‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 67 sur 281 · II. — COSIXERT ET d'après QUELS PRniCIPBS LES · texte numérisé non relu

II. — COSIXERT ET d'après QUELS PRniCIPBS LES

cuaniiEs de la roue souteerauie furent-ils dis-

TRiRuis? Les chrétiens, à Rome, ne purent être qu en fort petit nombre au commencement, et, à raison de la vaste étendue de la ville, ils étaient assurément dispersés en des lieux trés-éloignés les uns des autres. Aussi, étant connue la division faite par S. Clément des sept régions de la ville entre autant de notaires qui devaient, chacun dans son quartier, tenir note exacte des gestes des martyrs (Y. l'art. Notarii), on peut aflirmer avec toute espèce de fondement que les quatorze régions de Rome païenne, même avant ce pontife, c*est-à-dire depuis le pontificat de S. Pierre et celui de S. Lin, avaient été partagées en sept titres ou paroisses chrétiennes (Y. l'art. Titres), Sur la lin du premier siècle et le commencement du deuxième, S. Ëvariste fut obligé d^augmaiter le nombre de ces titres, lesquels étaient des lieux ou des maisons confiés à un prêtre et consacrés au culte divin, et où les fidèles, quand ils le pouvaient sans imprudence et sans danger, tenaient leurs assemblées. L'accroissement du nombre des fidèles dans le deuxième et le troisième siècle donna lieu très-vraisemblablement à une nouvelle augmentation du nombre des paroisses.

La chanté fraternelle devait, d'une part, porter les croyants à s'unir en une grande famille et à se créer une sépulture commune. Mais, d'un autre côlé, le besoin de sécurité, dans une ville où la puissance matérielle était tout entière aux mains des idolâtres, empêcha toujours la réalisation d'un projet si désirable. En pratique, la sépulture eût été impossible, si Ton se fût obstiné à donner asile dans un seul cimetière aux cadavres de tous ceux qui mouraient de mort naturelle et à ceux qui étaient moissonnés par le glaive de la persécution. Plus les espaces à parcourir étaient longs et les rues populeuses, plus il était dangereux de découvrir aux païens ce qu'il importait de leur cacher. C'est ce qui obligea les premiers chrétiens, d'abord à ouvrir leurs cimetières à une distance aussi restreinte que possible des anciennes portes de Rome, et ensuite à constituer un cimetière spécial pour chacun des quartiers ou chacune des paroisses de la ville, afin de n avoir pas, par exemple, à transporter au delà du Tibre le corps d'un chrétien mort sur le Quirinal ou l'Esquilin, ou vice versa au cimetière de Priscille ou de Sainte Agnès un habitant du Janicule ou de l'àventin. Il est probable que le nombre des cimetières alla se multipliant en même temps que les titres.

Le P. Marchi a recueilli (p. 26) toutes les inscriptions funéraires faisant mention des lieux qu'habitaient les défunts pendant leur vie. Or toutes prouvent que l'inhumation avait été faite dans le cimetière le plus rapproché de l'habitation. On nous permettra d'entrer ici dans quelques détails qui présentent un grand intérêt.

Ainsi un acolyte du nom d'Auguste, attaché à la basilique du Yélabre, et une femme nommée Pollecta, marchande d'orge dans la rue Neuve, voisine de cette église, eurent leur sépulture dans le cimetière de Calliste, parce que du Yélabre à la

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oie ippiâi la ditlance était courte et le direct.

LBCTOMt PEniA

DB BIAXOBA POUBCTA QTB OBDBT BBBDBT Dl ftUIIOBA.

Ainsi encore, les deux prêtres Basilios, du titre de Sainte-Sabine, et Adeodatus, du titre de Sainte- Prisque» furent déposés dans le cimetière de Lucine, parce que la vote d'Ostie, dans le voisinage de laquelle est ouvert ce cimetière, est la plus rapprochée des lieux de l'Aventin où régnent aujourd'hui encore les deux basiliques de Sainte-Prisque et de Sainte-Sabine.

LOCTt PBBSBTTBRI BASIU TITTLI SABIIIAI LOC. ADBODATI PBK8B. TIT. PBUCAB.

Aurélius, titulaire, lui aussi, de Sainte-Prisque, fit inhumer sa sœur dans Tun des cimetières de la voie Appia.

En creusant les fondations du nouveau ciborium de la confession de Saint-Paul sur la voie d^Ostie, on a retrouvé la pierre sépulcrale d'un Cinnamius, lecteur du titre de Fasciola des Saints-Nérée-et- Adiiliée, auquel est donné le titre élogieux d'ami dei pauvres,

U est probable que ce marbre avait été tiré des cimetières très-rapprochés des voies Ardéatine et Appia. C'est aussi dans ces mêmes cimetières que, de leur vivant, se préparèrent leur sépulture Cucumio et Victoria, gaixliens des vêtements des baigneurs dans les thermes d*Antonin, qui se trouvaient près de la basilique des Sàints-Nérée-et- Achillée, CAPS1IUR1V8 de aiitoniaiias. Deux martyrs, Simplicius et Faustinus, qui avaient été précipités dans le Tibre pour la religion du Christ, furent déposés au cimetière de Generosa qui est sur la voie de Porto, baignée en plusieurs endroits par le fleuve.

MARTTIlBS SIHPUGITt BT rATSTINTS

QTI PAS8I STMT IH PLTHBN TIBBBB POU

Tl IVHT M CIMITBBITM GEREBO^BS SYPER

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C Celte inscription offre une circonstance d'un haut intérêt, en outre du motif spécial pour lequel elle est ici citée : c'est qu'elle mentionne le martyre, ce qui est extrêmement rare dans les monuments épigraphiques.

Yenantius, lecteur des Pallacinœ^ litre de la baùlique de Saint-Marc, fut enseveli dans le cimetière le plus voisin de cette église, celui de Priscille. C'est ainsi que Tacolyle Abundantius, du titre de Vesline, fut transporté au cimetière de Sainte-Agnès, parce qu'il n'y en avait pas de plus rapproché.

Osimus, le marbrier, eut un tombeau quadri- 8ome pour lui et les siens, dans un cimetière voisin de la voie d'Ostie, parce que probablement son atelier était prés du Tibre, à raison de la facilité que présentait une telle position pour décharger les

blocs de maibre qui étaient transportés sur des vaisseaux des pays lointains. Et c'est probablement en ce lieu que H. Visconti a découvert, au commencement de 1868, un vaste chantier de toute sorte de marbres précieux laissés sans emploi à l'époque où les empereurs cessèrent d'enrichir la ville étemelle de nouveaux édifices. C'est pour une raison analogue que Leontia, marchande de poteries, lacvmara, qui habitait près de la porte Trigemina^ où se trouvaient les fours et les ofiicines des potiers, eut sa tombe le long de FAppia, dont les cimetières étaient tout à fait à la portée des habitants de ce quartier. Donatus, tisseur de lin et de chanvre, LiKTEARiTS, habitait dans la Suburra, à l'extrémilé de TEsquilin : aussi fut-il enseveli dans le cimetière de Cyriaque sur la voie Tiburtine. On peut citer encore les marbres des prêtres de Saint-Chrysogone, dont le cimetière était celui de Saint-Pancrace sur la voie Aurélia. L'ouvrage de M. de' Rossi sur les inscriptions des cinq premiers siècles offre de nombreux exemples et des explications lumineuses sur ce point intéressant de l'archéologie chrétienne.

CATÉCHUHËIf AT. — I. — Ceux qui , du judaïsme ou de la gentilité passaient à la société chrétienne, s'appelaient, avant leur initiation complète par le baptême, catéchumènes, du grec xa-mxica, • j'enseigne, t en latin dîsctfw/î ou auJitoret, • disciples ou auditeurs. »

Le concile d*Elvire, tenu probablement vers la fin du troisième siècle, mais très-certainement avant la paix de l'Eglise, renferme, dans ses quatrième, neuvième, vingt-neuvième, quarantedeuxième, quarante-cinquième, soixante-huitième canons, à peu près toute la législation primitive sur le catéchuménat. Ce que nous allons en dire n'est que le développement des dispositions de ce concile.

Il y avait parmi les catéchumènes trois ordres distincts et qu'il fallait traverser pour arriver au baptême. La qualité de catéchumène donnait le droit de s'appeler chrétien^ mais non fidèhy titre réservé aux seuls baptisés (Y. l'art. Fidèle), Le trente-neuvième canon du concile d'Elvire dit formellement que l'admission au catéchuménat conférait le nom de chrétien : Geniilet si in infir-mitate desideraverint sibi manum imponi, si fuerii eorum ex aliqua parte vita honesta^ placuit eis ma' num imponi, et fieri chri&tiâkos ; f les gentils, si dans la maladie, ils désirent que les mains leur soient imposées, si leur vie est honnête au moins en partie, il a plu (au concile) que l'imposition des mains leur soit accordée et qu'ils soient faits

CBRÉTIENS. »

1* Les catéchumènes du premier ordre étaient ceux qu'on appelait f écoutants t, audibhtes. Mous devons dire cependant que tous les catéchumènes étaient, d'une manière générique, compris sous ce nom, car le mot »aTtxou{i«voc ne signifie pas autre chose que auditeur, c'est-à-dire toute personne

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qni écoote cdai qui rinstniit. Mais il n'est pas moîiis certain que, dans un sens plus restreint, ee même nom était spécialement attribué au catéchomène de la première classe. Celui-là donc était kouUady dans ce dernier sens, qui avait dq)Osé entre les mains de l'évêque ou des autres ministres de TEglise la déclaration quMl voulait se fidre chrétien : il recevait Timposition des mains et l'impression du signe de la croix sur le front, et dés lors il avait son entrée dans les églises, pouTait entendre la lecture des saintes Écritures et les homélies de Tévéque (Tertull. De pœnit. — Cyprian. £pitl. xm et alibi), il était catéchumène.

Le livre de S. Augustin intitulé De eatechizandis ndiku est principalement destiné à ces premiers catédiumènes ; ce Père l'avait composé pour servir de manuel au diacre Deogratias, qui était chargé d^instniire les écouianU à Carthage. Toid quel était le fond de l'enseignement qui leur était distribué : après leur avoir inspiré une salutaire crainte des jugements de Dieu, on leur parlait delà création du monde, de la chute du premier homme, de ce qui est arrivé de plus important avant la naissance du Fils de Dieu, de l'enchaînement merveifleui des deux Testaments, dont l'Andeo est la figure du Nouveau, et le Nouveau le dénoàment et l'interprétation de l'Ancien (De cakek. rui. rr. 8) ; de la vie et de la mort du Sauveur, de sa résurrection, de rétablissement de Itglise, et du dernier jugement. S. Augustin Teut encore qu'on les prévienne et qu'on les fortifie contre le scandale qu'eût pu leur donner la conduite désordonnée de quelques mauvais chrétiens (i(. vn. il).

Hais on leur cachait le symbole, du moins dans ses termes et dans son ensemble, parce qu'il était h marque d'une conununion parfaite. Et cette abstention était si rigoureuse, que Soiomène fut dissuadé par des personnes éclairées (L. i. c. 20) d'insérer le symbole de Nicée dans son histoire, parce qu'elle pouvait tomber enlre les mains de ceux qoi n'étaient pas initiés. On leur cachait également l'oraison dominicale, parce que, selon S. Chrysostome (Uom. xix In Malih.)^ les baptisés ont seuls le droit d'appeler Dieu leur père.

S* Quand la conduite de Vécoulant et ses progrés dans l'instruction propre à ce grade offraient des garanties sufiisantes, on le faisait passer à celui des proiternéê. Ceux-ci assistaient aux prières et recevaient la bénédiction de l'évèque (ConcU iVeoco». eau. v. — Nie, xiv), et pour cela ils sont encore appelés orantes et genvflecienies^ pour les distinguer des simples auditeurs des instructions. Ceci est encore clairement établi par Tordre de la liturgie rapporté dans le huitième livre des ConstUuiions aposioliquei. Car, avant d'annoncer les prières, le diacre prononçait d'un lieu élevé ces paroles : • Plus d'écoutant, plus d'infidèle, » ne quis audieniium, ne qmt m/ide/tttm. Et, après leur sortie, il ordonnait aux catéchumènes des deux autres classes, ainsi qa'aux fidèUê^ de prier pour eux : OraUt caUdiu-

ment, ei omtiet fideieg pro illU eum aUetUione ùreni {W, vi) ; après quoi il faisait sortir les catéchumènes : Exiie, eaieehumeni. Et c*était là que se terminait la messe dite des catéchumènes : c'est le nom que lui donnent les évèques d'Afrique aux conciles de Carthage {Cancil. Carthag. c. Lxxxiv) et de Lérida (ConciL Ilerd. c. iv), et Cassien l'avait aussi désignée par le même terme. Nous voyons que cette messe durait en Afrique jusqu'à ce que l'évèque eût terminé son instruction, c'est-à-dire jusqu'à l'oblation. Les pénitents sortaient encore après les catéchumènes, afin de cacher à ceux-ci l'administration de la pénitence et les cérémonies de la récondliation.

Nous devons faiire observer cependant que la coutume d'admettre les catéchumènes aux prédications de l'évèque ne parait pas avoir été universelle; car ce n'est qu'au cinquième siècle, c'est-à-dire au concile d'Orange de 441, que nous voyons la pratique contraire abolie pour la Gaule, disposition qui ne fut même suivie par les évèques d'Espagne qu'au sixième siècle, dans un concile de Valence tenu en 524. Ce qui avait maintenu cette grande réserve, c'était sans doute la gène et la contrainte que les évèques étaient obligés de s'imposer en parlant devant les noninitiés. On voit par ce qui précède d'où vient le mot de messe des catéchumènes : Fit mUsa catC' chumenis, dit S. Augustin, manebunl fidèles; « on donne congé aux catéchumènes, les fidèles reste* ront. » Les évèques d'Espagne parlent à peu près de même : AnU munerum illationem, vel missam caiechumenorum. Tout ceci confirme pleinement l'opinion de ceux qui pensent que missa est la même chose que dinùsiio caUchumenorwn. Nous ne voyons pas que les proitemés fussent admis à un degré d'instruction plus avancé que les écoutants.

5* Il n'en était pas de même des [compétents. On leur confiait le mystère de la Ste Trinité, la doctrine relative à l'Église et à la rémission des péchés ; et telle était la matière spéciale de l'examen qu'ils subissaient avant d'être admis au bap-> tême. • C'est un usage solennel, dit S. Jérôme {Adv. Lucif.), au baptême, après la confession faite de la Ste Trinité, d'adresser ces questions au catéchumène : Crois-tu la sainte Église? crois-tu la rémission des péchés T • Le symbole et Toraison dominicale ne leur étaient livrés que peu de jours avant le baptême. Aussi, dans la psalmodie publique, à laquelle assistaient les catéchu* mènes, les fidèles récitaient-ils à voix basse celte profession de foi et cette prière ; ce qui a lieu aujourd'hui encore, en mémoire de cette vieille discipline, à la récitation publique des heures canoniales.

Enfin, quoi qu'il en soit, vers le temps de Pâques, ceux qui désiraient recevoir le baptême allaient se faire inscrire au nombre de ceux qui devaient êU*e initiés. « Yoici Pâques, dit S. Augustin (Serm. cxxxn. i ), donne ton nom pour le baptême ; » ecce pascha ed, da nomen ad baptis'

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ffitim. Dans son discours contre ceux qui diiïërenl leur baptême, S. Grégoire de Nysse prononce ces remarquables paroles : f i)onnez-moi vos noms, afm que je les imprime dans les livres sensibles.... Dieu tes inscrira dans les tables sur lesquelles la destruction n*a pas de prise, t Cette inscription constituait un engagement solennel, et comme une promesse publique de fidélité et de docilité. Le quatrième concile de Cartbage en fit une loi formelle : Baptizandi nomen suum dent (Gan. Lxxxv). A Rome, lu coutume était de recevoir les noms quarante jours avant le baptême (Siric. Epist. I. c. 2. n* 3). 11 parait que désormais ils s'appelaient « élus •, elecUy parce qu'en eiTet ils étaient élus ou admis : c'est, le nom que leur donne S. Léon {EpUt, xvi ad episc, SiciL), aussi bien que S. Sirice (loc. cit.). Alors commençait pour eux une vie de pénitence : on les obligeait à se couvrir d'un cilice {ConsHL apoit. vtu. 5), à ne paraître en public que la face voilée, comme redoutant, à cause de leurs péchés, les regards de Dieu, à observer des jeûnes rigoureux, à s\ibstenir de vin, à garder une continence dont la sainteté du mariage ne pouvait les dispenser (S. Aug. De fide et oper. v. 8). Tertullien rend témoignage {De baptism, xx) de l'antiquité de celle discipline. Le martyr S. Justin (ApoL ii) dit à son tour que ceux qui veulent èlre chrétiens, le deviennent par la pénitence et par le baptême. Et il parait bien, soit par le témoignage de ce Saint, soit par celui de S. Cyrille de Jérusalem (Catech. i. 5) et de S. Jérôme (Epùt, ad Panunach.), que cette pénitence commençait avec celle des fidèles, c'est-àdire avec le carême.

C'était le quatrième dimanche de carême cliez les Latins (August. Serm. cctni), le second dimanche dans l'Église grecque («iyrill. Hier. Catecfi, m), que les noms des compétents étaient inscrits sur le registre matricule de l'église, et ils prenaient alors le nom d'un apôtre, d'un martyr ou d'un confesseur (Socrat. Hist. ceci, vu. 21) : ce changement de nom, dont l'usage du reste n'est pas établi pour les temps tout à fait primitifs, ne se faisait pas comme aujourd'hui le jour du baptême, mais quelques jours auparavant (Ménard. Not.adsacram. Greg. p. 99).

Alors les catéchumènes, au témoignage de tous les plus anciens Pères, faisaient à l'évêque la confession de leurs péchés (Tertull. De pallio, --Greg. Naz. Serm. in sacr, lavacr.). Eusébe nous l'apprend en particulier de Constantin {In ejus Vit. iv. 61. iv) : « Fléchissant le genou, et se prosternant à terre, il demanda humblement à Dieu son pardon, confessant ses péchés dans la basilique même, in ipso martyrio, dans lequel lieu il eut le bonheur de recevoir Timposition des mains avec une prière solennelle. » Ceci se passa à Hélénopolis. L'empereur se fit ensuite transporter à Nicomédie, où il reçut le baptême avec toutes les marques d'une sincère piété, et toutes les circonstances que rapporte son historien {Ibid. Lxn). Enûn, les compétents qui devaient être baptisés

à la pèque suivante, passaient au scrutin à sept jours différents du carême {Ord. Roman, antiq. ap. Martène. De ani. Eccl. rit. 1. 1. art. 5). On appelait scrutin la cérémonie où les catéchumènes étaient exorcisés et recevaient le symbole (V. l'art Exorcistes) \ ces scrutins ont été en usage dans l'Église depuis son origine jusqu'au treizième siècle. Aux jours fixés pour cela, les catéchumènes étant rendus à leur place ordinaire dans l'église, la tête découverte, les pieds nus sur un cilice, les yeux élevés, de peur que leur esprit ne fût distrait (Cyrill. Hier. Catech. i. 9), les clercs exorcistes s'approchaient d'eux, et leur soufflaient trois fois à la face, tandis que le prêtre touchait avec de la salive leurs oreilles et leurs narines en récitant les exorcismes (V. Tart. Baptême, n. 111). Au sixième siècle, les Latins ajoutèrent à ces rites celui qui consistait à mettre du sel dans la bouche du catéchumène (Isid. liispal. Dediv. offic. ii. 20). La pratique des exorcismes était regardée comme étant d'institution apostolique. S. Augustin (L. Il De nupt, et concup, xxix. 50) et l'auteur des chapitres qui se trouvent à la fin de Tépitre de S. Célestin aux évêques des Gaules, en parlent dans ce sens, et il est remarquable que ce dernier en attribue l'usage à toutes les Églises du monde (V. l'art. Exorcistes).

IL — Nous avons vu que l'instruction donnée par l'évêque, à la messe des catéchumènes, était toujours un peu vague, couverte de réticences et de précautions qui ne la rendaient intelligible qu'aux seuls initiés. L'enseignement des catéchumènes avait lieu à part : l'évêque le confiait à un diacre, et quelquefois à un clerc d'un ordre inférieur, à un lecteur par exemple, qu'on appelait doclor audientium (Cypr. Episl, xxiv). Il y eut à Alexandrie une célèbre école de catéchumènes, où brillèrent Pantenus, Clément, Origéne, Héraclas, Denys et d'autres encore (Euseb. Hist, eccl. vi. 5. X. 25). Origéne avait été investi de cet office à dixhuit ans et étant encore laïque, ce qui se faisait rarement. L'instruction, même spéciale, distribuée aux catéchumènes était sagement graduée, et toujours plus ou moins voilée, de peur que, s'ils venaient à retourner au paganisme, ils ne révélassent aux profanes la doctrine intime du christianisme (Chrysost. hom. xxvu. In Matth, et alibi). (V. l'art. Secret [Discipline du].)

On trouve, dans les catacombes, des cryptes sans arcosolia, ou dont les arcosolia étaient trop élevés pour se prêter à la célébration des saints mystères. Ces cryptes, selon une conjecture trèsprobable du P. Marchi, étaient destinées à Tinstruclion des catéchumènes ; elles se composaient ordinairement de deux salles, de façon que la séparation des deux sexes put y être observée; elles avaient des chaires pour les catéchistes, et des bancs taillés dans le tuf pour les auditeurs. Celle dont nous donnons ici le plan d'après le P. Marchi (tav. xvn), était destinée à l'instruction des femmes. Le savant jésuite en voit la preuve dans la présence de deux sièges (A, A), l'un pour

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le cstéchiste, l'autre pour un aulre prêtre ou un diacre que la prudence de FÉglise avait placé là

comme surveillant, afîn de mettre Ttionneur sacerdotal à fabri de toute atteinte. Les salles aflectées à rinstruction des hommes n'avaient qu*une seule chaire. Les sièges où s'asseyaient les catéchofflénes régnent tout autour de la salle et sont marqués dans ce plan par B, B, B. (V. aussi la figure de Tart. Crypte,)

Plus tard, les enseignements précédant le baptême furent distribués dans une pièce dépendant des basiliques, laquelle reçut le nom de catechumaiium (Holstein. Not. in ad, SS. Perpei. et Felica.|U,edil. Yeron.^, 89).

L'état du catéchuménat se trouve quelquefois mentionné dans les inscriptions funéraires des premiers chrétiens. Harangoni (Act, S, Yict. p. 74) donne celle d'une catéchumène morte à quatre ans, nommée Onésime : aneatcato onhctmii K.\Tfi II xorMELXH EiPBNH.... QuievU Onesime catechumena inpace.

111. — La durée ordinaire du catéchuménat était de deux ans, selon le quarante-deuxième canon du concile d'Elvire. Le concile y met ce-< pendant une condition : Si honœ fuerint convena- (ioiiti, • si le sujet est d'une bonne vie. » Et» en e(fet, la durée du catéchuménat était prolongée pour ceux qui avaient exercé des professions les attachant spécialement aux rites du paganisme et pour les personnes coupables de quekjues gr.inds crimes. Ainsi, il était de trois ans pour les flamines (Ibid, can. iv), et encore pourvu qu'ils s'abstinssent de leurs sacrifices pendant cet e^ce de temps. Bans le onzième canon du même concile, le baptême est différé de cinq ans à une femme qui, étant catéchumène, aurait épousé un bomme séparé, sans raison, de sa femme légitime. Enfin, le soixante-huitième canon le diffère JQsqua la mort à une femme qui, pendant le cours de son catéchuménat, se serait rendue coupable d'idolâtrie ou d'avortement.

CECILE (Sainte). — La geiu Cœcilia^ famille sénatoriale romaine, dont Sainte Cécile était issue, possédait un hypogée sur la voie Appia, en face

du dmetiére de Prétextât ouvert sous le règne d'Hadrien, à la gauche de la même voie. Le fait, mentionné déjà par un passage des Tusculanes de Cicéron (Tusad, quced. i, 7), a été constaté d'une manière indubitable au commencement de ce siècle par la découverte, au-dessus du cimetière de Calliste, de colombaires et de sépulcres païens appartenant aux Caecilii. A ces colombaires correspondent d'autres tombeaux» dont les épitaphes attestent la profession du christianisme dans cette famille] dès le deuxième siècle : la liste de ces personnages s'ouvre par L. Caecilius Balbinus VibuUius Pius, dont la tombe porte la date de Tan 137. Peut-être, comme l'observe judicieusement dom Guéranger (Sainte Cécile, édit. 1874, p. 528), l'établissement en ce lieu d'un nouvel hypogée chrétien est-il dû à l'initiative de Sainte Cécile elle-même. 11 était isolé du cimetière de Lucine par la voie Ardéatine ; plus tard, des galeries creusées sous la voie les mirent en communication l'un avec l'autre. Jusquerln, les Cœcilii chrétiens avaient eu leur sépulture dans les cryptes de Lucine, et une partie de la famille demeura fidèle à celte tradition.

1. Première sépulture de Sainte Cécile. — Quoi qu'il en soit, c'est dans cet hypogée cécilien que fut ensevelie la jeune martyre ; et cette sépulture lui fut préparée par un évèque du nom d'Urbain. Ce personnage, qui, selon l'opinion commune et la plus fondée, était l'auxiliaire ou le représentant du pape Éleuthère, avait probablement sa résidence dans un pagus de la régie de la voie Appia, où les Cœcilii possédaient une propriété; de là les relations qui se nouèren entre eux, et le rôle principal qu'Urbain remplit dans les actes de Sainte Cécile. On sait que cet évèque fut, après avoir subi le martyre, enseveli au cimetière de Prétextât, et une église érigée sous son vocable, sur l'emplacement d'un temple païen et qui est encore debout, ne laissé aucun doute sur le fait de son séjour dans cette région. D'une autre part, on ne doit point s'étonner que S. Urbain ait servi d'auxiliaire au pape Éleuthère, car, sans parler de S. Pierre qui ordonna Linus, Cletus et Clément sans leur assigner des sièges particuliers, il est avéré, par les savants travaux de Dlauchiiii et de Papebroeck sur la chronologie des papes, que plusieurs d'entre eux avaient commencé par exercer les fonctions de vicaires auprès de leurs prédécesseurs.

Par suite de surcharges et d'altérations apportées aux actes de Sainte Cécile dès le sixième siècle, on avait confondu cet évèque Urbain avec le pape du même nom qui siégeait du temps de Sévère Alexandre, et fut inhumé dans la crypte papale où M. de' Rossi a retrouvé son nom inscrit sur le couvercle d'un sarcophage : otpbanog Fpiscopos, tandis que le martyre de Cécile avait eu lieu un demi-siècle auparavant, sous Harc- Aurèle et Commode probablement. 11 y avait là une grave difficulté chronologique, sur laquelle Adon, le bollandiste du SoUier et notre Tiliemont

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iTaîenl sutxesànment jelâ qudque himîère, et qui a élé pleiaemeDt et déddànent élucidée par H. de' Rossi. Sans entrer de nouveau dans une discussion critique i laquelle le lecteur ne saurait prendre aucun intérël, qu'il nous sufGse d'avoir exposé en deux mois les résultats des recherches de ces savants hommes- Reprenons donc le cours de notre récit.

Nous n'avons pas à rappeler ici des faits connus de tous : le mariage de Cécile, la révélation de son vœu de virginité i son époux Valérien, le baptême de celui-ci par l'èvèque Urbain dans son asile de l'Appia, son martyre, celui de son frère Tiburce et de t'ofticier Kasime converti par le spectacle de leur constance au milieu des tortures, l'inhumation des trois martyrs au cimetière de Prétextât par les soins de Cécile.

1 — cia

Enfin, vint le tour de la vierge. Almachiua, préfet de la ville, la fit enfermer dans le catdti' rïum des bains de son propre palais, chauffé ■ une température où elle devait nécessairement étouffer ; mais après un jour et une nuit elle fut trouvée vivante : ses vêlements même n'avaient pas élé atteints. La hache, qui était la dernière ressource de la tyrannie à bout de moyens, s'abattit trois fois sur le cou de la victime sana pouvoir détacher la léle. Elle vécut ainsi deux joun et deux nuits, baignée dans son sang, étendue sur le pavé de marbre, e( n'expira qu'après une dernière entrevue avec Urbain, qu'elle attendait pour le rendre dépositaire de son teslament. t Père, lui dit-elle, j'ai demandé au Seigneur un délai de trois jours, alln de remettre entre vos mains et ces pauvres que je nourrissais et cette

miison pour élre consacrée en église à toujours j Après avoir prononcé ces paroles et reçu une suprême bénédiction de 1 evèque Cécile tourna la face vers le sol et hissant glisser son bras du cdte droit exhala son âme tirgmale entre les mains de son Dieu Le soir même le corps fut placé dans un cercueil de cyprès avec les vèlem nls tissus d or dont elle sélait parée pour le sacrifice on lui conserva religieusement 1 aLli (ude ou la mort 1 avait surprise et on déposa a ses pieds les voiles et les linges imprégnés de son sang Avec 1 aide des diacres Urbain la transpada dans 1 hj^ogée de sa famille II y atait en ce lieu une salle funéraire, au fond de laquelle s'ouvrait un arc légèrement cintré, disposé pour recevoir un sarcophage, et c'est là qu'Urbain enferma dans une urne de marbre le cercueil de la

martyre Dès lors les victimes que faisait la peiséculion de Marc Auréle vmrent successivement se ranger dans des galeries que Ion y creusait a la liàle et qui formèrent un premier cimetière dont Cécile était le centre et qui fut tout d abord appelé par les chrelien:. ad Sanclam Ctealiam C est là sans doute le premier noyau de celui qui comme nous le verrons bicntdt reçut le nom de cimetière de Calliste Voici d après M de Rossi [Roma lott 1 n lav ixii) un dessin qui en de pit de 1 état de dégiadalion ou ae trouve aujourd hui le monument peut donner une idée aussi exacte que possible des lieux Au delà de la porte cintrée de l'hypogée, l'œil pénétre jusqu'au fond de la salle et atteint le réduit à fleur de terre ou le sarcophage était placé, et qui re&te aujourd'hui béant par suite de la chute d'une partie de la doi-

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ceci

80D qa'oD y avait élevée après le déplacement da vénérable tombeau (T. la gravure d-destnt).

II. Deuxième sépulture. — Le corps de Sainte Cédie séjourna vingt ans dans le tombeau où réfêqoe Urbain Pavait déposé. C*est sous le pape Zépbyrin qu*il en fut retiré pour être transféré dans on autre asile; cette pieuse opération fut confiée à un personnage devenu depuis fort céléiire, Calliste, qui à son retour de Sardaigne, où il avait été exilé et condamné aux mines avec beaucoup d*autres chrétiens, fut choisi par ce pontife pour remplir les importantes fonctions d'archidiacre et, à ce titre, chargé de la direction du àmeHère, Voici son portrait, d'après un ancien Terre à fond d*or. Ce cimetière n'était autre que

le principal hypogée de la voie Appia, et la liberté avec laquelle le pape en prit alors possession permet de supposer que la getu Cœdlia en avait lait cession à TEglise romaine. C'est dans un livre contemporain et récemment retrouvé, intitulé : PkUotopkmnena (Oxon, 1851, edil. Cruice, Paris, 1860, lib. u), que nous le voyons pour la première fois appelé par antonomase le cimetière, et en voici la raison : on sait que quand, en 260, GaUien restitua au pape Denys les dmetières séquestrés par son père Valérien, ce pontife les distribua entre les vingt-cinq titres ou paroisses de Rome, et sous la dépendance des prêtres titulaires de la ville. Or, comme le cimetière en question ne figure pas dans cette distribution, on est en droit d'en conclure qu'il ne fut assigné à aucun des prêtres cardinaux, mais réservé au pape hii même, qui en déléguait l'administration à son archidiacre. Ainsi, tandis que, au cimetière de Domitille, pour nous borner à cet exemple, nous trouvons une épitaphe constatant la juridiction des prêtres, jtrstttpre«^^era/tM, dans celui de Calliste, au contraire, c'est l'autorité du pape luimême qui est invoquée par le diacre Sevenis, >«itic papœ fift Marcellini (Y. de* ftossi. Roma ton i, p. 208).

^ En6n, quoi qu*il en soit, Calliste se mit à l'œ^> et il exerça la charge d'administrateur du cimetière pendant dix-huit années, après lesquelles il monta lui-même sur la chaire pontificale. Son premier acte, et le plus important sans doute, fut, d'après les ordres du souverain pontife, de chan-

ger la destination de la crypte cécilienne et d*y établir la sépulture des papes. Jusque-là leurs prédécesseurs s'étaient groupés autour du tom-beau du prince des apôtres au Yatican.

Zépbyrin, mort en 218, est le premier pape qui ait été enseveli dans l'hypogée de la famille Caecilia, appelé dans le Livre pontifical (In Calliêt. 42) son cimetière, — in cœmeterio mo, — parce qu*il l'avait fondé. Calliste, son successeur, ne vint point Ty rejoindre : massacré par les païens dans le quartier du Trastevere, il fut précipité dans un puits que Ton montre encore dans réglise de ce saint pontife, non loin de la basilique de Santa-Maria in Trastevere. Le second qui fut déposé dans la crypte papale est Urbain. Mais, tandis que les autres papes furent renfermés dans de simples /ocu/t, Urbain eut un sarcophage dont M. de' Rossi a retrouvé le couvercle portant son nom, comme nous l'avons déjà dit. Le troisième est Pontien, successeur d'Urbain, qui fut martyrisé dans une Ile de la Méditerranée, nommée Bucina, où son corps demeura jusqu'au pontificat de S. Fabien, qui le transporta en grande pompe dans la crypte callistienne. Yint ensuite . Antère AiiTZFttc. Eiii.... (235), puis Fabien ♦ABiAKOG eui. mp qui lui succéda sur la chaire de Pierre, après une année seulement de pontificat. Le successeur immédiat de Fabien, Cornélius (251), ne fut pas enseveli avec ses prédécesseurs, mais exceptionnellement au cimetière de Lucine, où son épitaphe a été retrouvée : corrbuvs.iiarttr.bp. Lucius, qui lui succéda, atoxioc (253), fut réuni à ses devanciers dans la crypte papale, ainsi qu'Élienne, qui était monté sur la chaire pontificale en 254. — Sixte II (257) y parait à son tour, mais avec des honneurs exceptionnels, motivés sans doute par l'éclat qui avait entouré son martyre. Car la crypte, du jour où ses restes y furent admis, prit son nom — ad tancium Xisium : la chaire sur laquelle il avait été massacré au cimetière de Prétextât y fut transportée toute teinte de son sang, et une foule de pèlerins vinrent écrire près de son tombeau leurs noms ainsi que de pieuses invocations qui s'y lisent encore aujourd'hui. — Denys, successeur de Sixte (269), fut aussi enseveli dans la crypte papale, ainsi que Félix (269), puis Eutichien (275) ErrixiANOc. eoic, et enfin Caîus (283). — Depuis lors, jusqu'au commencement du quatrième siècle, aucun pape ne reçut la sépulture en ce lieu. Eusèbe et Helchiade furent déposés, à la vérité, au cimetière de Calliste, mais non dans la crypte papale : ils eurent chacun un cMculum particulier.

Mais U destination nouvelle assignée à l'hypogée des Caecilii exigeait des dispositions différentes : il fallait installer la chaire des papes et, en avant de cette chaire, un autel pour la célébration des saints mystères. 11 devint donc nécessaire de déplacer le sarcophage de la sainte, qui occupait le fond de la salie, et de construire à c6té une crypte destinée à lui donner une sépulture digne d'elle. Cette nouvelle crypte fut ouverte au fond

de l'hypogfe, sur la gauche. D'abord étroite et obscure, elle fut plus lard restaurée par le pape Damase : c'est ce pontife qui ouvrit son entrée actuelle, Ct conslrulre l'escalier qui ; conduit directement, et eiéculer d'autres Iravauï pour l'embellissement de la cellule et la commodité des pèlerins qui. dans les premiers siècles, venaient vénérer ce sanctuaire, comme l'attestent encore les innombrables signatures tracées à la pointe sur le stuc, aux dcui cûlés de la porle et sur les murs voisins. C'est probablement sous le pontiQcat de Sixte III que s'ouvrit le grand luminaire qui la mit en communication avec l'air exlérieur, et â l'intérieur duquel furent peintes les figures du martyr Policamus, de Curinus, évêquede Siscia en lllyrie, et d'un personnage inconnu portant le nom de Sabasiianus, images qu'on y contemple encore aujourd'hui.

11 y a vingt-deux ans que U. de' Rossi reconnut avec une pleine certitude ce vénérable sancluaire et put en décrire les principales dispositions. Celte découverte fait décidément justice de la tradition du moyen âge qui, sur la foi d'une inscription du quiniiéme siècle, supposait que le corps de Sainte Cécile reposait au cimetière de Saint- Sébastien. C'est là, c'est-à-dire dans la chapelle pratiquée par les soins de Caltisle à câté de celle qui fut désormais consacrée a h sépulture des papes que H martvre séjourna jusqu -lu neuvième siècle On liia atec intérêt dans lou wagedeU de Rossi, le récit émouvant des circonstances qui amenèrent le savant arcbéologue à la decou verte de ce trésor , rerit que la brièvelc qui nous c l imposée nous interdit de suivre dins tous ses de tails. Nous de vons au moins au lecteur la satisfaction de contempler la crypte dans l'état où elle se trouve actuellement, et nous en empruntons le dessin à la Rome nmierraine de l'illustre maître (t. ii, lav. v].

III. Troisième sépulture , ou translation définitive. — ^ous avons dit que le corps de Sainte Cécile reposa dans son nouveau sanctuaire jusqu'au neuvième siècle. C'est alors, en effet, c'està-dire en juillet 817, que le pape Pascal 1" transporta dans les églises et les monastères de Rome les reliques de 2,300 martyrs retirées des cime-

i — CECI

tiêres profanés et dévastés. Les corps des pontifes de la fameuse crypte papale figuraient dans le nombre ; mais, en dépit des plus minulieuses recherches faites par Pascal et dêjï commencées par ses prédécesseurs, le tombeau de Cécile n'avait pu être retrouvé. On sait, que lorsque les Lombards envahirent la ville de Rome, ils portèrent leurs dévastations jusque dans les cimetières suburbains, où ils fouillèrent les sépultures des martjrs et dérobèrent même plusieurs corps saints. Ces barbares avaient spécialement manifesté le désir de ravir le corps de Sainte Cécile et l'avaient recherché avec une persévérance connue de tous ; on se persuada donc aisément qu'il avait été enveloppé dans le dés.nstre commun et qu'il était devenu la proie du roi Aslolfe.

Mais, en 831, Pascal ayant conçu le projet de relever la basilique de la sainte tombant en ruine, et de la reconstruire avec une magniAcence supérieure à celle que l'on avait admirée dans l'ancienne, sentit rennitre tous ses désirs et aussi ses espérances ; il résolut donc de lenlcr de nouveaux efTorls pour recouvrer la précieuse relique et l'abriter dans le temple splendide qu'il lui préparait. Il descendit en personne dans les cryptes, les fouilla les unes après les autres, mais lucune ne lui rendit le saint dèpdt II renonça donc momentanément a poursiiivrel entreprise et ce n est qu après un laps de qualre années qu un événement mei\eilltui Mn'

même lui npparutenson„e lorsque absis sur sa ctiaire dLi Vatican a I aube du jour il s était as soupi sous le e des

pendant qu il eiileiait les reliques des papea elle était SI près de lui

I eut retenir

ici,tout enl'abrégeant, lerécitdeH. de' Rossi. qui

n'est au fond que celui de Pascal lui-même, dans son diplûme. Guidé par cette vision ou ce songe, le pape se transporta dans le lieu qui lui avait été indiqué et y trouva le corps de la sainte, dans la même attitude qu'au moment de sa mort, la tète tournée vers le fond du cercueil, comme elle l'était vers le pavé de sa chambre quand elle rendit le dernier soupir : elle était couclièe sur le cAtè droit, les deux bras étendus en avant, les genoux joints

l'un contre l'iulre, aiec une légère inneiion. Il élait frais et intact comme au jour de sa. sépulture, recouvert de tissus d'or, et des linges lacbés de sang étaient roulés a ses pieds ; le cercueil élait bien c«lui oi^ l'évfque Urbain avait déposé le corps, un cercueil en bois de cfprès.

Cominent le saint tombeau avait-il échappé à lanl et de si persévénnlcs reclierches? On ne peut répondre i cette question que par une conjecture : OD suppose, arec toute vraisemblance, qu'il avait clé dissimulé par une cloison pour le soustraire aui Lombards envahisseurs. C'est là une pratique dont Dous avons plus d'un exemple : ainsi, au cimetière de Prétextât, un arcosolium qui avait èlé ainsi muré au septième ou au huitième siècle, reparut aui yeux du P. Uarctii et de H. de' Rossi dés que la muraille eut été abattue.

EnriD, quoi qu'il en soit de cette circonstance peu importante, le pape Pascal, en possession de la dépouille de la mart jre, la prit dans ses bras et ne voulut laisser a nul autre l'insigne honneur de la transporter dans l'église bitie sur la demeure de Cécile, au Traslevere ; il la plaça, sans rien changer à b position où il l'avait trouvée, dans un sarcophage de marbre blanc au-dessous du maitre-autel.

C'est là qu'elle fut retrouvée, et absolument dans le même état, huit cents ans après, par le cardinal Stoodrati, du titre de Sainte-Cécile, i l'occasion degraods travaux de restauration exécutés par ses soins dans cette auguste basilique. Dans un vaste caieau, creusé sous le maître-autel, étaient deux sarcophages, celui de la sainte contenant le cercueil de qfprès, et l'autre renrermant trois corps, qui n'étaient autres que ceux de ses compagnons de marljre, Talérien, Tiburce et Maxime. Le sannt Baronius reçut du pape Clément VIII, malade à Frascati, la mission de soumettre Itis rehques de la sainte k un scrupuleux examen. Elles restèrent exposées un mois durant dans cette même église, où toute la ville de Rome vint les contempler et les Téoérer. Après la fermeture du tombeau, faite en présence du

5— CÉa

IV. la plus ancienne image de Sainte Cécile est, croyons-nous, du sixième siècle. Elle se trouve dans la mosaïque de l'abside de Saint-Apollinaire de Ravenne, terminée en 570 par les soins de l'archevêque Agnellus. Sainte Cécile j figure au nombre des vingt-cinq martjrrs qui viennent présenter au Christ leur couronne, sur un pan de leur riche vêtement. Ces images sont séparées, selon l'usage adopté par les mosaïstes byzantins, par des palmiers qui sont l'emblème du séjour céleste (Y. l'art. Arbre*). Nous donnons ici cette imaged'aprês Ciampini ( Vet. mouim. t. ii.Tab, xxvi).

' Uaderno avait exécutée, après avoir etaminé à plusieurs reprises l'altitude de la sainte dans soti tombeau.

Les lecteurs qui seraient désireux de connaître daus tous ses détails l'histoire des dilTérentes translations du corps de Sainte Cécile, pouriaient recourir au grand ouvrage de H. le commandeur dc'Bo&si, ou bien à l'histoire de la sainte par le ft. P. abbé Guéranger.qui en est le résunaé (Paris, Didot. 1874).

C'est au septième siècle qu'on atlribue la fresque qui se voit encore dans la cryple de Sainte Cécile, et dont la découverte, faite en 1854, désigne d'une manière incontestable le lieu oii Calliste avait opéré la première translation du corps de lu fille des Cœcilii.

Hais des peintures beaucoup plus anciennes et probablement contemporaines de la fondation de la crypte existaient encore, bien que dans un état de dégradation presque complète, au-dessus de l'image que nous donnons ici, et sur la paroi du lumi-

pour donner de l'air et du

nérable sanctuaire (V, lart.

... . a-ypl<e). On y démêlait, à l'époque de la découverte, les linéaments d'une ligure de fenjme dans l'attitude de la prière et qui était sans doute la représentation primitive de la sainte. Au-deïSDus de celte image est peinte une croix accostée de deux brebis ) à la base du luminaire sont les figures de rotiawïs, wbàsiiàms, cvbmvs, datant probablement du quatrième ou du cinquième siècle- On ne possède, que nous sachions du moins, aucune donnée rattachant d'une ma-

niére plus ou moini directe ces personnages à 1 jageons par quelques cubes de différentes courtustoire de Snmle Cécile Enrn su bas de I image leurs subsistant encore sur ses twrds parait avoir que 10ICI (Aom io(t n pi yi] et qui ai nous en I été superposée i une ancienne mosaïque, on «âl

une peinture de s b époque, représen n N demi-niciie, et, à cd < plaiie, Sainl Urbain férents si^ets se tad croquis de la cryp p g leur puisse se rend leur disposition.

Quoi qu'il en so d p m d g

riQcation de la jeune martyre partes arts, c'est surtout au Moyen Age et à la Renaissance que tous les grands artistes, de Cimabue à lUphaél, etc., ont consacré leur génie à retracer, sous tous ses aspects et dans toules les circonstances de sa ne et de sa mort, cette grande figure de sainte, l'une des plus populaires que nous offrent les fastes de l'Ëglise. Hais, dans celte rapide élude, nous ne pouvons franchir les limites de l'antiquité pn>prement dite, qui sont aussi celles que nous avons d& tracer au présent ourrage.

CEINTURE. Y. l'art. YétemenU dn tcclétiatlifwi rfiiRi Itt foiKlionê wcréet, III, 5'.

CEnron («iirptn). — au propre, on appelle ■ÎDsi un vêlement «il et grossier, composé de morceatu da vidlles étoffes, de différentes qualité?

p Très gens

et même leurs

b can d cenloos

nLq é peut-être

car M. de

p 95 donne un

m ntionnée •

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Au llguré, on a appliqué le nom de eadon à une espèce de poème composé de vers ou d'hémistiches pris fà et là dans différents auteurs, et qu'on s'efl'orce de plier i une signiflcation qui n'était nullement dans les rues de ces écrivains. Il parait que, par un coupable abus de la pande de Uieu, les hérétiques des premiers siècles coitpaient ainsi les textes des saintes Ecritures pour les plier dans le sens de leurs erreurs. Tertullien nous parle de ces falsiilcattons (Prieteript. uitih). I Yaleiilin a imaginé d'accommoder non point les Écritures à son système, mais son système aux Écritures, et cependant il a plus dté, plus ajouté, enlevant jusqu'aux propriétés des mots, et ajoutant des dispositions de choses qui ne paraissent point. ■

(^ genre de poésie, si on peut appeler ainsi les centons, semblerait digne seulement des siècles de décadence. Cependant il en est question i

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