CHAS
CUAU
Rambert-sur-Loire, illustrée par M. Tabbé Doué (Lyon. 1844), et qui parait être du onzième siècle, ne s^éloigne de cette forme qu'en ce que les extrémités en sont un peu arrondies.
Nous devons dire néanmoins que le plus grand nombredes monuments montrentla chasuble selon le modèle ci-dessus; et les difTérences qui se font remarquer quant à la forme de ce yètement sacré, tiennent vraisemblablement à la différence des coutumes locales. En ceci, comme sur une inûnité d'autres points, il est impossible de tracer une règle inflexible.
IL — Avant d'être un vêtement sacré, la planète fut d'abord, un habit profane, ccnmiun aux laïques comme aux ecclésiastiques, et même aux femmes (Y. l'art. Penula)» On rencontre dans les catacombes de Rome une foule de personnages en prière, orantes^ vêtus de pénules exactement semblables à ce que nous savons de la chasuble antique (Y. Bottari. tav. cxx. s), et nous avons donné à l'article Prière (Attitude de la) une orante copiée sur une magnifique planche de M. Perret (i. xxxiv), laquelle porte une planète presque pareille à celle de nos jours, quoiqu'un peu plus ample. Nous savons du reste positivement que c'était un vêtement vulgaire par Jean Diacre qui, en parlant [In Vit, S. Greg. Magni. c. lxxxiu) d'une peinture représentant les parents de S. Grégoire, Gordien et Sylvia, dit du premier : Cujus habUus.... pkmeta est. Tel est aussi le vêtement de S. Maximin, sur un très-ancien sarcophage de Marseille (Y. Monum, de Ste Madeleine, i. p. 442). Au fond, ce n'était que la/^enu/a, non pas la penula vulgaire (Y. l'art. Penulà), mais cette penula plus ample, plus noble, qui s'introduisit parmi les personnes d'une condition élevée. Elles dilTéraient l'une de l'autre par leur matière plus ou moins précieuse, et par leur forme plus ou moins élégante et plus étoffée : les plus riches furent réservées pour les mystères divins (Y. Borgia. De cruce Veliterna, p. uxix).
m. — Pendant bien des siècles, la chasuble ou planète fut commune à tous les ordres ecclésiastiques. Dn ordre romain publié par Mabillon (Mus. Ital. H. 85) porte que, à son ordination, l'acolyte reçoit la planète et l'orarttim, et une fresque du cimetière de Saint-Pontien (Bottari. tav. xlv), datant du sixième siècle, fait voir le diacre S. Laurent, comme dans le verre que nous avons cité plus haut, couvert du même vêtement.
La chasuble ne fut mise au nombre des vête ments sacrés qu'après Tétole, et même après l'aube, le colobium ou tunique précieuse, et la dalroatique. Il en est question pour la première fois, conome telle, dans le vingt- septième canon du quatrième concile de Tolède.
lY. — Dès les premiers siècles qui suivirent les persécutions, l'esprit de foi se plut à enrichir la chasuble d'or, d'argent, de pierreries, et surtout des images de Notre-Seigneur, de la Ste Yierge et des Saints, quelquefois même de fleurs et d'animaux symboliques, uî?age consacré par les Pères
du deuxième concile de Nicée (Labbe. t. vni. p. 1206. edit. Vend.)*
Un usage bien plus intéressant encore, c*est celui qui consistait à y représenter les évèques de chaque Église, ce qui atteste une fois de plus l'importance qu'on mettait alors à posséder et à avoir sans cesse devant les yeux la série des pontifes qui avaient gouverné une %lise depuis les apôtres. Ces chasubles s'appelaient chasublet diptyques. Mauri Sarti en a illustré une appartenant à l'église de Saint -Apollinaire in Classe de Ravaone, où sont reproduites les images des évèques de Yéroae, an nombre de trente-cinq, du troisième au huitième siècle, non point dispersées dans le corps de la cha^ subie, mais distribuées en autant de médaillons sur une large bande d'étoffe d'or, cousue devant et derrière, se divisant en deux autour du cou, et imitant à peu près la forme dnpallium archiépiscopal telle qu'elle était encore au dixième siècle (V. Uauri Sarti. Devet.cas, diptych, Favenliae, 1 765). Cette bande d'étoffe est, selon toute apparence, l'ornement que les anciens appelaient aureum dovum, chrysoclavum, aurifrigium (Y. Rubenius. De re vestiaria. c. xi), ou encore superhumerale^ et nous voyons par ce monument que l'usage d'en revêtir les chasubles remonte à la plus haute antiquité (V. l'art. Clavus), Il parait néanmoins que l'étoffe de cette chasuble avait été d'abord un voile que l'évêque Annon avait fait exécuter pour orner le tombeau des martyrs Firmin et Rusficiis (Y. Pouillard, De/ bacio de'piedi del somma pontifke. p. 79 en note).
CHAUX (son emploi dàks lbs siruLTUREs cebé- TIENNES DES CATAOOHBBs) . — Nous plsçons îci une observation qui n'a pu entrer dans l'article Ensevelissementf et qui est destinée à le compléter. Le P. Marchi a observé, dans beaucoup de sépultures des catacombes (p. 19), que souvent les corps sont enveloppés dans deux linceuls, entre lesquels est étendue, de la tète aux pieds, une couche de chaux d'un pouce à peu près d'épaisseur. Le savant jésuite fut amené à cette découverte, en observant sur ces enduits l'empreinte d'un double tissu, Tun qui, ordinairement très-fin, était en contact immédiat avec le cadavre, l'autre extérieur et plus grossier. La supposition que cette pratique funéraire avait pour but de détruire plus promptement les chairs, n'est pas admissible, car elle ne saurait se concilier avec la connaissance que nous avons du soin respectueux que prenaient les premiers chrétiens de conserver intacts des corps sanctiûés ici-bas et devenus plus vénérables encore à leurs yeux par la perspective de la résurrection future, objet de leurs vœux et de leurs plus inébranlables espérances. Hais on doit dire que cet enduit de chaux était destiné à faire au cadavre une sorte de cercueil artificiel, pour empêclier l'odeur résultant de la putréfaction de s'en ^happer; et rien n'était plus propre à atteindre ce but que la chaux, dont la propriété est d'absorber l'humidité et l'acicle carbonique de l'air.