BELI
Comt. Vf. 58 seqq.)f et plusieurs autres d'une moindre importance.
Nous terminons cet article par le dessin de la façade de la regrettable basilique Constantinienne du Vatican, telle qu'elle était encore au seizième siéde, avant la construction du Saint-Pierre actuel.
BATON («ON USAGB DANS LA UTURGIe). — LcS
plus anciens rituels et sacramentaires font mention d'un curieux usage de la primitive Église dont le sens ne saurait être saisi sans une courte explication. Ils disent qu'au moment de la messe où va commencer la lecture de l'Évangile, tous les fidèles quittent les bâtons qu'ils ont à la main : Dum Evangelium legitur, baculi de manibus deponunttir (Ilonor. Auguslod. Gem. anim, i. 24. — Âmalar. De offic. eccles. ni. 18. — Marténe. De antiq. EccL rit. libr. i. cap. 4. art. 5). Ceci suppose que les fidèles assistaient à l'office divin avec un bâton à la main, et en effet nous savons que telle était l'ancienne coutume dans l'Église.
On en donne plusieurs raisons, qui toutes sont fondées, croyons-nous. La première est puisée dans la nécessité physique. On sait en effet que les premiers chrétiens se tenaient debout pour prier, dans le lieu saint particulièrement. On peut citer ici le vingtième canon du concile de Nicée; Baronius a mis dans tout son jour ce point de discipline primitive (Ad an. xxni. 109. et cccxxv. 115), et nous devons nous-même renvoyer le lecteur à notre article Prière, où la question est traitée avec les développements qu'elle comporte. Or les fonctions sacrées se prolongeaient souvent durant de longues heures : car, en outre de la célébration de la liturgie, il y avait les homéles et autres instructions distribuées par les évoques (V. Fart. Prédication). On conçoit que la longueur de ces offices devait être fatigante pour les fidèles, principalement pour les vieillards, et qu'ils devaient se procurer quelque soulagement en s'appuyant sur un bâton, et l'indulgence de l'Église toléra cet usage. En second lieu, le bâton, à raison de la poignée transversale qui le surmonte ordinairement, ayant toujours été regardé dans les premiers temps et présenté par les Pères comme le symbole de la croix (Augustin, serm. cvn. De temp,), il était tout naturel que les chrétiens s'en servissent pendant la célébration des saints mystères en mémoire de la passion et de la rédemption du Sauveur.
La troisième raison qu'on assigne audit usage nous paraît plus plausible encore. C'est une raison toute mystique, empruntée aux analogies de la loi nouvelle avec la loi ancienne. Comme, pour la manducation de l'agneau pascal de l'Ancien Testament, il fut prescrit aux Hébreux d'avoir un bâton à la main (Exod. xii. 11), les disciples de Jésus-Christ devaient imiter ce rit quand ils se disposaient à manger la chair du nouveau et véritable Agneau dans l'eucharistie.
BËLIER. — Quelques antiquaires ont regardé le bélier comme un symbole distinct de l'agneau
(V. Tart. Agneau)y et lui ont assigné une signification particulière, quand il parait sur les monu-
ments chrétiens. S. Ambroisc dit qu'il est pris pour symbole du Verbe, même par ceux qui nient la venue du Messie (EpisL uun), et fait ensuite de curieux rapprochements par lesquels s'expliquerait la pratique reçue dans la primitive Église de mettre quelquefois le bélier à la place de l'agneau (V. l'art. Bon Pa»teur). « Le bélier, dit ce Père, nourrit sa toison et la lave dans l'eau pour en augmenter la blancheur et pour nous plaire. Ainsi Jésu^-Christ a porté nos péchés et les a lavés dans son sang, afin que nous puissions plaire à Dieu son Père. Le bélier, par sa voix, guide le troupeau dont il est comme le chef et revêt le berger de sa laine : ainsi Jésus-Christ, en tant que Dieu, nous revêt par sa création et sa providence, il nous conduit vers le port du salut par sa doctrine, par sa rédemption, par sa grâce {De Abraham, n. c. 8). Le bélier combat et terrasse le loup ; Jésus-Christ dompte le démon (Enarral. in p%. xlhi). Le bélier fut arrêté par les ronces pour être sacrifié à la place d'Isaac; Jésus-Christ, qui devait élever avec lui notre chair de celte terre, s'est fait victime pour nous; et de même que le bélier se tait devant celui qui le tond (Is. un. 7), ainsi Jésus- Christ n'a pas ouvert la bouche devant ceux qui lui donnaient la mort [De Abraham, i. 6). »
C'est comme symbole de la force et comme encouragement à combattre vaillamment Tcnnemi du salut que le bélier est figuré sur certains monuments relatifs au baptême, notamment sur une vasque baptismale de Pisaure, dans les cimetières où les chrétiens dierchaienl un asile pendant les persécutions (V. Perret, vol. m. pi. vni.), et enfin sur les pierres annulaires (Id. iv-xvi), où ils aimaient à retracer des images propres à les soutenir dans ces temps malheureux. S. Ambroise conclut que, nous aussi, nous devons nous faire béliers [In p$. xun) et repousser, abattre notre ennemi commun par la foi et la vertu de Jésus- Christ, qui est figurée par cette corne dont il est parlé au psaume xun (v. 7) : In te inimico$ nostros ventilabimiu cornu, a C'est en vous que nous trouverons la force de terrasser nos ennemis, » littéralement : « que nous jetterons en l'air nos ennemis avec les cornes. »
D'autres Pères ont considéré le bélier arrêté dans le buisson comme l'image de Jésus couronné d'épines (S. Prosp. De promiss. Dei. parsi. c. 17), ou de Jésus crucifié (Aug. In ps. l). C'est sans doute pour ce motif qu'on trouve souvent deux béliers alTrontés, avec une croix au milieu d'eux, particulièrement sur des chapitaux de colonnes, par exemple à Saint-Ambroise et à Saint-Celse de
BËNÉ