‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennes [microform]Chapitre 71 sur 281 · CHAP · texte numérisé non relu

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S. Rarthéleim redisait cenl fois par jour avec autant de génuflexions.

Au reproche de superstition adressé à ce sujet aux premiers chrétiens, reproche renouvelé contre les catholiques par les novateurs, Lactance répondait (Inttit, 1. IV. c. 28) : < S'il est bon de prier une fois, combien n*est-il pas mieux de le faire souvent! Ce que vous dites à la première heure, pourquoi ne le diriez-vous pas tout le jour, etc. ? Les prières multipliées sont des mérites et non des offenses, » »i enim semel facere optimum e<l, quanto magis tœpnut

Cette pratique se répandit surtout parmi les anachorètes des premiers siècles. Pour ne point interrompre le travail des mains qui leur était prescrit, et qui, au surplus, était leur seul moyen (inexistence, ils apprenaient par cœur certaines prières, les psaumes pricipalement, et les redisaient un nombre de fois déterminé pour chaque journée. Pour ceux qui ne savaient pas lire, c'était Toraison dominicale, ou d'autres formules, courtes et faciles à retenir : et en les répétant à chacune des heures fixées par rÉglise pour la psalmodie, ils s'associaient de la seule manière qui leur fût possible, à l'oflice divin. Cette prière fut appelée pour ce mo\i( psal^ terium Chriiti (V. Alan. Apolog, ad Henric, episc. Tomoccn.)»

Palladius, disciple d'Év;igre, raconte, entre autres faits de ce genre, que l'abbé Paul, qui habitait le désert de Scété, sur le mont Ferme, ne travaillait qu'autant qu'il était nécessaire pour gagner son pain de ciiaque jour, et qu'il passait le reste de son temps en prière, récitant les mêmes formules jusqu'à trois cents fois, tribut quotidien qu'il payait fidèlement à Dieu, dit Sozoméne (Hist. eccl. 1. vi. c. 29. — Pallad. HUt. Lausiac, c. xxm).

IL — Une telle pratique étant donnée, on comprend qu*un instrument, ou une méthode mnémonique quelconque était nécessaire pour compter ces prières. Aussi, pour n'oublier aucune de ces trois cents oraisons qu'il s'était imposées, trecenUu preces expressas et prœstiiutas, ce même Paul avait-il dans un pan de son vêtement trois cents petites pierres, toiidem habens in iinu calculas^ et chaque l'ois qu'il avait prononcé une de ces prières, il jetait un de ces calculs, et in unaquaque oratione jaciens unum calculum. Le grec ^r^Ut ici traduit par ca/ctt/iM, désigne au propre ces petits cubes de pierre avec lesquels se faisaient anciennement les mosaïques, et qui généralement aujourd'hui sont remplacés par des pâtes de verre.

Que si un tel expédient était indispensable au saint anachorète pour venir en aide à sa mémoire, il l'était bien plus encore à cette vierge qui, au témoignage de S. Macaire (Pallad. c. xxiv), récitait sept cents fois par jour la même prière. Et S. Macaire lui-même, bien qu'il ne répétât que cent fois la sienne, parce qu'il travaillait toujours en priant, n'aurait point pu remplir exactement cet olïlce sans le secours de quelque moyen matériel et sensible.

La pratique dont nous venons de donner quelques

exemples, devint vulgaire, non-seulement parmi les solitaires, mais aussi parmi les simples fidèles.

IIL — Mais h quelle époque s'introduisit l'usage des couronnes ou chapelets proprement dits, se composant d'un certain nombre de grains percés e passés à un fil ou cordon, c'est ce qu'il serait bien difficile de déterminer. Les données que nous possédons à ce sujet ne remontent pas au delà des premières années du neuvième siècle. Dans le dixième canon du concile de Celchyl , en Angleterre, célébré en 816, il est fait mention d'un objet nommé beltidum, que Spelman croit être le rosaire ou chapelet (Spelm. Ad conciL Brit. ghs*. 1. 1. p. 171). Traitant des prières qui devaient être faites à l'occasion de la mort d'un évêque, ce canon porte que « chaque évêque ou abbé récitera soixante psaumes, fera célébrer cent vingt messes, et récitera un beUidum de Pater noster [V. Mabillon. Prœf. ad sec. v Benedict. n. 125). On voit qu'il ne s'agit ici que du Pater noster qui doit être récité un certain nombre de fois, selon la portée de l'instrument en question, et non point de la salutation augélique, dont la fonnule définitive ne fut arrêtée qu'au onzième siècle (Mabillon. ibid.).

liais que ce beUidum corresponde à l'objet que nous appelons aujourd'hui rosaire, c'est ce qu'il nous paraît impossible de constater. Le canonistc anglais, pour étayer son opinion, a recours à Tétymologie, et veut que ce mot vienne du saxon belt, qui signifie cingulum, « ceinture, couronne. * Du Cange (Ad voc. Beltis) rejette cette interpréUtion, et alfirme que le rosaire (le mot et la chose) est postérieur de plusieurs siècles.

On ne saurait nier cependant que le mot beUidum ne désigne un instrument destiné à compter les prières, et il est avéré qu'il était d'un fréquent usage au onzième siècle. A cette époque, en effet, les grands seigneurs avaient de ces beltida dont les grains étaient, non de bois, mais de pierres précieuses. Guillaume de Malmesbury (lib. iv. c. 4. Depontif.) raconte que Godève, femme du comte Léofric, fondateur du monastère de Coventry (1040), et qui se distinguait par une grande dévotion envers la Ste Vierge, « sur le point de mourir, fil suspendre au cou d'une image de Marie le cercle de pierres précieuses, circw/um gemmarum, quelle avait enfilées à un cordon et qu'elle avait coutume de rouler dans ses doigts, récitant une prière en touchant chaque grain, afin de n'en point omettre, ut in singularum contadu, singuUu orationes incipiensy numerum non praetermitleret. Les gemmes qui composaient cette couronne étaient estimées cent marcs d'argent, au dire de Mabillon (Ann, Benedict. lib. Lvm. n. 69).

Dans un curieux tableau, peint, selon toute apparence, vers le commencement du même siècle et représentant les funérailles de S. Éphrem (V. Bottari. t. ra. m tnti.), on voit des moines qui portent des chapelets à la main ou suspendus à leur ceinture (V. la gravure de notre art. Ermites).

Si nous en croyons le cardinal Alan, archevêque de Matines au seizième siècle, l'usnge de ces cou-

nniws eiislait déji du temps de Bédé, au septième siècle : od en suspendait aux murailles des églises d'Ifl^eUtre, pour le service du public (Alan. toc.

l*Mi.).

CIASCBLE. — I. —La ch^isublf, autrement dit«^{iiw(f,HtunTétement sacerdotal aujourd'hui liirt réduit, mais qui, dans le principe, était tssez tafk pour envelopper tout le corps, de la lête aui pieds, comme une petite maison, ca*ula. Cest la détiailÎMi qu'en donne S. Isidore de Sérille {Orig. itL 14). ainsi que beaucoup d'autres auteurs. Elle n'avait qu'une ouveituro au centre, pour pnsser la lèle, et point pour les bras; de lelle sorte que, pour agir, le prêtre vêtu de la chasuble devait en relever les pans sur ses bras, ou même les rejeter sur ses épaules. Le dessin qui figure ici et qui est la reproduction d'une des plus anciennes images de S. Grégoire le Grand (T. le Sacramenlaire de ce pape édité par dom Kénard, m froitlt], représente asseï fidèlement l'idée que les écrivains anciens nous donnent de h dusoble primitive.

TooteTois il n'est pas tout à fait exact de dire que U chasuble était également longue dans loule sa laideur, circiiialim ad pedtt laqut demitta [Georg. De lilvg. Rom. pont. I. i. c. U- n. 8. — Ferrari. i)«r« vatiaria. c. iuti}; c^qui n'est vrai qse de b chasuble des Grecs, comme on peut le toir par un spécimen du Oiclionnaire $aeré de Hacri (Ad TOC. Casula), et par les nombreux exemples qu'en Toumissent les diptyques grecs {V. Pa-

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