‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 49 sur 281 · BASILIQUES CHRÉTIENNES. — L · texte numérisé non relu

BASILIQUES CHRÉTIENNES. — L

ËGusEs DES CATACOMBES. — On a cHi lougtemps que le type des premières églises chrétiennes avait été 4'mprunté aux basiliques profanes. L'étude atten-

tive des catacombes de Rome a beaucoup modilté l'opinion des archéologues sur ce point. 11 est reconnu aujourd'hui à peu près sans contestation que ces chapelles souterraines qu'on y rencontre si fréquemment, et qui sont ordinairement moitié creusées dans le tuf, moitié construites, ont servi de modèle aux édifices primitifs affectés au culte chrétien. Bottari avait entrevu ces analogies, il est le premier qui les ait signalées (Roma soit. t. in. p. 75) ; et l'opinion de ce savant a été adoptée par Séroux D'Agincourt (Histoire de Vart, par les monum. t. I. p. 26 suiv.), par Raoul-Rochette (Tableau des catacomb. p. 55), et enfin, dans ces derniers temps, par le P. Marcln, sous la plume de qui la démonstration de ce fait si intéressant pour l'art chrétien a revêtu tous les caractères de 1 évidence (Monum, délie arti primit, Architettura),

Donc, si nous en croyons ces hommes d'une s incontestable compétence, l'art chrétien aurait pris naissance dans ces cryptes sacrées ; il se serait naturellement épanoui du principe de la foi, dont l'inspiration se reflète dans des créations tout à fait originales, et se trouverait ainsi isolé des traditions antiques.

Les églises qui se révèlent dans les cimetières des chrétiens et des martyrs sont d'une grande simplicité; quelquefois elles sont revêtues de stuc, décorées de peintures, de colonnes, de pilastres, et d'autres ornements sculptés dans la roche ellemême. Dans les parois latérales, sont disposés parallèlement des tombeaux sur quatre ou cinq rangs et même plus, suivant l'élévation de la crypte. Varcosolium (Y. ce mot), qui servait ordinuirement d'autel, se présente au fond de Tabside, à moins que cette place ne soit occupée par la chaire du Pontife : auquel cas, ou Varcosolium manque, ou il se trouve trop élevé pour que les saints mystères aient pu y être célébrés (V. Fart. Auiel).

On peut signaler encore dans ces petits oratoires plusieurs caractères qui n'ont fait que se développer ou se modifier assez légèrement dans les églises bâties plus tard sur terre. Tels sont, par exemple, l'arc triomphal, le presbytère, la caûtedra et Vexedra, la forme absidale du chevet, etc. (Y. Marchi. t. xxivm); quelquefois aussi, on y voit des cancels en avant de l'autel ou de Varcosolium (Y. Tart. Cancels). Ces chapelles souterraines ont une élévation bien supérieure à celle des corridors ou voies sépulcrales, et à celle des simples chambres funéraires appelées cubicula (Y. ce mol) ; elles embrassent souvent jiisqu*à deux ou trois étages.

Le P. Marchi (Op. laud. p. 184) distingue dans les cimetières deux classes d'églises, les petites, qu'il désigne sous le nom de cryptes (Y. ce mot), et les plus grandes, qu'il appelle proprement églises. Celles-ci sont disposées de façon à se prêter au déploiement des cérémonies, tel qu'il pouvait être en de pareils lieux et en de pareils temps, et aussi à admettre des réunions plus considérables, lesquelles néanmoins ne pouvaient guère dépasser le nombre de soiiante-dix ou quatre-vingts fidèles.

RieD ne sannit donner une idée aussi complèle de 1 et donl nous mêlions le plan sous les jeux du lecc«S élises primitiTes, qu'une grande chapelle dé- leur, avec une eiplicationsucdncte, le tout d'âpre causerie en 1849 an cimeti£re de Sainte-Agnès, I le P. Marebi (iut. uiti. iutu).

Hais, pour » Tendre compte de l'importance de ce moanmenl an point de me des origines de l'arcbitecbire cbrétienne, il faut, aranl tout, en dêlennioer l'ige; et les inductions les plus sûres nous conduisent i une conclusion satisraisaiite.

Si l'on veut bien jeter un coup d'œil sur le plan partiel du dmetière de Sainte-Agnès qui est animé à Farticle Calaeombe*, on verra que notre église, qui ; ligure sous le n* 55-35, est entourée, à une bible distance, d'un certain nombre de chunbres, eubicula, qui semblent se lier avec elle p«rnn système d'ensemble préconçu. Or ces chambres sont décorées de fresques qui, au jugement des saranls les plus exerria dans la comparaison des œuvres d'art de l'auliquitè romaine, doivent remanier à peu près aux dernières années du deuxième ûède ou au moins au début du troi-

i] est vrai que l'élise elle-même est dépourvue de peiDlores, et que, par conséquent, elle n'offre MUS ce rapport aucun terme de comparaison, lais ce qui est plus vrai encore, c'est que, par ses formes architectoniques, elle présente aveclestjle desdites chambres des points de conformité si nombreux A à frappants, qu'on ne peut s'empêcher d'j recoonallre l'empreinte de la même ^Mqoe, nous pourrions presque dire la main des mêmes ouvriers. Ajoutons que si celte église n'eût pas été creusée en même temps que les édiOces qni l'entourent, il eût été plus tard impossible de liii trcaver l'espace relativement assez étendu qu'elle occupe au milieu de ces nombreux corridors et oÊbieitta, sans en déranger toute l'économie.

11 est donc de toute probabilité que nous avons ici affaire à une église antérieure au troisième

Passons maintenant 1 l'explication du plan : a et &. Deux couloirs opposés conduisant l'un et l'antre à l'église, c. Pwte avec senil, chambranles et arcliitraves

de travertin, donnant accès à la partie la plus ample de l'église. Le P. Marchi établit de la manière la plus plausible ce fait intéressant, que, dans les primitives assemblées de fidèles, les sexes étaient déjà séparés, comme ils le furent plus tard dans les basiliques proprement dites. Dans l'espace marqué par tes lettres dd, il croit reconnaître la salle destinée aux hommes, et celle des fenunes dans le compartiment gg ; on ; arrivait par deux escaliers et deux corridors distincts.

e marque le chœur ou prethyterium ; c'est là probablement qu'on plaçait un autel portatif pour la liturgie, car la chaire étant adossée i \'aico*o~ lium, celui-ci ne pouvait servir d'autel.

f. Porte ouvrant sur la partie la moins ample de la chapelle.

g. Chaire pontificale.

ii. Sièges des prêtres et des clercs qui assistaient le pontife {Uns la liturgie, sièges dans l'épaisseur desqueb sont pratiqués des loculi pour des enfants.

II. Colonnes sculptées dans le tuf et revêtues de stuc, destinées à servir d'ornement au presbytère, et à marquer la limite qui le sépare de la

m et n. Deux niches, l'une curviligne, l'autre rectiligne, pour recevoir des statues.

00. Colonnes d'ornement, semblables à cellesdu presbytère, et peut-être destinées i séparer les diaconesses d'avec les autres femmes.

p. Vestiges des marbres dont le pavé était partout revêtu.

g et i: Deux petites salles avec arcoiolia, ouvertes de chaque côté de l'avenuede l'église, Maquelle eLes servent comme de vestibules.

EaTm, k deux mètres à peu prés an-dessus du pavé, se voient deux consoles qui s'étendent des pieds-droits i la porte, et que le savant Jésuite présume avoir seivi à supporter de petits lableaui, soit des djptiques où étaient peintes ou icnlplèes

B.VSI

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de saintes images. Ces ebjets» eu égard à le«r pev de vo]um«, pouvaient aisément être trmaportés de ces lieux humides dans des chambres plus s»* nés, où on les conservait durant les intervalles des ofQccs.

H. — Églises construites en plein aie dans les TROIS premiers SIÈCLES. En outre des chapelles souterraines dont nous venons de parler, et où les clirétiens venaient abriter leurs personnes et leur culte dans les temps de persécution, il exista siinultanément des oratoires et des églises où ils se réunissaient dans les intervalles de paix, quelquefois assez considérables, dont ils jouirent même pendant les trois premiers siècles.

Nous disons d'abord des aratoires ; et nous t* atendons par là ces sanctuaires domestiques (T. Part. Oratoire» domeafi^wa) placés à la partie supérieure des maisons, et où dés le temps des apôtres les fidèles se rassendblaient pour la fraction du pain : c'est Texpreasion des Acte» (i. 13, XX. 8. etc.). Ces lieux n'étaient autres que les cénacles des habitations privées, et que les chrétiens, en mémoire de la eèœ da Sauveur, convertissaient en église. Cet état de choses se maintint longtemps. Nous le savons, pour Eome, par les actes des martyrs (M. S. Pantii. ap. Balua. Misoel. U u. Àet. S. Pudentianœ. etc.), et, pour rOrient, nous avens le témoignage de Lucien (In dial. «Ommt.). Il raconte que le hasard Tavait conduit dans une maison inconnue, et qu'ayant gravi un long escalier, il arriva dans une pièce supérieure « aux lambris dorés, telle que la maison de Menélas décrite par Hamère.-, qu'il y avait tnmvé, son pas une Hélène, mais des gens prosternés et polissants. » On reconnaît aisément une assemblée chrétienne dans cette description tracée par la verve satirique du Voltaire de l'antiquité.

Mais ce n'étaient pasencore là des ^iaes propre* ment dites, et le culte qui s'y exerçait peut être regardé jusqu'à un certain peint comme un culte domestique. C'est du règne de l'empereur Sévère Alexandre (de 323 à 335) que date U piiis andeune donnée certaine d'un temple chrétien, dans la rigoureuse ucoeption du met. ûans w» contestation élevée entre des chrétiens et des eabaretiers, papinaruy, au sujet d'wi local couvert encore des ruines d'un hospice de soldats invalides, tabema maritoria, et eu les premiers voulaient bâtir une église, ce prince prononça cette admirable sentence : c II vaut mieux i|ue la divinité soit admrée en ce lieu d une manière quelconque que le livrer à des marchands de vin (Lamprid. In Alex. Sewer. 49). ■ Cet édiâce, dédié par le pape S. Calliste, était situé dans la région transtibérine, sur Tempkicemeni qu'occupe aujourd'hui la basilique de Santa-itmia m TroêUvÊre. Son titre primitif était m partu Virginie. L'aratoive était donc dédié à renÊtttementdela Vierge (A. Gerbet. i. 120). Ceci prouve pour la première moitié du troisième siècle» et les témoignages des écrivains ecclésiaatiques que ToB die ordinairement pour cet objelr ne remontent pas à une épocpie plus reculée. U existe

à Sion, en Yalaisr une inaeriplion de l'an 377 qui mentionne dés lors une réparation faite à un édifice religieiix (Mommsen. ap. Le Blant. Inser, ckrét. de la Gaule, t. i. p. 649). L'édifice devait sans doute appartenir à l'un des trob premiers siècles. On sait aussi que, sous le pontificat de S. Siricius, en 398, l'Église Pudentienne à Rome fut reconstruite de fond en comble par les prêtres Ilicius et Leopardus (Y. de' Boosi, BuSUt. 1867. édit. française, p. 53).

Quoi qu'il en soit, moins de trente ans après le jugement de Sévère Alexandre, nous voyons Gallien rendre aux évèques l'usage^ non-seulement des anciens cimetières, mais em»re des temples qui avaient été envafab par les paSena (Euseb. HiH, ecd. vn. 13) : ces ég^ses, dans la seule ville de Rome, étaient au nombre de quarante (Optât. Milev. De êchiem, Donat. I. ii); et plus tard, Dioclétien, revenant sur cet acte d'équité, ordonna de détruire ces mêmes édifices (Euseb. ib. viii. 3). Les chrétiens en avaient donc joui paisiblement pendant quarante-trois ans, de 260, date du décret de Gallien, jusqu'en 303, «n fut rendu celui de Dioclétien. Lea actes de S. Théodote d'Ancyre» martyrisé sous cet empereur, mentionnent plu* sieurs fois des églises (V. Ruinart. edit. Veron. p. 295), et signalent même la forme diaidale dans celle des Patriarches (V. l'art. Àbmde),

Ce premier fait constaté, il resterait à connoUre quelles étaient les formes arehitectomques^ quelles étaient les distributions intérieures, liturgiques de ces églises primitives. Nous ne croyons pas que la science soit en mesure de se prononcer sur cette double question, fiusébe, qui rapporte le fait de leur existence et de leur destruction, ne nous fournit aucun renseignement sur leurs diverses fiarmes. Cependant, si nous osons risquer ici une conjecture personnelle, cmnme ces églises furent bâties pendant les siècles de persécution, c'est-à-dire à peu prés dans le même temps que celles des catacombes» ne peut-on pas présumer avec beaucoup de fondement que, bien que dans des proportion» plus vastes, elles durent être modelées sur ces dernières, dont les dispositions avaient été bmées sur les convenanees essentielles du coUe chrétien? il dut au reste exister un type prescrit par le magistère de l'église, qui ne laissait rien à l'arbitraire des simples fidëes.

Le rapprochement de deiu monuments de genres très-différents nous fournira peut-être quelque lumière à cet égard.

Sur unsarcopliage du cimetière du Vatican deux églises chrétiennes sont sculptées en bes-relief (V. Aringhi. Rma. eubt. 1. 1. p. 319). On distingue nettement, surtout dans Tune des deux, la porte et les fenêtres avec leurs portières relevées de chaque cdté, ornements habituels des basiliques chrétiennes, comme le prouvent une foule de textes anciens (V. Part. Voiles et ]^çrtières)y l'étendue longitudinale extérieure de la nef, et enfin Texèdre ou coquille absidale. Or ces représentations d'é ghses, dont le type appartient sans aucun doute

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i, \i pius haute antiquilé (le sarcopbage esl du <)D<ln'-i)ke siècle], ofTreDt une ressembUnce fr>ppiBie av«c eerUines églises des catacombes. Le Irdrar pourra en juger lui-même en jeltmi un

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eoup d'ail sur la plaoclte iixtni de l'oufn^ du P. Marchi, où 3£lrouv8 tracée richnograpliie, soit lo plan géomélral d'une chapelle soulerraine du cime-

lièreuiaésoashcoUmeapiieiéfiSalitaïklcocomero.

m. — Ëcuus uâHM LB giTimiMi sitcLi w ■AMuoOBi nanivUT tms Le mot battlupu «tapiojé pour déàgaer une église cbrétienne ne se troare dan aucun anleur dtrëtien avant CsmttiDlim. U paraît que la premier oom qui ail été doDDé a« lieu où les fidèles m rassemblaient est cebi A'égitM. On semble antorwé i le conclure de ptaicuTB passages du Nouveau Testament, et en firtinilier de ces psndes de S. Pau) (1 Cm', st. Si) : ■iraTM-TeaspasvoBinaisMspowryboireet T iBMgerT o« mèpnse»-WMis l'église de Dieu T i U sK cartain qœ Terlalbni (lit pmJitit. n.Dav*- Ind. siryns. im). 8. Ctirjsostom* (Episl. lt. Àd Cmd.) tt d'autres encore Tout employé dans ee

Le mol Amummmm, en grec auficHw, ■ miiaoïi du SeigoMsr, » fat aussi adopté de très-bonne heure. Il date a« moins du temps de S. CyprieH ; ce titû sdrtsK i one femme rtclw ce reproche {Ai op. <t ehtm. edit. Oxon. p. 141 ) : • Tu es riche, tu m •polsnte... ei tu oees venir saus eflrande àaja la maisan du Seigneur, m Manneint mm ttterifitio K"'t. et prendre (a part de ce que le pauvre a olferl ! » Mous le iMuteoB dans d'uitres Pérès encore, uatmmcnt daas BuTOn {Biià. t. c. 3> ; et S. JMne Mot apprend (Ai Ckroaie. olymp. 17C. an. ■i)quelacéUfcrei^îseceiimeocéefaiiitiache per CoBstaliu, et acfaeTée par son Qk GonsleDce, fut, i raisaB 4e sa magniftrmm. appdéa domi». CMM aurHiiM. Le mot corre^ioiidaDt wfKM'v se Kaconlre Iris- fréquemment dans les conciles d'iacrre, de Néeeésarée, de LMdicée (V. Bingham, 1. u. p. 114, eu.). L'élise de Sûiit-iUémenl. k Korae, est appaUe deMMon* sur nne plaque ea breoM i|ai lût attachée au cou d'un esclave fi] gitif ifpirtwaut à Victor, acolyte de cette màme baail^ll•, A KHHHKs (sic) OBHVMs (Giorgi. Dt moMofrme. Otritti. p. }D). Cet atéresaaat monumeol drtie M moine de b aetoade moitié du quatrième «ède, car après cette époqne en ne trouve plus ilâinscr^tions.

Un est fonde a croire que les églises Tur^nf nommées basiliques seulement i I époque où Conslanlm converti au christianisme ceneéds aux évêques plusieurs basiliques proranes pour y exercer le culte, et bâtit des églises sur le même plan, dont les presiiéres furent ccéle du Sauveur, appelée plus tard Saint-Jean de Latran, et celle de Saiot'J'ierre au Vatican, la Sessorienne, ou Sainte- Croix en Jérusalem, qui date au moins de 315. puisque cette annéa-U le pape Niltiade y tint un eondle pour juger les deoalistes (De'Rossi. BulUlL tSeS. p. 53. — ¥. Ciampini. (Dr laer. mdi{. pp. 4 et lîc). Il est sâr du moins que d«puis lors tous Us écrivains acclési astiques adoptent cette dénomination, et notamment S. imbretse (Epiri. xuui), S. Jéréme {EpitL ad Uetam.), S. Augustin (Dt ditttr$. serm. xu). Cependant ee n'est que to-aduellemant que ks chrétiens s'accmitiimèrenl à s'en servir ; et nous voyons encore en 533 le pèlerin qui a écrit l'Aiiiâ^r* de Bordean* i Jénua- IrniÊ se croire obligé d'expliquer par le mol dominicia» le nom de basilique qu'il donne à l'élise du Saiul-Sépulcre ; ce qui suppose que le premier était Htcore à celle épeque le plus usilé : Ibi wudo, jtaM Ctatiadini mperaiorit, btuilica fada ut, id ut demiMieim tÊira puldurilmiinà (Cr. De' Rossi. BulleU. april. 1S63. p. 26), • là uaguére, par les ordres de l'empereur Constaulin, une basilique a été faite, c'est à-dire un domîniaan d'une admir- TaUe boHiIé. •

Voici la définition que S. Isidore de Séville donne dea basiliqvws {OrigiK. iv. 4) : • [£S basiliques étaient d'abord les habitations des rois (ou la palais où ils randMent la justice), el c'est de là que iBttT vient leur nom. iiûourd*ltui trs temples divins sont nommés basiliques, parte <)ue c'est là que se rend le cuUe à Dieu, Roi de tous, el que les sacrifices lui nul «ferts, ■ immc auteiN Jdeo dùina templa batitita noaumminr, quia ibi régi omnium De» euUuM *t laerifiàa offrnmtur. Celle définition semble supposer que tout temple con-

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sacré au culte de Dieu, le vrai roi, ^m0.i<h (Y. Henric. Stephanus, The$aur. ling. Gntc. verbo BamXtu;), doive porter le nom de basilique, à raison même de cette destination. Et, en effet, nous ne manquons pas d'exemples d'églises fort modestes, et même de simples chapelles auxquelles il est attribué par les auteurs anciens. Nous ne citerons que la basilique qui, selon Donati (Roma vet, et receru, iv. 2), avait été bâtie par Constantin dans rintérieur du palais de Latran, en Fhonneur de S. Laurent et de S. Théodore pape. Il est constant néanmoins que, en général, ce litre était réservé soit aux temples d'une magnificence royale, comme ceux du Vatican et du Latran, ou bien à des églises qui, avant d'être consacrées au culte divin, avaient été des basiliques profanes.

On a dit aussi que le nom de basilique désignait exclusivement les temples dédiés aux martyrs, et que les églises consacrées à Dieu seul, sans autre vocable, ne recevaient que le nom générique de temple ou d'église. On trouve rarement, à la vérité, dans les écrivains ecclésiastiques, templa martyrum, mais le plus souvent haêilicœ marlyrum, memoriœ marlyrum.

Les Pérès de l'Église semblent même établir entre ces deux termes une opposition bien tranchée, appliquant le nom de temple aux édifices dédiés aux fausses divinités, et réservant celui de basilique à ceux des chrétiens. Ainsi nous lisons dans la Cité de Dieu de S. Augustin (lib. xxu. c. 8) :no« marlyribus nostriê non templa sicut diis^ sed memorias sicut hominibus mortuis, quorum apud Deum spiritus vivunt fabricamus, c pour nous, nous bâtissons à nos martyrs, non pas des TEMPLES comme à des dieux, mais des mémoires comme à des hommes morts, dont lésâmes vivent en Dieu. » S. Jérôme établit, lui aussi, très-nettement la différence (Epist ad Ribor. advers. Vigitant,) : ... et cum Juliano persecutore ianctorum baêilicas aut désintérêt, aut in templa converteret ; il s'agit ici de la destruction par Julien des basiliques ou de leur transformation en temples. Les païens eux-mêmes n'avaient garde de les confondre. Dans une lettre de ce prince au Sénat, nous remarquons ce passage on ne peut plus significatif en ce sens : « J'ai lieu de m'étonner. Pères conscrits, que vous ayez si longtemps hésité à ouvrir les livres sibyllins, comme si vous aviez à traiter avec une éguse chrétienne et non avec le temple des dieux ; » miror vos. Patres sandi, tandiii de aperiendis sibyllinis ecclesiOj non in templo Deorum omnium tractaretis,

l^ bréviaire romain, au 9 novembre, distingue ainsi l'église du Sauveur, ecclesia Salvaloris, de la basilique de Saint-Jean-Baptiste (le baptistère, selon toute apparence), basilicasub nominesancti Joannis Baptistœ (V. l'art. Baptistère, n. VI), bâties l'une et l'autre au Latran, par Constantin. Mais cette règle n'était pas inflexible, et on rencontre les deux noms employés indifféremment dans ces deux acceptions, dans le missel, le bréviaire et le martyrologe romains (ix august.), dans les œu-

vres des Pères, notamment dans celles de S. .Augustin (De Civit, Dei. i. 4), de S. Grégoire de Nazianze (Orat. ni Adv. Ju/ian.), de S. Athanase (Epist. ad. solit, vit, agentes).

Le mot basilique des martyrs n'indiquait pas seulement les lieux où se conservaient les corps des martyrs, mais encore ceux ou ils avaient souffert, ceux qu'ils avaient habités, ou bien encore où ils avaient fait quelque action éclatante. 11 était permis de bâtir des basiliques en tous ces lieux diversement sanctifiés par eux. Ainsi, par exemple, nous savons par Victor d^Utique (Ap. Baron. Ad an, 261) que deux basiliques furent érigées en Thonneur de S. Gyprien, Tune au lieu où il avait répandu son sang, l'autre sur celui de sa sépulture. Le premier fut appelé c la Table de Gyprien »,mensa Cypriani, particularité curieuse que S. Augustin a expliquée dans un de ses sermons (De divers, serm. cxin). « Dans ce même lieu où il déposa sa dépouille chamelle, une multitude cruelle s'était rassemblée pour répandre, en haine du Christ, le sang de Gyprien ; aujourd'hui une multitude pleine de vénération y accourt, laquelle, à l'occasion du natale de Gyprien, boit le sang du Christ ; et elle boit avec d'autant plus de douceur le sang du Christ, que Gyprien y a répandu avec plus de dévotion son sang pour le nom du Christ. Enfin, comme vous le savez, vous tous qui connaissez Carthage, en ce même lieu, une table, mensa, a été érigée à Dieu, et cependant ce lieu s'appelle Mensa Cypriani, Non pas que Gyprien y ait jamais mangé, mais parce qu'il y a été immolé, et que par cette inmiolation il a préparé cette table, non pour qu'il s'y fasse des festins, ma i pour qu'il y soit offert un sacrifice au Dieu auquel il s'est lui-même offert. Mais que cette table qui est à Dieu soit appelée la table de Gyprien, en voici la cause : c'est que, de même qu'elle est maintenant entourée par les dévots, ainsi Gyprien lui-même y fut autrefois entouré par ses persécuteurs. Présentement elle est honorée par ses amis priants, autrefois Gyprien y fut foulé par ses ennemis frémissants ; enfin là où elle a été élevée, lui fut abattu. >

On donna aussi, chez les Grecs principalement, le nom de Basilique à la porte principale des grandes églises, pagiXuciJ nuXvi, « porte royale. » Cette porte joue un rôle important dans les cérémonies de l'Église, et surtout dans les expiations. Léon Allatius, citant le typique, mentionne souvent les portes basiliques : « Jusqu'aux portes basiliques (p. 12), » t Et il entra par la porte basilique (p. 13). » « Comme ils coounençaient la sainte messe, l'empereur se tenait devant la porte basilique, la ceinture déliée, les sandales ôléesetla tète nue. » Il est dit aiUeurs, dans les expiations (p. 53) : « Celles qui avaient reçu des philtres pour faire mourir leur enfant dans leur sein feront six ans de pénitence, deux en pleurant hors de l'église, et trois restant aux portes basiliques. »

IV. — D'après les données assez abondantes que nous out conservées quelques auteurs anciens,

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et eo particulier Eusèbe et S. Paulin de Mole, les modernes ont beaucoup disserté sur la forme et les dispositions des basiliques primitives ; mais cette matière est encore aiyourd'hui pleine de confusion, et laisse carrière aux opinions les plus contradictoires.

Cependant des découvertes récentes et comme providentielles viennent jeter un jour inattendu sur la question, en soulevant un coin du voile qui la couvrait d^obscurité. Et les éléments qu*elles nous fournissent nous amènent à diviser en deux classes les basiliques bâties en plein air depuis la pacification de l*^lise.

A. — La première classe comprend certaines églises de petites dimensions qui étaient parsemées dans la campagne romaine, et assises au-dessus des escaliers nouveaux que la cessation du danger avait permis de pratiquer ostensiblement à rentrée des principaux cimetières, afin de ménager aux fidèles un accès plus facile. L'existence de cette espèce de monuments, vaguement accusée dans les écrits contemporains, est devenue aujourd'hui un fait clairement démontré, grâce à la sagacité de M. le chevalier De' Rossi, dont Tœil exercé sut, ii 7 a peu d'années, discerner, sur la voie Ardéatiiie d^abord, une basilique de ce genre sous les altérations et les superf étalions qu'elle a dû subir

depuis bien des siècles peut-être. Car elle servait alors de cellier, et aujourd'hui, complètement déblayée, elle sert d'entrepôt aux marbres écrits et aux autres objets chrétiens qui sortent chaque jour du cimetière de Saint-€alliste. Nous en donnons ici le plan.

Éclairé par cette judicieuse initiative qui fut pour lui comme une révélation, le P. ftfarchi se transporta sur les lieux, et, à l'aide de son jeune guide, il ne tarda pas à reconnaître une seconde basilique non loin de la première et placée dans les mêmes conditions. Les éludes approfondies faites depuis par M. De' Rossi lui ont révélé le vérilabiè vocable de la première de ces deux basiliques, qui est Saint-Sixte et Sainte-Cécile, parce quelle est construite directement au-dessus de la crypte où reposent ces deux martyrs. Le même archéol<^e, guidé par l'analogie, en a reconnu quelques autres encore dans les environs de Rome, principalement sur la voie Appienne, au-dessus de rentrée du cimetière de Prétextât.

Et une telle découverte est d'autant plus importante, que nous retrouvons dans les petites églises on question précisément ce qui faisait lacune dans l'histoire de l'architecture chrétienne des premiers siècles, c*est-à-dire l'anneau qui relie immédiatement l'architecture en plein air à l'ar-

chitecture souterraine. Ces édifices présentent des copies aussi exactes que possible des cuhicula, des cryptes, des petites églises des catacombes. En effet, la forme commune de celles-ci est le quadrilatère, et il s'en trouve par centaines où, en dehors du carré, et sur trois de ses faces, s'ouvrent trois arco$oUa, destinés à servir en même temps de tombeaux aux martyrs et d'autels pour le sacrifice. Or telle est au-si la disposition des deux petites basiliques que nous avons citées comme type : elles sont quadrilatérales et munies de trois absides pour recevoir trois sarcophages, lesquels étaient aussi probablement des autels quand ils renfermaient des corps de martyrs

B. — La seconde classe est celle des grandes basiliques, munies de tous les développements et de tous les accessoires nécessités par les exigences du [culte solennel, tout à fait libre, et régulièrement organisé.

11 y eul, dès le commencement, une grande variété dans la construction des églises chrétiennes, soit quant aux formes extérieures, soit quant aux dispositions intérieures. La plupart étaient plus longues quel arges. imitant la figure d'une nef ou vaisseau, à laquelle s'attachait dans l'esprit des premiers chrétiens une signification mystérieuse (V. l'art. Navi$, nef); les temples de cette forme étaient appelés par les Grecs ^poutxa, parce qu'ils ressemblaient aux cours ou lieux destinés à la promenade. C'est aux églises de celte classe que se rattachent celles qui, à notre avis, sont figurées sur un sarcophage du Vatican et dont l'une se trouve reproduite par la gravure ci-dessus (II). Mais il y avait aussi des églises rondes, comme le Saint- Sépulcre et Saint-Étienne le Rond de Rome; d'autres octogones; d'autres présentaient la figure d'une croix, etc. Leurs dimensions n'étaient pas moins variées que leurs formes. Quelques-unes, bâties par des chrétiens opulents, étaient spacieuses et complètes dans toutes leurs parties et divisions; d'autres étaient plus restreintes et manquaient de certaines parties, et dans celle&^i les cérémonies sacrées ne se développaient qu'avec gêne.

Mais, en général, la forme des églises chrétiennes différait essentiellement de celle des temples du paganbme : ainsi l'exigeaient les rites du nouveau culte, aussi bien que la séj^aration des deux sexes commandée par la réserve chrétienne, et observée dans les assemblées dès l'ère des catacombes ; la classification et la division des différents ordres de l'Église ne le demandaient pas moins impérieusement. Les temples païens affectaient presque invariablement la forme ronde, ou ne se composaient que d'une seule nefoblongue; leurs proporUons étaient exiguës, et la cella renfermant la statue du dieu avec l'autel en prenait la majeure partie. Ceux des chrétiens au contraire prirent de bonne heure, sauf les exceptions consignées plus haut, la forme d'un parallélogramme, et, en outre de la nef principale, ils eurent deux autres nefs latérales. Quelques églises de l'Occident se divisèrent en cinq nefs, comme on le voit encore

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aigourd*hui dans un grand nawihre, par exemple, la cathédrale de Pise, Sainl-SéTerin et pivsieiirs autres églises de Paris.

C. — Nous deyons dire néanmoins que la forme du temple romain n'était pas to«;oiira abiolwnetU incompatible avec rétablissement du culte chré^ tien. De légères modifications permettaient quel* quefois d'en faire des églises qui, par leur forme, se rapprochaient de celles que construisirent les disciples du Christ e'est-à*Klire d'une grande salle carrée, comme la Maiêon carrée de Nîmes par exemple, avec Tabside pour y placer Taiitel. Aussi peut-on citer un assez grand nombre de temples, soit en Orient, soit en Occident, qui ont été conss'» crés au culte du Christ, les uns sans avoir subi aucun changement, les autres moyennant quelques appropriations plus ou moins importantes..

Quant aux contrées de TOrient^ nous prendrons pour guide H. Charles Texier {Uarchiiechtre àj^ safUtntf... p. 80 etsuiv.). Ce savant donne (pp. 81 et 82) les plus curieux détails sur la destraction complète de tous les temples dans toutes les ré* gions parcourues par S. Paul, tandis cpi'ils Airent conservés à droite et gauche de rilinérnh'e du grand apôtre, détails dans lesquels ki brièveté qui nous est imposée ne nous permet pas d'entrer.

Parmi les temples convertis en églises, on cite, en Syrie, le sanctuaire de Gavesus à Deir-el-Kala'ah, et le temple deBacchus à Laodicée.

Le temple de Vénus, à Aphrodisias, en Asie, fut converti en église de TAscension, à une époque un peu vague» mais certainement comprise entre le règne de Constantin et celui de Théodose. Le nom même d^Âphrodisias fut aboli (il signifie ville de Vénus) ; la ville fat appelée TamDpolis (la ville du Taurus) sous Gonstanoe, el plus tard Stauro» polis (la ville de la Croix). Le temple ne put néanmoins s'adapter au cuite chrétien qu'au moyen de notables modifications. Ainsi la ceila fut en-tièrement démolie; les cokmaes du poêUcum, qui étaient au nombre de huit, furent déplacées et re*mises dans Talignement des colonnes latérales, dont le nombre fut ainsi porté à dix-neuf de diaque côté. Le portique d'ordre ionique ftit ensuite enfermé dans des murailles qui laissaient un large espace entre Tenceinle nouvelle et les colonnes, de manière à former une nef et deux bas côtés. Au fond, on construisit une abside circulaire qui existe encore aujourd hui.

A Ancyre (Asie Mineure)^ le temple de Rome et d'Auguste. Ici encore de profondes modifications, bien que différentes de celles d'Aphrodisias. Ainsi on dut y pratiquer des fenêtres, les temples anti« ques ne recevant le jour que par la porte, excepté les temples diptères qui avaient un impluvium, tels que le Panthéon d'Agrippa.

Temples de la Grèce. Le Panthéon d'Athènes était encore au commencement du sixième siècle ouvert aux sectateurs du polythéisme (Texier. p. 97). Ce fut sous Justinien que le temple fut fermé (édit. de 539) et converti en église sous le uom de Ste-Sophie. Le$ Grecs firent subir à son

ordonnance primitive de graves altérations qui ont été pour les savants des temps passés la cause de bien des erreurs, jusqu'i ce que les travaux ré* cents eussent renés k découvert la structure primitive. Il fut aussi nécessaire 4*y ouvrir des fenèlres.

Le temple de Minerve Poliade et d'Érechtée devint une église au septième siècle. U en est de même de la plupart des temples qui existaient dans l'enceinte d'Athènes. Le petit temple d'ordre ionique situé sur l'Ulissus, et que Stuart regarde comme ayant été dédié i Diane Âgrostera, était de» venu l'église du Vendredi-Saint, 'a*^* ir«p«9Mtuii, et le temple de Thésée l'église de S. Georges.

Cette appropriation au culte ehrétien qui, comme on le voit, offrait de nombreuses difficultés, a sauvé de la destruetion un grand nombre de mo* nnments antiques. Les autres sont tombés en ruine : ainsi, pour la Grèce, cehii du cap Colonne, ceux d'Égine, de Corinthe, de Basse, etc.

Des transformations analogues, e( en plus grand nombre peut-être, eurent lieu dans l'empire d'Oc-cident, bien que les édits des empereurs contre le paganisme y aient trouvé plus de résistance qu'en Orient. Mais là les chrétiens ne montrèrent pas plus de répugnance que ceux des contrées orientales à installer leur culte dans les anciens sanctuaires du paganisme.

A Salone, la ville de Dioctétien, il y avait deux temples dans lesquels l'idolâtrie avait eu à peine le temps de brûler son encens, les temples de Jupiter et d'Esculape. Le premier fut consacré à la Sainte Vierge et c'est encore ai^ourd'hui la cathédrale de Spalatro. L'autre est devenu l'église de S. -Jean.

A Rome, S. Etienne le Rond qui était, selon les uns, un bain, 8<^n d'autres un marché, n'aurait été consacré au culte que par le pape Simplice en 458. Mais les archéologues modernes regardent l'édifice comme étant d'origine chrétienne, ainsi que l'église ou mausolée de Sainte-Constance sur la voie Nomentane. Nous avons exposé dans notre Notice sur le culte de Ste Agnès les raisons qui nous dissuadent de partager l'opinion de ces sa^ vants quant au dernier de ces monuments.

Le Panthéon d'Agrippa était encore consacré aux dieux de Rome en 356. On ignore combien de temps il resta fermé; mais en 610 l'empereur Phocas en fit présent au pape Boniface tV, qui le consacra A la Ste Vierge sous le nom de Sainte- Marie de la Rotonde; anjourdhui il est placé sous le vocable de Sainte-Marie^ux-Martyrs, ce qui le rapproclie de son ancienne destination. Le temple d'Antonin et de Faustine au Forum a été consacré au culte k une époque assex récente, sous le nom de S.-Laurent in Mitanda. Le temple de Vesta fût transformé en église socs le nom de la Mad&nna M Sole. Enfin celui de Romnluset de Remua est aujourd'hui l'église des SS.-Côme-et-Damien.

A Ostie, dans la partie de la ville appelée « cité Gonstantinienne •, il est fait mention de l'église de S. Pierre et do S. Paul, qui n'est autre que le

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lemiile circulaire qui éUU dédié au dieu Por* buBDe.

Gaule naribofirjiise. Aucune ailtre contrée n'olTre, rémûs dans u\i si petit esfiaœ, autant d'édifices antiques appropriés à l'usage du cuite dirétien. Nous ne oomprenons pas dans ce narabre les églises Mties sur renplaoeoaeul d^audens temples et qui sont em phis grand nombre encore.

A tanégne, que Ton croît être l'ancien Erna^aan, on voit eneore les miaes d*un petit temple grec qui fut changé en église, mais avec de notables iDodi&alioiis, à une époque qu*oo ne saurait préciser, mais qui se place sûrement entre le cinquième et le sixième siècle.

A Fienifee (Isère), un temple d'Auguste converti ai église sous le nom de N.-D. de la Vie. Cette tmsfonBKlîoD n^eut Heu qu'au neuvième sîôdie, par les soins de Térèque Borcard, «t encore avec des travaux d^approfiriatiou trés-coasidéraUes.

D. — If antres édifices praCuies furent aussi quelquefois changés en ^lises par les premiers chrétiens, entre autres les thermes et les bains, qui, ehei les anciens, ne le cédaient en magnificence qu'aux tenues consacrés aux dieux, et aux basiUques, saneloaires de la justice. Nous en avons un exemple daUnt du berceau même du chnstia* njsme à Borne. Ce sont les thermes que Novatien, fils de Pudeos, l'hôte illustre de S. Pierre, possédait snrrEsquilia,el qu'il légua à son Cinëre Timotbée, prêtre de l'élise romaine, pour y célébrer les syuaxes. Ce titre, qui porta d'abord le nom de ce mâoK Timothée, fut ensuite consacré en égiise par le pape Pie 1, à la prière de Sie Praxède, sous le vocable de laquelle elle est aujourd'hui placée {Baron. Nol. ad mufiyroL Bom. xxx jumJ). Ce pontife ; i^iouta un baptistère oè il régénérait luimèoie ceux qui venaient en foule A lui pour embrasser la fiai chrétienne (Anaatas. Bihlioth. tu

Personne n'ignore que f égiiae de Ste-Cécile tu Tratinere §mt bâtie sur la maisoD et sur les bains domestiques oà cette illustre martyre avait été renfermée, afin qu'elle y reçàt ia noK par asphyxie (¥. notre arL CéàU [Samie-]).

Sur le Yimiiial se trouvaient les thermes d'Agrippine, qui pkn lard reçurent le nom' d'Olympiade; c'était prabaUement une untrone qui la posséda après la mère de Néron. C'est là que S. Laurent, si nous en croyons ses actes, lut exposé sur le gril. Ce qui est certain du moins, c'est que ce lieu fut converti en église sous le vocable du diacre martyr.

Le titre de S. Martin a' Monti occupe une partie des thermes que Titus avait bitis sur l'Baquilin près de ceux de Tragan, et qui portent le nom de Domitien, parce que cet empereur les fit reconstruire presque en entier après un incendie. C'est dans ces thermes qu'eut lieu en 3i4 le premier concile romain, tenu par S. Syivestare et où assistaient ^4 évèques.

Les magnifiques thermes de Néron, connus depuis sons le nom de Sévère Alexandre» qui tes

avait restaurés et agrandis, non loin du cirque Âgond, avaient d'abord été convertis par les païens en un temple de la Pitié ; mais ils furent plus tard dédiés au Sauveur par S. Sylvestre et consacrés par S. Grégoire I. C'est l'église qui subsiste encore sous la dénomination de S.-Sahndoreôi 7%eniuf.

La fameuse ^lise de Sainte-Harie-des-Anges occupe, comme chacun sait, la granée salle des thermes de Dioclétien. C'est le pape Pie J¥ qoi conçut l'idée de donner à cette salle une destination sacrée; il en confia Texécution i Michel- Ange, qui en fit une église en forme de croix grecque; et c'est une des plus aaajestueuses et des plus élégantes de Rome. Les thermes de Dvo* clétien étaient restés treiae siècles sans em|>loi, et leur construction avait coûté, dit-on, sept années de travail à quarante mille chrétiens condaomés aux travaux forcés.

Ce n'est pas seulement à Borne que des thermes furent consacrés au culte chrétien. Nous nous bornons à citer, à Pise, ceux d'fladrien qui sont aiiyourd'h» la célèbre église de Santa-Beparata. A Ârezao, ville de Toscane, l'église et le monastère de S.-6ernard sont construits égaleoaeni sur d'anciens bains romains. L'appropriation de ces derniers monuments est relativement moderne^ ainsi que oelie de quelques autres que, pour ce motif, nous nous abstenons de mentionner ici.

IV. — Nous allons essayer, avec l'aide de Sarnelli (Afiiiea Baûlicoffrafia, Napoli. 1786), de Bingham (On§m. €ccL 1. vin), de Pelliccia {De ecd, poUL t. 1. 1. 2), etc., de donner une idée sommaire d'une basilique chrétienne des premiers siècles de la paix; nous ferons en sorte de réunir, autant que possible, les caractères communs aux églises greo» ques et aux latines, et nous renverrons aux auteurs cités pour les développements que ne comporte pas un recueil comme celui-ci.

Les basiliques étaiei^ divisées en trois parties principales : le vestibule, ou icfovaM ; Taire appeléa par les latins êcde$iœ nmm et par les Grecs va»c, nef ; 4e f^riu,x ou UpxTeîcv, en latin êug^edum, on ecdemm abm^ abside.

i* En entrant dans l'église, on trouvait d'abord le irpovoev, OU portique, que nous avons appelé vestfliule. Ordinairement il était soutenu i l'ext^ rieur par deux, cinq ou sept coloones, et de l'autre côté s'appuyait sur le mur de la façade. Entre les colonnes régnait une tringle de fer, nuinie d'un certain nombre d'anneaux, au moyen desquels, aux jours de solennités, on suspendait les voiles extérieurs. L'espace compris entre les colonnes donnait accès à ïimpiwmmm^ c'est-«-dira introduisait sous la voûte du portique, qui était communément décorée de peintures sacrées. C'est là que se tenaient les pénitents de la première dasse appelés ilraii ou prosternés, et que les Grecs appelaient «JcpoMjAivou;, parce que de là ils entendaient la psalmodie et l'instniction. Dans les grandes églises, il y avait quelquefois trois portiques, l'un à l'occident, c'était celui du milieu, et deux por-

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tiques latéraux qui regardaient le nord et le midi (Paul Silentiar. De templ. Theod. pars ii 9). Le portique du milieu, tourné vers Toccident, s'appelait narthex, v«f>ft«Ç, en latin ferula, parce qu'il était plus long que les antres, et c'était celui qui introduisait dans Téglise (Procop. De œdif. ▼. 6. — Pellic. I. p. 169). Nous devons faire observer en passant que les basiliques araient ordinairement leur porte tournée vers Toccident (V. l'art. .Orientation dei églises), et c'est ce qui explique pourquoi les Pères disent que les chrétiens regardaient l'orient quand ils priaient (Basil. De Spirit, lancl. xxvii. — Atlianas. De plur, quœst. xiv. — Augustin. De divers, serm. xux). Au centre du portique, et quelquefois sur le côté méridional, il y avait une vasque pleine d'eau, ma//tiwttm, où les fidèles se lavaient les mains et le visage avant d'entrer dans le temple (V. l'art. Ablutions, m). Cette vasque était appelée par les Grecs çtoXïj ou XipviêoÇioTov, et par les Latins cantharus (V. ce

mot). .

Il y avait, quant à cette première partie des basiliques, des variétés assez notables, comme on le verra à l'art. Atrium (V. aussi l'art. Narthex.).

2« Du portique on entrait, par trois portes, dans l'aire intérieure de l'Église, «oXii, au/a. C'était par cette porte qu'entraient les clercs; les portes latérales étaient pour le peuple, la droite pour les hommes, la gauche pour les femmes.

Le vtto'ç, soit l'aire intérieure, se divisait en trois nefs. La nef du milieu qui conduisait droit au Pïj|jt3L. ou à l'autel, restait libre; son extrémité s'appelait solea ou liminare (D. Ménard. Not. ad sacrameni. Gregor. et Goar. in euchol. Grœc). Les hommes se tenaient dans la nef méridionale, les femmes dans la septentrionale (S. Max. Deeccl. nupt. c. m. — Cyrill. flieros. Procatech. i. — Cf. Bingham). En Occident, la nef des hommes était plus longue que celle des femmes, comme on peut le voir dans les plus anciennes églises subsistant encore aujourd'hui, telles que Sainte-Sabine de Rome, la cathédrale de Narni, celle de Sainte-Sixte

de Pise, etc. .

Ces nefs étaient partagées par des cloisons. Le premier compartiment, en partant de la porte, était celui des catéchumènes et des pénitents ; venait ensuite celui qui était consacré aux fidèles ; il y en avait un troisième dans chacune des nefs latérales, le plus rapproché de l'autel, où se tenaient, d'un côté, les vierges consacrées à Dieu, comme nous l'apprenons d'Origène (Tract, xxvi InMatth.) et de S. Ambroise (Ad Virgin, laps, vi), de l'autre les moines. La nef des femmes était appelée (larpovucioy, matronœum, ceUe des hommes wJpov, par les Grecs.

Dès le sixième siècle, peut-être même plus tôt, il y eut des égUses où le matronœum éUit situé derrière l'abside, de telle sorte que les femmes pouvaient voir l'autel et le siège du pontife. Telle éUit la basilique Libérienne reconstruite par le Pape Sixte 111; telle encore celle de SS.-Cosme-et- Damien au forum : Félix IV y bâUt une abside ou-

verte par trois arcs donnant vue sur le sanctuaire* On peut se rendre compte de cette disposition arcbilectonique, qui peut paraître étrange, en examinant le plan que M. De' Rossi a donné de cette basilique, dans son Bulletin de 4857 (pi. vu) et l'explication dans son texte (édit. française, p. 72). Le matronœum était aussi appelé pars mu-lierum (Y. ce plan à l'art. Matronœum).

3* Enfin, après le vao;, venait la partie extrême de l'église, le Sfipux, séparé de la nef par la solea, et entouré d'un péribole ou cancel (Y. l'art. Can' cel), au centre duquel s'ouvrait une porte sur la solea.

Devant les portes du P^(ml se trouvait l'ambon onpulpitum (Y. l'art. Ambon). A Rome, il y avait, en avant du pii;^, un lieu spécial, qui reçut le nom de senaiorium (Ordo Rom. in Biblioth. PP. t. ix) et qui était réservé aux familles sénatoriales et aux grands en général; et quand il y avait deux ambons, l'un au midi pour la lecture de l'évangile, l'autre au nord pour celle de l'épitre, des livres des prophètes, et pour la psalmodie (et il en était à peu prés toujours ainsi à Rome), le senaiorium occupait le milieu, en avant de la porte du ^xax.

On trouvait ensuite la solea du clergé, qui est la première partie du p^ua ou du chœur. C'était là que se tenaient les soufr-diacres et les clercs mineurs pour la psalmodie. D'un côté ou de l'autre était le secretarium, nommé plus tard par les Latins sacristie (Y. l'art. Secretaria). Chez les Orientaux, il y avait quelquefois un secretarium de chaque côté de la solea, dont l'un était nommé ^toxcvtxvv^ l'autre axiucçuXaxtov (Y. les art. Solea ^ Diaconicum, Scevophylax).

En dernier lieu, on pénétrait dans le ^iipLa proprement dit, c'est-à-dire dans le sanctuaire où s'accomplissait le divin sacrifice. 11 était entouré de cancels, afin que la multitude ne put s'approcher de l'autel (Euseb. Hisl. eccl. x. 4). Au centre de ce cancel, à l'endroit qui correspondait à la nef centrale, s'ouvrait une porte ; mais, dans les plus grandes églises, il y en avait une pour chacune des trois nefs (Paulin. Nol. Nat. x).

Le Pvi(4.2, ou sanctuaire, ou presbytère, se terminait en hémicycle : c'est pourquoi les Grecs l'appelaient turpir,, concha, et les Latins ahsida (Y. l'art. Abside.). Tout à l'entour de l'abside régnaient des sièges pour les prêtres (Athanas. Epiit. ad solitar. — Augustin. Episi. cxxv) ; et, au fond, la chaire de l'évêque, plus élevée que les autres sièges. In medio situm sU episcopi solium, 'EnioKsircu Opovo;, et utrinque sedeat presbyterium (Const. apost. ii. 57) (Y. Tart. Chaire). Assis sur ce siège, l'évêque dominait donc l'autel lui-même et pouvait être vu et entendu de tout le peuple.

Au centre de l'abside était l'autel, recouvert du ciborium (Y. ces deux mots).

Telle fut la forme des basiliques, tant que l'antique discipline fut en vigueur. Nais la description qui précède n'en peut donner qu'une idée générale. Bingham (Origin. eccl. 1. vni. c. 3) a réuni, d'après Bévérige, Léon AUatius, Jacques Goar

eld'autres encore, plusieurs plans qu'on consullera née fniit pour se faire une idèeaussi exacteqiie possible des dilTérences qui existent entre les grandes tnsiltriues grecques et latines. Ce savant donne aussi l 'ichnographie de Sainte-Sophie de Constanlinople, d de plus un grand pian de basilique avec toutes sM dépendances, dressé d'après le texte d'Eusèbe. Sjrnclli (Op. hud. Frontùp.) a publié aussi, d'après Eusébe, S. Paulin, etc., un plan animé et trés-déuillé, qui offre de l'intérêt ; mais il n'en faut accepter les données qu'arec une certaine résene, et surtout faire abstraction des singularités de sa perspectiTe. ÀJ l'article Airium, nous en avons reproduit un dune grande et très-correcte siniplicité (V, ce plan). Nous n'avons rien trouvé de mieux à offrir ici au lecteur que le n plan ichnographique de la ha- H siiique de Saint-Clément de " itoiTie, qui, bien qu'elle ne djte que du oniiùme ou du douiiéine siècle, présente, dans ta menreilleuse harmonie de toutes ses parlies, le type de la basilique Conslantinienne, comme on peut s'en assurer en contemplant la losilique primilive récemment découverte audessous de la moderne.

Eipticatioa du plan :

A. Airthex eilérieur, soit premier vestibule destiné â isoler l'église du tumulte de la rue. Station des pUta-anU.

B. 5arthei intérieur, ou pronaoê, vestibule intérieur. Station des écoulanU, qui, avec les catéchumènes, les énei^mënes, les Juifs et les gentils, ne pouvaient eolrer dans l'église 4ue pour entendre Je sermon.

C. Nao*, grande nef. Les pénitents dits protUr- *tt et ootUMbmfo y pouvaient demeurer, mais

sans pardciper aux ^^^

saints mystères (V. "" l'art, fbàtatct caitonifBe).

D. E. Petites nefs ménagées ponrla séparatioD des deux sexes.

F .F. Ambons, pour tes lectures et les

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