale que Àdon, dans son martyrologe (50 sept.), appelle le vêtement du Christ, vestem Christi puer Bomœ suscepit S. Grégoire de Tours (Hist. Franc. 1. 1) rapporte qu'un enfant de Clovis, Ingomére, mourut
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entre les mains de ses parents désolés, revêtu encore de la robe de son baptême : Baptizatus auUm puer quem Ingomerum vocUaverunt, in ipsii, 9ictd reneneratus fuerai, albis moriiur.
Les actes de S. Ludger (ap. Vicecom. p. 697) nous fournissent un exemple tout semblable. Un bïque furtivement envoyé parce saint évêquedans la Frise, deux fois infidèle à la foi, eut le bonheur de baptiser, avec Tagrément de leurs mères, dix-huit petits enfants qui tous moururent dans les aubes de leur baptême, omnes in albis defuncti sunt, à l'exception de deux qui purent, après le rétablissement de la paix, recevoir la confirmation de la main de S. Ludger.
Il faut observer cependant que l'expression puer ou infans ne désigne pas toujours un enfant par rage, mais, selon le langage de TÉglise, un nouveau-né à la grâce, quasi modo geniti infantes (1 Petr. II. 2). On trouve dans S. Grégoire de Tours la mention de beaucoup d'autres personnages qui moururent avant la fin de l'octave de leur baptême (De glor. confess. c. xxxv, uv, lx, etc.). Des faits analogues sont constatés par des monuments épigraphiques : Fabretti donne (p. 577. lxx) l'épilaphe d'un'enfant qui, baptisé le onze des calendes de mai, pkrcbpit H xi xal iiaus, déposa, à TocUve de Pâques, ses aubes sur son tombeau, albas
SVAS 11 OCTABAS PASCBAB AD SEPOLCRVM 1| DEP08V1T. —
Cedualla, roi des Saxons, baptisé par le pape Sergius, gagna la patrie céleste, alors qu'il était encore vêtu de la robe des baptisés :
PROTUIVS ALBATVM ?EX1T Dl A&CB POU
(Fabretti. p. 733. d). On pourrait multiplier ces citations, surtout parmi les monuments de l'âge de celui-ci et des âges postérieurs (Forlunat. MiscelL
iv-22, etc.)
II. Dans l'Église latine, la remise de Taube blanche au néophyte avait lieu avant la confirmation et, chez les Grecs, après Tadrainistration de ce sacrement (Cyrill. Ilieiosol. Catedi. myslag. iv, n* 2). Ceux qui la portaient étaient appelés Xwx»i- {MvttVTtç, in albis incedenies^ • marchant en habits
blancs. »
Dans Fadministralion solennelle du baptême,
qui se faisait à Pâques et à la Pentecôte, le ministre de l'aube blanche n'était pas le même que celui du sacrement. D'après un passage d'un très-ancien traité du baptême attribué à S. Denys l'Aréopagiteet cité par Visconli(l>« rit, bapt, p. 715), il parait que c'étaient les prêtres ou les diacres qui remplissaient cet office ; quand le parrain, suscep^ tor, avait reçu le néophyte à sa sortie des fonts et l'avait essuyé avec des linges, ces ministres lui passaient la robe blanche, et ensuite le reconduisaient à l'évêque, sans doute dans le lieu où s'administrait la confirmation, lieu qui est nommé consignatoriumablulorum(y . l'art. Consignalorium ablutorum).
Il n'en était pas de même pour le baptême privé ; ici tout se passait avec moins de solennité, et le même ministre faisait tout. On cite à ce sujet
le baptême de S. Basile (Amphiloc. in VU. tp<.), qui reçut Taube baptismale des mains de l'évêque Maxime qui l'avait baptisé.
Mais, dans tous les cas, cette cérémonie était accompagnée des paroles suivantes, qui sont à peu près ai^ourd'hui encore telles que nous les lisons dans le Sacramentaire de S. Grégoire (In ordin, baptism. infant,) : accipe vestem candidam et immaculaiamy quam perferas sine macula ante tribunal Domini nostri Jesu-Christi, Amen^ c reçois la robe . blanche et immaculée : puisses-tu la porter sans tâche devant le tribunal de Notre-Seigneur Jésus- Christ. Amen. »
Cette robe était sanctifiée par une bénédiction particulière, et bien qu'aucun témoignage de Tantiquité proprement dite ne Tatteste formellement, on le peut conclure de divers passages des liturgistes du IX* siècle (Amalar. De eccLoffic. 1. 1. c. 29).
Le nouveau baptisé la portait sans aucun autre vêtement, ni dessous ni dessus (V. Vicecom. p. 71 7); et en effet cette roiie, qui était de lin, serrée à la taille par une ceinture, étroite et munie de manches comme une tunique ordinaire, descendait jusqu'aux pieds et enveloppait le corps tout entier. Pour faire saisir ceci, nous extrayons d'une sculpture du sixième siècle (V. Giampini, Vet.monim^ t. II.
tab. v), représentant un baptême solennel,
une figure qui tient dans ses mains l'aube toute prête à être endossée au néophyte.
Dans une fresque du cimetière de Pontien (Bosio, Roma sott. p. 131), à peu près de la même époque que le monument que nous venons de citer, et qui représente le baptême du Christ, c'est un ange qui tient la robe baptismale.
Combien de temps la.portait-on î L'usage n'était pas le même partout. Les Égyptiens la conservaient jusqu'à la mort; on est du moins en droit de conclure qu'ils s'en revêtaient dans certaines circonstances majeures, par l'exemple de S. Antoine qui, enflammé d'un ardent désir du martyre, se couvrit de la sienne pour se montrer comme chrétien aux yeux du juge.
Mais, partout ailleurs, nous ne voyons pas qu'on la gardât au delà de huit jours, si bien que le dimanche qui suivait la déposition de la robe baptismale a reçu dans toute l'Église catholique le nom de Dominica in albis deposUis. Mais pendant l'octave on ne la quittait jamais, ni à l'église, ni à la maison. (Greg. Turon. Hist. Franc. I. v.
qui manqueraient aux
AUMO — (
c. n. — Amalv. De tcdt*. offie. I. i. c. 35. — Raban Hior. De tiulil. chrie. 1. n. c. SS, etc.]-
Hais, va bout de l'oclaie, le néophjte ne se dépouillait pas lui-même de l'aube baptismale, il j atail ime nouTelle cérémonie pour la lui enlever. IcsTemmes paraissent cependant avoir fait eicepliMi i celle r^le : un passage de Jacques Diacre {h ni. S. Pelaj.) dté par Visconti (p. 745) semble supposer qu'elles se retiraient pour cela dans une chambre à part, oii peut-être elles étaient assistées par les diaconesses -, et elles ne reparaissaient en public que revêtues de leurs vêtements ordinaires.
Enfin, l'aube baptismale étant déposée dans l'église on pinlôt dans la sacristie ou Mienirrum du baptistère, on la lavait dans une eau consacrée par nue bénédiction spéciale, dont l'ordre romain nous donne la formule. Cette oraison, qui est tari longue, a pour titre : De benedktiotie aquœ ad alha» dfpoiiendat. On pense que toutes ces aubes baptismales étaient dévolues aux usages de l'église, mais sans qu'elles pussent servir à d'autres néophjles. Le P. Lupi (Ojnite. p. 190. Faenza, 1786) a fort bien prouTè qu'il y avait dans les bai^istères des sacristies, où l'évêque ou le prêtre se revêlait des ometoents sacrés avant l'administrntion du baptême, et où ton conservait les aubes baptismales des néophytes, afin qu'elles pussent de témoins contre ceui engagements publics qu'ils avaient coulractës i leur baptême. Victor d'I'tique en ciie un exemple mémorable (fie ptrwectd. vandal. 1. n).
n raconte que le diacre Muritta reprocha ainsi son apostasie à un certain Elpidîpborus de Càrth^e qui , après a«oir été baptisé par loi. avait passé i la secte des ariens. Exposant aux yeux de lous
la Fobe bbnche dont il
l'avait couvert au sortir des Tonls, il lui dil : Uœc natl linleamiiui, Elpidipkore, miiùiUr errorit, qua le aeeatiAwa, 4um maje^at venerit juditantU, etc.
AUndriE CHH LES rBKHtERS CHn£TIE^S. —
• La mnllilode des croyants n'avait qu'un cœur et qu'une âme : nul ne cousidérait comme à soi rien de ce qu'il possédait, mais toutes choses leur êtaientcommunes.ËI nul n'était pauvre parmi eux. • [Ad. apod. n. 3S, Si.) Voilà te tableau en raccourci de la société chrétienne primitive : c'était le régne absolu de la charité ; spectacle admirable, nouveau pour le monde, et qui arrachait aux ennemis comme aux amis ce cri d'admiration : 1 Tovei conune ils s'aiment les uns les autres I * (Tertidl. Apot. xixix.) Des oeuvres innombrables
A5TII}. CIIRLT.
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correspondant i toutes les misères sortaient spon< tanément de ce principe ftoind de l'amour mutuel : ■ 11 y a parmi nous, dit encore Tertullier (Au/.), un trésor..., il se compose des dépêts de la piété ; car on n'en tire rien, ni pour les festins, ni pour tes boissons, ni pour les dégoûtants excès, mais on n'en use que pour secourir les pauvres, tes inhumer ; pour les garçons et les tilles privés de leurs parents et de toute ressource ; pour les vieux domestiques, les naufragés et ceux qui sont confinés dans les minières, les lies et les prisons, seulonent à cause de la religion divine dont ils sont les nourrissons. » Le trésor de la communauté {EccUiÙE fralrum) se composait non-seulement des offrandes des riches, mais aussi de l'obole du pauvre, et chaque jour se renouvelait le fait de la veuve de l'Ëvangile, touchante parabole qui bien souvent inspira les artistes de l'antiquité clirélienne : témoin celte mosaïque de Havenne, datant du sixième siècle et où l'on voit cette pauvre femme déposant, sous les yeux du Sauveur qui la bénit, ses deux petites pièces de monnaie dans le trésor du temple (Marc, ta, 43). Le passage de Tertullien que nous venons de citer, ainsi que beaucoup d'autres de Hinucius Félix, d'Athé- UE^ore, de S. Justin, etc., atteste pour les premiers siècles une savante organisation de la citarite Les calomnies des païens, ainsi que les aveux arrachés par ta force de la vérité A quelques-uns d'entre eux, tels que Pline dans sa lettre à Tr^an (L. x. Epitt. 97] et te satiriqut! Lucien {Peregrin.], concourent également à nous représtaiter la primitive Église sous le même aspect. Aucun genre de misère n'échappait à sa sollicitude, comme on l'a déjà vu par le texte de l'ApologcLquc de Tertullien. Nous devons cependant énumérer brièvement les diverses classes de personnes qu'elle avait prises sous sa tutelle.
I* Les clercs, qui, s'étant exclusivement consacrés au service des autels, avaient le droit d'être entretenus par les oblalions des fidèles. Ils devaient rester tellement étrangers a lous les offices séculiers, que S. Cyprien crut devoir protester par une lettre à son peuple contre un certain Geminius, lequel, étant sur le point de mourir, établit le prêtre Faustin tuteur de ses enfants [EpUl. i. 0pp. p. 169, edit. Oion.], et le saint martyr appuie même celle censure sur les dispositions d'un concile qui déjà alors avait réglé celle ma-
S° Les prisonniers pour cause de religion. Dès que le tn-uil s'était répandu que quelqu'un des fidèles avait été arrêté, on voyait accourir à la
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prison hommes et femmes, jeunes gens et vieU* tards, qui non-seulement venaient se recommander aux prières des confesseurs que l'on regardait déjà comme sur le point de subir le martyre, mais obtenaient à prix d'argent d'être introduits dans les prisons, afln de pouvoir baiser leurs chaînes, de les servir et de leur procurer toutes les choses dont ils avaient besoin. Ils les visitaient souvent pour les consoler et les soutenir (Lucien. 0». laud. n. xii). Nous en avons un bel exemple dans la lettre des fidèles de Lyon et de Vienne (Euseb. Hist. eccl. v. 2). Et si les aumônes ne suffisaient pas, l'évèque ou le prêtre écrivait aux autres Églises, qui s'empressaient de venir en aide à leurs frères. Cet usage date des temps apostoliques : nous lisons dans les Actes det apôtres (u, 99) que les disciples d'Antioche ayant su par une prophétie que leurs frères de Judée devaient éprouver une grande famine, leur envoyèrent des secours par les mains de Paul et de Barnabe. iNous voyons aussi que S. Denys, évèque de Corinthe, écrivit aux Romains pour les féliciter de s'être distingués dans ce genre de bonnes œuvres (Euseb. Hist. ecd. vi. 23).
3- Les invalides. Tous ceux qui étaient réduit» à la misère par des infirmités étaient secourus par l'Église, afin qu'ils pussent passer avec moins d'angoisses le peu de jours que la Providence leur réservait. Ici encore les Églises plus riches suppléaient par leurs aumônes au dénûment ou à l'insuffisance des ressources des autres Églises. S. Cyprien ayant appris qu'en un certain lieu de l'Afrique se trouvait un malheureux qui, avant sa conversion, avait exercé la profession d'histrion sévèrement interdite aux fidèles, et que cet homme infirme et dénué donnait aux jeunes gens des leçons de cet art si immoral dans l'anliquité, tmpudicœ flWw, dit ce Père, écrivit à l'évèque Çucratius pour lui rappeler qu'il devait être entretenu aux frais de l'Église, et que si l'Église à laquelle il appartenait ne pouvait le sustenter, il fût envoyé à Garthage, où il recevrait nourriture et vêtement (EpUL n. p. 171. cdit. cit. 7).
4* Les malades. Non-seulement les frères les visitaient le plus souvent possible, mais ils leur fournissaient tout ce dont ils avaient besoin, ils les exhortaient à la patience, et mettaient en œuvre tous les moyens propres à opérer leur guérison; et ils remplissaient courageusement ces devoirs même envers ceux qui étaient atteints de maladies conUgieuses, et sans se préoccuper des dangers où ils exposaient leur propre santé. Ici nous pourrions accumuler les textes des Pères, et entre autres de S. Ju&tiu et de TertuUien. S. Denys, évèque d'Alexandrie (Ap. Euseb. Hist, eccl. vu, 22), adresse à son peuple une lettre des plus touchantes, où se trouve décrite avec détail un^ peste qui avait désolé les contrées soumises à sa juridiction, et louée comme elle le méritait la charité héroïque déployée en ces douloureuses circonstances par les prêtres, les diacres et les simples fidèles.
5* Les veuves et les orphelins. Ces deux classes de personnes furent, dès l'origine, les plus chers <^jet8 de la sollicitude de l'Église. On sait que ce fut en faveur des veuves de Jérusalem qu'eut lieu l'institution des sept premiers diacres {Acl. n, 6). Des institutions du même genre furent bientôt créées dans toutes les autres Églises, même les plus éloignées de la métropole. Elles étaient de l'essence même de la charité chrétienne : • La piété pure et sans tache aux yeux de Dieu notre père est celle-ci, dit S. Jacques {Epist, i, 27) : visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions et se préserver de la corruption de ce siècle, > visitare pupillos et viduas in tribulatione eorumt et immaciUatum se custodtre ah hoc sceculo. S. Ignace, martyr, écrivait à S. Polycarpe que les veuves ne doivent pas être négligées et que, après Dieu, c'est l'évèque qui est leur protecteur naturel (N. IV. p. 7, ediU Lond. 1746) La charité des pasteurs à cet égard était tellement connue de tous, que les païens s'efforçaient de la tourner en mal, afîu de ternir l'honneur de l'ordre sacerdotal. Nous apprenons encore par les apologistes, et TertuUien en particulier (ApoL xxxix), que les fidèles pourvoyaient avec une tendre générosité aux besoins des enfants qui avaient perdu leurs parents et qui manquaient de ressources. Mais leur attention se portait spécialement sur les enfants des martyrs : nous en avons une preuve dans les actes de Ste Perpétue et de Ste Félicité (N. xv), et l'histoire ecclésiastique de ces temps héroïques nous en fournit beaucoup d'autres. Le glorieux titre de fils d'un martyr contribua sans doute, plus que l'éloquence elle-même, à concilier à Origène l'affection et la générosité des fidèles qui venaient entendre sa parole (Euseb. Hist. eccl.
6* Les étrangers et les exilés. Nos pères dans la foi avaient coutume d'accueillir avec amour les étrangers qui passaient dans leurs villes ; et dès qu'ils les avaient établis dans leurs demeures, ils leur lavaient les pieds (1 Tim. v. 9), et les traitaient avec toute la générosité que comportait la modestie chrétienne (Y. l'art. Ablutions^ n. II, 3*). Ils se montraient en cela fidèles aux exemples et aux préceptes du maître, comme à ceux du disciple bien-aimé (Joan. v. 5) : « Vous agisssex en vrai fidèle dans tout ce que vous faites pour les frères, et particulièrement pour les étrangers. » Et nous voyons dans les œuvres des apologistes que la conduite des fidèles des premiers siècles était ici en parfaite harmonie avec la religion d'amour qu'ils professaient. S. Justin (Apol. i. 67) nous apprend que les aumônes dues à la libéralité des fidèles étaient employées en partie à accueillir les étrangers; et TertuUien, dans le livre adressé à sa femme (1. n. 8. nr), écrit ceci pour lui faire comprendre combien l'union d'une femme chrétienne avec un idolâtre était incompatible avec ses devoirs : « Quel époux gentil laissera sa femme errer dans les chemins obscurs, entrer dans les plus pauvres chaumières, se lever la nuit
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pour assister à rassemblée, porter l'eau pour laver les pieds des saints, et lui permettra de donner à un YOjageiir chrétien Thospitalité dans sa maison? > Cette ferveur ne se ralentit point aux siècles saivants, nous pourrions en prendre à témoin Firmilien, Denys d'Alexandrie, S. Basile, S. Augustin, etc. (V. l'art. Lettres ecclénoitiqueM). Quant aux exilés pour la foi, ils avaient droit aux mêmes égards et les obtenaient de la société des chrétiens ; les actes des martyrs en font foi et en particulier ceux de S. Théodote (Ruinart. 295, edit, Yerw.).
7* Les esclaves et les condamnés aux mines. Nous avons id encore le témoignage de S. Cyprien : ce Fére nous assure que les chrétiens de son temps, ayant appris que quelques-uns de leurs frères avaient été pris par les Barbares, se réunirent aussitôt, et se cotisèrent, chacun selon ses facultés, afin de réimir la somme nécessaire pour les racheter (EpUi. lu). Le pape S. Denys en fit autant dans le même siècle, au rapport de S. Basile {0pp. m. 164), dans sa quarantième lettre à S. Ûamase. Il se trouva aussi au quatrième siècle de pieux fidèles qui rachetèrent des mains des Goths les esclaves chrétiens capturés dans la Thrace et TlUyrie (Ambros. Offic, 1. n. n. 15). Et telle était la charité des premiers chrétiens envers les captifs, que plusieurs les rachetèrent au prix de leur propre liberté (S. Clément. Rom. Epist. ad Corinth. n. iv).
Cn autre genre de misère qui excitait au plus haut degré la compassion des fidèles, c'était celle de» condamnés aux mines 11 y en avait en Egypte, en Grèce, dans l'Asie Mineure, l'Afrique, la Sardaigne, la Dacie ; et il est très-probable que la plus grande partie des marbres accumulés dans l'emporium, cet immense dépôt récemment découvert sur les bords du Tibre par M. le baron Visconti, provient des travaux des confesseurs de la foi dans les carrières de ces dilTérentes contrées. Dans une lettre écrite au deuxième siècle aux Romains par S. Denys de Gorinthe (Euseb. Hist, eccl, nr. 42), les plus grands éloges sont donnés pour une œuvre de celte nature à S. Sotére et aux fidèles de la TiDe étemelle. El les chrétiens des autres Églises ne se montraient pas moins dévoués. Ceux de TAfrique donnèrent sous ce rapport les plus magnifiques exemples vers la fin du deuxième et le milieu du troisième siècle. Car on les vit alors (Tertol. Apol, xxxix) non seulement consoler par des lettres afiectueuses les confesseurs condamnés à ces travaux, mais encore (S. Cypr. EpÎMi. lxxvi) les soulager par des sommes d^argent considérables. On possède une louchante lettre de remerdmeot des chrétiens condamnés aux mines, adressée à S. Cyprien qui leur avait envoyé d'abondants secours (Ûer Cypriameoi» Epist. ccxxxvi). Nous savons par l'histoire ecclésiastique (Euseb. vn. 1. 12) que cette œuvre fut chère aux chrétiens jusqu*à la fin des persécutions, c'est-à-dire jusqu'à l'époque où les confesseurs condanmés ad metalia furent rappelés.
8* Les pauvres quelconques, même étrangers au christianisme. U serait superflu de faire appel à l'autorité des textes pour prouver que les chrétiens avaient soin de leurs pauvres, de ceux qui leur étaient unis par la communauté de la même foi. Hais ce qui est moins connu peut-être, c'est que leur charité large et généreuse embrassait tous les indigents, sans distmction de croyance. Ils faisaient du bien même aux païens qui les calomniaient et les persécutaient. Et bien souvent ceux-ci furent convertis à la foi par le spectacle d'une vertu si désintéressée (S. Cypr. Epist. xiii. — Justin. ApoL 1. 14. etc.).
L'antiquité figurée fournit peu de documents pour l'objet qui nous occupe. Cependant on voit quelquefois, dans les fresques des catacombes, des femmes ayant dans les mains des plateaux ou des paniers de fruits. On a cru reconnaître dans ces femmes des diaconesses de la primitive Ëglise dans l'action de porter des secours et des aliments aux pauvres fidèles qui étaient l'objet de leur pieuse institution (Y. De' Rossi. R. S, t. n tav. xxv). M. De' Rossi y voit les génies des saisons. Mais l'attribution ne nous parait pas mieux motivée que la première; ces images pourraient être purement décoratives. Dans le quatorzième chapitre de sa Fabiola, le cardinal Wiseman a tracé de l'exercice de la charité aux siècles des persécutions un tableau qui, bien que les traits en soient empruntés à la fiction, brille des couleurs les plus vraies de Tanliquité chrétienne.
Le voyageur visite aujourd'hui encore sur le mont Cœlius à Rome un monument bien intéres* sant de l'inépuisable charité exercée dans tous les temps par les papes, et dont les œuvres innombrables nous fourniraient la matière d'un gros Uvre si nous en pouvions suivre les traces dans le cours des siècles qui sont en dehors de notre sphère. Nous voulons parler du Triclinium, où, sur une table qui existe encore, S. Grégoire le Grand servait tous les jours un repas à douxe pauvres.
Nous ne rappellerons pas ici les souvenirs qui se rattachent à l'établissement des diaconies dans la rille de Rome dès les premiers siècles. Le leoteur voudra bien se reporter pour cet objet à notre article Titres (H).
Il est extrêmement important d'observer que, en imposant l'obligation de l'aumône, l'Église laissa toujours aux fidèles la parfaite liberté de leurs offrandes, sans donner aux pauvres aucun droit sur les biens des riches, f Les riches, dit S. Justin dans sa première Apologie (c. Lxvn), donnent librement ce qu'il leur platt de donner, i Tertullien (loc. laud.) s'applique aussi avec une remarquable insistance à faire ressortir cette liberté : • Chacun apporte tous les mois son modique tribut, et dans la mesure de ses facultés ; personne n'y est obligé, rien de plus libre, de plus volontaire. » D'un autre côté, l'Église ne songea jamais à détruire la pauvreté, parce qu'elle est une des conditions de la nature humaine et qu'elle résulte de l'inégalité des forces physiques et des
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intelligences; mais elle employait tous les moyens mis à sa disposition pour alléger toutes les infortunes, pour adoucir toutes les douleurs en ne faisant des pauvres et des riches qu'une seule famille, et en établissant entre eux la douce solidarilé de la fraternité chrétienne (V. Tari. Fraternilé).
AUTKL. — I. — On a beaucoup disputé sur la queslion de savoir quel nom était donnéà Tautel dans la primitive Église (Voigt. Thysiast. c. i. — Bingham. Origin, et aniiquH. ecclea. t. m, p. 222, édir. liai. 1758). S. Paul rappelle tantôt aliare (Hehr. xm. 10), tantôt mensa Dominh • table du Seigneur » (t Car. x. 21). Dans les trois premiers siècles, les Pères avaient à peu près exclusivement adopté le mot altare, dont Walfrid Strabon (De reh. écoles, c. vi) et S. Isidore de Séville {Origin. l.xv.c. 4) donnent cette étymologie : Aliare ab aliUudine nominattar, quan alla ara, •' Autel vient de hauteur, i» S. Ignace martyr (Episi. ad Ephes. n. V.), Origène(Hom. 10 in Num,), S. Irénée (lib. IV. c. 34) se servent du mol ftuotaanîpiev, dérivé de b'jtùje sacrifie; S. Cyprien (E/w«(. XLJetTertullien (Ad uxor. 1. i. c. 7) disent indifféremment aliare et ara Dei. Mais depuis le quatrième siècle on trouve tantôt aliare^ tantôt menêa sacra,— mensa mystica, — tremenda mensa : « table sacrée, — table mystique, — table redoutable. » S. Ghrysostome adopte tour à tour mensa spiriiualisy — divina, — regia, — immorlalis, — cœlestiSf • table spirituelle, divine, royale, immortelle, céleste. » On trouve encore à cette époque : sedes corporis ei sanguinis Christi, « le siège du corps et du sang du Christ » (Optât. Milev. De schism. donaOsi. lib. VI. — Simeon Thessalon. De iemplo ei missa). Mais à aucune époque les écrivains ecclésiastiques n'employèrent le mot table, mensa, sans y ajouter une épithéte caractéristique désignant son usage sacré dans TÉglise.
Une des imputations le plus communément adressées aux fidèles par les païens consistait à les accuser de n*avoir pas d'autels, et nous ne voyons pas que les apologistes se soient beaucoup inquiétés de la réfuter. Us admettaient même cette allégation, dans ce sens que les chrétiens ne possédaient pas d'autels destinés au culte des idoles, ou aux sacriGces sanglants usités chez les Juifs. Mais ils n'ont jamais nié qu'ils eussent des autels pour olfrir le sacrifice non sanglant de Teucharislie.
II. — Les premiers autels n'étaient probablement qu'une simple table de bois, comme celle sur laquelle Notre-Sieigneur institua la sainte eucharistie. La table où célébrait S.. Pierre est aujourd'hui renfermée dans l'autel de la basilique de Saint-Jean deLatran (Raspon. De basilic, Lateran.), et cet autel est le seul dans toute l'Église catholique qui ne contienne pas de reliques, étant assex sanctifié par une telle origine (Giampin. De sacr. œdif. p. 15. I. d). On montre aussi à Sainte-Pudentienne des fragments d'un autre autel en bois qui, d'après une respectable tradition, aurait été à l'u-
sage du prince des apôtres (Gattic. De aliar parlatiL c. I. 4).
C'est dans les catacombes de Rome qu'il faut chercher le type dea autels en forme de tombeau qui ont été élevés dans la suite. Dans le plus grand nombre des chapelles sépulcrales qui s'y trouvent, la paroi antérieure ou principale n'offre qu'un seul tombeau, creasé dans le tuf et surmonté d'une voûte en forme d'arc, d'où est ven^ le nom de monumenium arcuatum, et celui d^arcosolium adopté par les premiers chrétiens (March. p. 85], pour désigner cette classe de sépultures (Y. l'art. Arcosolium). On peut citer pour exemple un tombeau du cimetière de S. Hermès (Bottar. tav. GLxxxv), qui est un des monuments les plus complets en ce genre. U consiste en une excavation, sous la forme d'une grande niche, terminée par une voûte cintrée. Celte niche est fermée dans sa partie inférieure, à peu prés au tiers de sa hauteur, par une construction en briques enduite de stuc et ornée de peintures (Raoul-Roch. Tableau des caiac. p. 71). Ce monument, selon le type décrit plus haut, est couvert d'une table de marbre scellée horizontalement dans le tuf, et que, d'après les auteurs anciens^ entre autres Prudence (Perisieph. hymn. xi. v. 171 et seqq.), nous avons appelée mensa.
U s'agit ici de l'autel élevé sur le corps de S. Vincent.
nia sacramenti donatrix hirsa, eademque
Custos fida sui martyris adposila.
Servat ad sterni spem jadicis ossa sepulcro,
Pascit item sancUa TIbricoIas dapibus.
« Cdte lable doaatrice du sacrement (sar laquelle se dispense raliraent eucharistique) est aussi posée comme gardienne Ûdéle du martyr. Elle garde dans son sépulcre les ossements dans l'attente du juge étemel, et, en même temps, elle repaît les Tibricoles (les habitants des bords du Tibre) d'un aliment divin. >
C'était sur cette iable, qui recouvrait les restes du saint martyr, qu'avait lieu primitivement la célébration de la messe, et les tombeaux des martyrs devinrent ainsi, selon l'expression de S. Optât (L. \i. Advers, Parmen.), le trûne du Dieu qu'ils avaient confessé dans les tourments et la mort : Qmd est enim aliare nisi sedes corporis ei sanguinis Christi? « L'autel, qu'est-il autre chose que le siège du corps et du sang du Christ? »
Mais si telle était la disposition de l'autel dans les cryptes, où l'on ne se réunissait que pour la commémoration des martyrs et même des simples fidèles, les églises proprement dites (dans les catacombes), c'est-à-dire celles où avait lieu l'assenH blée des fidèles pour les différents exercices du culte et la prédication en particulier, avaient un autel isolé, la chaire du pontife occupant le fond de l'abside. Bosio et Boldetti (pp. 14-15) disent avoir vu, l'un dans le cimetière de Priscille, l'autre dans celui des Saints-Marcellin-et-Pierre, des autels ainsi placés au centi^ de l'aire de quelques églises, entre le pontife et le peuple. Et grâce à l'obligeance de M. De' Rossi, nous avons vu nous*mème dans
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la crypte des papes au cimetière de Calliste les des quatre piliers qui soutenaient un autel
de ce genre, lequel sans doute n'était pas différent de celui que nous reproduisons ici d'après Boldetti (p* 157).
Dans une chapelle de la catacombe de Sainte-Catherine de Chiusi (Gavedon. Cimit. Qiiui. p. 58), on remarque une disposUdùu différente, et on peut dire exceptionnelle, yalilel, consistant en une petite table de marbre posée sur une colonn^te de travertin, est placé m fond de Tabside, et la chaire de Tévèque est m carim evangelu^ « du côté de Térangile. i
m. — Quand enfin, grâce aux sages et gracieuses dispositions de C!onstantin, TËglise put respirer el exercer son culte au grand jour, elle respecta et consacra par des lois positif es l'usage de ne célébrer les saints mystères que sur les ossements d'un martyr (Prudent. Pemieph. hymn. v. ▼. 515 seq.) :
Altar quietem debitam Traestat beatis ossibua ; Sabjecta nam sacrario, Imamque ad aram condita, Cslestis auram maneris Perfusa sobtus hauriont.
« L'autel donne aux saints ossements le repos qui leur est dd, car, placés sous la table sacrée..., ils reçoivent le souille dn don céleste qui descend sur eux (la grâce du divin sacrifice qui s'offre au-dessus de ces ossements). »
Aifleurs le même poète 8*exprime ainsi (Péri-' sUph. m. ^11) au sujet du tombeau de Ste-Eulalie :
Sic Tenerarier oasa libet, Ossibusaltar et impositum.
a Ainsi il nous est donné de yénérer en même temps et les ossements et l'autel qui les recouvre. »
Et nous saTons que le pape Félix I, qui souffrit le martyre Van 274, a? ait déjà porté un décret sur cette matière : Bic contHtmt tupra sepulcra mar" Uprum miisas céUhrari (Ânastas. Biblioth. In Felie, I) ; mais, comme nous l'avons dit plus haut, ce pootife n*aTait fait en cela que consacrer une coutume remontant à la première ère des catacombes, et inqxirée elle-même par la yision de S. Jean : Tidi tuhtus altare anmuu interfectorum propter nrbmn Dei {Apoe, ti. 9), « je vis sous l'autel les âmes de ceux qui ont été mis à mort pour la parole de Dieu, i
Hais» à Rome et à rintérienr des Tilles en général, ce n'est que dans les cimetières que le saint sacrifice était célébré, et il résulte d*un décret de lean III que, encore au sixième siècle, on envoyait tous les dimanches, de chacun des titres de la Tille, un prêtre célébrer sur les tombeaux des
martyrs ou dans les basiliques cimetériales qui étaient construiles au-dessus. Ce n'est guère qu'au septième siècle que l'on commença à transférer des reliques de martyrs dans les basiliques urbaines. Jusque-là Rome elle-même ne possédait dans ses murs que les corps des SS. Jean et Paul, qui seuls, ou presque seuls, y étaient Tobjet d un culte solennel; et ces corps n'avaient point été transférés d'un autre lieu, ils avaient été ensevelis dans leur propre demeure, où ils avaient été mis h mort sous Julien (V. De' Rossi, R. S. 1. 1. p. 219). Ce n'est que depuis cette époque qu'il est vrai de dire, avec quelques auteurs, que quand un tom beau de martyr ne se trouvait pas dans le lieu même choisi pour bâtir une église, on allait chercher des reliques dans les cimetières sacrés.
lY. — Bien que le décret altribué à S. Sylvestre, prescrivant que la pierre seule serait la matière des autels, ne soit pas admis conune authentique par les savants, on ne saurait nier néanmoins que dès le temps de Constantin on n'ait commencé à construire des autels de pierre dans les splendides basiliques fondées par ce prince. S. Athanase (Ep. ad solU. vit. agent.) el S. Augustin (Ep. i. Ad Bonif.) ont des passages qui autorisent à conclure que les autels de bois étaient en usage au cinquième siècle en Afrique et en Egypte. Mais en Orient, au témoignage de S. Grégoire de Nysse (De baptUm. Christi), on en construisait déjà en pierre dés la fin du quatrième. Ce n'est qu'en 509 qu'un concile, celui d'Épaone, rend un décret (can. xxra) excluant toute autre matière : Altaria nwt lapidea non Mcrentur. S. Siméon de Thessalonique assigne à ce décret une raison mystique que nous ne devons pas passer sous silence : E lapide autem est altare, quia Christwn refert, qm etiam petra nowinatur, tanquam fundamentum nostrum, et caput anguli, et lapis angtdaris : et quia petra quœ olim Israelem potavit, hujus mentœ imago fuU [Biblioth. magn. PP. t. xxu. Lugdun. 1677), • l'aiitel est de pierre, parce qu'il rappelle le Christ qui, lui aussi, est appelé pierre, en tant qu'il est notre fondement, el le chef de l'angle, et la pierre angulaire : et parce que le rocher qui autrefois désal téra les IsraéUtes élail la figure de cette table. »
Dès le cinquième siècle, nous voyons les métaux précieux employés à la confection des autels. Ainsi Pulchérie, fille d'Arcadius et sœur de Théodose, offrit un autel d'or à l'église de ConsUntinople (Sozomen. Bist. eccl. lib. ix. c. 1). Il est à présumer cependant que la plupart de ces autels ne se composaient que de lames d'or ciselées dont on recouvrait le monument de pierre ou de bois. Celui de Saint-Ambroise de Milan en offre un magnifique exemple (Y. Ferrari, Monum. di S. Ambrogio, p. 114). El nous sommes autorisé à penser qu'il en était ordinairement ainsi par un passage du Liber PontifUalis, relatant des dons de cette nature faits par le pape Hadrien I aux basiliques de Saint-Pierre et de Saint-Paul [In Badrian /). Des autels d'argent furent aussi offerts au cinquième siècle à diverses églises de Rome par les papes Sixte 111 et
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S. Ililaire {IHd.). Ou en connaît néanmoins quelques-unsqui paraissent aT<HT Èlé massifs : tel était l'autel de Sainte-Sophie, décrit par Paul le Silenliaire et par Sozoméiie [Hitt. ecel. loc. cit.), tout t n or, et enriclii de pieirea précieuses^ tels encore ceux qae Ste Hélène tit établir dans la basilique qu'elle avait Tondéesar le lieu même delà mort du Sauveur (S. Paulin. Ad Sever.).
V. — Les autels présentaient une surlàre plane, comme les tables ordinaires, de façon qu'on pût y déposer commodément soit les vases sacrés,' soit les offrandes des fidèles (Optai Uilev. lib.vi. Conlr. Pamen. — Vict. Utic. lib. in. PerteaU. Afr — Cf. Voigl, c. TU. 5t ). Ils ètaienlordinaîrement de forme quadrangulaire, à l'instar de ceux des juif^, dont les chrétiens imitaienllesriles en loutcequi n'était pas abrogé {Exod. xxvii. t. luviu. S). Nous savons en elTet par Sozoméne [Hut. eccl. lib. a. cap. 2) qu'ils avaient la forme d'un locvlu» ou d'un sarcophage, et par Bède [lfi»l. Angl. c. xm) qu'il y avait dans h basilique de la Itésurreclion à Jérusalem quatre autels carrés. Ainsi que l'indique le mol aUare dérivé d'altitudo, ils étaient élevés à une certaine hauteur au-dessus du sol.
Quelque&-uns reposaient sur une base de maçonnerie creuse pour qu'on pût y renfermer des reliques (Simeon Thessalon, De templ. ap. Beterig. I. c). Tel était sans doute celui dont 8. Sidoine Apollinaire a dit [lib. vni, ep. 6) que ses flancs étaient recouverts d'herbe, si bien que le hélait pouvait 1 trouver sa pilure ; on sait en eflel que l'herbe croit aisément sur une vieille maçonn»rie. Il y avait aus^i des autels composés de trois tables de marbre, dont l'une était la table de l'autel proprement dite, reposant horitontalement sur les deux autres qui étaient fixées verticalement sur le sol (Mabill. Aa. SS. ordin. S. Benedid. sœc. ir. p. I . n. S6) ; ces autels portaient le nom d'arche, arca (Greg. Turan. HitLFraneA. tx. c. 15). L'église de Saint-Vital â Ravenne possède un autel de ce genre que l'on attribue au sixième siècle. D'autres n'étaient qu'une simple table de marbre, soutenue par des colonnes, qui, selon les usages particuliers à chaque localité, étaient au nombre de quatre ou de deux. Avec deux petits pilastres trouvés en 1875 près Bacc:iQO, sur la voie Cnssia, H. De' Itossi a recomposé un autel de ce genre, dont voici la reproduction {Bulltt.
1875. n. 4. tav. a).
Les deux pilastres ont cela de pai ticulièrement intéressant qa'îls sont ornés de pampres, où 1 assurémentl'ondoit voir des emblèmes eucliaristiques e( dont le symbolisme est encore complété par
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les monogrammes du Christ qui règnentàleur hase et à leur sommet. On peut voir dans la mosaïque de Saint-Jean in Fonle de Ravenne (An. 401) la véritable forme des autels au cinquième siècle ; J y en a quatre sur lesquels reposent les quatre Evangiles (Ciampini, Vtt. mon. t. i, en regard de la page 334). Quelquefois même il n'y avait qu'une colonne placée au milieu de la table, et que l'on appelait calatnut et quelquefois colitmelia, comme on le voit encore dans la crypte de Sainle-Céçile à Rome (Bon. Rtr. Uturg. lib. C. p. 397). Nous donnons ici, d'après H. l'abbé Barges {Solicetur un autel chrétien antique, omi de bat-relieft et d* ût- Kriptioni latineë, ?aria, Benjamin Dupral, 186t), un autel de ce genre, du cinquième siècle probablement, trouvé dans les environs d'Auriol, au département des Bouclies-du-RhAne.
Il s'en rencontre qui sont appuyés sur dnq colonnes, dont quatre supportent les quatre angles de la table, et la dnquiéme, placée au milieu, recevait dans une petite cavité pratiquée à ce dessein les reliques dont un autel est loi^jours muni. Tel est l'autel trouvé il y a quelques années à Avignon, et que l'on croit avoir été élevé par S. Agricol (Cahier, dans le 1. m des Annale» de philo», chrit. p. 456). It existe aussi dans la crypte de Siiinle-Hartlie à Tarascon un autel de ce genre et qui nous parait reiftonler à ta plus haute antiquitâ. La table, creusée au milieu pour les reliques, n'a guère que dix-huit pouces currès, et avec ses dnq colonnes et sa base, l'autnl est formé d'un seul bloc de travertin très* grossier. On conserve au musée de Harseille un autel k cinq colon* nés en marbre blanc provenant de l'sbbaye de Saint-Victor, et qui peut être attribué au moins au cinquième siècle, si l'on en juge par ses omemeals.
Le pi-ti de surfkce que présente ordinairement la table des autels de cette dernière espèce leur donne une certaine ressemblance avec les autels des anciens. Et c'est ce qui explique comment le saint sacrifice put quelquefois être célébré sur des autels ayant servi au culte des idoles, fait dont on
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pourrail citer plas d'un exempte dans l'antiquiié chrétienne (V. Harangoni, Délie cote genl. p. 170). Baronius (Ad an. 5*) rapporte une lettre adressée par S. Martial, disciple des apôtres, aux habitants de Bordeaux au moment où l'on renversait dans cette Tille les autels des fausses difinilés, pour leur ordonner d'en conserrer un qui était dédié au Die» inconnu, icnoro iwo, et qui fut consacré au culte du Trai INen, en l'honneur de S. Etienne. Il existe ï Naples une église appelée San Pietro ad Arnm. Si l'on en croit une tradition immémorisle, ce nom lui viendrait de ce que le prince des apôtres, rerenant d'Antioche avec S. Marc, aurait célébré en ce lieu la première messe qui ait été dite à itaples, et qu'il se serait seiri pour cela d'un aniel dédié i Apollon.
A Rome, beaucoup d'autels profanes furent employés comme matériaux , surtout comme base, dans la construction d'aulels chrétiens. Ainsi Smet (Cf. Maraug. loc. cit.) atteste avoir vu, sous un autel de l'église de Saint-Hichel, prés du Vatican, un autd deC^béle. Dn autre-autel de la mère des dieux, panagè en trois parties, servait aussi de soutien i deux autels de l'église de Saint-Nicolas de' Cesarini, et ces firagments laissaient voir encore les ioscripfions et les sculptures attestant leur origine. Ceci dénote une fois de plus la largeur d'idées qui caraclérisa toujours l'f'glise romaine.
Le dessous des autels, soutenus par des colonnes, était souvent un lieu d'asile ; il est parlé plus d'une fois dans l'hbtoire ecdésiaslique de personnages qui eiubrassent les colonnes sacrées pour se soustraire i la poursuite de leurs ennemis : le pape Ttgile nous en oITre dans sa personne un mémonUe exemple [EpUt. atcycl. ap. Labb. t. v Concil. p- 1310) ; quelquefois on se plaçait sous l'autel pour offrir k Dieu sa prière {Ruf. HUt. eccl. 1. n. G. 16) Voigt donne le dessin {nyiiatt. p. 410) de deox anteb i quatre colonnes, faits probablement d'imagination et oA se voient deux personnages, l'un prosterné dans l'attitude de la prière, Tantre embrassant l'une des colonnes.
Dans le principe, Fautel, souvent élevé au-dessus du sol même du sancloaire, par la confection qu'il surmontait, ne palail pas avoireu de degrés.
Ceux des catacombes de Rome et de Naples reposaient n;iI<iiH< (Pellicc. Polit, etcla. 1. 1. p. 180). Au quatrième siècle, ou commença à les élever d'une marche au-dessus du sol. Il en était encore ainsi an sixième siècle dans les splendides basiliques. Ce degré régnait tout autour de l'autel placé au centre du presbytère. Alors le prêtre officiant avait toujours la face tournée du cAlé du peuple, comme tàz se pratique encore aujourd'hui à Saint-Jean de Latran, à Saint-Pierre au Vatican, à Sainle-Harie-
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Majeure, ft Sainte-Marie in . Trutttere, et dans la plupart des anciennesba^iques romaines. Et pour cilerhorsdeRomeun exemple de cette disposition, nous dirons qu'elle s'observe aussi dans l'anlique église de Saint-Pierre à Civale, prés deHilan. Dans la liturgie ambrosienne, te prêtre, en mémoire de cet ancien usage, ne se retourne point pour bénir, ni pour dire le Dotiûnut nobitcum, parce qu'il est censé avoir le peuple en face de lui (;lmico caltol. t. vu. p. 185).
A la base de l'autel se trouvait une piscine (Jftitale Gottico-Call. ap. Uabill. Liiurg. Call. I. m. lit. 13), où le prêtre se lavait les mains a\'ant de commencer la litui^e [Ordin. Roman, lit. Orda betuàk ecclet.). On y Jetait aussi l'eau qui avait servi à laver les vases sacrés, ainsi que d'autres débris qui ne devaient point être traités comme des choses probnea.
Les autels étaient surmontés d'un baldaquin, appelé ordinairement dhorium, et soutenu par quatre colonnes. Chacun sait qu'il en est ainsi aiyourd'hui encore dans toutes les tnsiliques romaines. (T. l'art. Ciborium).
Quelques-uns portaient des inscriptions, et s'appelaient allaria inicripla ou liUerala. Ces inscriptions rappelaient ordinairement le nom du fandateur et les circonstances de la dédicace ou de la consécration. C'est ainsi que Pulchérie avait fait graver son nom, ut atnclii ettet contpicuum, sur le devant de la table sacrée qu'elle avait offerte à l'église de Constantinople (Soioroen. HiU. eecl. lib. II. cap. 1). Voici le titre de la dédicace d'un autel de Rodei par l'évêque fieusdedit : devidbdit K7S iNDicnvs nod ivssn hirc aram (V. Mai. CoUect- Vatie. t. ï. p. 77).
Plusieurs autels antiques, entre autres celui de l'église de Hinerve (Hérault), sont couverts de graffiti ou inscriptions corsives, tracées par des pèlerins, et surtout de signatures de prêtres qui, selon toute apparence, j avaient célébré la messe (V. la descrijrfion de ce monument par U. Ed. Le Blanl, Paris, 1860, et la gravure de notre art. Péterinaget). L'autel d'Auriol fait lire aussi des graf/Ui Irésanciens.
VI. — 11 ne peut guère être question d'ornements pour les autels au temps des persécutions; on se contentait alors du strict nécessaire : ce n'est que depuis Constantin qu'on put songer à décorer la lable sacrée du sacrifice. Aujourd'hui le principal ornement de l'autel est le crucifix; mais prn mitivemeni il n'y avait sur l'autel ni cruciOi, n croix : la croix dominait te ciborium (Concil. Turonan. 567. — Paul. Silent. op. laud. p. 2. v. 513), ou était suspendue au-dessous { Soiomen- Biit. eccle*. 1. II. c. 2). 11 y avait aussi des candélabres.
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mais les passages des auteurs anciens qui y sont relatifs laissent douter s*il s*agit de flambeaux portés & la main ou de chandeliers posés sur le soi.
Dans la magnifique mosaïque de l'église de la Nativité à Bethléem (Giampin. De $acr. œdif, tab. xxxm], on voit plusieurs autels de forme antique sans aucun ornement sur la table (V. un de ces autels à notre art. Encenwir), Mais, à terre, il y a tantôt un chandelier avec un cierge allumé, d'un côté, et un encensoir de l'autre, tantôt deux encensoirs, tantôt deux chandeliers. Quoi qu'il en soit , tous les auteurs qui , en Occident, ont parlé de l'ornementation des autels jusqu'au neuvième siècle, gardent un silence complet au sujet de candélabres placés sur l'autel même, ce qui suppose qu'il n'y en avait pas (Pellicia, Polit, eccles, t. I. p. 184). L'usage des lampes suspendues aux voûtes des catacombes et des basiliques ehi plus généralement constaté (Paulin, Natal, vu, — Prudent, Cathemer. hymn, v). (Y. Part. Ciergeê et Lampes,)
Les principaux ornements des autels consistaient surtout en riches tapis et en pierres précieuses. On peut citer pour exemple ce qui est dit dans Théodoret (Hist, eccUi, lib. i. cap. 31) de l'autel de la basilique fondée à Jérusalem par Constantin : !pia ara regiii iapetibuê donitque aureis ac gemmatis conspiciebatur amata, < l'autel luimême était orné de tapis royaux et brillait de décorations d'or et de pierreries, t D s'agit surtout ici de Pétat de Pautel dans la cérémonie de sa consécration. On peut consulter encore à cet égard S. Jérôme (AdDemeir, 0pp. 1. 1. p. 69), et S. Jean* Ghrysostome (Homil. l: n Matih,) : Quod hinc emolumentum coruequiitir , tapetet auro intexlos parare mensœ. C'est là sans doute Porigine de ces parements en étoffes plus ou moins riches dont on orne le devant des autels ; anciennement, pour arrêter la poussière qui aurait pu souiller les saintes reliques placées sous l'autel, on l'entourait de voiles ou de tapis précieux, d'où est venu sans doute le nom circitorium employé quelquefois par les écrivains ecclésiastiques {Chron, Cassin, lib. m. c. 58). On recouvrait les autels de linges de lin : Quis fidelium neseU, dit S. OpUt (Lib. v Adp. Par^ men,) , in peragendis mysteriis ipsa ligna liiiieamine cooperiri? f Qui ignore parmi les fidèles que pour célébrer les mystères on recouvre de linge le bois de l'autel î • Victor d'Utique {Persecut. Afr, lib. i. c. i) rapporte que les ariens dérobaient les linges des autels pour s'en faire des chemises (V. Part. Nappes de VauUÏ),
Dès les temps les plus reculés, les fleurs naturelles furent placées par les chrétiens comme ornement sur les autels (S. Aug. De civU. Dei. 1. xxn. c. 8); on en faisait des guirlandes et des couronnes qu'on suspendait tout autour, au rapport de Fortunat [Carm, 1. vni. carm. 9). S. Jérôme (t. i 0pp. 24, seqq.) donne à Nepotianus, et S. Grégoire de Tours (De glor. confess, c. xxx) à S. Sévère les plus grands éloges pour leur zèle à orner les autels de fleurs. Enfin S. Paulin exhorte aussi les chré-
tiens à entretenir, par ce pieux artifice, un printemps perpétuel dans le temple de Dieu (Natal, m S, Felic.) et sur ses autels :
Ferle Deo, pueri, laudem, pia soivîte TOta ; Spargite flore solum, protexite limina sertis. Purpiireum Ter spiret hlems, sit floreus annus Ante diem, sancto cédai nature diei.
« Apportei à Dieu, enfants, vos louanges, offrea-lui les Tœux de TOtre piété; — Joocbei le sol de fleurs, ornez les portes de guirlandes. — Que ThiTer ressemble au printemps pourpré, que Tannée fleurisse — Avant le jour des fleurs, que la nature cède à la sainteté du jour. •
Nous ne plaçons pas les vases eucharistiques parmi les ornements de Pautel, comme le font, à tort, selon nous, quelques écrivains. Nous nous réservons de traiter à part cet important sujet (V. les art. Vases sacrés. Calice^ Colombe eucharis-
tiquet etc.).
Yll. — L'opinion commune est que, dans les premiers siècles, chaque église n'avait qu'un seul autel. Mais, trop généralisée, cette opinion est démentie par les faits, desquels il ressort qu'une telle discipline n'avait rien d'absolu ni d'exclusif; car, en premier lieu, il est avéré que dans une même crypte des catacombes de Rome se trouvent fréquemment deux, trois ou même plusieurs arcosolia de martyrs, disposés pour y dire la messe (Marchi, p. 142. et tai. xxn) : ce qui prouve évidemment que la multiplicité des autels n'a rien de contraire aux usages de PÉglise primitive (V. Part.iirco«o/ttmi). D'tme autre part, si nous remontons aux plus anciennes églises construites sub dio, églises qui se nouent immédiatement aux traditions disciplinaires du culte secret, des catacombes en particulier, nous trouvons trois autels dans celle du Saint-Sépulcre à Jérusalem, et quatre dans celle de Sainte-Marie dans la vallée de Josaphat (Martène, De aniiq, Eccles. rit, t. i. p. 112). Dans POocident, des exemples en nombre presque infini établissent jusqu'à l'évidence le fait de la multiplicité. Dès le quatrième siècle, selon Ànastase, on éleva sept autels dans la basilique de Latran. Au cinquième, S. Ambroise parle de soldats qui, en se retirant de la basilique de Milan, embrassaient les autels, pour annoncer la paix accordée à PËglise par Valentinien. A la même époque, le pape S. flilaire dédia trois oratoires et par conséquent trois autels dans le seul baptistère de Saint-Jean de Latran. S. Grégoire de Tours (Epist. l. 1. v) cite une église qui en avait treize ; et en signale deux dans l'église de Saint -Pierre de Bordeaux (De glor. martyr, c. xxxiii). Les Grecs ont toujours tenu à Punité, et ils la pratiquent encore aiyourd'hui. Mais s'ils ne veulent qu'un autel à l'intérieur de Péglise, ils établissent tout à Penlour, hors de l'enceinte, un nombre illimité d'oratoires, où l'on peut célébrer la messe (Bona. Rer, liturg.l, i. c. 14. n.4). D'après Renaudot, il en est de même dans les autres Églises orientales (Comment, ad Liturg. Coptic. S, Basil, p. 182).
AUTELS PORTATIFS. — Outre Ics autels ordinaires et qu'on appelle fixes, l'antiquité eut aussi des au-
AUTE