‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 6 sur 281 · DE LA NOUVELLE ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA NOUVELLE ÉDITION

I. La première édition de ce Dictionnaire a été accueillie avec faveur et jugée avec indul gence. Tous les membres de notre illustre épiscopat l'ont honorée de leur adhésion et lui ont prêté Tappui le plus sympathique ; les savants de profession ne l'ont point frappée d'ostra* cîsme; les organes de la publicité, journaux, revues littéraires et scientifiques, chez nous comme à l'étranger, s'en sont occupés avec intérêt et ne lui ont point épargné les appréciations bienveillantes. Grâce au concours de tant de suffrages, tous imposants, bien qu*à des degrés di^érents, ce modeste livre n*a pas tardé de se voir accrédité dans le public religieux et lettré.

Uautear ne pouvait manquer de comprendre la dette de reconnaissance et plus encore Tobligation de mieux faire qui lui étaient imposées par un succès dépassant toutes ses espérances. Il s'est donc remis à l'œuvre avec une nouvelle ardeur, et il peut se rendre à luimême le témoignage que les années écoulées depuis la première apparition de ce Dictionnaire ont été par lui mises à profit pour l'améliorer, le compléter, l'élever, selon la mesure de ses forces, à la hauteur de l'estime qui lui avait été si généreusement accordée. Il a interrogé plus studieusement encore les livres et les monuments; il a suivi avec une attention sans cesse en éveil les découvertes et les progrés successivement réalisés dans le domaine de ses chères études ; enfin, il a fait de fréquents appels aux lumières et au bon vouloir des maîtres de la science, dont les encouragements et les conseils ne lui ont jamais fait défaut. Un nom brille par-dessus tout à toutes les pages de ce livre, le nom de Téminent commandeur De' Rossi, ce roi désormais incontesté de l'archéologie chrétienne. Ce que l'auteur doit à ses œuvres et aux condescendances de son inappréciable amitié se résume dans cet hommage que le poète reconnaissant adressait à la Huse inspiratrice : si placeOf tuum est (Horat. Corm. IV, m, 24).

Un autre archéologue, plus spécialement voué à l'illustration des antiquités de la Gaule, H. Edmond Le Blant, s'est toujours montré disposé, lui aussi, à lui ouvrir avec un amical empressement les trésors de son érudition et à l'aider de son concours désintéressé. D'utiles conmiunications e1 de précieux renseignements lui ont encore été fournis par plusieurs savants auxquels il se fait un devoir de témoigner ici sa gratitude : H. le baron de Witte, deTlnstitut; M. Fr. Lenormant, professeur d'archéologie près la Bibliothèque nationale; H. Ant. Héron de Villefosse, conservateur adjoint au musée du Louvre ; H. le marquis Melchior de Vogué, si connu par ses travaux sur les églises de la Terre sainte et sur les édifices religieux et civils de la Syrie centrale; les professeurs Delvigne à Malines et Kraus à Bonn, etc. II. Quel parti l'auteur a-t-il tiré de tous ces éléments nouveaux pour l'amélioration de son CBUvre, et en quoi cette édition diffère-t-elle de celle qui Ta précédée? C'est ce qui doit être expliqué en peu de mots.

Bien que, pour le fond, le livre soit resté le même, presque tous les articles anciens ont

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été retouchés, beaucoup ont subi des modifications et reçu des développements plus ou moins importants.

Quant aux articles nouveaux, dont le nombre est assez considérable, ils ne sont eux-mêmes pour la plupart, sous des rubriques spéciales, que des corollaires ou appendices se dégageant naturellement des questions capitales de Tédition précédente, et que l'on a cru devoir en détacher, pour éviter les articles trop longs, qui fatiguent Tattentioh, souvent en pure perte : il est d'expérience qu'il faut diviser pour apprendre.

On va signaler au lecteur les plus saillantes de ces innovations, en lui demandant grâce pour la sécheresse d'une telle nomenclature.

1*" La haute importance des rites qui, dans Tanliquité, précédaient, accompagnaient et suivaient l'administration du baptême, rites que l'Église a conservés en les réduisant à des formes plus abrégées, exigeait des notices particulières sur certaines questions accessoires énoncées sommairement ou par de simples allusions dans l'article principal : par exemple, l'eau baptismale, les formules de sa bénédiction dans les deux Églises; les aubes baptismales ou robes blanches des nouveaux baptisés; le cierge baptismal ; les promesses, les renoncements, etc., sujets offrant tous un intérêt que beaucoup de personnes soupçonnent à peine.

2^ L'article Catacombes^ auquel, bon gré mal gré, il a bien fallu, vu la richesse de la matière, donner d'assez larges proportions, avait besoin cependant, afîn de présenter un tout aussi complet que possible, de se renouer les fils qui en avaient été détachés pour être classés, selon leur ordre alphabétique, dans le corps de l'ouvrage; et c'est ce qui a été fait par de nombreux renvois qui permettront au lecteur de se rendre un compte aussi exact que possible du grand système des cimetières de la Rome souterraine. Un trait essentiel manquait à ce tableau : Fhistoire de sainte Cécile, de la découverte de sa crypte, des translations successives de ses reliques, de ses images, histoire qui se lie étroitement à celle du cimetière de Calliste : ce sujet si attrayant sous tous les rapports a dû obtenir une place d'honneur dans cette nouvelle édition.

S"* La piété des premiers chrétiens recherchait, avec un empressement souvent indiscret, une place pour leur tombeau à côté ou le plus prés possible des mémoires des martyrs et des saints en général. Cette pratique avait été énoncée en quelques lignes seulement à Tarticle Sépultures; des développements plus étendus étaient nécessaires pour la faire connaître, on les trouvera sous le titre Ad sanctos^ — Ad martyres.

4' La nature d'un Dictionnaire, dont le rôle consiste surtout à exposer des généralités, n*exige sans doute pas que tous les monuments qui viennent successivement à la lumière y soient Tobjet de notices proprement dites; ceux-là seulement doivent y être traités à part, qui, sortant des règles générales, peuvent modifier les notions acquises et déplacer, dans des proportions quelconques, les bases de la science. Cependant, quand, sans se distinguer par des particularités tout à fait exceptionnelles, ils offrent néanmoins un intérêt historique ou artistique qui les signale naturellement à l'attention du public éclairé, une place doit leur éirc assignée dans un livre tel que celui-ci. La basilique de Sainte-Pétronille et des Saints-Néréeet-Achillée se trouve éminemment dans ces conditions : une relation succincte de la découverte récente de ce monument, découverte qui constitue un des événements archéologiques les plus mémorables de notre époque, a donc dû nécessairement se joindre à l'article capital traitant des basiliques chrétiennes.

5° Le culte de la croix, question d'une si grande importance, qui n'avait été abordée qu'incidemment dans la rédaction primitive du Dictionnaire, fait dans celle-ci l'objet d'un travail assez étendu, où Ton trouvera beaucoup de détails peu vulgaires sur la pratique et les rites de ce culte dans les différentes Églises, dans les Églises orientales particulièrement.

6** L'article consacré au culte des saints demandait aussi à être dédoublé. Il a reçu, comme développement, plusieurs notices dont il contenait le germe : sur les pèlerinages ; sur les graffiti ou in-

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scriptions pieuses et autres tracées près des tombeaux célèbres en possession de la vénération des peuples; sur les enfants (oblats) que, dans les premiers siècles, les parents chrétiens vouaient dès leur bas âge au service de Dieu devant les mémoires des saints; enfm sur la feneslella confessionis^ ouverture pratiquée au-dessus de la cellule souterraine où reposent les corps saints et où les fidèles se plaçaient pour leur adresser leurs vœux. Quant aux martyrs en particulier, les traditions chrétiennes du Cotisée ayant une relation nécessaire avec tout ce qui a été dit en divers endroits du livre, de leur nombre, de leurs supplices, on s'intéressera assurément aux recherches historiques auxquelles Tauteur s*est livré à cet égard. 7* Quelques données sur les palimpsestes viennent compléter les notions précédemment exposées relativement aux notarii, aux librani, aux différents systèmes graphiques des anciens, et surtout au rôle des moines copistes des livres de l'antiquité classique et chrétienne. 8* Le Dictionnaire contient plusieurs articles concernant les agapes et les repas en général chez les premiers chrétiens. Hais on n*avait pas suffisamment insisté sur un usage encore en vigueur parmi nous et dont on retrouve des traces jusque dans les temps les plus reculés de l'histoire, Tusage de boire à la santé. La curiosité qui s'attache naturellement à tous les détails de la vie privée des anciens trouvera une certaine .satisfaction dans le nouveau travail que Von a consacré à cette coutume sous le titre Propinare^ — Philotésie,

9* Avant les notices traitant de chacun des vases que TÊglise emploie dans le saint sacrifice, il était rationnel d'exposer tout d'abord l'origine des vases sacrés en général et la discipline réglant cette importante matière : c'est une lacune qu'on a comblée dans la nouvelle édition (Art. Yaset sacrés),

10* Les menées et les ménologes des Grecs, si souvent cités dans nos livres liturgiques et hagiologiques, se rattachent par un lien naturel à nos martyrologes et à nos calendriers. On a jugé utile de faire connaître, par des notions* sommaires, leur origine et leur usage dans l'Église grecque. Les hymnes, dits canons^ qui constituent un des éléments essentiels de Toflicede c^tte même Église, sont aussi une matière intéressante à laquelle un article spécial a été consacré ; on y a ajouté sur les hymnographes des détails biographiques qui, aussi bien que les hymnes elles-mêmes auront peut-être pour quelques lecteurs l'attrait de la nouveauté. ii* L'étude des origines de la littérature chrétienne est de première nécessité pour les ecclésiastiques et pour les hommes lettrés en général. Une notice d'une certaine étendue sur la poirologi^, c'est-à-dire sur les œuvres des Pères et des écrivains ecclésiastiques des quatre premiers siècles, fournira, sous une forme concise, la clef de cette importante science.

12' Plusieurs questions historiques sans liaison directe avec les matières traitées dans le Dictionnaire demandaient cependant à n'être pas passées sous silence. Telle est l'histoire de la légion dite vulgairement Fulminante, c est-à-dire le récit de la victoire de Marc*Aurële sur les tribus barbares du Danube, victoire due à une intervention divine contradictoirement interprétée par les chrétiens et les païens. Les notions acceptées de confiance par les écrivains qui se sont occupés de ce fait avaient besoin d'être examinées de plus prés et contrôlées à la lumière de la critique moderne : c'est ce que l'on a essayé de faire dans l'article Legio Fviminatrix. III. Une phrase de la préface de la première édition a donné lieu de la part de critiques d'une certaine école à une interprétation qui, bien qu'enveloppée de réserves élogieuses pour le Dictionnaire et pour son auteur, ne saurait néanmoins être admise ni bénéficier d'un silence qui passerait peut-être pour approbateur.

Obéissant au double sentiment de défiance de lui-même et de soumission à l'Église qui anime tout catholique et s'impose surtout à l'écrivain traitant de matières religieuses, l'an* tear avait cru devoir désavouer d'avance les incorrections de langage ou de doctrine qui, à son insu et contre son gré, auraient pu échapper à sa plume. Car, en dépit des intentions les plus droites et des plus scrupuleuses précautions, il est toujours possible que, dans un volume où tant de questions diverses sont traitées, il se glisse quelques expressions qui ne seraient pas d'une rigoureuse exactitude. L'auteur n'a pas voulu dire autre chose.

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