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tels portaiifo^ et la plupart des liturgistes enseignent que, à aucune époque, et en aucune circonstance, il ne fut permis de célébrer sans un autel de l'une de ces dettï espèces (V. surtout Gattico, De altari portatiL p. 550), et les seules exceptions à cette r^Ie qu'ils admettent dans T histoire sont celles de S. Lucien qui, dans sa prison, célébra sur sa propre poitrine (Pbilostorg. Hist, eccL I. n. c. 13), et de Tbéodoret, é?êque de Cyr, qui, dans une occasion à peu près analogue, dit la messe sur les mains de ses diacres (Mabill. Prœf, in tœc, m. n. 79).
Dans les siècles de persécution, les é?êques et les prêtres avaient des autels portatifs sur lesquels ils célébraient où ils pouvaient, dans les prisons, dans les grottes, dans les déserts, dans les maisons particulières ; et ces autels s'appelaient altaria gesiaioria, viaUca, itineraria, portaUlia. Gattico, dans son ouTrage spécial sur cette matière {De aliar. portaUL cap. nr), suit pas à pas Tusage des autels mobiles dans les quatre premiers siècles. Selon toute apparence, ces autels avaient des dimensions fort restreintes : c'est évidemment ce que suppose S. Cyprien, quand il recommande aux prêtres qui étaient appelés à offrir le saint sacri- Gce dans les prisons, de s'entourer de tant de précautions qu'ils ne pussent èire aperçus par les païens (S. Cypr. EpUt. iv). Bien petit encore devait être Tautd de ces prêtres qui, au rapport de Bède (ffûl. Ânglar, 1. v. c. il), disaient tous les jours la messe, portant avec eux • les vases, et en guise d*anlel une table consacrée i, vascula et aliarU née tahuiam dedicaiam.
On sait que de très-bonne heure les empereurs chrétiens avaient établi le culte dans leurs armées en campa^e. Sozomène (HUt, eccL 1. 1. c. vm) fait même remonter cet usage jusqu'à Constantin le Grand. H y avait toujours dans son camp des prêtres qui célâbraient la messe sur un autel viatique, dans une grande tente en forme d^église. Alors même que l'on pourrait élever quelques doutes sur le fait rapporté ici par Sozomène, son récit prouverait au moins que Tusage qu'il constate était en vigueur de son temps, c'est-à-dire au cinquième siècle, et cela suffirait pour donner un démenti à Thiers qiû prétend qu'il ne s'mtroduisit qu'au huitième (Thiers, Dismi. eur /et principaux auieh dei églises, cbap, n).
La matière des autels portatifii était la même que celle des autels fixes : le bois, la pierre, les métaux, selon les circonstances. Le bois d'abord, témoin l'autel que portèrent avec eux les moines de Saint-Denys à Tarmée de Gharlemagne dans la guerre contre les Saxons (Anonym. De mirac, 5. DUmyt. c. xx) : c Ds avaient une table de bois, laquelle, recouverte d'un linge, tenait lieu d'au* td, * quitus lignea tabula erat, quœ linteo adoperta modmm allaris efferebat. On montre dans le trésor de Santa Maria in portico di Campitelli un petit autel en bois, enrichi de reliques et d'inscriptions, et qui serait d'une antiquité bien supérieure à celui dont nous venons de parler, car on croit qu'il a ap-
partenu à S. Grégoire de Nazianze (Erra,/<(. di S, Maria in portico di Campitelli à Rome, p. 1 1 5, segg. ) . Il serait difScile d'établir qu'il y ait eu des autels portatifs en métal pur : le mot metallum qui se trouve fréquemment dans les divers ordres liturgiques est vague et désigne ordinairement la pierre, lapideum metallum, comme on lit dans la formule de consécration de l'autel portatif du Pontifical romain. Ces tables sacrées étaient peut-être seule* ment ornées ou revêtues d'or ou d'argent (Gattico, op, laud. p. 358, seqq.). Il y avait encore des autels portatifs en terre cuite (Aringhi, t. i.'p. 519). Nous en avons un exemple dans Rome souterraine et ce n'est pas une simple table, mais un autel en forme de cippe ou d'ara antique. Le milieu présente une cavité destinée sans doute à recevoir les reliques, et des deux côtés est une console soutenant une lampe d'argile.
Les autels portatifs étaient souvent accompagnés de petits tableaux ou diptyques représentant en peinture ou en sculpture des images saintes. On peut voir un tableau de ce genre dans l'ouvrage de Paciaudi intitulé : Antiquitates chriitianœ. De cultu S. Joan. Baptistœ, p. 589. (Y. l'art. Diptyques, p. 217,D.)
ATENT (àDVBNTDs). — Primitivement, le mot avent se prenait pour le jour même de Noël, qui est l'avènement du Seigneur, advenftisDomini. C'est depuis le septième siècle seulement qu'on l'a employé pour désigner le temps que l'on consacre à se disposer à la célébration de cette fête. Les homélies de S. Césaire et de S. Maxime de Turin qui semblent avoir pour objet ce que nous appelons aujourd'hui le temps de l'Avent, n'ont été prononcées que peur préparer les peuples à célébrer dignement la naissance du Sauveur. On peut voir ces dernières dans le Musœum Italicum de Uabiilon [HomiL S. Maxim, episc. Taurin, vn. vin. part. u. p. 21, seqq.)v Aussi le missel mozarabique et Lanfranc, dans ses statuts, appellent-ils les dimanches qui précèdent Noël « les dimanches avant l'a vent t, iominicœ ante adventum. Les hymnes que S. Am« broise a composées pour la fête de Noël portent un titre analogue : De adventu Domini. Il est essentiel de se pénétrer de cette donnée historique, sous peine de se méprendre souvent en lisant les Pères et les autres écrivains ecclésiastiques des premiers siècles.
On croit, dit Grancolas {Traité de Voffice divin, V. 599) que le temps de l'A vent a commencé à Rome, et qu'il n'a été admis en France que lorsqu'on y a reçu le rit romain, c'est-à-dire au huitième ou au neuvième siècle. Car les jeûnes qui sont notés dans le concile de Tours de l'an 567 et qui devaient précéder Noél ne marquent autre chose qu'un règlement général des jeûnes que les moines devaient observer dans le cours de Tannée. Cependant il est constant que le concile de Mâcon de 581 ordonna à tous les fidèles de jeûner depuis la Saint-Martin jusqu'à Noël, trois fois chaque semaine. S. Grégoire de Tours, parlant des jeûnes de