‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 52 sur 281 · BÉNI · texte numérisé non relu

BÉNI

Hiiao (lllegranza. Sacr. M. di MiL tav. tii. etc.). On foit qae le point de départ de toute cette doctrine est le bélier du sacrifice d* Abraham, et Notre- Seigneur nous dit lui-mènie (Joan. vm. 56) qu*il fat donné au saint patriarche d^entrevoir toutes ces analogies, et qu'il s'en réjouit grandement.

B£?ngDI€TIONIf AIRE. — V. 1 art. [Avreê Utwrgiqmes^ n. V.

BfifUH (HAKiinE de). — Les monuments antiques de toute sorte, bas-reliefs de sarcophages, fresques des catacombes, mosaïques des basiliques, fonds de coupe, diptyques, etc., représentent fréquemment Notre-Seigneur, les apôtres et d'autres personnages du Nouveau et même de rAncien Testament, élevant la main comme pour bénir. Mais les doigts ne sont pas toujours disposés de la même manière, et cette diversité a donné lieu à des classifications plus ou moins fondées.

l*" On a remarqué que, en général, dans les monuments de Fart grec, ou produisant des personnages ayant appartenu à l'Eglise grecque, la main qui bénit tient le pouce joint à Tannulaire,

et élève rindex, le médius et l'auriculaire; et c'est ce qu'on a appelé la manière grecque. Il existe parmi les savants trois interprétations différentes de cette manière de bénir. Les uns (Macri. Hiero Lex.) y voient l'intention de figurer les sigles A et w; d'autres (Giamp. De tac .

œdif. c. IV. sect. 2) la forme des lettres initiales du nom du Sauveur IH-XG ; les derniers (Bolland. T. vu. jun. act. lv. p. 135) une eihoriation à élever notre âme vers la Ste Trinité, exprimée par les trois doigts élevés, et à croire aux biens étemels figurés par le cercle que forme le rapprochement du pouce et de l'annulaire, le cercle étant Thiéroglyphe accoutumé de l'éternité. On pourrait encore, avec l'abbé PoUdori (Aniico cait vn. 60), reconnaître dans les trois dmgts élevés une profession de foi à la trinité des personnes, et dans les deux doigts unis la croyance à l'unité de nature; ou bien encore, quand ces deux doigts sont placés l'un sur l'autre

en forme de croix (et les monuments en offrent plus d'un exemple), l'ensemble de Tattitude de la main pourrait rappeler les deux principaux mystères de la foi, la Trinité et l'Incarnation.

2* On a observé en second lieu que, communément, les monuments latins différent des grecs en ce que, sur ceux-là, les doigts qui se développent sont le pouce, l'index et le médius, tandis que les deux autres sont repliés sur la paume de la main :

c'est ce qu'on est convenu d'appeler la bénédiction latine. C'est ainsi qu'est disposée la main du Sauveur, quand il opère quelque miracle, et qu'il n'a pas la baguette, par exemple, dans la guérison de i'aveugle-né (Bottari tav. xix. et poêsim), ou dans celle de rhémorroïsse (Id. xxi), ou encore dans la représentation de son entrée à Jérusalem (Id. cxxxni. eipattim.). Telle est encore l'altitude du Bon Pasteur bénissant ses brebis dans le bas-relief d'un sarcophage antique (Id. cxxxi).

Nous devons observer cependant que le geste en question n'exprime pas toujours l'action de bénir, mais souvent, selon l'usage universel chez les anciens (Apul. Miles. Il), le salut de l'orateur qui parle ou se dispose à parler, comme cela se voit, par exemple, dans les miniatures de l'Homère de la bibliothèque Ambrosienne et du Virgile du Vatican. Nous interpréterions dans ce sens l'altitude de la main de Noire-Seigneur toutes les fois qu'il est représenté enseignant soit les docteurs dans le temple (Bott. liv), soit ses disciples (Id. cxlvi), ou bien encore quand il s'entretient avec S. Pierre de la chute prochaine de cet apôtre (Id. xxi) (V. la grav. de l'art. Reniement de Saint Pierre); ou enfin, dans une fresque réputée relative à l'eucharistie, et où le Sauveur, ayant six pains dans le pan de son manteau, étend la main en signe d'allocution (Id. Lxvi). Nous ne saurions non plus voir autre chose qu'un signe de même nature dans le geste que fait S. Pierre au moment où il est arrêté par les Juifs (Id. lxxxv), non plus que dans celui de Moïse tenant d'une main les tables de la loi et haranguant les Israélites (Id.^^Lxvn), etc., etc.

Quoi qu'il en soit, il est probable que les Latins et les Grecs usaient indifféremment, dans le principe, de l'un et de l'autre rit de bénédiction, et que les canons n'avaient rien fixé à cet égard. Ainsi, l'ancienne mosaïque de la confession de S. Pierre (Borgia. Vaiic. confess. B. Pétri, Frontisp,) fait voir le Rédempteur bénissant à la grecque ; celle de l'arc triomphal de Saint-Marc à la manière latine, tandis que dans celle de la tribune de la même église il bénit d'après le rit grec, ainsi que dans celle de l'ancienne Vaticane, exécutée par les ordres d'InnoT^ent HI (Giamp. De sacr, œdif, p. 45), pontife non moins versé dans la connaissance des rites anciens que zélé pour leur observance ; et bien plus, écrivant ex professa sur cette matière {De sacro altari. 1. u. c. 44), le même pape ne prescrit autre chose que l'élévation de trois doigts, sans indiquer lesquels. En remontant encore plus haut vers nos origines, nous voyons qu'il n'y avait même d'essentiel, dans l'action de bénir, que l'extension ou l'imposition de la main, accompagnée de la formule de bénédiction (Ménard. Ad sacram, Greg, p. 27). Manus imposition dit S. Augustin (L. m. De bapt, c. 16), estoratio super hominem^ « L'imposition de la main est une prière sur l'homme, t Tertullien (De bapt, vn) l'appelle une prière invitant le Saint-Esprit à descendre sur les choses créées ; Manus imponitur per henedictionem advocans et invitons Spiritum

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