CHOR
GHETAL. — Le cheval, au repos ou à la course, aree ou sans la pdme sur la tête, est une représentation symbolique qui se rencontre assez fréquemment sur les monuments funéraires du christianisme primitif. Les antiquaires pensent généralement que ce symbole renferme une allusion i plusieurs passages de l'Écriture et de S. Paul en particulier (1 Cor. u. 24. 2 Tim, it, 7), qui considérait la vie chrétienne' comme une course du arque, au bout de laquelle est la victoire pour celui qui a fourni généreusement sa carrière.
Cette interprétation devient tout à fait plausible m présence de certains monuments, tels que le Utultu du jeune martyr Florens (Lupi. DisserL e kit. 1. p. 258), où la meto marquant le but de la course est figurée devant le cheval, et d'autres où les chevaux expriment des noms de chrétiens rappelant eux-mêmes des idées de victoire. Tel est le nom de vhicehtivs écrit sur un vase de verre de la forme des balsamaires, où sont peints trois chevaux yainqueurs (Fabretti. p. 277), au-dessous desquels leurs noms sont écrits en boustrophédon : ces noms sont : Axns, c Tempête, i oiKoniENB, c Monde, » el zxp, c Zéphir. i
Ce symbole n'était pas étranger à Tantiquité païenne : un dieval aTec la palme sur la tète, et deux éperons suspendus à la queue, sans doute pour activer sa course (Boldetti. p. 21), sert d*ornement à la pierre tumulaire d'un jeune enfant nommé feucdla victor. Fabretti (p. 549. xv) assigne le même sens à un cheval dirigeant sa course vers une palme, sujet qui se voit sur la tombe d'un enfant mort après quelques mois d'existence, et qui par conséquent avait terminé rapidement sa course. Ce symbole figure encore sur le tUulus d'une femme nonunée vettu suiplicia, donné par le P. Lupi (EpUaph. Sev, p. 57)« et ici le cheval a sur la tête, au lieu de palme, un croissant; sur un
marbre trouvé au cimetière de Priscille en 1844 (Perret, v. pi. uun. 22) ; sur un fragment d'inscription donné par M. Eté* Rossi (i. 575) ; sur mi froment de terre cuite (Id. nr. pi. vni. 3), sur une lampe d'argile (Id. ibid. xix. 2).
Boldetti avait déjà recueilli dans les catacombes <les pierres fines, des sceaux de tuile, des tessères où sont figurés des chevaux à la course (ftsservaz. p. 216), et une fibule façonnée en forme de cheval est publiée dai'.s le recueil de M. Perret (iv.
pi. XVI. 93). Les actes de S. Valentin» martyr et évêque de Terni (Bolland. t. ujun,) nous apprennent que des chevaux regardant une croix placée au milieu d'eux étaient gravés sur la tombe de ce martyr; et S. Polyeucte, dans un songe qui lui annonçait son martyre, vit Notre-Seigneur lui donner, entre autres choses, equum pennatum (Ada).
Ce symbole s'est trouvé spécialement dans des sépultures de martyrs, linsi, dans une chapelle souterraine du cimetière de Basilla, découvert en 1 726, la tribune ou coquille de l'abside faisait voû* des dievaux libres et paissant (Bianchini. NoL ad Anast. Prolegom. t. m).
Outre les chevaux isolés, on rencontre aussi parfois des biges ou des quadriges dont les chevaux ont des palmes sur la tête (Bottari. tav. clx. — Buonarruoti. tav. xxvn),et sont montés par des jeunes gens : ce qui rappelle exactement le§ jeux du cirque et le texte de S. Paul qui y fait allusion : Sic currite ut comprehendatis (1 Cor. u, 24).
CHORËTÊQUES. -— Comme, dès le troisième siècle, les diocèses des évèques commencèrent à s'étendre dans la campagne, ceux-ci se donnèrent des espèces de vicaires appelés à exercer une juridiction subordonnée dans les pagi; ils reçurent chez les Grecs le nom de xtn^ireiaxonw,, ce qui veut dire évêque* de villages, ou celui de irepic^eurai, curateurs ou inspecteurs déglises {Conc. Laod. c. Lvu) ; ils furent nommés chez les Latins chore" piscopif ce qui n'est autre chose que le vocable grec latinisé.
Après Constantin, le cercle du territoire de chaque diocèse s'élargissant de plus en plus, nous voyons qu'il y eut quelquefois plusieurs chorévêques par diocèse (Basil. Epist. ccccxvm). Il est avéré que, en Orient, bien qu'ils n'exerçassent qu'une autorité vicariale, ils administraient le sacrement de confirmation, consacraient les églises, imposaient le voile aux vierges, surveillaient la vie et les mœurs des clercs attachés aux églises auxquelles ils présidaient, afin d'éclairer l'évêque sur leur compte en vue de leur ordination (Id. Epist, cLxxxi) ; en présence de l'évêque, et d'après son ordre, ils ordonnaient des diacres et même des prêtres (Concil, Antioch. c. x) ; et, en l'absence même de l'évêque, ils conféraient les ordres mineurs (Ibid, et Conc. Ancyr, c. xm) ; ils assistaient aux conciles, y siégeaient au rang des évèques, et en souscrivaient les actes (In conc. Neoc, îiicœn. i. Chalced. act. i. — S. Âthanas. Apolog. u). Il est certain que plusieurs des offices que nous venons d'énumérer semblent supposer le caractère épiscopal. Les chorévêques en étaient-ils revêtus? C'est là une question qui est du ressort des canonistes; pour nous, nous n'avons qu'à constater les faits.
En Occident, il ne parait pas trop de trace de cette institution avant le cinquième siècle. Or conune les évèques déléguèrent aux chorévêques à peu prés tous leurs pouvoirs (Isid. Hisp. De offic, eecles. n. 6), ceux-ci ne tardèrent pas à usurper les pri\ilé^es et les droits qui appartenaient en
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