LOI
LOPÈ [pallium].
LO R A et LOREA 1 (Bsuréptov, Xàxup&ç, XocvvjOxç, oivo; (7T6[i.<fuXta;, 7rÔTtpç) *. — Piquette, vin de qualité inférieure [voir aussi acetum]. On le fabriquait exactement comme aujourd’hui; quand on avait extrait le pur jus de raisin, on versait de l’eau sur le marc et on taisait une seconde foulée. On donnait ce vin à boire aux esclaves et aux ouvriers de la ferme pendant les trois mois qui suivaient la vendange3. En général, il ne se conservait pas au delà. Cependant on avait cherché par différents moyens u h rendre plus durable ; Pline décrit trois procédés en usage de son temps* ; le troisième, qui consiste à presser la lie du vin, produisait ce que Caton3 appelle vinumfaecatum ; ces sortes de piquettes, assure Pline, pouvaient se conserver un an, mais pas davantage. Columelle recommande une autre recette, qu’il tenait de son oncle, un agriculteur distingué de Cadix6 ; on arrivait en la suivant à garder sa piquette pendant plus de deux ans sans qu elle se gâtât.
Dans les âges primitifs de la société romaine, lorsque la sévérité des mœurs nationales n’avait encore subi aucune atteinte, il était interdit aux femmes de boire du vin pur; mais on leur permettait la piquette et quelques autres boissons qu’on jugeait moins dangereuses, telles que le vin de raisins secs et le vin cuit [vinum L Les médecins conseillaient volontiers la piquette aux malades et aux convalescents qui se seraient mal trouvés de l’usage
du vin pur 8. Georges Lafaye.
LORAMENTA.1. — Mot collectif, d’un sens plus étendu que loea, il ne se rencontre qu’au pluriel, et à partir du u» siècle ; il désigne tous les articles de la sellerie en général. L’Édit de Dioclétien énumère sous ce nom les porte-manteaux des cavaliers ( averta ), les selles ( scordiscus ), les bâts ( paramma ), les fouets (/ lagelluni ), les licous avec leurs musettes et leurs anneaux (capistrum , circulas ), les brides avec leurs mors (, frenum , salivarium ). Georges Lafaye.
LORARIUS *. — I. Esclave chargé de lier et de frapper avec des courroies (cxûtoç, lorum 2) ses camarades pris en faute3. Il avait sa place marquée dans toute maison qui comprenait un nombreux domestique4; sa condition n’était du reste ni plus relevée, ni plus heureuse que celle des patients livrés à ses coups5. C’est surtout par la comédie que ce personnage nous est connu ; il est probable que Ménandre .et les autres poètes de la Comédie Nouvelle s’en étaient beaucoup servis6; Plaute lui donne
1 Plm- XXX> 127.-2 Mart. IU, 42, 1 ; XIV, 60. — 3 Pallad. Oct. 14, 9 ; Apic. I, Y’ 11 ' a"a‘lius [Ibid. 10), la farine de poix d’Afrique, qu’il appelle ex afra pisa
hmentum, était
encore pli^s active. — 4 Plin, XX, 127; XXIV, 15. — 5 Id. XXII, 141.
L XXX|U,162. — 1 John, Die Malerei d. Alten,p. 118 et 120, pense que ce cendre hleuc ou l'outremer; cf. Gilbert, Annal, der Physite, 1. LII, p 503 "' y ""lm,|er, Technologie and Terminol.der Gewerbe und Kilnste, t. IV, cai,rul t l'Cnz, Minéralogie d. allen Griechen u. Rôm. p. 171, u. G3G. Le |el js Y 1 1 'OP1-0 paraît à Jolm (Op. cil. I. I.) être l’azurite, et celui do Scythie, lier E-'r'"!' Cf‘ t"1MTlnor. Op. cif.IV, p. 502. Beckmann, Beitrâge sur Geschichte «eNIeu-ii v \ I"' P' *8", laisse la question indécise. — 9 Plin. L. I. 163. Le
U)P\s Z"/'1''1 deniers la livre; le lomentum, dix; la dernière sorte, cinq as. cf, ;j Y|[[ 111 ^UON. 1 Suid. s. v. Unà;. — '2 Plat. Comic. cité par ALlien. I, 8 C ; — 4 piU| 1 1 ' L- — 3 Suid. L. c. Le même auteur assimile la lopas à la elnjtra.
an. !X 4o- /' ^;‘rire. p. 182 F. — 6 Aristoph. Vesp. 511. — G Aristot. Uist. Equit, io;pi '/ ^>ra^- P. 125 F; Scliol. Aristoph. Vesp. 062. — 7 Aristoph. p. 338 |j 9 , . (l'"’as- P- 6a Mai; Bekker, Anecd. p. 105, 17; Athen. VIII,
Mscz ok, . .,n*l0|.’h’ ,Jlut ■ 8l2i Poil. O nom. VI, 90; X, 93, 106, 122. Le texte
dernier passage semble indiquer que les ).oîcàSta
iSia, w; ETtpov 2v icxpà Tqv ÀotrâStt
bût, r j', . \| ]0,m° 900 la Yoitâç : xal koicâSta, ,îi ; exeçov ëv uxç
p. Ià8ï. __ lo'V.l ,ilS V01r lcs Commentaires dans l'édition de VVelslenius, 1706, hORA, t / 1X’P- '62 F; Poil. VI, 90. — H Geopon. XX, 18, 1.
"M) fait venir* 1 '* ’ U>t‘ ^ei' a,i G ; Aul. Gcll. X, 23, 2. Varron (11. r. I,
y 1,01 *'u Srec par une étymologie de fantaisie.* Le mot s’est
conservé au moyeu âge et a formé l’allemand Lauer. petile bière j Creuser dans les Mém. de l’Acad. des inter, et b.-l. XIV 2, p. 27, noie. I esjcu s. 1 , Dioscor V, 13. A Chypre on disait xuvécwpsi Hesych. Làxjjoî. — ■ Ca . .1.1,
25, 57 ; Varr. fl. r. I, 54, 3; Isid. Orig. XX, 3, 12. -4 Pliu. Uist. nat.X IV, 12, t 86 - cf 5, 2, 40. - 5 Cat. fl. r. 153; cf. 26. - « Colum. XII, 40. - ' A. Gell.
X 23' o- Varr, ap. Non. Marccll. XVII, 13, p. 551. Le texte de ce passage a élé rétabli par Bücheler, Rhcin. Mus. XIV, 1859, p. 448. - « Dioscor. V, 13; Onb.
I p. 359, cap. 31. — Bibliographie. Hermann, Gr. Privât a terth. p. -3, n. Becker-Goell, Gallus, III, p. 417 ; Marquardt, Privatleben d. Rom. U, p. 88.
LORAMENTA. t Justin. XI, 7; Edict. Diocl. 8, 8 et 10, t à 7 (Corp. mser. » lat. III, Supplem. III, 1893, p. 1938).
LORARIUS. 1 Plant. Capt. I, sc. 2; A. Gell. X, 3; Piac.d. Liber glossar. [Corp. gloss, lat. éd. Loevve-Goctz, V, 1894, p. 81) s. r. - 2 Aristoph. Vesp. 643. — 3 Ces courroies ne servaient pas moins à lier le coupable (Plaut. Capt. HI, 4. t2C; 5, 9; Epid. V, t, 0 et 11 ; 2, 18; True. IV, 3, 9) qu’à le frapper (Plant. Merc. Y 4 42 .' Pers, IV, 8, f ; Pseud. I, 2, f2). C'est ce qu’indique bien A. Gcll. X, 3 :
« 'loràrii, 'quos erant jussi, vinciebant aul verberabant. » — 4 Sur le châtiment par les lora ou liabenae, voir encore Hor. Episl. 1, 16, 47 ; II, 2, 15 ; Becker-Goell, Gallus, 11, p. 176, art. flAGbüm, fig. 3086. — 5 Plaut. Capt.l, sc. 2. — 6 A. Gell. I. c. semble même dire qu’il était propre à la comédie : « tanquam in sccnicis fabulis qui dicebantur lorarii. » Mais il faut entendre que dans la comédie, où les esclaves jouaient un grand rôle, le maître dupé et irrité ne marchait jamais sans être escorté du lorarius.
1 (Va
LOR
LOU
des noms plaisants, tous grecs, qu’il avait dù emprunter à ses modèles : Colaphos (soufllet), Cordalion (corde), Corax (potence)1. Un bas-relief en marbre, provenant de Rome, et aujourd'hui au musée de Naples, représente une scène de comédie qui a été diversement expliquée2; on y voit un des personnages, peut-être un
lorarius , tenant, prêt à frapper(fîg. 4518)3,une corde ou courroie mise en double, qui semble garnie de balles de plomb [flagellum] 4.
II. (SxuXOTÔgOÇ, ÊgaVTOTOgûÇ, XcopoTÔgoç), fabricant de courroies, sellier, bourrelier. Cet ouvrier exerçait un métier analogue à ceux du yaXivo- •jrotôç et du capistrarius [capistrum]. Il façonnait particulièrement les articles en cuir nécessaires pour brider, seller et atteler les chevaux TloramentaI 5.
III. Sous le nom de lorum (Xwpov), on a désigné, à partir du me siècle de notre ère, un galon qu’on cousait en un
ou plusieurs rangs sur un vêtement de couleur différente [lorum, § 11]. Il est possible que l’ouvrier qui fabriquait des galons pour cet usage se soit appelé lorarius 6.
Il y avait à Rome un viens lorarius qui tirait son nom, soit des selliers, soit des fabricants de galons qui habitaient cette rue. On ne sait pas dans quel quartier de la ville elle était située. Georges Lafaye.
LORICA (©wpa!;1, Gwpaxtov2). — Cuirasse, pièce d armure, de cuir ou de métal, couvrant le dos et la poitrine et protégeant la région thoracique. Les descriptions que les anciens nous ont laissées de la cuirasse sont d ordinaire fort confuses et les notices des lexicographes ont l’inconvénient d’avoir été rédigées à une époque où ces formes anciennes étaient hors d usage, aussi s accordentelles mal avec les monuments. Ceux-ci, d’autre part, ne sont ni assez nombreux, ni assez précis ou assez bien conservés pour suffire à une étude d ensemble. Dans l’état actuel de la science, tout essai en ce sens ne peut être qu’hypothétique. Du moins essaierons-nous de nous conformer, le plus strictement qu’il nous sera possible, a l’ordre historique et à l’enseignement qui se dégage des représentations figurées.
I. Les Grecs semblent avoir appris très tarda se servir de la cuirasse. Nous tacherons d’en voir tout à 1 heure les raisons, mais les représentations archaïques permettent de constater que l’armure nouvelle ne fut pas acceptée sans résistance et que 1 ancienne coutume de
l Plaut. Capt. III, 4, 124. Scènes où paraît le lorarius : Plaut. Capt. I,
sc. 2 et III, sc. 5; Ter. Andr. 8G1. — 2 Voir les opinions résumées par Wieseler, Benkmüler des Bühnenwesens , Gôtting, 1891, p. 81, p!. xr, 1-
- 3 Ficoroni, De larvis scenicis, tav. II ; Mus. Borbonico , t. IV, tav. xxiv.
- 4 Hor. Epod. IV, 3; Corp. inscr. lat. VI, 9528; Blümner, Technologie u. Terminologie der Gewerbe u. Künste bei Griech. u . Borner, I, p. î.69-17-.
- 5 Vopisc. Aurelian. 46, 6, Bonos. 15 ; Saumaise ad h. I. ; Marquardt, Privatleb.
d. B. p. 544, n. 8 et 545, n. I. C’est peut-être dans ce sens, et non dans le sens du§ II, qu’il faut prendre C. i. lat. VI, 9528; Blümner, I, p. 202, n. ). •’ C. i. I.
VI, 9796 ; Jordan, Topogr. d. Stadt Boni, II, p. 592; 0. Gilbert, Topogr. d. Stadt Bom, III, p. 55, n. I.
LORICA. 1 Poil. On. I, 145, etc. — 2 Poil. 1, 91 ; 7, 155. — 3 Gerhard, Auserl. Vasenbilder, I, pi. xxvi, 2, p. 93. — 4 Relief de Seti, Roscher, Lexikon, s. v. Isis,
combattre sans la cuirasse persista, une lui inventée et définitivement adoptée. 11 n’est -•* Ce"°'c' voir sur les vases peints corinthiens ou ati* ^ ' '"'e ^ ennemis lutter l’un contre l’autre, dont!’ s <'l‘Ux
1 un a la
fiue le bouclier.
poi¬
trine protégée et dont l’autre n’a scènps d’armement, très fréquentes sur les im"'' LeS archaïques, sont plus instructives encore. Nous maintes fois apporter au héros des cnémides, un bo "u"* ! un casque, une ou deux lances, et point de cuirasse’ n’est pas oubli du peintre, mais persistance d’un vieü' usage. En négligeant provisoirement les exceptions homériques et mycéniennes, nous conclurons de ces exemples que les Grecs n’ont pas inventé d’eux-niêmesla cuirasse. Ils l’ont reçue toute faite du dehors et se sont! bornés à la perfectionner et à l’adapter à leurs besoins IL Parmi les peuples auxquels ils ont pu l’emprunter | se présentent d’abord les Égyptiens. Nous trouvons figurés, sur certains monuments égyptiens, de hauts corselets écaillés retenus aux épaules par de larges bretelles et dont la destination était, sans nul doute, de protéger la poi tr ine contre les coups de lance4 : l’idée première de la cuirasse a pu venir de là, mais l’arme était très ! différente de la carapace de cuir ou d’écailles qui sera plus tard en usage. Il semble d’ailleurs que les Égyptiens se soient rarement servis de cette pièce d’armure; du moins les représentations n’en sont-elles pas fréquentes. ; Nous connaissons, par contre”, beaucoup de monuments assyriens 6 où les combattants, à cheval ou en char, paraissent couverts d’une lourde étoffe écaillée (Voir t. II, fig. 2199). Les feuilles rivées sur ces cottes, quelles fussent en métal ou en os, se recouvraient les unes les autres de façon que la pointe de la lance ennemie dût glisser sur leur assemblage : c’est le principe de la cuirasse antique, ou du moins l’une de ses formes les plus fréquentes. Sans doute l’attache de l’arme, sa disposition et l’agencement des courroies diffèrent de ce qu ils seiont plus tard, mais, si l’on réfléchit que l’Ionie paraît, sur ce point comme sur beaucoup d’autres, avoir servi d inter médiaire entre la Grèce propre et 1 Orient, on athi niera àces modèles assyriens une importance tout .ni tu <IU 91 monuments plus éloignés et plus rares de 1 Égjplc III. Chypre, rapprochée par sa position et pai b0n^ de ces civilisations orientales, sera par suit. ^
premières terres grecques où des cuirasses su usage. Encore paraissent-elles sur des œuvres a
peut à peine qualifier d’helléniques. Sui - ins objets
d’ivoire du Musée Britannique, trouvée a\ « * ^ ^ de style mycénien, le conducteur du clnu » s ^ acon sorte de cotte de mailles qui le protège e pal'ère
de même structure couvre son cheva • cava]iers
'argent trouvée à Larnaca certains e u „ J ortent, non plus un caleçon ou un J11-- ,l ffUi s'arrête usqu’aux hanches, mais une cotte croisi < ^
i. 369-370, fig. Les Schardana portent sur un JeuI
uirasse composée de bandes de métal supeiposées c^ ^ |
j i» 10” dynaslio u”8 mouum*"t d® ls - L
passe composée de bandes de métal superp sc couc tic w>al * „
t Chipiez, Hist. de l'Art, IV, fig. 4, p. f3. — ” ' ^ p, 463 fl'lh ''
rcliers sur le bas-relief de Scnnacherib, lbu ., ’ ° alternant avec ""
i. 467), avec bande de croisillé ou de croissants ici ^ ^ rqjn,,.0Ud (IblJ' j, ■échelons. Le justaucorps des archers sur le reie ...rf fig. I15’1' ] ,ja . 105), la cotte écaillée du guerrier de Kouyoundjik (JM ^ ^ v«cl obe chargée de bractées d'Assourbanipal ( » • ê[ne aidanl ,l'' "! s le*
oryphore du Louvre (Ibid. fig. 256, p. Jjl) s0" LiUites, où, "l4"’C , fjft
I y aurait lieu de rapprocher également les re ,pervot, Ü'sl ’ 'h jr3
cènes de chasse, paraissent des justaucoips “al fixcav nli°ns 111 1
JA rygie, fig. 279, p. 551). - 6 Murray, ///, pb »•
900, p. 12, fig. 19 et pl. i. — 7 Longpéricr, Mus.
LOR
LOR
travail tout diffu
- il est difficile de voir autre chose qu’une Uceinturce défend leg jambes est d’un
cuirasse t cal‘. Jrcnt> Une statuette de Chypre (fi g. 4319)
nous montre également un prototype de la cuirasse a épaulières où un anneau demi-circulaire unit les extrémités des lames rabattues 1 :
la grossièreté du modelé permet d’y voir plutôt un original que l’imitation d’une œuvre grecque.
IV. Dans la Grèce propre, deux monuments mycéniens sont, jusqu’il ce jour, les seuls sur lesquels on retrouve, avant la période archaïque, l’indication d’une cuirasse.
L’un est depuis longtemps connu, c’est le vase des guer-
une
pj» 4519.— Cuirasse c hvpriote.
riers : on y voit (fq
longue file de combattants passant à droite et vêtus d’un justaucorps frangé et serré à la ceinture2. L’étrangeté du costume a surpris. C’est l’une des raisons qui ont déterminé des érudits tels que MM. Arndt3 et Pottier4 à faire descendre l’époque de ce fragment jusqu’à la période du Dipylon ou même au temps du vase d’Aristonophos. Quelle que soit la valeur de
Fig. 4520.
Cuirasses mycéniennes.
Fig. 4521.
eurs arguments, il semble que les faits aient décidé e I senscon traire. M. Tsoundas a trouvé récemment dans un e Mycènes0, une stèle peinte à fresque où soi I (fî^10/'11) *S m®mes guerriers 6. On y voit nettemei LJu 1 ’ ^assa sur lln chiton bigarré et frangé, u
decujU Ui ^ COmran*' buste et les bras : le vêtemen noin' V' n SaUCUn ^oute’ semble faitde deux pièces, l’un niiuirhi." I'nan^ 1 ailtre rouge derrière le corps. Que le frf,s nt uduchées ou non à cette carapace, que '
ici ■ \'J<n[ 0U non anlérieure au vase, il n’importe pi 'leux inuin"' '* ' ^ue Ce S0‘t bien une cuirasse et qi P'dce d’on'l"1 ntS mycéniens la montrent employée comn 1111,1 ■ 11 reste après cela que le cas fut excej
I 1 Perrot et Q,j ■
y^schcko, ifuk'S'y ,/lSt- de l‘Art< 111, fig. 406, p. 595. — 2 Furlwünglc «ir/iro( [gnp, ^ ^ SUI1’ 3 St adieu sur Vnsenkunde, p. 4. — 1 Ih
I Pt I «H |[, ! ’ - ", Pl- dans ’EniS'fiS 4o/. 1886! P- 3. fig- 2. — « ’Etp. 4, eîarf,i- tpigr, Semin /°'S suivant Heichel, p. 101, note. — 8 Abhandlunq ( ' Univers. Wien. XI, 1894, chap. iv, p. 79-111. - 9 11. I
tionnel, car nous ne retrouvons rien de pareil sur les intailles et les reliefs mycéniens. Même l’art du Dipylon, qui est postérieur, n’a pas connu ces cuirasses. L’innovation dut être fortuite et n’a pas prévalu.
V. Cette rareté, ou, pour mieux dire, cette quasi-absence de la cuirasse dans l’art primitif semblait s’accorder mal avec la mention qui est faite assez fréquemment 1 du 0ojf7)<j dans les poèmes homériques. Il y a là une contradiction qui mérite d’être expliquée. M. Reichel, qui a étudié ce point dans les Ilomerische II affen 8, a résolu, semble-t-il, la difficulté. Suivant lui il faut distinguer entre les divers emplois du mot Ooïp rfc ou de ses dérivés : ou bien le terme a vraiment le sens de cuirasse, et le passage est récent et interpolé, ou bien le texte est ancien, mais la signification du mot est toute différente. @wçti; désigne en effet la cuirasse, mais par une extension du sens primitif : c’est d’abord et surtout la poitrine ; puis, et par suite, tout ce qui la recouvre, non seulement la carapace double des temps classiques, mais tout vêtement, tout bouclier et même toute ceinture. Par exemple, la gérpa, ce ceinturon placé sous le chiton et directement sur la peau, ne peut être définie ’Épuga ypoôç 9, si la cuirasse était là pour remplir cet office. De même le o:-Xoûç 0c6p7]ç 10 ne serait autre chose 11 que l’ensemble du
et de la pu'irpa, l’une placée sur le corps, l’autre pardessus le chiton, toutes deux formant un rempart double contre les traits. De même encore Qwpvjcrcxw ne signifie primitivement que se protéger le corps avec des armes défensives, ou simplement s’armer. Pendant l’évolution des poèmes homériques il arriva que les choses changèrent et que la cuirasse véritable fut inventée. Dès lors il ne pouvait être question de peindre les héros légendaires sans le perfectionnement que les aèdes de l’Ionie ou de l’Éolide voyaient employer autour d’eux; de là les remaniements et les ajouts du poème, de là cette cuirasse légendaire d’Agamemnon 12 avec son mélange des trois métaux 13 et ses trois serpents dressés de chaque côté à l’attache du cou. Toutes ces additions ne doivent guère être antérieures à la rédaction la plus récente des poèmes homériques, c’est-à-dire à 700 environ avant notre ère. C’est à peu près le moment où la cuirasse fait son entrée officielle dans la littérature et dans l’art grecs. Jusque-là, sauf une exception isolée, elle paraît n’avoir pas été connue des Hellènes.
VI. S’ils l’ont imaginée si tard, c’est que sans doute ils n’en sentaient pas le besoin, la remplaçant par des ceintures ou des peaux de diverses sortes. A 1 époque mycénienne, c’est le pagne enroulé et serré à la ceinture de manière à protéger les parties molles du ventre : ce n’est pas la cuirasse des temps postérieurs, ce n’en serait tout au plus que le Çûga; mais le grand bouclier rectangulaire attaché aux épaules suffisait bien à protéger le corps. Cette ceinture appliquée sur la peau devient de métal à l’époque du Dipylon14 et nous la retrouvons, souvent comme seule pièce d’armure, sur des statuettes archaïques de l’Acropole d’Athènes, d’Olympie et de Delphes [cingulum]. A côté d’elle paraissent les peaux de diverses espèces. L’égide de Zeus et d’Athéna est en réalité une cuirasse 1S. La robe de 1’ « Artémis asiatique » sur un
134, 185, 213. — 1° 11. iv, 132; XX, *14.— U Reiclicl, p. 164. — 12/1. XI, 19-28. — 13 Cf. Perrot, Hist. de l'Art, VII, p. 233, 278, 281. — 14 Collignon, Hist. de la sculpture gr. I, p. 87, fig. 43. — >3 Cf. Gerhard, Auserl. Yasenb. 1, 69, 1-2 = FurtwSugler, Besclir. d. Vasens. I (961, p. 416); Ibid. 1, pl. lxxi ; voir aegis, I, p. 104.
LO R
vase de Milo1 est de même écaillée sur le buste, ce qui indique, sinon un vêtement spécial, du moins une protection particulière pour le haut du corps. Les peaux de bêtes, de lions, de loups et d'autres animaux, que se passent en écharpe Héraklès ou d’autres dieux et de simples guerriers, remplissent, elles aussi, tant bien que mal, l'office d'une cuirasse. Enfin le justaucorps «corinthien»2, étroit et collant, serré à la ceinture et s’arrêtant aux cuisses, est évidemment fait de cuir et sert, lui aussi, de défense contre les traits 3. Ces différentes armes auraient sans doute suffi, si le bouclier n’avait, depuis l'époque mycénienne, changé à la fois de forme et de dimension. Aux demi-tours primitives succéda d’abord le grand bouclier échancré du Dipylon, puis l’arme devint plus petite, plus mobile il est vrai, mais découvrant par suite ou pouvant découvrir le haut du corps. Les Grecs sentirent le besoin d'une protection plus efficace pour le thorax et c’est la raison qui leur fit emprunter aux Asiatiques l'arme que ceux-ci, nous l’avons vu, avaient depuis longtemps inventée.
YII. Cette première cuirasse, qui apparaît dans l'art vers l'an 700 avant notre ère, est la cuirasse dite à gouttière. Elle se compose de deux lames convexes protégeant l'une le dos, l'autre le devant du corps. On les appelait, à cause de leur forme convexe, yôaXx, et la cuirasse Yua^oOojpx; 4 : ces plaques rigides, qui recouvraient le buste sans se mouler sur lui, étaient généralement fixées
Fig. 4522.
Fig. 4523.
Cuirasses grecques dites à gouttière.
sur le côté. Les représentations sont muettes sur ce point, mais tous les exemplaires conservés, quoique d’une date généralement postérieure, ont ce même mode de fermeture et certaines peintures à figures noires8 montrent (fig. 4522) que les cuirasses à gouttière étaient échancrées sur le côté, ce qui fait croire qu’elles se fermaient latéralement. Il est probable que les deux cuirasses étaient réunies d’un côté d’une manière fixe, avec une échancrure ménagée à l’épaule : le guerrier passait un des bras dans l’ouverture ainsi préparée, rabattait sur
1 Conze, Melische Thongefüsse , pl. iv ; Collignon, Sculpt.gr. I, p. 93, fig. 47. — 2 II faut entendre simplement par là qu’il est fréquemment représente sur les monuments corinthiens. — 3 ’e?. à?/. 1885, pl. vu (sur le môme vase, cuirasse à gouttière ; les deux vêtements de guerre étaient donc, jusqu’à un certain point, équivalents) ; Journ. ( lell.stud . 892-3, X1I-XIIÏ, p. 268, fig. 32 (justaucorps serré à la ceinture); Babelon- Blanchet, Dr. du Cab. des médailles, p. 80, 176 (blouse de cuir fioltant), etc. — H’ausan. X, 26, 6 ; Cf. llesych. s. u.; Hom., IL, XV, 530 et Scbol. — 5 Gerhard, Auserl. Vus., III, pl. ccxix, 2. C’est sans doute par erreur que le bord inférieur a été prolongé dans l'échancrure. — G Jahrbuch , 1893, pl. i. — 7 Arch. Zeit. 1882, pl. i, p. 45 ; Collignon, Sculpt. gr. I, p. 328 ; Duruy, H ht, des Grecs , I, p. 333. — SCantharcà figures noires du Brilish Muséum [Journ. hell, stud , 1898, XVIII, pl, xvn, 1, p. 290);
LOR
le buste la lame antérieure et à la fermeture. Tel devait être
la fixait sur le côté
°Pposé
usage général mm -, avait des exceptions. Sur une amphore « vieille ‘ y de la collection Bourguignon (fig. 4523 1, Um,V' Il('ue" diane et verticale, longée d’une ligne de pohu's"|!'|. i partage en deux une cuirasse : l’arme se passait ' ’"'CS’ I une veste sans manches, et les deux demi- V "'"mie l’avant étaient ensuite rabattues sur le torse etlix,''!"^ ^ sur l’autre6. Dans les deux cas, dont le second * avoir été beaucoup plus rare que le premier, le ])ls' d'-
plaques était retourné et relevé, sans doute
à la courbe des hanches, d’où le nom de
pour s’adapter
cuirasse à gout¬
tière. Un bronze de Dodone, conservé au Musée de Be lin, montre (fig. 4524) comment était fait le rebord: la |ame était repliée sur elle-même pour éviter de blesser le corps par une surface tranchante7.
Le plus souvent le même résultat était obtenu d’une manière beaucoup plus simple On voit très souvent sur les vases peints, non seulement le bord inférieur, mais le tour du cou et le contour des aisselles,
cernés d’une ligne parallèle de petits points8 : ce sont autant de clous qui fixaient la plaque métallique sur une doublure de peau ou de cuir, rembourrage qui rendait la cuirasse plus épaisse et l’empêchait de glisser sur le corps. Quelquefois, pour assurer plus d’adhérence, on la fixait par une ceinture appliquée sur la cuirasse®, mais d’ordinaire l’arme tenait seule, retenue par la jointure latérale, par l’échancrure des bras et par le rebord inférieur.