‹ Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments (volume 2)Chapitre 1 sur 275 · LA B · texte numérisé non relu

LA B

LABRONIOS (Aaêpwvioç, Aaêpamov, Aaëpoïûv) 1 . — Vase à boire dont la forme n’est pas bien déterminée. La description d’Athénée2 en fait un vase largement ouvert, muni de grandes anses, ce qui a conduit Krause3 à le ranger parmi les variantes de la coupe [cylix]. Mais Athénée spécifie, en outre, que c’est un ustensile d’origine perse (ÊxTuopaxoç irspatxoO ei'Soç). Ménandre et d’autres poètes, dont il cite les extraits, parlent de ce vase comme d’un objet de prix, faisant partie d’une vaisselle richement ciselée. Il y avait des XaSpojvtot enrichis de pierreries. Un d’eux (en forme d’oiseau ou orné d’une représentation d’oiseau, d’après un vers assez obscur) pesait deux cents statères d’or ; un autre en valait vingt. Il est mentionné à côté de vases portant des noms d’animaux (l’espadon, le bouc-cerf, 'etc.), comme s’il s’agissait d’une catégorie de rhytons [rhyton]. D’autre part, Didyme4 l’assimile au bomiiylios, ce qui achève de rendre peu nette l’image qu'on peut s’en faire. E. Pottieh.

LABRUM, LABELLUM. — Cuve, vasque, bassin. Le mot qui signifie lèvre ou rebord, est devenu le nom du vase lui-même, que caractérise le bord replié de sa

cuvette. On le rencontre dans les auteurs, appliqué, sans indication de forme, à des vases de pierre, d’argile, de bois, de plomb, contenantdu vin *, de l’huile 2, de la saumure3, des fruits et des légumes ''', ou simplement de l’eau5. Il convient à la vasque où retombe l’eau jaillissant d’une fontaine6 : on en a vu ailleurs des exemples [fons, iiortus]. Il désigne spécialement, dans les bains romains, le bassin isolé qui servait dans le caldarium aux douches et aux ablutions [balneumj, et ainsi il correspond au louterion des Grecs. Il est, comme celui-ci, porté par un pied qui le monte à hauteur d’appui. Un labrum (ainsi nommé dans l’inscription qui y est gravée en lettres de bronze) 7, encore en place dans les

LABROXIOS. 1 Différentes orthographes dans Athénée, XI, 68, p. 484; Hesych. Suid. Phot. s, v. Le Thésaurus d’Henri Estienne en fait un féminin singulier^ AtcSjuvia (ô)- Les textes qui contiennent ce mot me paraissent en faire le pluriel de USçùvtov, comme l'a déjà montré Casaubon. — 2 Alhen. XI, 68, p. 484 c. — 3 Angeiologie , p. 341. — 4 Ap. Ath. I. c.

LABRUM, LABELLUM. 1 Virg. Georrj. Il, 6 ; Cal. R. rust. 154. — 2 Cat. n. rust. 10, Il et 13 ; Colum. XII, 5-2, 10 el 11. - 3 Cat. 88. —4 Cat. 1 1 ; Col XII lo et 44. — 5 Cat. 10 et II. — 0 Inscr. de Tunisie, ntill. arc h. du Comité des trav. hist. 1893, p. 205 : « Ad labrum lapideum aqua ut saliret ». —7 Corp. inscr. lat X 817.-8 Inscr. de Nemi, Hermès , 1872, p. 11 « labellum marmorcum cum coin

Anciens bains de Pompéi, a pour support un épais massif circulaire en lave (voir t. Ier, p. 656, fig. 756, 757); mais ordinairement le pied est dégagé, en forme de piédouche ou de colonne ( columella )8. Celui qui est dessiné

figure 4311 est en marbre et appartient au musée de Naples9. De magnifiques exemples de ces vases existent encore dans les musées, faits de marbres rares, de porphyre, de basalte et richement sculptés10. Quelquefois plusieurs pieds à figures de lions, de sphinx, de chi¬

mères, etc. (fig. 4312), ont été groupés autour du support central ou disposés en trépied 11 pour soutenir leurs vastes bassins12. La beauté du travail et de la matière permet de supposer que, en dehors des emplois déjà

mella ». 9 Mus. Borbon. III, xr.iv. — 10 Voir les recueils de Piranesi, Vasi,

candelabri , etc. Rome, 177G; Roclieggiani, Raccolta di cento tavole (s. 1. n. d.) ; Pislolcsi, Vaticano descritto , Rome, 1829-30, et les autres descriptions de musées d antiques, en tenant compte des restaurations modernes. Citons seulement encore pour la beauté de l ornement une vasque du palais des Conservateurs au Capitole* Bull, municip. di Borna , 1875, p. 80 ; Hclbig, Führev, I, n. 596. — H Piranesi, O. c. I, pl. xxxiu ; Roclieggiani, O. c. pl. xxxu, xu ; Pistolesi, t. VI, pl. xxn, xxiv ; Gargiulo, Recueil de monum. du Musée Farnèse, pl. xly, xlvii, etc. — 12 Celui de la Rotonde du Vatican provenant des thermes de Titus (Pistolesi, O. c. VI, pl. ex) mesure 44 palmes et 1/2 de circonférence.

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